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Le Cœur et l’Esprit

  • Posted on juillet 9, 2010 at 8 h 27 min

Simon Selliest

le 9 juillet 2010

Sommaire

 (1) Généralités sur l’Amour Universel.

(2) Commencer par se connaître soi-même et connaître son rôle sur Terre.

(3) Regards sur les messages d’amour et charité que l’on peut recevoir et écrire.

(4) L’Amour universel et la répartition des biens matériels.

  • (4. 1) Distribuer tous ses biens et se retrouver SDF, pauvres parmi les pauvres, ou s’en servir pour le bien de tous.

  • (4. 2) – Donner le même salaire à tous sans distinction de mérite

  • (4. 3) – Chacun doit travailler pour tous et tous pour chacun.

(5) Pratiquons ce qui est dans nos possibilités humaines : l’altruisme et le respect d’autrui (même si ce sont les valeurs les moins répandues de nos civilisations).

(6) Chaque code de valeurs morales a ses limites d’utilisation et ses contraintes.

(7) L’Amour Universel et le problème de l’alimentation humaine

(8) Les limites de la Prière.

(9) Conclusions.

 (1) Généralités sur l’Amour Universel.

 L’Amour Universel c’est d’abord l’amour de l’univers, c’est à dire de tout ce qui existe dans l’univers.

 Dire cela peut sembler un peu bébête, mais ce n’est que le résultat de l’analyse textuelle élémentaire de l’expression.

 Donc quand les Esprits supérieurs parlent d’Amour Universel, cela se comprend venant d’eux, car s’ils ne possédaient pas cet Amour, ils auraient les plus grandes difficultés à aimer et à aider les humains que nous sommes du fait de nos imperfections grossières. Mais il ne faut pas oublier que s’ils possèdent cet amour universel c’est parce qu’ils sont infiniment plus avancés dans l’évolution spirituelle que nous le sommes actuellement, et cet avancement, ils le doivent essentiellement aux efforts qu’ils ont fait pour surmonter toutes les épreuves qui se sont présentées à eux.

 Et nous, justement à cause de nos imperfections grossières, nous ne pouvons pas « ouvrir tout grand notre cœur à l’Amour Universel », et nous devons nous contenter bien plus modestement d’aimer et de respecter ceux qui nous sont proches, de faire un peu de bien autour de nous, que ce soit à notre conjoint, à nos enfants, à nos parents (surtout s’ils prennent de l’âge), aux êtres humains qui nous entourent, à nos animaux familiers ou à notre environnement. Faisons un petit peu de bien, rien qu’un tout petit peu, mais faisons le régulièrement et toutes les fois que cela est possible, et surtout ayons l’humilité de ne pas le faire remarquer, de ne pas nous en vanter. Cela est déjà un énorme travail, souvent bien au-dessus de nos forces, et peu d’entre nous le font vraiment. Pourtant ce travail est à notre portée.

 « Que ta main droite ignore ce que donne ta main gauche… »

 Pour ce qui est des personnes de notre entourage, nous n’avons que le choix. Comme par exemple, d’aider et d’aimer nos parents devenus âgés ou quasiment impotents, ou en tout cas très dépendants des autres. Ceux qui ont traversé l’épreuve savent qu’il est infiniment difficile de les aimer et de les aider tous les jours, dans leur déchéance, dans leurs déficiences mentale et psychologique, dans les incontinences de leur corps usé, dans leur incapacité à se mouvoir, à saisir un objet le plus usuel… (Autant de déchéances qui seront peut-être les nôtres un jour, mais qui nous sont si difficiles à supporter, nous qui sommes encore avec l’intégrité de nos moyens physiques et intellectuels).   Tout cela est infiniment plus difficile que d’aimer tous les peuples de la Terre, qui sont loin de nous, que nous ne sentons pas, que nous n’avons pas à écouter nous raconter pour la « trois millième fois » la même histoire, à aider dans leurs gestes les plus intimes. Cet amour, plus concret, plus utile, est bien plus difficile à donner, car il demande un travail constant sur soi-même, un travail pour lequel on n’est généralement pas préparé.

 Pour ce qui est des animaux, le seul fait de respecter leur mode de vie et de ne pas agir envers eux avec cruauté et bêtise meurtrière serait déjà un immense pas en avant dans notre évolution. Et nous ne parlons même pas ici des conditions d’élevage et d’abattage des animaux qui finissent dans nos assiettes, mais de ceux que nous « aimons » avoir près de nous. Pour comprendre la réalité des agissements des humains envers ces animaux, il suffit d’aller faire un tour à la SPA locale (qui ne laisse en vie, pourtant que les animaux les plus « attirants »), pour constater le nombre d’animaux abandonnés (« jetés comme un kleenex usagé »), ou simplement sur certaines aires d’autoroutes durant les mois d’été.

 Là aussi, il est infiniment plus difficile « d’aimer » un animal durant des années, en acceptant les contraintes que sa présence nous impose, que des bébés phoques vus, sanguinolents, l’espace de quelques secondes à la télévision (même si leur massacre est une honte !).

 Enfin, pour ce qui est de notre environnement, si chacun de nous évitait de massacrer les arbres, les plantes, les cours d’eau, les mers, les sols, etc., ce serait aussi une grande évolution de nos âmes. Mais ce serait aussi une marque de respect pour les autres. Pour prendre un exemple tout simple et tout bête : que pensez-vous de ceux ou celles qui ont jeté les détritus dans lesquels, subitement vous vous baignez au bord d’une plage que vous aviez choisi pour sa beauté et sa propreté passée ? Ou de ceux dont on peut délimiter l’endroit où ils ont pris un bain de soleil sur la plage, par le nombre de mégots qui entourent cet endroit ? Ou encore de ceux qui ont laissé sur le sable de la plage ou sur les rochers d’une calanque ou d’une ria les emballages et les restes de leurs repas et les cannettes de leurs boissons.

 Ce ne sont là que des exemples simples parmi tant d’autres, et la véritable humilité consiste à en prendre pleinement conscience, et de cesser à les reproduire personnellement, ainsi que d’avoir le courage d’affronter les autres pour qu’ils les cessent à leur tour. Car la seule façon de parvenir un jour à un niveau de conscience supérieur est de faire le bien, et de bien le faire dans tous les domaines.

 Laissons donc aussi « l’Amour Universel » aux Esprits évolués et parlons simplement de donner un peu – de ce que nous avons, nous personnellement, et pas de ce que possède l’Etat ou la Sécurité Sociale…-, comme le demande un peu trop souvent certaines œuvres caritatives, dont les visées de leurs responsables ne sont pas forcément à hautes vibrations spirituelles.

 Et même, évitons de parler trop souvent de « compassion », car ce niveau là d’amour est aussi extrêmement difficile à atteindre du fait de notre niveau d’évolution, nous qui sommes encore sur Terre. Parlons simplement « d’aide bénévole ». C’est déjà beaucoup !

 (2) Commencer par se connaître et connaître son rôle sur Terre.

 Si nous jugeons que les exemples ci-dessus sont vraiment trop simples ou si nous pensons les avoir déjà intégrés dans notre mode de vie, il est possible encore d’agir dans bien d’autres domaines concrets sans vouloir embrasser plus que nous ne permettront jamais nos faibles bras.

 Nous allons en passer en revue quelques uns.

 D’abord, c’est bien connu, « charité bien ordonnée commence par soi-même ».  N’avons-nous pas quelques erreurs, faites dans cette vie, ou dans d’autres vies à réparer ? Et si votre réponse est « non », nous ne saurions trop vous recommander de demander à un astrologue karmique digne de ce nom, de vous faire une lecture de vies (avec un « s »). Il chassera sûrement de votre esprit l’idée que vous étiez un puissant pharaon, ou une princesse de haut rang, ou un petit génie tombé par mégarde sur Terre, ou encore un Messie venu sauver le Monde, mais il vous indiquera une bonne douzaine de traits de caractères que vous avez choisi de travailler dans cette vie. Que ce soit pour les accroitre ou pour les modérer…..

 Si vous ne croyez pas à l’astrologie et surtout aux astrologues, faites faire simplement votre carte du ciel par un ami ou sur un site Internet gratuit. Cela ne vous prendra que quelques secondes.

 Puis regardez :

  • Le nombre de planètes rétrogrades qui figurent sur votre carte du ciel natale. Chaque planète rétrograde symbolise une ou des missions d’évolutions qui n’ont pas été menées à bien dans une vie antérieures.

  • La position de Saturne en Maisons (surtout s’il est en Maison VIII ou XII.

  • Le nombre de planètes en premiers décans de chaque Signe (du degré 0 au degré 10 de chaque Signe), puis le nombre de planètes en deuxièmes décans (du degré 11 au degré 20 de chaque Signe), et enfin leur nombre en troisièmes décans (du degré 21 au degré 30 de chaque Signe). Les premiers décans symbolisent le monde matériel, physique, sexuel et concret, les troisièmes décans symbolisent le monde intellectuel, philosophique, religieux, spirituel et abstrait. Vous aurez ainsi une idée de votre sphère d’action dans cette vie.

  • Les deuxièmes décans participent un peu de chacun des deux autres décans.

 Ensuite recherchez-en les significations et, en toute sincérité, demandez-vous si elles ne vous décrivent pas un peu….

 Ces « missions d’évolution » étant bien identifiées, vous pourrez toujours vous tourner vers les textes du spiritisme, de la chrétienne, du bouddhisme, ou de tout autre doctrine philosophique apprise sur les bancs du lycée, afin de déterminer les meilleurs moyens de les accomplir… Nous ne citons pas les autres philosophies ou les autres religions, dans l’ignorance dans laquelle nous nous trouvons de leurs enseignements. Mais nous ne doutons pas une seule seconde qu’elles sont tout aussi aptes à vous fournir ces enseignements.

 Toutes indiquent que la seule voie possible dans l’évolution est la voie qui nous conduit (souvent au prix de dures épreuves), à la distanciation et au détachement de notre esprit des désirs matériels et des plaisirs physiques et mentaux.

 En matière de spiritisme nous n’avons que l’embarras du choix. Citons sans aucune forme d’exhaustivité :

  • Léon Denis : le problème de l’être et de la destinée § XXVI sur la douleur.

  • Allan Kardec : Les Evangiles selon le spiritisme.

Et aussi dans les religions :

  • Le christianisme : la crucifixion de Jésus qui lui permit d’accéder à son corps de gloire.

  • Le Bouddhisme (la légende du futur Bouddha, alors appelé Mahasattva, qui se fit dévorer par une lionne affamée, la sauvant ainsi, elle et sa portée de lionceaux, d’une mort certaine. Cette lionne et ses lionceaux qui devinrent ensuite, dans une autre vie, les cinq premiers disciples de Bouddha. (Sogyal Rinpotché : le livre tibétain de la vie et de la  mort de p.264 et 265 de l’édition française de 1993). Histoire symbolique certes, mais riche en enseignements concrets.

 Tous disent donc la même chose : le rachat des erreurs commises dans nos vies antérieures (autrement dit le karma, bien que ce mot ne fasse pas partie du vocabulaire spirite), ne peut se faire que par la douleur physique, morale et affective. Ces épreuves durent autant de vies que l’âme  continue à mal agir. C’est-à-dire, à agir contre les lois divines.

Et comme Dieu ne fait jamais une chose pour ne produire qu’un seul effet, mais que la chose qu’il fait à toujours plusieurs implications, interrogeons-nous sur ce qui nous arrive dans notre vie ou qui se présente à nous, à la manière de l’exemple concret ci-dessous, un exemple que nous avons tous les jours sous les yeux

Par exemple, quand nous voyons quelqu’un assis sur le trottoir et tendant la main, que devons nous faire ?

  • Lui donner une pièce pour nous donner bonne conscience, et détourner les yeux de « l’habit souillé » qu’il porte ?

  • Le conduire chez nous et lui ouvrir toutes grandes les portes de notre cœur et de notre maison, conformément aux messages d’Amour Universel ?

  • Passer outre car nous préférons donner une part non négligeable de nos revenus à des œuvres caritatives qui essayeront de gérer la situation des SDF par la construction de foyers d’accueil, ou qui apprendront un métier à des orphelins, ou qui aideront d’autres laissés pour compte  de nos civilisations évoluées.

  • S’asseoir auprès de lui et lui expliquer que s’il en est arrivé là c’est certainement parce que soit :

    • il paie les erreurs de ses vies passées,

    • il a choisi cette vie pour éprouver et affermir sa force mentale et sa force de caractère,

    • il a déposé trop tôt le fardeau que Dieu lui avait demandé de porter,

    • il a refusé les efforts d’apprendre à l’école, ceux de se discipliner dans une usine ou une société, ceux également de se plier aux règles de la vie collective, ceux de ne pas dépenser tout ce qu’il gagnait pour  se constituer un pécule pour les coups durs,

    • etc., etc.

A chacun de répondre selon sa propre compréhension de ce qu’il ou elle est. Mais aussi à chacun de s’interroger sur les différents résultats de ces essais de mise en pratique de l’Amour Universel. Et cela ne serait peut-être pas totalement inintéressant pour ceux et celles qui prônent cet Amour universel que d’en essayer ces pratiques.

Rien ne les empêche non plus que d’essayer de traverser le Bronx, à New York (ou certains quartiers périphériques de nos grandes villes française), la nuit avec une bible à la main…

A la lumière de ce qui précède, il est facile de comprendre qu’avant de vouloir aimer l’univers tout entier, il y a une infinité de tâches très terre à terre, très concrètes et très utiles à accomplir sur soi, auprès de son entourage immédiat et sur son environnement naturel. Ceux et celles qui ont déjà compris cela et qui l’ont déjà mis en pratique savent bien combien il est difficile de faire ces simples gestes… et surtout combien il est bien plus difficile de les faire plutôt que d’aimer l’univers tout entier dans une évanescence intello-spirituelle faite de fantasmes et d’élans qui dépassent de très loin nos simples possibilités humaines et personnelles. Elles ont sans doute ainsi pris conscience, qu’il leur fallait parler un peu moins de cet Amour Universel, mais agir davantage….

(3) Regards sur les messages d’amour et charité que l’on peut recevoir et écrire

 Dans les messages médiumniques qui fleurissent çà et là, tant sur Internet que dans la littérature pseudo ésotérique, il est le plus souvent question de l’Amour, avec un grand « A » ‘sous entendant ainsi : « l’Amour Universel ».

 Les religions, certaines philosophies, les œuvres caritatives et bien entendu les sectes, en ont fait la base de leur enseignement ou de leur langage.

 En ce qui concerne les messages médiumniques, qui pourrait d’ailleurs ne pas parler d’Amour dans un message, surtout s’il est signé médiumniquement d’un grand nom de la Foi, qu’elle soit chrétienne, islamique, bouddhiste ou hindouiste, etc…..

 Tous ces messages ont un point commun : celui qui enseigne d’Aimer sans arrière pensée, sans réfléchir, sans étudier dans les livres et les textes fondamentaux, sans « juger », et donc d’ouvrir son cœur le plus largement possible aux autres. « Brûlez vos livres et suivez la Nature » disaient les Hermétistes de la Fin du Moyen Age (mais il est vrai qu’ils parlaient d’un autre sujet).

 Devant de si belles envolées de Charité et d’Amour, qui pourrait y trouver à redire sans paraître égoïste, borné et sans cœur ?

 Pourtant…

 Pourtant essayons de réfléchir un instant (certains pourraient dire « essayons d’élever  notre taux de vibrations »), ou plus humblement essayons de lire jusqu’au bout nos livres d’Histoire et nos textes fondamentaux.

 D’abord qui les ont écrits ?

 Comme ce site se veut spirite, considérons les livres du spiritisme.

 Quand les esprits supérieurs voulurent ouvrir un peu plus à nos esprits occidentaux quelque peu embrumés, les vastes domaines de la Connaissance des choses de la Vie et de la Mort, qui choisirent-ils pour mettre en page leurs enseignements? Un utopiste ? Un exalté ? Quelqu’un qui ne parlait qu’avec son cœur ? Un pasteur évangéliste sachant monter un show télévisé ? (Bon, d’accord, la télévision n’existait pas en 1859… mais les autres types de caractères ont été de tous les temps !!)

 Non bien sûr, nous le savons tous, nous spirites, qu’ils choisirent un grammairien, un professeur à l’esprit rigoureux et ordonné. Un homme qui avait déjà dans ses vies antérieures professé la foi (et qui, très certainement, avait commis beaucoup d’erreurs). Cet homme nous en connaissons tous sous nom réel et son surnom littéraire Allan Kardec (Hyppolite Léon Rivail). Ces livres sont d’ailleurs d’une rigueur intellectuelle exemplaire, où tous les points de doctrine sont étudiés et analysés scrupuleusement et où rien n’est laissé dans l’ombre.

 Quand le moment de prendre sa suite fût venu, qui la prise ? Un utopiste? Un exalté? Quelqu’un qui ne parlait qu’avec son cœur ?  Un bon vivant, un jouisseur des biens de ce monde ? Un homme ou une femme confortablement installé(e) dans son petit confort quotidien ?

 Bien sûr que non, ce fût un homme marqué dans sa chair et dans son cœur par les pertes affectives, les durs labeurs, les réalités terre à terre de la vie quotidienne, les fins de mois difficiles, le désir de s’instruire sans cesse malgré les difficultés sans nom qui lui barrèrent le chemin de l’école et des livres (pourtant il s’instruisit toute sa vie). Cet homme aussi, nous le connaissons tous : Léon Denis. Lui aussi, dans ses vies antérieures, avait commis des actes cruels et barbares (la guerre et ses tueries, « le sang sur les mains », comme il le confesse lui-même) et des erreurs de foi, etc… Mais  ayant compris ses erreurs passées, elles lui permirent de comprendre le respect d’autrui et l’amour de son prochain.

 Nous ne saurions trop ici, conseiller de lire ou de relire les biographies connues de ces deux hommes, afin de méditer sur notre propre évolution :

  • Henri Sausse : Biographie d’Allan Kardec (plusieurs éditions).

  • Gaston Luce : Biographie de Léon Denis (plusieurs éditions).

  • Claire Baumard : Léon Denis intime (plusieurs éditions).

Tous ces livres sont d’ailleurs téléchargeables sur Internet.

 Et quand, pour la seconde fois, il fallut reprendre le lourd flambeau du spiritisme, après le décès de Léon Denis, qui choisirent les Esprits ? Un utopiste ? Un exalté ? Quelqu’un qui ne parlait qu’avec son cœur ? Non bien sûr, et nous le savons tous, nous qui avons lu la biographie anonyme de Gabriel Delanne (disponible sur Internet). Ce fut une fois de plus un homme à la tête bien faite, un ingénieur (qui aurait pu être Centralien si les conditions financières de sa famille l’eussent permis). Un homme aussi de modeste origine, qui connaissait la dure réalité des choses de la vie et la dureté du combat pour vivre de son travail.

 C’était aussi des hommes possédant une grande humilité. Jamais ils ne dirent qu’ils recevaient des communications d’Esprits aux noms prestigieux, essayant, en bons médiums qu’ils étaient, de « disparaitre » derrière les messages qu’ils transmettaient dans leurs écrits, et restant muets sur leur vie de tous les jours, sur leurs souffrances physiques et affectives. Mais ces messages, ils les mettaient soigneusement en ordre et faisaient en sorte de les transcrire dans la lignée de la doctrine qu’ils se voulaient diffuser.

 La doctrine spirite, d’ailleurs, devrait servir à baliser le chemin de l’évolution de chacun, tout en laissant suffisamment d’écart entre deux balises, de façon à laisser une marge d’erreur à ceux qui la suivent et qui cherchent réellement à évoluer. Ainsi, s’ils porteront l’entière responsabilité de leurs erreurs, ils en porteront aussi l’entier mérite quand ils les corrigeront. Ceci est clairement dit dans le spiritisme….

 D’autant que le spiritisme est aussi basé sur un accès à la connaissance par la médiumnité, et que Ceux qui nous guident, bien conscients de l’imperfection de notre intelligence, ne nous délivrent cette Connaissance qu’au fur et à mesure que notre esprit devient capable de l’absorber. Donc, sans efforts d’apprentissage, pas de possibilité d’accéder à des niveaux supérieurs de compréhension.

 Pour prendre un exemple parmi tant d’autres….

 Allan Kardec, qui était un homme instruit, s’interrogeait dans la « Genèse » (avec les Esprits qui le guidaient), sans en connaître la raison scientifique, qui ne fut découverte que bien plus tard, sur le fait que la Lune présentait toujours la même face à la Terre. Si on lui avait dit que l’homme marcherait sur celle-ci à peine 100 ans plus tard, il aurait surement réagi avec une certaine incrédulité ! Et pourtant !!!! L’édition originale de la Genèse date de 1868 et les premiers pas sur la Lune, furent faits le 20 juillet 1969.

 Etait-il un crétin auquel il ne convenait pas de révéler les connaissances futures ? 

 Nous ne croyons pas un seul instant. Mais simplement, à une époque où le pétrole ne servait qu’à alimenter les lampes d’éclairage, il était difficile, même pour un homme instruit et intelligent, de concevoir les technologies et les comburants d’un siècle plus tard.

 D’ailleurs, en toute humilité, qui de nos jours, est capable réellement de comprendre et d’expliquer toutes ces mêmes technologies, pourtant bien de notre époque ??

 Laissons donc de coté nos préoccupations sur nos prouesses médianimiques et tournons davantage nos efforts vers la recherche de la vérité. De cette vérité qu’il nous faut écrire avec un petit « v », car à notre niveau d’évolution, la vérité n’est toujours que relative.

 Nous voyons donc, par ce qui précède que les esprits réellement élevés, quand ils ont jugé les temps venus de révéler certaines connaissances nouvelles et de haute portée, se sont servi d’hommes et de femmes (car d’autres connaissances ont été révélées par le moyen de médiums féminins comme Alice Bailey, Helena Blavatsky, Mabel Collin, Annie Besant, etc…), qui avaient pour la plupart d’entre eux et sous diverses formes, les parcours suivants :

  • C’étaient des gens cultivés, soit par leurs études scolaires, soit par leur travail de lecture et de recherches personnelles,

  • C’étaient aussi des personnes qui avaient soufferts dans leur chair, leur cœur ou leurs sentiments,

  • Ce n’étaient ni des exaltés (sauf peut-être Helena Blavatsky), ni des névropathes et ni des gourous,

  • Ils étaient tous et toutes de conditions somme toute modestes, même si une certaine aisance bourgeoise leur était venue du fait de leur travail professionnel (qui n’avait rien à voir avec la médiumnité),

  • Ce n’étaient pas des médiums intéressés par l’usage de leur médiumnité à des fins financières.

 Ce qui devrait ramener bien des scripteurs de « beaux messages d’Amour Universel » à plus d’humilité, à plus de sens concret, à s’interroger sur leur propre niveau d’évolution, sur leur valeur morale et intellectuelle, et surtout à s’interroger sur le contenu réel de ces messages et de leurs applications dans le monde matériel qui nous entoure.

 Dans cet esprit, essayons donc a présent d’analyser les différentes façons de comprendre de qu’est l’Amour Universel s’il peut être pratiquer dans notre monde quotidien.

 (4) L’Amour universel et la répartition des biens matériels.

 (4. 1) Distribuer tous ses biens et se retrouver SDF, pauvres parmi les pauvres, ou s’en servir pour le bien de tous.

 Que vaut-il mieux faire ?

 Ouvrir en grand son cœur et distribuer tous ses biens et se retrouver pauvre parmi les pauvres, à la manière d’un Saint François d’Assise,  ou se servir de ses moyens intellectuels et financiers pour créer de la richesse collective, en faisant davantage parler son esprit que son cœur ?

 Les américains, très pragmatiques dans leurs conceptions industrielles, nous ont indiqué comment créer de la richesse (entre autre méthode, bien entendu…) avec leur « Loi des 3M » :

  • Money (Les finances, l’argent)

  • Means (les méthodes de travail, la technologie  et les moyens du savoir-faire)

  • Mind (l’esprit, la « tête », l’intelligence productive, le commandement).

 Y parle-t-on du cœur ? Nous n’en avons pas vraiment l’impression, pourtant il est indéniable que ce genre de méthode a donné du travail à des millions de personnes, et leur a permis ainsi, non seulement de ne pas tomber dans la misère, mais bien souvent d’accéder à une certaine aisance matérielle.

 Qu’aurait donné la même civilisation, si les plus instruits avaient utilisé leur intelligence à distribuer la bonne parole et leurs biens dans des œuvres charitables, forcément limitée dans le temps, plutôt que de mener à bien des travaux gigantesques d’infrastructures et de modernisation des pays avec ces  méthodes de travail ?

 Dans un autre ordre d’idée, nous avons lu, il y a quelque temps un drôle de raisonnement sur les plans de relance que les états avaient mis en place (courant 2009), pour pallier les effets économiques désastreux de la crise financière dite « des subprimes ». Le scripteur de ce pamphlet politico-financier (certainement meilleur polémiste qu’économiste et mathématicien), disait en substance :

« Au lieu de dépenser un total de 740 milliards de dollars dans des plans de relance, les états auraient mieux fait de distribuer directement cet argent à la population mondiale… Ainsi chacune des personnes vivant sur Terre auraient touché 740 milliards de dollars divisé par 6,5 milliards d’individus = à peu près 114 millions par personne. Ils auraient ainsi aboli d’un seul coup toute la misère humaine !!!! » (sic)

 Dire cela, montre à l’évidence que d’une part on ne connaît strictement rien au calcul arithmétique, et que d’autre part on ne connaît strictement rien à l’économie et à la psychologie humaine ! Ce qui fait beaucoup pour une seule personne. Ou alors, cela montre que l’on est un sinistre  « malfaisant » et un être nuisible !

 D’abord, si on divise 740 milliards de dollars par 6.5 milliards de personnes, le résultat n’est pas 114 millions de dollars par personne, mais 114 dollars par personne (enfin, c’est ce que l’on apprenait du temps de nos très lointaines études à l’école communale, où nous avions juste fin d’apprendre à ânonner nos tables de division…).

 Mais même si, par on ne sait quel tour de magie, il était possible de donner 114 millions de dollars à chaque personne sur Terre, que se passerait-il ?

 Pour le savoir, et comme disent les mathématiciens, raisonnons par l’absurde et supposons le problème résolu. Tout un chacun a reçu ses 114 millions de dollars. Tout un chacun est donc plus que riche, et possède plus d’argent qu’il ne pourra jamais en dépenser, sans travailler, dans notre monde actuel…

 Dans ce raisonnement par l’absurde (et c’est pour cela qu’il est absurde…) il y a un mot qui « gêne ». Ce mot, vous l’avez, nous supposons aussi bien vu que nous, c’est le mot « actuel ». En effet, est-ce que le monde dans lequel vivront les 6,5 milliards d’individus ayant touché chacun 114 millions de dollars, ressemblera au monde dans lequel ils vivaient avant d’avoir touché cet argent ?

 Nous laissons le soin à ceux et celles qui nous lisent de répondre à cette question, comme à cette autre question : Si plus personne ne travaille, combien coutera la baguette de pain dans cette nouvelle société ?????

 (4. 2) – Donner le même salaire à tous sans distinction de mérite

 L’idée est très généreuse certes, mais observons ce que cela donne à l’échelle d’un pays moderne, en prenant pour exemple la séparation, l’évolution du mode de vie et la réunification des deux Allemagne. Adressons nous, une fois de plus à Wikipedia :

 Division du pays et réunification (1945-1990)

Bref rappel de des faits.

En 1945, dévastée par la guerre (même si le potentiel industriel du pays est encore énorme), l’Allemagne et Berlin sont divisés en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par l’une des nations victorieuses (États-Unis, Royaume-Uni, France et Union soviétique). Après plusieurs propositions pour une nouvelle Allemagne (comme le plan Morgenthau), elle est finalement divisée en deux parties durant toute la Guerre froide: la RFA (République fédérale d’Allemagne) créée le 23 mai 1949 à l’ouest avec comme capitale et siège administratif Bonn et la RDA (République démocratique allemande) créée le 7 octobre 1949 à l’est avec comme capitale Berlin-Est. Les territoires plus à l’est sont intégrés à la Pologne et à l’URSS.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Allemagne

 Tout le monde sait que l’Allemagne de l’Ouest était sous un régime capitaliste, où le travail, l’intelligence, le savoir faire… sont largement pris en compte dans le salaire (ce qui incite les gens à travailler plus et mieux), et qu’à l’inverse, ceux qui ne font pas d’efforts sont laissés pour compte sur le bord du chemin. Celle de l’Est était sous un régime communiste, dans lequel chacun a un travail et un salaire, certes, mais où le mérite et le travail supplémentaire n’est pas vraiment pris en compte, et donc où personne n’était incité à en faire plus que ce qu’il lui était demandé.

 « Sous l’impulsion du plan Marshall (1948-1952), l’Allemagne de l’Ouest renoue rapidement avec la croissance économique, au contraire de l’Allemagne de l’Est. À la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, prélude à la réunification de l’Allemagne, les deux pays ne possèdent pas le même niveau économique. Cette différence demeure aujourd’hui, et l’Est reste plus pauvre que l’Ouest. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Allemagne

 Le cout de la réunification des deux Allemagne c’est à dire le coût de la remise à niveau de l’Allemagne de l’Est par rapport à celle de l’Ouest a été estimé à 1 300 milliards d’euros. Coût supporté par les contribuables et les sociétés de l’Allemagne de l’Ouest.

Publié le 07/11/2009 par  Reuters

Quelle est la bonne méthode ? Nous ne répondrons pas, bien entendu à cette question, mais nous voulions simplement vous donner quelques éléments d’appréciation et ces quelques chiffres, pour vous laisser y méditer…. Non pas pour votre petit confort personnel, mais pour déterminer le sens de votre vie. Il vous appartient de choisir votre voie, en fonction des Lois du Karma, de réfléchir à ce que vous voulez devenir, non seulement dans cette vie, mais dans vos vies futures.

 (4. 3) – Chacun doit travailler pour tous et tous pour chacun.

 Il est bien certain que l’on ne peut pas demander à un ouvrier de faire le travail d’un ingénieur – ou l’inverse d’ailleurs -. L’un et l’autre ne « saurait pas faire ».

Par contre, il est idiot de vouloir les comparer pour en tirer on ne sait quelle gloriole. Car l’un sans l’autre n’irait pas très loin dans la réalisation d’un projet, du simple fait qu’ils sont complémentaires.

 Ensuite, si l’ingénieur est davantage payé que l’ouvrier, c’est qu’il doit y avoir une raison ! En fait il y a autant de raisons que de comparaisons possible entre deux métiers, ou deux personnes.

Ces raisons, on peut les classer, sans être exhaustif, dans les catégories suivantes :

  • La différence de compétences. Il y a quand même plus de gens qui arriveront à savoir conduire un camion, que de gens qui arriveront à être capable de faire voler un Airbus…

  • Le temps passé au travail.

  • La capacité à gérer des situations complexes. Savoir travailler sur une machine outil est certes difficile, mais une fois ceci appris, les difficultés que cela pose, sont relativement simples et ne demande que des qualités ou compétences personnelles assez réduites.. Tandis que savoir gérer un chantier de plusieurs centaines de personnes, voire de plusieurs milliers, demande des qualités humaines et des compétences que peu de gens possèdent.

  • La rareté des compétences de l’un et de l’autre. Certains métiers imposent même parfois de faire venir des étrangers, car ces compétences ne sont pas assez répandues en France.

  • Le temps passé dans les études et le niveau de difficulté de celles-ci.

  • Etc…

 Ensuite, c’est une question de nombre de candidats potentiellement aptes pour une fonction donnée. Et là, moins il y a de candidats potentiellement aptes, plus la fonction est hautement rétribuée.

 Il est donc recommandé, avant toute revendication ou toute jalousie, de se demander si on est réellement capable de tenir cette fonction. Il est bien certain que si on est fâché avec la souris de son ordinateur et avec les calculs mathématiques, il ne faut pas envier le salaire d’un informaticien qui jongle avec les algorithmes…

 (5) Pratiquons ce qui est dans nos possibilités humaines : l’altruisme et le respect d’autrui (même si ce sont les valeurs les moins répandues de nos civilisations).

 Il fait beau, ce sont les premiers beaux jours de l’année, et allons marcher le long d’une promenade ou dans un parc très fréquentés. Observons attentivement les gens qui y sont. Il y a les inévitables amoureux, enlacés comme s’ils craignaient déjà de se perdre, les enfants qui jouent, en courant et en criant, ceux qui fument sur les bancs, et quelques personnes âgées encore toutes enveloppées dans leur gros manteau d’hiver. Tout ce monde va et vient, se croise et se recroise, puisque c’est la distraction du lieu.

 Laissons les amoureux de coté, ils sont dans leurs rêves, et ils en sortiront bien assez vite d’eux-mêmes… Comme ces instants seront sûrement les plus beaux souvenirs de leur vie, cela mérite quelques indulgences s’ils ne respectent pas trop les règles de politesse en marchant.

 Regardons plutôt les enfants qui courent ou pédalent sur leur vélo. Font-ils attention à ces personnes âgées en équilibre un peu instable sur leurs deux jambes ?   Rarement. Par contre ils les frôlent souvent en courant sans faire attention à ce qui les entoure, au risque de les faire tomber, quand ils ne s’appuient pas brutalement sur elles en courant les uns derrière les autres. Bon, ce sont des enfants, et ils sont turbulents… Mais n’appartiendrait-il pas aux parents de leur apprendre à respecter la fragilité des ces vieilles gens ? Surtout quand on sait les traumatismes physiques et  psychologiques que peuvent leur occasionner une fracture du col du fémur qui va les clouer de longs mois sur un lit d’hôpital et leur imposer de cruels efforts de rééducation physique, alors même qu’elles étaient déjà diminuées physiquement avant l’accident.

 Et ceux qui marchent, comme si toute la route était à eux, ne pourraient-ils pas faire un tout petit effort pour s’effacer un peu devant celui ou celle qui vient en face, et le faire aimablement un ou deux mètres avant de les croiser, au lieu d’attendre l’extrême seconde pour le faire de mauvaise grâce.

 Et ceux qui fument sur les bancs ? Ne sait-on pas, quand ils partent, combien de cigarettes ils ont fumé au nombre de mégots qui jonchent le sol ?

 Il est facile de dire que ce sont là des propos de vieux ronchons, aigris par la vie…

 Sauf que personnellement nous ne sommes pas si vieux que cela, mais que par contre, tous tant que nous sommes, nous seront un jour une de ces vieilles personnes tremblotantes sur nos jambes. Ne penserons-nous pas alors, avec regret, que nous aurions dû apprendre à nos enfants, du temps de notre intégrité physique, à éviter de faire ce qui nous chagrine tant à cet âge avancé de notre vie ?

 Alors interrogez-vous, comment voulez-vous être traité quand vos forces vous aurons quitté. Et commencez peut-être à donner l’exemple à vos enfants et à votre entourage sur ce qu’il convient de faire pour respecter les autres. Vous en profiterez forcément plus tard.

 (6) Chaque code de valeurs morales à ses limites d’utilisation et ses contraintes.

 Dans les quartiers populaires de Marseille, dans les années 45/50 du siècle passé, il n’y avait pas de grands immeubles, pas de digicode ni de vidéo-portier aux maisons. Les ruelles tortueuses couraient entre deux rangées de maisonnettes, séparées de la rue par une minuscule cour.

 Les enfants jouaient dans la rue, car les jeux vidéo, la « télé » et autres gadgets électroniques n’étaient pas encore inventés (et on ne se doutait même pas qu’ils le seraient un jour…). Les voisins se connaissaient et chacun connaissait les gamins et les gamines du coin, ou de la rue, et même parfois du quartier, car un « quartier » c’était quelques centaines de personnes tout au plus. Il y avait là, des espagnols ayant fui le régime franquiste, des arméniens qui avait fui le génocide, des italiens, des polonais qui étaient venu travailler en France (et pas venu y chercher des « allocs »), et quelques autres ethnies nettement plus clairsemées…. Tout le monde parlait le français de travers, estropiant un mot sur deux, mais tout le monde finalement comprenait ce que l’autre lui disait… Les italiens se moquaient des espagnols, qui se moquaient des arméniens… qui se moquaient …. qui se moquaient des italiens ! Et pourtant, tout le monde, les soirs d’été, sortait la chaise sur le trottoir, pour « prendre le frais » et discuter avec ses voisins, pour se raconter leurs dernières « histoires ». Car ces hommes et ces femmes avaient fui la répression, la misère, la faim, la crainte et la désespérance d’un avenir sombre et sans améliorations possibles de leurs conditions. Ils étaient venus travailler en France et ce travail leur permettait de vivre et d’espérer un avenir meilleur, pour eux et leurs enfants. Ils avaient l’habitude de ne compter que sur eux-mêmes pour nourrir leur famille, et appréciaient de se voir reconnus parmi des gens qui avaient eu les mêmes souffrances qu’eux.

 Quand un enfant « se manquait », d’abord il se faisait tout de suite réprimander par celui ou celle qui l’avait vu, parfois même il se « faisait un peu  secouer », et pour finir, il entendait toujours cette menace : « Attends un peu ! Je vais le dire à ta mère (ou autre variante : je vais le dire à ton père) ! » Même avec la gouaille populaire et l’accent marseillais, ces menaces n’avaient rien de pagnolesques, car au mieux, c’était l’engueulade assurée en rentrant à la maison, et au pire quelques torgnoles qui avaient le don de faire entrer dans les cranes récalcitrants et les « têtes dures », les règles élémentaires du respect des autres et de leur biens …

 Ca n’empêchait pas les enfants de faire des bêtises, mais cela limitait ces bêtises en gravité. Il y avait donc un code moral, que l’on apprenait « sur le tas », parfois avec quelques gnons échangés avec les autres, histoire d’affirmer son point de vue ou d’accepter le point de vue de l’autre ! Ainsi, ce code moral était tel que tout le monde en acceptait peu ou prou les règles.

 Des enfants qui trainent dans les rues, il y en a toujours en 2010.

Mais plus personne n’osent les « secouer » un peu quand ils font « une bêtise » (qui bien souvent, maintenant, est plus un délit qu’une bêtise), parce que cela déclenche aussitôt une bataille rangée, soit entre « grands frères » (quelle expression malencontreuse, car si on n’a pas reçu une éducation basée sur le respect des autres et de leurs biens quand on est jeune enfant, il y a peu de chance que cette éducation nous soit venue quand on est devenu un jeune adulte !! !), ou entre familles, ou entre ethnies…. Parfois, on sort même les armes à feu ! Et la police n’ose même pas intervenir, car dès qu’ils arrivent, tous les antagonistes se retournent contre eux !!!

 Qu’est-ce qui a changé dans la tête des gens pour en arriver là ?

 Tous les sociologues et les ethnologues vous le diront : ce qui a changé, c’est que la plupart des personnes de la  société ont cessé de compter sur elles-mêmes pour surmonter leurs difficultés, et comptent à présent sur « la société » pour régler leurs problèmes et leurs difficultés. Mais paradoxalement, s’ils comptent sur la société pour régler leurs difficultés, ils en refusent toutes les règles et les lois, car ils les jugent trop contraignantes !!! Autrement dit ce qui est bon pour les autres est mauvais pour soi !

 Or, on ne peut pas vouloir ne prendre que ce qui nous avantage dans un système, quel qu’il soit, il faut aussi en accepter le reste, et être convaincu que vivre dans notre pays, si cela est source d’avantages, c’est aussi source de devoirs. Sur la route, qui irait rouler à gauche, sous prétexte que le coté gauche est plus ombragé et que la « clim » de sa voiture est en panne? (encore que… mais cela est une autre histoire !).

 (7) L’Amour Universel et le problème de l’alimentation humaine

 Les lois divines sont simples (et non simplistes) mais elles sont universelles, c’est à dire qu’elles s’appliquent à tous les règnes (végétal animal et humain) et à tous nos actes. Mais elles ne s’appliquent pas de la même façon selon la motivation qui est la cause des actes de cruauté.

 Par exemple parmi ces lois il est possible de distinguer celle qui proscrit la cruauté envers autrui et le fait de tuer.

 Mais dans la nature, tout animal carnassier tue pour se nourrir, et l’homme fait de même.  S’il est facile de comprendre qu’un carnassier n’agit pas par pure cruauté mentale (encore qu’il serait difficile d’évacuer le problème du plaisir d’avoir obtenu la capture et la mort de sa proie, de la sensation de faim et/ou de l’instinct), il est peut-être moins évident de comprendre que l’être humain tue des animaux pour se nourrir.

 Nous n’entrerons pas dans le détail de cette nécessité qui nous conduirait bien au-delà de notre sujet, mais nous dirons simplement, qu’il devrait être possible d’une part d’élever les animaux destinés à notre alimentation dans de meilleures conditions de vie, de les abattre avec moins de cruauté (même si cela imposerait un coût supplémentaire non négligeable), et surtout d’en manger bien moins ! A-t-on besoin de manger de la viande midi et soir ? N’y a-t-il des protéines végétales ? Et ne sont-elles pas meilleures pour notre santé ?

 Par ailleurs, que faisons-nous pour préserver nos cultures céréalières, fruitières, jardinières etc… si ce n’est d’exterminer les insectes et autres « nuisibles » qui s’y attaquent avec des produits pesticides de plus en plus puissants ? Tuant ainsi, bien d’autres espèces utiles à la vie terrestre. Qui dans notre civilisation un peu trop aseptisée, accepterait d’acheter au supermarché, des fruits véreux, même en sachant que cela sauverait des milliers d’abeilles ? De ces abeilles dont nous ne parlons pas uniquement pour le miel qu’elles nous procurent, mais surtout pour leur rôle essentiel et prépondérant dans la pollinisation de nos cultures. Plus d’abeille et c’est 60% des fruits et légumes dont les fleurs ont besoin d’être pollennisées qui disparaitront de nos supermarchés.

 Que deviennent dans ces conditions nos grands principes d’ouverture de cœur et d’Amour Universel ?

 N’ouvrons-nous pas plus nos estomacs que nos cœurs dans notre façon de vivre ?

 (8) Les limites de la Prière.

 Nous n’avons pas lu, loin de là, tous les textes « dictés médiumniquement » qui sont mis sur les sites Internet, mais ceux que nous avons lu, ont tous ce petit coté « magique » qui a trop tendance, à notre humble avis, de laisser croire qu’en priant, ou qu’en « ouvrant notre cœur », nous allons voir nos difficultés disparaître, et le Seigneur Dieu prendre en charge tous nos malheurs présents et à venir.

 Or la vérité, est le plus souvent, tout autre… Il nous faut assumer ce qui se présente à nous, en surmonter les difficultés, et passer les épreuves par notre volonté, notre courage et par nos efforts personnels. Il nous faut surtout ne pas hésiter à nous remettre en cause, modifier notre façon de penser, apprendre d’autres connaissances, ouvrir notre esprit à d’autres idées…. Et éventuellement, quand nous avons franchi le gué, ouvrir notre cœur à ceux qui comme nous, ne sont pas resté au milieu du gué !

 « Ouvrir son cœur à tous », « s’ouvrir à l’Amour Universel », ou autre phrases du même acabit, c’est ne pas connaître le processus d’ouverture des chakras ou, confondre « chakras » et « padmas ». Lire à ce sujet les deux livres de Michel Coquet… Même s’ils sont bien trop condensés, ils ont au moins le mérite de remettre les idées en ordre sur ces sujets !

 Car ces livres disent en substance que c’est la façon dont nous menons notre vie qui agit sur nos chakras, et non les chakras qui nous font changer la conduite de notre vie.

 Avant aussi de prêcher l’Amour Universel et l’Ouverture de notre cœur (avec un « O » majuscule), il est prudent, en toute humilité, de nous demander ce que nous faisons pour nos parents âgés, pour nos enfants ou petits enfants, pour notre conjoint, comment nous supportons notre voisin ou nos collègues de bureau ou d’atelier, ou tout simplement, comment nous traitons notre animal de compagnie (si on ne l’a pas déjà abandonné sur une aire d’autoroute, un jour de départ en vacances…).

 C’est çà aussi l’amour (avec un « a » minuscule, mais on pourrait y mettre aussi ici, un « A » majuscule) et l’humilité.

  Que parfois nous nous se trompions, que parfois nous commettions des erreurs… cela est bien évident et personne n’y échappe, mais l’important c’est de vouloir et de pouvoir surmonter tout(e) seul(e) les épreuves mises sur notre route. Léon Denis ne dit pas autre chose dans son chapitre XXVI sur la douleur à la fin de son livre ; « La Destinée… ».

 Afin d’éclairer notre propos d’un exemple concret, voici deux textes de prière de demande d’aide :

 La première forme est celle qui est généralement transmise lors des communications médiumniques :

 « Seigneur, je traverse une terrible épreuve. Je sais qu’il doit en être ainsi pour mon évolution. Mais, Seigneur, par pitié, vient à mon aide, soulage un peu mes douleurs, aide-moi à porter ce fardeau bien trop lourd pour mes épaules, afin que mon chemin soit plus aisé. Je pourrais ainsi continuer à avancer, à évoluer. Merci Seigneur ! »

 Et ensuite, la façon de faire cette prière, comme Léon Denis nous le conseille, quand on lit avec attention son texte sur la prière(1) (Après la mort : Chapitre LI. Nous avons retranscrit ce texte in fine) :

 « Seigneur, je traverse un moment pénible. Je sais très bien qu’il doit en être ainsi pour mon évolution. Que la foi que j’ai en Vous, Seigneur, me guide et me soutienne. Qu’elle me permette, de continuer mes efforts pour avancer sur ce chemin mal aisé et de porter ce fardeau jusqu’au bout, afin de ne le déposer qu’à Vos pieds. Merci Seigneur ! »

 Les mots en sont presque identiques, mais l’esprit du texte en est totalement différent.

 Ceci étant, nous savons très bien que ce que nous disons ici va rebuter beaucoup de gens, et ne nous vaudra pas que des amitiés et des louanges….

 Mais que faut-il dire quand on est un spirite convaincu : que Dieu peut nous retirer  tout ou partie de nos épreuves sur une simple demande, aussi fervente soit-elle, ou que, si nous sommes dans cette tourmente, c’est que nous nous y sommes mis tout seul et que nous devons en conséquence apporter, tout seul, réparations de nos erreurs passées

 En astrologie, nous voyons souvent dans des thèmes, des personnes qui ont un karma de foi(2). Soit parce qu’elle n’ont cru ni en Dieu, ni en ses vertus dans une vie antérieure, soit parce qu’elles ont professé de fausses religions, de fausses doctrines, de fausses idées, etc., que se soit volontairement ou involontairement, soit encore par petitesse d’idées et d’esprit. Et que l’on nous pardonne de dire cela aussi directement, mais dire que Dieu nous ôtera nos peines sur quelques simple prières, c’est soit aller tout droit vers un karma de foi2 dans une vie future, soit avoir un langage de secte… (Ce qui n’empêchera pas d’avoir aussi un karma de foi !!!!).

 De plus, il faut toujours essayer de garder une certaine logique dans ses raisonnements. Nous savons tous que les lois de Dieu, si elles sont « Simples » (avec un « S » majuscule) sont aussi universelles. Elles s’appliquent partout, à tout et à tous de la même manière, car elles sont immuables et de Toute Eternité.

 Du fait de ce dernier critère, pourquoi Dieu nous obligerait-Il donc à traverser certaines épreuves, alors qu’Il nous les enlèverait de bonne grâce après une simple demande de notre part… Dieu travaillerait-Il dans les souks de Marrakech, ou tout se marchande et où on peut tout discuter et marchander ????

 Cela mérite réflexion, c’est le moins que l’on puisse en dire.

 Ceci étant, nous respectons le Libre Arbitre de chacun, car comme dit le spiritisme, les échecs ou les récompenses seront toujours d’autant plus grands qu’ils sont le résultat de nos efforts personnels. Chacun est libre de dire ou de croire que le « message » de la première forme ci-dessus, qu’il vient de recevoir est dicté par Dieu le Père lui-même, ou la Très Sainte Vierge Marie, ou Jésus… Mais s’il en prend la liberté, qu’il en prenne aussi la responsabilité de le transmettre à son tour ! Et surtout, qu’il n’aille pas demander ensuite à Dieu de lui ôter son fardeau… Ce sera peine perdue !

 Pour s’en convaincre, nous pouvons lire ou relire, à la lumière de ce qui précède :

  • Jonathan Livingstone le Goéland de Richard Bach (qui montre bien que la réussite, qu’elle soit matérielle ou spirituelle, ne s’obtient que par la volonté et les efforts personnels).

  • Etc…

 (8) Conclusions

 Bien des choses, sur le sujet du cœur et de l’esprit, n’ont pas été dites dans ce texte pourtant déjà bien long !

 Il nous faut pourtant conclure.

 Nous le ferons donc avec une petite anecdote personnelle.

 Au tout début, quand par la force des événements difficiles qui bouleversèrent notre vie, nous fîmes nos premiers pas sur le sentier de l’évolution, nous avons eu la chance de rencontrer un excellent médium, spirite convaincu, malheureusement aujourd’hui disparu.

 Nous avions déjà lu un certain nombre d’ouvrages mais manifestement nous « n’accrochions « pas, car il y avait tellement de contradictions dans ce que nous lisions et que nous entendions dans le milieu spirite, qu’il nous était impossible de trouver une voie directrice à notre évolution.

 Un soir, en séance médiumnique, il fut question de cette évolution spirituelle, et chacun y alla de « son message ».

 Un peu agacé de tant de « belles et bonnes pensées » creuses et irréalisables dans la vie courante, nous finîmes par demander :

« Que devons nous faire réellement pour être sûr d’être dans notre voie d’évolution ? ».

 Le silence se fit durant près d’une minute, durant laquelle tout le monde sentit qu’une présence forte s’imposait à nous, et le message vint par la bouche de notre ami, simple parole épurée par un savoir immense, mais dont, à la vibration qu’elle émettait, il était facile de comprendre qu’elle ne venait pas des esprits familiers, et certainement guère plus instruits que nous, qui venaient généralement dans nos séances de médiumnité  :

« Faites ce qui se présente à vous. »

 Dire que nous avions enfin compris, serait peut-être nous vanter quelque peu… Mais ce que nous ne savions pas encore à cette époque, c’est que nous avions compris que nous avions compris quelque chose d’important, quelque chose qui deviendrait clair dans notre esprit avec le temps !

  Effectivement ce ne fut que bien des années plus tard, et bien de lecture dans toutes sortes de doctrine et de religions, que la lumière se fit dans notre esprit.

 La phrase nous aurait été plus compréhensible, si elle avait été dite in extenso.

 « Faites ce qui se présente à vous, quand vous sentez fortement qu’une présence amie vous y incite à le faire, que votre action ira vers le bien du plus grand nombre, que cela sera conforme aux principes de charité, d’humilité, de charisme et que cela sera aussi conforme à tout ce que vous avez lu et qui vous a paru juste, à tout ce que vous avez compris, et à tout ce que vous pensez être juste ! »

 Elle aurait été bien plus compréhensible, mais elle ne nous aurait pas autant marquée.

 Il est vrai que nous ne savions pas à cette époque « Qu’aux sages peu de mots suffisent » et surtout qu’il faut beaucoup de temps et d’épreuves pour « commencer » à devenir sage!

 Notes

(1)   texte sur la prière de Léon Denis

 La prière doit être un épanchement intime de l’âme à Dieu, un entretien solitaire, une méditation toujours utile, souvent féconde. C’est le refuge par excellence des affligés, des cœurs meurtris. Aux heures d’accablement, de déchirement intérieur et de désespoir, qui n’a trouvé dans la prière le calme et le réconfort, ou tout au moins un adoucissement à ses maux ? Un dialogue mystérieux s’établit entre l’âme souffrante et la puissante évoquée. L’âme expose ses angoisses, ses défaillances; elle implore secours, appui, indulgence. Et alors, dans le sanctuaire de la conscience, une voix secrète répond, la voix de Celui d’où proviennent toute force pour les luttes de ce monde, tout baume pour nos blessures, toute lumière pour nos incertitudes. Et cette voix console, relève, persuade; elle fait descendre en nous le courage, la soumission, la résignation stoïque. Nous nous relevons moins tristes, moins accablés; un rayon de soleil divin a lui en notre âme, y a fait éclore l’espérance.

 Il est des hommes qui médisent de la prière, qui la trouvent banale, ridicule. Ceux-là n’ont jamais prié ou n’ont jamais su prier. Ah ! sans doute, s’il ne s’agit que des patenôtres débitées sans conviction, de ces récitations aussi vaines qu’interminables, de toutes ces oraisons classées et numérotées, que les lèvres balbutient et où le cœur n’a point de part, on peut comprendre leurs critiques; mais, ce n’est pas là la vraie prière. L’abaisser à des formules dont on mesure la longueur à la somme qu’elles rapportent, cela devient une profanation, presque un sacrilège.

 La prière est une élévation au-dessus des choses terrestres, un ardent appel, un élan, un coup d’aile vers des régions que ne troublent pas les murmures, les agitations du monde matériel et où l’être puise les inspirations qui lui sont nécessaires. Plus son élan est puissant, plus son appel est sincère, plus distinctes, plus claires se révèlent à lui les harmonies, les voix, les beautés des mondes supérieurs. C’est comme une fenêtre qui s’ouvre sur l’invisible, sur l’infini, et par où il perçoit mille impressions consolantes et sublimes. Ces impressions, il s’en imprègne, s’en enivre, il s’y retrempe comme dans un bain fluidique régénérateur.

 Dans ces entretiens de l’âme avec la Puissance suprême, le langage ne doit pas être préparé, noté d’avance; il doit varier suivant les besoins, l’état d’esprit de l’être humain. C’est un cri, une plainte, une effusion ou un chant d’amour, un acte d’adoration, un inventaire moral fait sous l’œil de Dieu, ou encore une simple pensée, un souvenir, un regard levé vers les cieux.

 Il n’est pas d’heures pour la prière. Il est bon, sans doute, d’élever son cœur à Dieu au début et à la fin de la journée. Mais, si vous vous sentez mal disposé, ne priez pas. En revanche, lorsque votre âme est attendrie, remuée par un sentiment profond, par le spectacle de l’infini, que ce soit au bord des océans, sous la clarté du jour ou sous la coupole étincelante des nuits, au milieu des champs et des bois ombreux, dans le silence des forêts, alors, priez; toute cause est bonne et grande qui mouille vos yeux de larmes, fait ployer vos genoux et jaillir de votre cœur un hymne d’amour, un cri d’adoration vers la Puissance éternelle qui guide vos pas au bord des abîmes.

 Ce serait une erreur de croire que nous pouvons tout obtenir par la prière, que son efficacité est assez grande pour détourner de nous les épreuves inhérentes à la vie. La loi d’immuable justice ne saurait se plier à nos caprices. Certains demandent la fortune, ignorant qu’elle serait un malheur pour eux, en donnant un libre essor à leurs passions. D’autres veulent éloigner des maux qui sont parfois la condition nécessaire de leurs progrès. Les supprimer aurait pour effet de rendre leur vie stérile. D’autre part, comment Dieu pourrait-il accéder à tous les désirs que les hommes expriment dans leurs prières ? La plupart sont incapables de discerner ce qui leur convient, ce qui leur serait le plus profitable.

 Dans la prière qu’il adresse chaque jour à l’Éternel, le sage ne demande pas que sa destinée soit heureuse; il ne demande pas que la douleur, les déceptions, les revers soient écartés de lui. Non ! Ce qu’il désire, c’est connaître la loi pour mieux l’accomplir; ce qu’il implore, c’est l’aide d’en haut, le secours des Esprits bienveillants, afin de supporter dignement les mauvais jours. Et les bons Esprits répondent à son appel. Ils ne cherchent pas à détourner le cours de la justice, à entraver l’exécution des divins décrets. Sensibles aux souffrances humaines, qu’ils ont connues, endurées, ils apportent à leurs frères de la terre l’inspiration qui les soutient contre les influences matérielles; ils favorisent ces nobles et salutaires pensées, ces élans du cœur qui, en les portant vers les hautes régions, les délivrent des tentations et des pièges de la chair. La prière du sage, faite dans un recueillement profond, en dehors de toute préoccupation égoïste, éveille en lui cette intuition du devoir, ce sentiment supérieur du vrai, du bien et du juste, qui le guident à travers les difficultés de l’existence et le maintiennent en communion intime avec la grande harmonie universelle.

 Mais la puissance souveraine ne représente pas seulement la justice, elle est aussi la bonté, immense, infinie, secourable. Or, pourquoi n’obtiendrions-nous pas dans nos prières tout ce que la bonté peut concilier avec la justice ? Nous pouvons toujours demander appui et secours aux heures de détresse. Dieu seul sait ce qui est le plus convenable pour nous et, à défaut de l’objet de nos demandes, il nous enverra toujours soutien fluidique et résignation.

 Lorsqu’une pierre vient frapper les eaux, on en voit vibrer la surface en ondulations concentriques. Ainsi le fluide universel est mis en vibration par nos prières et nos pensées, avec cette différence que les vibrations des eaux sont limitées, alors que celles du fluide universel se succèdent à l’infini. Tous les êtres, tous les mondes sont baignés dans cet élément, comme nous le sommes nous-mêmes dans l’atmosphère terrestre. Il en résulte que notre pensée, lorsqu’elle est mue par une force d’impulsion, par une volonté suffisante, va impressionner les âmes à des distances incalculables. Un courant fluidique s’établit des unes aux autres et permet aux Esprits élevés de répondre à nos appels et de nous influencer à travers l’espace.

 Il en est de même pour les âmes souffrantes. La prière opère sur elles comme une magnétisation à distance. Elle pénètre à travers les fluides épais et sombres qui enveloppent les esprits malheureux; elle atténue leurs soucis, leurs tristesses. C’est la flèche lumineuse perçant leurs ténèbres, la vibration harmonieuse qui dilate et réjouit l’âme oppressée. Quelle consolation pour ces esprits de sentir qu’ils ne sont pas abandonnés; que des êtres humains s’intéressent encore à leur sort ! Des sons, à la fois puissants et doux, s’élèvent comme un chant dans l’étendue et se répercutent avec d’autant plus d’intensité qu’ils émanent d’une bouche plus aimante. Ils arrivent jusqu’à eux, les émeuvent, les pénètrent profondément. Cette voix lointaine et amie leur rend la paix, l’espoir, le courage. Si nous pouvions mesurer l’effet produit par une prière ardente, par une volonté généreuse et énergique sur ces malheureux, nos vœux s’élèveraient souvent vers les déshérités, les délaissés de l’espace, vers ceux à qui nul ne songe et qui sont plongés dans un morne découragement.

 Prier pour les esprits malheureux, prier avec compassion, avec amour, est une des formes les plus efficaces de la charité. Tous peuvent l’exercer, tous peuvent faciliter le dégagement des âmes, abréger la durée du trouble qu’elles ressentent après la mort, par un élan chaleureux de la pensée, par un souvenir bienveillant et affectueux. La prière facilite la désagrégation corporelle, aide l’esprit à se dégager des fluides grossiers qui l’enchaînent à la matière. Sous l’influence des ondes magnétiques que projette une volonté puissante, la torpeur cesse, l’esprit se reconnaît, reprend possession de lui-même.

 La prière pour autrui, pour nos proches, pour les infortunés et les malades, quand elle est faite avec un cœur droit et une foi ardente, peut aussi produire de salutaires effets. Même lorsque les lois de la destinée lui font obstacle, lorsque l’épreuve doit être accomplie jusqu’au bout, la prière n’est pas inutile. Les fluides bienfaisants qu’elle porte en elle s’accumulent pour se déverser, à la mort, dans le périsprit de l’être aimé.

 « Réunissez-vous pour prier », a dit l’apôtre[Actes, XII. v.12]. La prière faite en commun est un faisceau de volontés, de pensées, rayons, harmonies, parfums, qui se dirige avec plus de puissance vers son but. Elle peut acquérir une force irrésistible, une force capable de soulever, d’ébranler les masses fluidiques. Quel levier pour l’âme ardente qui met dans cet élan tout ce qu’il y a de grand, de pur, d’élevé en elle ! Dans cet état, ses pensées jaillissent, comme un courant impétueux, en larges et puissants effluves. Parfois, on a vu l’âme en prière se dégager du corps et, ravie en extase, suivre elle-même la pensée bouillonnante qu’elle projetait en avant-coureur vers l’infini. L’homme porte en lui un moteur incomparable, dont il ne sait tirer qu’un médiocre parti. Pour le mettre en œuvre, deux choses suffisent cependant : la foi et la volonté.

Considérée sous ces aspects, la prière perd tout caractère mystique. Elle n’a plus pour but l’obtention d’une grâce, d’une faveur, mais l’élévation de l’âme et son entrée en rapport avec les puissances supérieures fluidiques et morales. La prière, c’est la pensée tendue vers le bien, le fil lumineux qui rattache les mondes obscurs aux mondes divins, les esprits incarnés aux âmes libres et radieuses. La dédaigner, c’est dédaigner la seule force qui nous arrache au conflit des passions et des intérêts, nous transporte au-dessus des choses changeantes et nous unit à ce qui est fixe, permanent, immuable dans l’univers.

 Au lieu de repousser la prière, en raison des abus dont elle a été l’objet, ne vaut-il pas mieux l’utiliser avec sagesse et mesure ? A la fin de chaque jour, avant de nous livrer au repos, descendons en nous-mêmes, examinons avec soin nos actions. Sachons condamner les mauvaises, afin d’en éviter le retour, et applaudissons à ce que nous avons fait d’utile et de bon. Demandons à la suprême Sagesse de nous aider à réaliser en nous et autour de nous la beauté morale et parfaite. Loin de la terre, élevons nos pensées. Que notre âme s’élance, joyeuse et aimante, vers l’Éternel ! Elle redescendra de ces hauteurs avec des trésors de patience et de courage, qui lui rendront facile l’accomplissement de ses devoirs, de sa tâche de perfectionnement.

 Si, dans notre impuissance à exprimer nos sentiments, il nous faut absolument un texte, une formule, disons :

 « Mon Dieu, toi qui es grand, toi qui es tout, laisse tomber sur moi, petit, sur moi qui ne suis que parce que tu l’as voulu, un rayon de ta lumière. Fais que, pénétré de ton amour, je trouve le bien facile, le mal odieux; qu’animé du désir de te plaire, mon esprit surmonte les obstacles qui s’opposent au triomphe de la vérité sur l’erreur, de la fraternité sur l’égoïsme; fais que, dans chaque compagnon d’épreuves, je voie un frère, comme tu vois un fils en chacun des êtres qui émanent de toi et doivent retourner vers toi. Donne-moi l’amour du travail, qui est le devoir de tous sur la terre, et, avec l’aide du flambeau que tu as mis à ma portée, éclaire-moi sur les imperfections qui retardent mon avancement en cette vie et dans l’autre[Prière inédite, dictée, au moyen de la table, par l’esprit de Jérôme de Prague à un groupe d’ouvriers, au Mans]. »

 Unissons nos voix aux voix de l’infini. Tout prie, tout célèbre la joie de vivre, depuis l’atome qui s’agite dans la lumière, jusqu’à l’astre immense qui nage dans l’éther. L’adoration des êtres forme un prodigieux concert qui remplit l’espace et monte à Dieu. C’est le salut des enfants à leur Père, l’hommage rendu par les créatures au Créateur. Interrogez la nature dans la splendeur des jours ensoleillés, dans le calme des nuits étoilées. Écoutez la grande voix des océans, les murmures qui s’élèvent au sein des déserts et de la profondeur des bois, les accents mystérieux qui bruissent dans le feuillage, retentissent dans les gorges solitaires, s’exhalent des plaines, des vallons, franchissent les hauteurs, s’étendent dans tout l’univers. Partout, en vous recueillant, vous entendrez l’admirable cantique que la Terre adresse à la grande Ame. Plus solennelle encore est la prière des mondes, le chant grave et profond qui fait vibrer l’immensité, et dont les Esprits seuls comprennent le sens sublime.

 (2)   Bien des indications astrologiques se rapportent à un « karma de foi. Nous ne les citerons pas toute, car un thème ne se juge pas un ou deux points isolés, mais sur l’ensemble des indications qu’il contient. Toutefois, l’œil de l’astrologue hermétiste peut être attiré par :

  • un Jupiter rétrograde, surtout en Maison VIII, IX, ou XII.

  • Un Mercure rétrograde (toujours un karma de fausses idées …. Sur tous les sujets !

  • Un Neptune rétrograde ou pas, en maison IX.

  • Etc.

       Il convient alors de rechercher dans la structure du thème, les autres points qui pourraient contribuer à la présence d’un karma de Foi.