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Lorsque le disciple est prêt le Maître l’est également

  • Posted on avril 14, 2010 at 15 h 42 min

Lorsque le disciple est prêt le Maître l’est également.

Mabel Collins : La Lumière sur le sentier p. 43.

 Simon Selliest le 15 mars 1999

Revu et complété le 7 avril 2010

Revu et complété le 15 avril 2010

 C’est une phrase de philosophie hermétique qu’il n’est pas évident de comprendre au premier abord, de même d’ailleurs que l’ensemble de ce « petit livre », dont le titre est déjà, à lui tout seul, tout un enseignement, et sur lequel nous reviendrons sûrement dans un autre article.

 Tout d’abord précisons que pour tenir compte de très savante explication de Fulcanelli, dernier « Adepte » connu de cette Philosophie Hermétique, et d’Eugène Canseliet qui fut son disciple, le « disciple » sera par la suite appelé « l’initié », c’est à dire celui qui  « commence = initiare »,  qui s’initie, qui apprend, qui s’ouvre à d’autres connaissances, ou, qui se met en branle, qui « s’ébranle » comme une construction mécanique encore peu solide, et qu’il convient donc de renforcer.

 D’abord cette phrase porte volontairement à confusion dans l’esprit de la personne qui l’a lit. En première approche, on peut comprendre que « lorsque l’initié est prêt » signifie en fait « lorsque l’initié est prêt à recevoir l’enseignement » ou « lorsque l’initié à suffisamment étudié ». Un peu comme un étudiant qui s’est préparé à passer un examen ou un concours. Ce qui dès lors, sous-entend que le Maître attend passivement, quelque part dans l’infini, que l’initié ait suffisamment étudié pour se montrer à lui.

 Pourtant, on ne peut passer sous silence une autre interprétation possible : « lorsque le disciple est prêt à rencontrer le Maître »… (le rencontrer physiquement…).

 Mais alors pourquoi dire « le Maître l’est également ». Est-ce qu’un Maître a besoin de se préparer pour rencontrer un initié ?

 Il serait possible de tourner la compréhension des mots dans tous les sens, et trouver bien d’autres formulations de la phrase. Mais nous ne le ferons pas, car ce serait tomber dans le piège subtil d’un langage utilisant à bon escient des mots polysémiques avec certaines tournures de phrases, induisant ainsi de multiples entendements. Langage que les Maîtres sont si habile à employer.

 Ecoutant en cela leur conseil sans cesse répété : « Restez humbles », nous prendrons le sens de cette phrase dans sa compréhension la plus simple :

« Quand le disciple est prêt (à se présenter devant le Maître), le Maître est aussi prêt (à se présenter devant le disciple.) »

 Entendons toutefois, que le Maître n’apparaît pas dans un halo de lumière aveuglante et dans un bruit assourdissant. Il ne se présente même pas « de visu » devant l’élève. Le Maître, plus que tout autre respecte et applique deux des lois divines fondamentales:   

  • La Loi du libre arbitre.

  • La Loi de l’humilité.

 Le Maître donc, qui a été désigné par La Volonté Supérieure de DIEU,  pour la prise en charge de l’initié, se présente à lui dans la forme qui est la Sienne, subtile, pénétrante, enveloppante :

 << … force forte de toute force, parce qu’elle vaincra toute chose subtile et pénétrera toute chose solide. >>

                                                                                         Hermès Trismégiste : La Table d’émeraude.

 L’initié ressent alors une sorte de conviction personnelle, qui progressivement s’impose à lui, naturellement, sans violence ni heurt, qui semble venir du plus profond de lui-même. Vague de fond qui balaie ses vielles idées ou ses fausses connaissances; qui à la manière de cette mer purificatrice enlève le superflu pour ne garder que l’essentiel. C’est le début de l’apprentissage de la « simplicité », qui à l’instar de celle des Maîtres, devra devenir la sienne.

 Les Maîtres sont humbles et simples. Tellement humbles et simples, que l’initié tout  empêtré d’abord dans ses conceptions humaines, ne peut comprendre ce que lui dit le Maître. Plus précisément l’initié comprend intellectuellement ce qu’il croit être une résurgence de ses lectures passées, mais se montre incapable d’étendre la portée de cet enseignement à une  dimension spirituelle. Car si les Lois Divines sont simples, elles sont universelles. Alors que nous, les êtres humains, alourdis par notre corps physique et ses besoins matériels, nous ne sommes que « simplistes ». Pour comprendre « en esprit » cet enseignement, l’initié devra d’abord se former au langage symbolique et se purifier – ou si l’on préfère « se dégager quelque peu des sa matérialité » afin que son esprit puisse s’élever vers une compréhension plus holistique des choses de la Vie et de la Mort.

 Cette formation peut durer quelques mois ou quelques vies. Le temps dépend uniquement de la volonté de l’initié. C’est un des aspects de la loi du libre arbitre. Car de même qu’il a fallu que l’individu décide lui-même, de se placer en position d’initié, de même il lui faudra décider de se plier au mode de communication de « Ceux qui ont acquis » et qui sont « Adeptes » (du latin « adeptus » = « qui ont acquis »).

 Un élève de l’école communale, aussi brillant soit-il ne peut comprendre l’enseignement d’un éminent docteur en mathématiques. Il lui faudra d’abord suivre patiemment de longues années d’études, qui progressivement lui apprendront toutes les significations des mots et des symboles employés dans cette science, les démonstrations élémentaires, les hypothèses, les calculs intermédiaires…etc. Et quand il aura enfin compris son langage, et se sera formé à son mode de pensée, alors il commencera à comprendre son enseignement.

 Dans le monde spirituel cet apprentissage, est dirigé par le Maître, qui guide d’abord l’initié à travers le difficile labyrinthe des faux enseignements, dont la prolifération dans la littérature humaine, masque les textes écrits par quelques rares auteurs qui en avaient reçu la préalable et divine autorisation.

  Ces textes sont dits « hermétiques », ce qui de nos jours, induit une fausse compréhension de leur contenu.

Le mot « hermétique » a été formé du nom « d’Hermès », homme fait dieu de la mythologie grecque, que les Romains rebaptisèrent « Mercure », et dont les différentes « explications » faites sur son origine ont fait qu’à présent, plus personne n’en connaît l’origine… F. Noël, dans son irremplaçable « Dictionnaire de la Fable » édition 1823, ne consacre pas moins de huit colonnes à ce dieu polymorphe aux multiples fonctions. Disons donc simplement qu’Hermès était considéré, entre autre, comme le dieu des Arts et des Lettres, de la Musique, du Langage…etc., et surtout celui de la « maîtrise du langage et de l’éloquence ». C’est sans doute cette dernière qualité qui fit que les anciens Philosophes Hermétiques se sont référé de son nom, pour indiquer que leurs écrits devaient être lus avec un état d’esprit particulier. Les autres fonctions d’Hermès indiquant le caractère holistique de leur enseignement.

 Par la suite, comme leurs textes étaient « impénétrables » (au sens de « compréhensibles ») pour le commun des mortels, le langage populaire baptisa « d’hermétique » tout ce qui n’était pas directement compréhensible, ou directement accessible par l’esprit, ou encore « pénétrable »… C’est ainsi que d’extrapolation en extrapolation, le langage courant n’hésite pas à qualifier à présent, toutes sortes de dispositifs étanches, comme étant « hermétiques », comme par exemple les « boites hermétiques » d’une célèbre marque anglo-saxonne bien connue des ménagères, alors même qu’elles n’ont strictement rien de commun avec la Philosophie éponyme… et par une curieuse inversion des qualifications, la Philosophie Hermétique est devenus dans l’esprit du commun des mortels, quelque chose de parfaitement « étanche » dans le sens  « d’impénétrable physiquement » !!! Un peu comme les boites hermétiques, en quelque sorte…..

 Hermétiques donc, ces textes le sont, non pas par leur rareté, ou par le fait qu’ils demeurent cachés dans le secret de quelques mystérieuses bibliothèques, ou qu’ils soient fermés hermétiquement par un mystérieux dispositif étanche…. mais tout « simplement » s’il nous est permis de nous exprimer ainsi, leur enseignement est « scellé » – certains Philosophes écrivant « stellée », non sans de bonnes raisons, et pas seulement pour des raisons d’assonance – du fait de la forme polysémique de leur écriture, dont il faut déchiffrer les différents niveaux de compréhension.

« Nos livres sont écrits pour tous, mais tous ne peuvent les lire. »  répètent nos Vieux Maîtres. Seule la tenace volonté de les comprendre, et la non moins tenace volonté de les appliquer à sa vie personnelle, peut montrer que l’initié a décidé de « revenir dans la Maison du Père pour y servir « .

 Alors, si ses efforts sont suffisamment louables, le Maître pourra permettre à l’initié de soulever le voile d’Isis de la Connaissance.

 Toutefois, que l’initié réfléchisse bien avant de soulever ce voile aux draperies si tentantes, car nul ne peut le soulever par simple curiosité ou par frivole amusement, et le laisser ensuite négligemment retomber. Il s’agit là d’un véritable engagement spirituel personnel dont la portée n’est connue, après coup, que de ceux, qui en auront assumé toutes les conséquences. C’est un autre aspect de la Loi du Libre arbitre.

 Il convient donc de ne soulever le Voile d’Isis qu’en étant absolument sûr de son choix.

 Par la suite la voix du Maître se fera de plus en plus audible à l’initié, et plus celui-ci sera attentif à l’enseignement du Maître, plus il deviendra humble à son tour, car il découvrira, émerveillé, dans la crainte de Dieu, que plus il avance en connaissances, plus le champ de celles qui lui restent à découvrir, s’élargit et s’étend au loin de ses possibilités de compréhension.

 Les Maîtres sont humbles. Ils le sont tellement, que bien qu’ils agissent de toutes leurs forces pour nous convaincre d’aller dans le sens de nos missions d’évolutions et dans la Connaissance, employant selon les circonstances, les aides matérielles – ce que l’on appelle « la chance » – ou les épreuves non moins matérielles, morales ou affectives – « la malchance » –, ils le font toujours de telle manière que le résultat apparaisse comme la suite logique des événements successifs qui les ont précédé. Ainsi en apparence, ces événements sont naturels et logiques, et ne découlent que du flux de la vie courante.

 Pour s’en convaincre, il suffit de faire l’expérience très simpliste suivante : si, ayant perdu un objet quelconque, nous demandons humblement à nos bons Maîtres de nous aider à le retrouver, il y a peu de chance que cet objet soit retrouvé immédiatement et directement, mais par contre, en observant bien la suite des événements, il apparaîtra clairement, dans les minutes ou les heures, ou même parfois les jours qui suivent, que nous allons être conduit, du fait de notre activité, de faire quelque chose, quelque part, qui va nous mettre en présence de l’objet recherché.

 Pour en revenir à la phrase  » Lorsque le disciple est prêt le Maître l’est également », on voit à présent que le Maître, en fait est toujours à nos cotés, il est en quelque sorte, toujours « près » – si on emploie l’homophonie du terme. Et si la phrase dit que « le Maître l’est également », c’est qu’il a accepté de descendre à notre niveau de compréhension, comme nous avons accepté de monter vers le sien, pour nous délivrer son enseignement. Il ne s’est donc pas « préparé » dans l’accroissement de ses connaissances, comme a dû le faire l’initié, mais il est de ce fait tout « près » (de nous) ou « prêt » à nous admettre dans sa pensée, dans son cheminement spirituel, en un mot, dans la proximité de son niveau dans l’Égrégore.

 Alors quand une force intérieure puissante, nous tire vers une forme d’enseignement spirituel reconnu pour sa valeur spirituelle, gardons-nous bien de refuser de nous y diriger. Et surtout n’oublions jamais que nous n’avons que le Maître que l’on est capable de comprendre.

 Pour nous en convaincre, là encore regardons ce qui se passe dans nos écoles. A la maternelle, nous avons pour nous éduquer une puéricultrice, à la communale, c’est un instituteur, au collège il nous est donné un professeur, et à l’université ou dans les grandes écoles, ce sont non seulement des professeurs « docteur ès quelque chose », mais doublés de la qualité de chercheurs ou de professionnels expérimentés, qui ont des années d’études et de pratiques complémentaires de leurs discipline.

 N’oublions pas non plus, que seul Dieu est capable de savoir quel est notre niveau d’avancement spirituel, et donc quel Maître nous devons et pouvons avoir.