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Infimes aperçus sur la dissolution des agrégats et des émotions dans le processus de la Mort

  • Posted on mai 4, 2012 at 9 h 17 min


 

 Cette image donne une idée de l’ambiance grisâtre des lieux dans lequel la personne est allée aider son parent après le décès de celui-ci.

 

Simon Selliest le 6 février 2002

Revu et corrigé le 3 mai 2012

 Perdre un parent est toujours un évènement dont les conséquences sur notre âme restent indéterminables à priori comme à postériori. De même les impacts de celles-ci sur notre évolution spirituelle propre ne peuvent se mesurer qu’à l’aune construite par les souvenirs de la vie et de la mort du parent défunt, par ses propres méditations et sentiments, ainsi que par les études qu’il est toujours possible de faire à titre personnel autour de cet  évènement lors des années qui suivent cette disparition.

 Ces décès malheureusement, par la force des choses, sont le lot de tout un chacun d’entre nous, mais nous ne les vivons pas tous de la même manière. Pour certains d’entre nous c’est un événement dramatique sans plus, mais pour d’autres c’est aussi et en plus, une véritable initiation.

 Voici à cet égard, une expérience, vécue en rêve (qui est rappelons-le, un moment où l’âme se libère de son corps dense et peut donc reprendre son erraticité), qui nous a était rapportée par une personne amie dont nous n’avons pas lieu de mettre en doute l’intégrité.

 Le rêve qu’elle nous décrivit, fut pour elle, un rêve fort et initiatique, dont le souvenir perdure encore en sa mémoire, bien des années plus tard, comme au premier matin du réveil qui le suivit.

 Laissons-lui à présent la parole.

 << J’étais dans une rue inconnue, mais d’allure assez banale sinon terne et grisâtre, en présence de mon père, décédé quelques jours auparavant. Celui-ci se tenait dans l’encoignure d’une porte(1), située sur le coté droit de la rue, par rapport au sens qui semblait s’imposer en direction, sans que des raisons objectives le détermine réellement. Il parlait, comme à son habitude, en étant en colère et en disant un peu n’importe quoi. Il m’a semblé, en me réveillant, que la cause de sa colère était le fait qu’il ne pouvait ouvrir cette porte(1), du fait qu’il avait « oublié » les clefs(2) dans un « autre habit(3)« .

 Il était donc « à la rue(4)« , et la seule solution, pour ouvrir cette porte et lui permettre de la franchir, était de trouver un serrurier. En fait cette idée ne lui plaisait pas trop, car elle « entraînait forcément une dépense – ou un coût??? – bien trop élevé(5)« . Comme ce coût aurait pu être évité sans cet oubli des clés, cela le chagrinait beaucoup.

 J’essayais donc de raisonner mon père, qui s’excitait de plus en plus, et j’en étais à le menacer de je ne sais plus trop quoi, l’ayant saisi fermement par le haut de ses vêtements, et en le plaquant ainsi contre un mur, quand nous nous rendîmes compte de la présence, à quelque distance de nous, de deux jeunes femmes – c’est du moins ce que laissait supposer leurs minces silhouettes diaphanes, aux contours imprécis, « d’allures passe-partout(6) » – qui nous observaient en silence. Toutefois, bien qu’elles semblaient immobiles et inactives, il émanait d’elles un très grand calme et une très grande sérénité, qui imposait immédiatement le respect et la déférence à celles et ceux qui se trouvaient en leur présence.

 De fait, mon père se calma presque aussitôt.

 Ensuite, je voyais mon père étendu, sur le dos, à même la poussière du sol(7), complètement inerte, dans un endroit encore plus aride et plus triste que le précédent, toujours environné dans ce brouillard qui rendait toute chose évanescente, et de cette sorte de tristesse grisâtre et terne, qui en me réveillant, m’avait laissé l’impression d’avoir été près d’une plage complètement déserte, où le sable(8), la mer et le ciel ne se différenciaient que par quelques légères différences de nuances de gris. Craignant que mon père ne prenne froid dans cet endroit, et mû d’une compassion humaine élémentaire, je le tirais avec difficulté sur un tas de chiffons(9)  qui se trouvait à proximité, lui relevant la tête par un petit tas de sable, puis je le couvrais d’un drap(10), avant de le laisser.

 Le reste du rêve fut confus, mais il me sembla, au réveil, que j’avais pu, tout seul, franchir cette porte fermée à clef(11).

 Ce qui était frappant dans ce rêve, c’était l’impression de tristesse des lieux, et cette grisaille ambiante (le gris, est symboliquement la couleur du renoncement) de ce lieu où tout était terne, vague, sans attrait, sans animation, flou, en un mot « sans vie et sans vibration », sorte de lieu confus, qui semblait être un lieu d’attente des âmes encore dans la confusion de leur passage du monde des vivants vers le monde des esprits. >>

 Nous en serions resté là de ce récit, si bien plus tard, nous eûmes l’occasion de trouver, chez une amie, le livre de Sogyal Rinpoché : « Le livre tibétain de la Vie et de la mort » (Edition de la Table ronde 1993). Livre  qui transmet, en un langage plus accessible à nos esprits occidentaux, la symbolique du « Bardo Thödol », le « Livre des Morts Tibétain ».

  Sogyal Rinpoché y décrit très en détail, et selon les textes fondamentaux du bouddhisme tibétain, le processus de la mort, la dissolution externe des sens et des éléments, puis la dissolution interne, la mort des poisons, le processus de la mort et de la renaissance, etc. (Sogyal Rinpoché : « Le livre tibétain de la Vie et de la mort » (Edition de la Table ronde 1993 p.325 à 391). Etant donné la densité spirituelle de ces descriptions, nous ne saurions mieux faire que de renvoyer à la lecture, et à la re-re-lecture) de ces pages qu’il nous est impossible de résumer ici en quelques mots.

 Toutefois, en ce qui concerne le rêve décrit ci-dessus, nous nous permettrons de citer quelques lignes de ce livre :

<< La fin du processus de dissolution et l’aube de la Luminosité fondamentale ont ouvert une dimension entièrement nouvelle qui commence maintenant à se déployer. Il me semble utile, pour la compréhension, de comparer cela à la manière dont la nuit fait peu à peu place au jour. 

 Le stade final du processus de dissolution au moment de la mort est caractérisé par l’expérience de ténèbres marquant la phase de « plein accomplissement ». Elle est décrite comme « un ciel plongé dans l‘obscurité« .. …….

……………………………………………………………………………………………..

……Si vous réussissez à diriger votre esprit vers une naissance humaine, vous aurez bouclé la boucle. Vous serez prêt à naître à nouveau dans le bardo naturel de cette vie. Quand vous verrez votre père et votre mère en union sexuelle, votre esprit, inéluctablement attiré, pénétrera dans la matrice. Ceci marquera la fin du bardo du devenir, tandis que votre esprit fera encore une fois rapidement l’expérience des signes correspondant aux phases de dissolution, et celle de l’aube de la Luminosité fondamentale. Puis l’expérience de ténèbres du plein accomplissement s’élèvera à nouveau et, à cet instant même, la jonction avec la nouvelle matrice sera faite.

Ainsi la vie commence-t-elle, comme elle se termine, par la Luminosité fondamentale. >>

 Cette zone d’ombre et de peur n’est pas sans rappeler les ombres cimmériennes(12) du Purgatoire de la chrétienté tel que le décrit Dante(13) dans sa trilogie.

 Toujours selon Sogyal Rinpoché : « Le livre tibétain de la Vie et de la mort » (Edition de la Table ronde 1993, p. 432 à 434), certains individus, que les tibétains appellent « délok », sont autorisés voyager dans les différents bardos de la mort. A toute fin utile, ils y sont accompagnés d’un bouddha (autrement dit d’un « Maître »), et donc placé sous sa protection. Leur mission, une fois revenus de ces mondes infernaux ou paradisiaques, est de raconter aux vivants ce qu’ils y ont vus, et de les exhorter ainsi à mener une vie construite sur le Bien, la méditation, et la pratique d’une vie quasi religieuse. Sans omettre de prier pour les âmes en souffrance, afin qu’elles se repentent de leurs fautes passées et prennent de sages décisions de vies futures à mener dans la sagesse de la Voie du Juste Equilibre.

 De tout ce que nous avons lu, dans d’innombrables ouvrages dont nous ne donnerons pas les titres, laissant à chacun la liberté de suivre sa voie, notre sentiment profond sur cette zone d’ombres et de peurs dont il a été question dans ce rêve, est qu’elle symbolise le moment où l’âme doit faire le bilan de ses actes passés et prendre toutes les résolutions afférentes à ses actes futurs. Cette décision (sorte de « Jugement dernier » dont l’Entité est tout à la fois l’accusé(e) et son avocat, ainsi que le Juge) doit se prendre pour certaines, dans les pleurs et les larmes, dans la colère et l’amertume, dans la souffrance et les désillusions concernant cette vie qui vient de se terminer, et pour d’autres, dans les bouffées d’espoir et dans la joie d’élans spirituels pour la vie qui va commencer.

 Alors, peu importe les souffrances et les erreurs passées, si les leçons ont été tirées et si elles sont définitivement comprises et intégrées en vue de ces lendemains qui s’annoncent à Elle. L’âme en sortira régénérée et bien plus forte dans ses convictions, dans son caractère, dans la maîtrise de ses pulsions, de ses émotions et de ses sentiments, et son pas sur son chemin de vie futur n’en sera que plus affermi.

 Savoir que l’on a progressé, et savoir où l’on doit aller, et comment on doit y aller, est sans doute, le plus grand Don de Dieu que l’on puisse obtenir.

 Mais il demande, pour être obtenu, une très grande sagesse tout au long de ses vies passées, comme dans celle présente, et certainement encore, dans quelques vies futures.

 Il est donc plus qu’urgent que nous en prenions la décision.

Notes et explications symboliques

Bien des années après ce récit, poursuivant nos recherches astrologiques et philosophiques, nous avons trouvé ce qui semble être un début de réponses à certaines symboliques du rêve cité ci-dessus. Nous vous en livrons quelques aperçus ci-dessous.

(1) Cette porte fermé « à double tour » que l’âme ne peut ouvrir parce qu’elle en a « perdu les clés » fait irrésistiblement penser à la Porte Invisible, qui est en astrologie moderne, le point du zodiaque situé exactement à mi-distance entre la position d’Uranus et celle de Saturne, en partant de la position d’Uranus et en allant vers Saturne dans le sens du déplacement des planètes.

Dans des études astrologiques encore récentes, ce point est supposé représenter le point du Zodiaque qui indiquerait une des raisons essentielles de notre incarnation présente, la nature de notre blessure existentielle (c’est à dire nos interrogations, nos cas de conscience, nos tourments, nos troubles, nos blocages physiques, émotionnels, intellectuels, spirituels… les plus secrets et les plus profondément ancrés en nous, ceux qui façonnent notre Moi le plus intime, et que nous avons d’abord le plus grand mal à identifier et celui ensuite à nous en défaire). Cette blessure existentielle découle directement de nos agissements négatifs passés, ou de ceux qui ont nuis à autrui.

C’est donc une porte que l’âme franchit à son incarnation et qui se referme définitivement et irrémédiablement derrière elle. L’âme n’a donc que le choix de se diriger vers la Porte Visible (point du Zodiaque diamétralement opposé à celui de la Porte Invisible). Cette Porte Visible, dans la même astrologie récente symbolise donc le moyen de guérison de notre blessure existentielle.

(2) Il est bien certain que sans « les clefs », l’âme ne peut ré-ouvrir cette porte qui vient de se fermer derrière elle… Cela symbolise aussi le fait que nul ne peut transgresser les Lois Divines. Ainsi toute « porte franchie » ouvre d’autres possibilités d’évolutions spirituelles, et que nul ne peut se soustraire à celles qui lui sont ainsi proposées.

(3) « L’autre habit » fait penser à la forme corporelle qu’avait l’âme dans la vie qu’elle vient de quitter.

(4) Etre « à la rue », dans le langage populaire, signifie « être démuni de tous ses moyens », et cela fait penser au nouveau né qui débute « tout nu » dans la vie, n’ayant que des potentialités qu’il devra découvrir ou re-découvrir, pour pouvoir s’en servir !

(5) Ce « coût » c’est soit le prix à payer,  pour chacun d’entre nous, pour avancer dans son évolution spirituelle (Cf. « La sueur et les larmes : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1002 et suivants), soit celui qui s’appliquerait à celle ou celui qui, par un moyen ou un autre, s’aviserait de violer une Loi Divine.

(6) Les Maîtres, dans leur grande modestie, ne se parent jamais de nom glorieux et/ou célèbre. Bien au contraire, Ils agissent toujours dans le plus grand anonymat, et en faisant en sorte que leur interventions puissent être attribuées au « hasard des événements ». Cela devrait faire réfléchir bien des médiums qui se targuent des messages qui leur sont délivrés par d’illustres personnages des temps passés.

(7) Cette vision n’est pas sans rappeler le verset très connu 3. 19 de la Genèse….

(8) Là encore, il est difficile de ne pas songer à Matthieu 7, 26…

(9) Ici aussi, comment ne pas songer à la parole du Maître Djwhal Khul : « Rappelle-toi que le vêtement souillé dont le contact te répugne peut t’avoir appartenu hier, peut t’appartenir demain » (Mabel Collins : La Lumière sur le sentier Edition 1990 p. 18). De même ces « chiffons » font penser aux « dépouilles », sorte de « vêtements » dont l’âme se couvre lors de son incarnation, afin d’y accomplir la poursuite de son évolution spirituelle.

(10) Un corps recouvert d’un drap devient forcément « anonyme »….

(11) Le fait d’avoir pu refranchir cette porte dans l’autre sens, dont il a été vu qu’elle symbolisait la « Porte Invisible » montre bien que la personne qui eût ce rêve, n’appartenait pas encore au monde des désincarnés, et que l’heure n’était pas encore venue pour elle, d’envisager d’autres chemins d’évolutions.

(12) « La couleur noire fut donnée à Saturne qui devint, en spagyrie, l’hiéroglyphe du plomb, en astrologie une planète maléfique, en hermétique le dragon noir ou Plomb des Philosophes, en magie la Poule noire, etc. Dans les temples d’Egypte, lorsque le récipiendaire était sur le point de passer les épreuves initiatiques, un prêtre s’approchait de lui et lui glissait à l’oreille cette phrase mystérieuse: «Souviens-toi qu’Osiris est un dieu noir!» C’est la couleur symbolique des Ténèbres et des Ombres cimmériennes, celle de Satan, à qui l’on offrait des roses noires, et aussi celle du Chaos primitif, où les semences de toutes choses sont confuses et mélangées; c’est le sable de la science héraldique et l’emblème de l’élément terre, de la nuit et de la mort. »

(Fulcanelli Les Mystères des Cathédrales Edition JJ Pauvert 1964)

(13) (Dante Purgatoire, première corniche des envies).