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Le pont, le désespéré et…vous

  • Posted on mars 16, 2011 at 16 h 35 min

 

Simon Selliest le 21  février 2011

 

Viaduc de la calanque des eaux salées

 Note préliminaire :

Nous emploierons, pour la clarté et la fluidité du  texte, conformément aux règles de syntaxe de la langue française, le masculin pour désigner le ou la désespéré(e). Mais bien entendu, ce qui s’applique à « lui », pourrait tout aussi bien s’appliquer à « elle ».

 

ACTE I

 Le pont, le désespéré, et vous….

 Il fait beau et la matinée s’annonce belle et ensoleillée. C’est le début du mois de mai, le mois de Marie – résurgence chrétienne de Ma, Maïa, Cérès (fille de Saturne et d’Ops, alias : Déméter, Vesta, Cybèle, la déesse des richesses de la Terre) -, et partout dans la nature, ce n’est qu’explosion de verdure, de fleurs, de bourgeons, de senteurs printanières et d’animaux qui s’ébattent dans leurs rituels de procréation. La Vie est partout et bouillonne d’activité.

 Justement ce matin, vous avez décidé d’aller marcher dans la nature, et le cœur joyeux vous sortez de chez vous, appréciant la pureté et la légèreté de l’air ambiant. 

 Arrivé à votre point de départ de votre promenade en pleine nature, vous commencez à marcher d’un bon pas, vous vous sentez plein de forces nouvelles et les spectacles qui s’offrent à vous sont autant de petits bonheurs qui réjouissent votre cœur. Oubliés vos soucis, vos tracas et vos peines… Elles reviendront bien sûr, mais pour l’instant, elles sont loin derrière vous.

 Vos pas vous mènent vers ce pont d’un autre âge, beau comme une œuvre d’art antique, qui enjambe un profond vallon. C’est un de ces ponts, ouvrage majestueux d’ingénieurs des « Ponts et Chaussées » (qui ne savaient pas encore à cette époque, que leurs descendants, complémentant leurs études par un MBA d’une prestigieuse université américaine ou anglaise, seraient plus préoccupés par la gouvernance d’entreprises et les « ponts de synarchie » qu’ils pourraient s’établir entre elles, que par ces ponts de pierres entre deux montagnes…). Ils les avaient calculés, conçus et dessinés, et des milliers d’ouvriers, rudes à l’ouvrage, experts de leurs outils et fiers de leur savoir-faire manuel, avaient bâti de leurs mains. Chaque pierre, taillée à la main au ciseau et à la massette, y est ajustée au millimètre près, la face extérieure tantôt lisse, pour les pierres d’angle, tantôt « diamantée » pour les pierres de bâti des flancs des piliers.  Le « fruit » de ces piliers étant dans un alignement parfait les uns par rapport aux autres. Des ponts construits pour durer aussi longtemps que les cathédrales…..

 

 Viaduc quelque part en Provence

 Cet endroit vous le connaissez bien, car il servait autrefois au passage du train omnibus de votre enfance, qui s’arrêtait à chaque gare, c’est à dire tous les six ou sept kilomètres. A chaque arrêt, l’attendait une foule bigarrée, où chacun avait les deux mains prises, qui par un panier, qui par un cabas ou un paquet fait d’un grand carré de tissus solidement noué… et portait sur l’épaule une ou deux musettes, usées par le temps et les charges, pleines à craquer, et dont le rabat était maintenu fermé à grand peine par deux boutons aux fils distendus.

 Tout ce monde bruyant et gesticulant, s’entassait dans des compartiments dans lesquels on accédait directement depuis le quai. Huit places assises, précisait une plaque émaillée vissée sur la portière, mais que personne ne lisait plus depuis longtemps. D’ailleurs à quoi bon… car il y avait bien une dizaine de personnes assises, serrées les unes contre les autres, et encore quatre ou cinq, debout entre les deux rangées de banquettes…. Sans compter les enfants sur les genoux, ou les paquets qui n’avaient pas trouvé place dans les minuscules porte-bagages, dérisoires filets de toiles qu’un rien emplissait.

 Bah ! Le temps a passé, les rails de la voie ferrée ont disparus avec l’omnibus, car chacun possède maintenant sa voiture, et puis, qui accepterait de nos jours de voyager ainsi ? Mais à chaque fois que vous le voyez ce pont, ces images remontent à votre mémoire, et vous laissez votre esprit errer dans vos souvenirs d’enfance au rythme de vos pas.

 Mais ce jour là, les cris et les gesticulations d’un petit groupe de personnes, vous tirent de votre rêverie. Que font toutes ces personnes au bord du parapet du pont en parlant toutes à la fois ?

 En vous rapprochant, vous finissez par comprendre, par leurs gestuelles, qu’elles essaient de retenir un désespéré qui veut se jeter du haut du pont, dans le profond ravin dont le fond se voit à quelques dizaines de mètres plus bas.

 En général, peu de gens sont préparés à affronter ce genre de situation, et vous pas plus que les autres. Que puis-je faire ? Vous demandez-vous. Et après quelques secondes de réflexion, trois solutions se dessinent dans votre esprit :

  • Vous passez votre chemin, faisant un écart, ou vous rebroussez chemin, en vous disant qu’il y a bien assez de personnes pour s’occuper de ce désespéré, et que ce n’est pas la peine de venir grossir inutilement leur nombre. D’autant que ce n’est ni votre affaire, ni un de vos amis.
  • Vous vous approchez du groupe, et faisant preuve d’autorité, vous écartez tout le monde et vous vous approchez du désespéré pour le saisir – sachant qu’il risque de vous entrainer dans sa chute -, et pour essayer ensuite de le raisonner, et de lui expliquer que le suicide est la pire des choses à faire pour son évolution spirituelle.
  • Vous l’assommez d’un coup de bâton sur la tête et vous appelez les secours locaux pour qu’il soit transporté à l’hôpital afin que des soins adéquats le calment et qu’il puisse retrouver suffisamment de raison et de courage pour ne plus avoir envie de mettre fin à ces jours, et repartir dans la longue lutte de la vie.

 Bien entendu, il appartient à chacun de nous de trouver la bonne réponse, et chacun aura la sienne. Ce sera peut-être une parmi les trois proposées, mais peut-être aussi une autre qui paraîtra plus lumineuse et plus inspirée.

 De la solution qui vous paraîtra la meilleure, nous n’en discuterons pas avec vous, car le but de cette petite histoire, n’est pas d’établir un protocole d’action en pareil cas, mais de vous inciter à méditer sur le rôle de votre libre arbitre, et sur celui du libre arbitre de ce désespéré.

 Votre libre arbitre vous conduirait-il à  »prendre en charge » ce désespéré, ou de passer votre chemin ? Quelle serait votre responsabilité spirituelle, dans ces deux cas, à vous qui vous efforcez de marcher sur le « Sentier du Disciple » ?

 De vous inciter aussi à réfléchir sur les conséquences de déposer son fardeau avant l’heure, le trouvant trop lourd, trop injuste, ou pas du tout mérité par vous. Alors ne serait-il pas possible de s’en débarrasser ? Cette fuite dans le suicide et donc dans la mort ne serait-elle pas en fin de compte une bonne solution pour ce faire ?

 Enfin, de vous inciter de même, à réfléchir sur les quelques points d’économie générale et/ou mondiale suivants et dont la liste est loin d’être exhaustive, hélas. Ces points qui ne sont peut-être pas si éloignés que ça des causes du désespoir de cette personne sur le pont :

  • Le progrès technique et social a supprimé ces trains omnibus d’un autre âge par des moyens de déplacements plus confortables, plus rapides, plus luxueux… mais qui ont aussi un coût de fabrication et d’exploitation très supérieurs aux précédents. Comment ont-ils et/ou sont-ils financés ?
  • Le monde, notre pays, se sont considérablement modernisés depuis une cinquantaine d’années, et nul ne peut se plaindre des bienfaits de l’évolution technique et sociale que cela à apporté à notre façon de vivre, de travailler, de nous soigner, de vieillir en bien meilleure forme que nos grands parents, sur notre ouverture d’esprit et sur l’élargissement de nos connaissances personnelles. Mais le « monde » dans lequel nous vivons actuellement est infiniment plus complexe, plus « technologique », plus couteux (car il demande des investissements humains et financiers de plus en plus grands)…. Avons-nous, chacun de nous, fait les efforts nécessaires pour continuer à le comprendre et continuer à y être accepté et donc à y travailler ? Avons-nous su faire les bons choix dans les « placements » de nos efforts personnels, de notre travail, de l’argent que nous avons gagné et que nous gagnons…?
  • La Terre est passée d’environ 200 millions d’habitants au début de notre ère chrétienne, et de 1 milliard d’habitants en 1830 à près de 7 milliards en 2011. Elle aura près de 10 milliards d’habitants d’ici vingt ou trente ans, « si tout continue à évoluer comme à présent » (et la réserve est de taille !!!!). Qu’avons-nous fait pour nourrir tous ces habitants et leur donner de quoi vivre décemment, et comment avons-nous utilisé jusqu’à présent nos richesses naturelles, comme le pétrole et les autres ressources énergétiques, les terres rares, les métaux précieux, l’eau, la vie sous-marine… ou tout simplement les terres agricoles ? Que ferons-nous quand ces ressources seront soit épuisées, soit inutilisables car trop polluées ?
  • Beaucoup d’entre nous n’ont pas suivi, et encore plus ne suivront pas dans un avenir très proche, l’évolution technologique, intellectuelle, financière, etc. de nos sociétés. Cela est une évidence pour qui élève un tant soit peu son regard au-dessus de son nombril. Quel sort réservera alors notre humanité à ceux qui sont restés sur le « quai de départ » ou qui y resteront pour une raison ou une autre ? (Cf. : http://www.spiritisme-allan-kardec-astrologie-philosophie-hermetique.com/tpsp/tph ).

 Le nombre de personnes restées sur le quai ne cesse de croitre, leur désespoir aussi, et si notre humanité ne révise pas très rapidement ses voies d’évolution, les ponts comme celui dont il était question au commencement de ce texte, seront de plus en plus fréquentés. Qui en sera fautif ? Ceux qui délocalisent leurs usines ou ceux qui ont fait qu’une heure de travail dans nos sociétés avancées coûte dix ou vingt fois plus cher que dans des pays sous développés ? Ceux qui cherchent à baisser les coûts de production pour vendre plus, ou ceux qui cherchent à acheter toujours moins cher ?

 Le débat est fort complexe, et nous ne le poserons pas ici. Il sera donc repris plus tard. Mais comme il faut toujours commencer par un début, pourquoi ne pas commencer par le sens de notre évolution personnelle ? Pour cela, il ne sera peut-être pas inutile dans cette réflexion de relire ce qu’en dit le spiritisme par la plume rigoureuse et inspirée d’Allan Kardec, et dont nous vous livrons quelques extraits ci-dessous. L’intégralité de ce point de doctrine pourra être lue dans le « Livre des Esprits » paragraphes 943 à 957″, et qu’il est possible de télécharger sur le site (http://spirite.free.fr/ak-esprits1.htm ).

 Le texte écrit en 1862 pourra paraître dur et dénudé de tous sentiments humains à ceux et celles, qui de nos jours, n’ayant pas connu la rude vie de travail et de logement de leurs grands parents ou de leurs arrières grands parents. De même qu’à ceux, peut-être aussi trop « cocoonés » dans leur enfance par des parents qui, ont cru bien faire en faisant tout pour leur éviter les restrictions qu’ils avaient connus, ou que leurs parents avaient connu.

 Que ces personnes pensent alors, à ceux et celles, qui dans le monde actuel, de nos jours en 2011, aimeraient bien vivre avec le confort de nos sociétés du XIX° siècle. Ce qui serait pour eux une immense amélioration de leurs conditions de vies actuelles. Surtout que la plupart d’entre eux ne peuvent même pas y songer à y arriver un jour dans cette vie qui est la leur actuellement.

 Le texte pourra aussi paraître très dur à ceux et celles qui, de nos jours attendent tout de l’Etat, de la société, du système d’aide  sociale….. et qui trouvent que ce qu’ils reçoivent n’est jamais assez, alors qu’il n’ont jamais donné grand-chose et qu’ils ne donnent actuellement toujours pas grand-chose à leur pays, et qui très certainement ne lui en donneront pas plus à l’avenir.

 De cela nous en parlerons peut-être plus longuement dans un autre texte à venir, car il nous semble préférable de vous laisser lire et méditer ces quelques extraits du Livre des Esprits écrit par Allan Kardec, sur le suicide. Bien entendu, aucune sélection d’extraits, ne remplacera la lecture in extenso des paragraphes cités, et pourquoi pas du livre tout entier….

 

Allan Kardec : le « Livre des Esprits »

Dégoût de la vie. Suicide.

943. D’où vient le dégoût de la vie qui s’empare de certains individus, sans motifs plausibles ?

« Effet de l’oisiveté, du manque de foi et souvent de la satiété.

Pour celui qui exerce ses facultés dans un but utile et selon ses aptitudes naturelles, le travail n’a rien d’aride, et la vie s’écoule plus rapidement ; il en supporte les vicissitudes avec d’autant plus de patience et de résignation, qu’il agit en vue du bonheur plus solide et plus durable qui l’attend. »

944. L’homme a-t-il le droit de disposer de sa propre vie ?

« Non, Dieu seul a ce droit. Le suicide volontaire est une transgression de cette loi. »

…………..

945. Que penser du suicide qui a pour cause le dégoût de la vie ?

« Insensés ! Pourquoi ne travaillaient-ils pas ? L’existence ne leur aurait pas été à charge ! »

 946. Que penser du suicide qui a pour but d’échapper aux misères et aux déceptions de ce monde ?

« Pauvres Esprits, qui n’ont pas le courage de supporter les misères de l’existence ! Dieu aide ceux qui souffrent, et non pas ceux qui n’ont ni force, ni courage. Les tribulations de la vie sont des épreuves ou des expiations ; heureux ceux qui les supportent sans murmurer, car ils en seront récompensés ! Malheur au contraire à ceux qui attendent leur salut de ce que, dans leur impiété, ils appellent le hasard ou la fortune ! Le hasard ou la fortune, pour me servir de leur langage, peuvent en effet les favoriser un instant, mais c’est pour leur faire sentir plus tard et plus cruellement le néant de ces mots. »

………

947. L’homme qui est aux prises avec le besoin et qui se laisse mourir de désespoir, peut-il être considéré comme se suicidant ?

« C’est un suicide, mais ceux qui en sont cause ou qui pourraient l’empêcher sont plus coupables que lui, et l’indulgence l’attend. Pourtant ne croyez pas qu’il soit entièrement absous s’il a manqué de fermeté et de persévérance, et s’il n’a pas fait usage de toute son intelligence pour se tirer du bourbier. Malheur surtout à lui si son désespoir naît de l’orgueil ; je veux dire s’il est de ces hommes en qui l’orgueil paralyse les ressources de l’intelligence, qui rougiraient de devoir leur existence au travail de leurs mains, et qui préfèrent mourir de faim plutôt que de déroger à ce qu’ils appellent leur position sociale ! N’y a-t-il pas cent fois plus de grandeur et de dignité à lutter contre l’adversité, à braver la critique d’un monde futile et égoïste qui n’a de bonne volonté que pour ceux qui ne manquent de rien, et vous tourne le dos dès que vous avez besoin de lui ? Sacrifier sa vie à la considération de ce monde est une chose stupide, car il n’en tient aucun compte. »

      948. ……….

     949. ………

     950. Que penser de celui qui s’ôte la vie dans l’espoir d’arriver plus tôt à une meilleure ?

« Autre folie ! qu’il fasse le bien et il sera plus sûr d’y arriver ; car il retarde son entrée dans un monde meilleur, et lui-même demandera à venir finir cette vie qu’il a tranchée par une fausse idée. Une faute, quelle qu’elle soit, n’ouvre jamais le sanctuaire des élus. »

     951. ………

952. L’homme qui périt victime de l’abus de passions qu’il sait devoir hâter sa fin, mais auxquelles il n’a plus le pouvoir de résister, parce que l’habitude en a fait de véritables besoins physiques, commet-il un suicide ?

« C’est un suicide moral. Ne comprenez-vous pas que l’homme est doublement coupable dans ce cas ? Il y a chez lui défaut de courage et bestialité, et de plus oubli de Dieu. »

– Est-il plus ou moins coupable que celui qui s’ôte la vie par désespoir ?

« Il est plus coupable, parce qu’il a le temps de raisonner son suicide ; chez celui qui le fait instantanément, il y a quelquefois une sorte d’égarement qui tient de la folie ; l’autre sera beaucoup plus puni, car les peines sont toujours proportionnées à la conscience que l’on a des fautes commises. »

953. Lorsqu’une personne voit devant elle une mort inévitable et terrible, est-elle coupable d’abréger de quelques instants ses souffrances par une mort volontaire ?

« On est toujours coupable de ne pas attendre le terme fixé par Dieu. Est-on d’ailleurs bien certain que ce terme soit arrivé malgré les apparences, et ne peut-on recevoir un secours inespéré au dernier moment ? »

– ……….

– Quelles sont, dans ce cas, les conséquences de cette action ?

« Une expiation proportionnée à la gravité de la faute, selon les circonstances, comme toujours. »

954. ………

955. …… ..

956. Ceux qui, ne pouvant supporter la perte de personnes qui leur sont chères, se tuent dans l’espoir d’aller les rejoindre, atteignent-ils leur but ?

« Le résultat pour eux est tout autre que celui qu’ils attendent, et au lieu d’être réunis à l’objet de leur affection, ils s’en éloignent pour plus longtemps, car Dieu ne peut récompenser un acte de lâcheté, et l’insulte qui lui est faite en doutant de sa providence. Ils payeront cet instant de folie par des chagrins plus grands que ceux qu’ils croient abréger, et n’auront pas pour les compenser la satisfaction qu’ils espéraient. » (934 et suivants).

957. Quelles sont, en général, les conséquences du suicide sur l’état de l’Esprit ?

« Les conséquences du suicide sont très diverses ; il n’y a pas de peines fixées, et dans tous les cas elles sont toujours relatives aux causes qui l’ont amené ; mais une conséquence à laquelle le suicidé ne peut échapper, c’est le désappointement. Du reste, le sort n’est pas le même pour tous : il dépend des circonstances ; quelques-uns expient leur faute immédiatement, d’autres dans une nouvelle existence qui sera pire que celle dont ils ont interrompu le cours. »

L’observation montre, en effet, que les suites de suicide ne sont pas toujours les mêmes ; mais il en est qui sont communes à tous les cas de mort violente, et la conséquence de l’interruption brusque de la vie.

 C’est d’abord la persistance plus prolongée et plus tenace du lien qui unit l’Esprit et le corps, ce lien étant presque toujours dans toute sa force au moment où il a été brisé, tandis que dans la mort naturelle il s’affaiblit graduellement, et souvent est dénoué avant que la vie soit complètement éteinte. Les conséquences de cet état de choses sont la prolongation du trouble spirite, puis l’illusion qui, pendant un temps plus ou moins long, fait croire à l’Esprit qu’il est encore au nombre des vivants. (155 et 165)

 L’affinité qui persiste entre l’Esprit et le corps produit, chez quelques suicidés, une sorte de répercussion de l’état du corps sur l’Esprit qui ressent ainsi malgré lui les effets de la décomposition, et en éprouve une sensation pleine d’angoisses et d’horreur, et cet état peut persister aussi longtemps qu’aurait dû durer la vie qu’ils ont interrompue. Cet effet n’est pas général ; mais dans aucun cas le suicidé n’est affranchi des conséquences de son manque de courage, et tôt ou tard il expie sa faute d’une manière ou d’une autre.

 C’est ainsi que certains Esprits, qui avaient été très malheureux sur la terre, ont dit s’être suicidés dans leur précédente existence, et s’être volontairement soumis à de nouvelles épreuves pour essayer de les supporter avec plus de résignation. Chez quelques-uns c’est une sorte d’attachement à la matière dont ils cherchent en vain à se débarrasser pour s’envoler vers des mondes meilleurs, mais dont l’accès leur est interdit ; chez la plupart c’est le regret d’avoir fait une chose inutile, puisqu’ils n’en éprouvent que de la déception.

 La religion, la morale, toutes les philosophies condamnent le suicide comme contraire à la loi de nature ; toutes nous disent en principe qu’on n’a pas le droit d’abréger volontairement sa vie ; mais pourquoi n’a-t-on pas ce droit ? Pourquoi n’est-on pas libre de mettre un terme à ses souffrances ?

 Il était réservé au spiritisme de démontrer, par l’exemple de ceux qui ont succombé, que ce n’est pas seulement une faute comme infraction à une loi morale, considération de peu de poids pour certains individus, mais un acte stupide, puisqu’on n’y gagne rien, loin de là ; ce n’est pas la théorie qu’il nous enseigne, ce sont les faits qu’il met sous nos yeux.

Allan Kardec « Le livre des Esprits » paragraphes 943 à 956. 

 

  Pour finir, et pour déjà symboliser ce qui vient d’être dit – et qui peut-être « parlera » mieux à votre esprit que tous les mots de la Terre, nous vous offrons la photo de ce pont suspendu »par la Main de Dieu » dans les brumes, et sur lequel, seuls les purs et les Tout-Petits » oseront faire le premier pas. « Le Pas de Dieu », en quelque sorte !!!!

 

A  SUIVRE…..