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Confiance en soi et Foi en Dieu

  • Posted on mai 24, 2013 at 12 h 55 min

Images   Le Pas de Dieu

Simon Selliest janvier 2010

Revu et complété mai 2013

Nous avons bien conscience en abordant un tel sujet que nous serons très loin d’y être exhaustif, mais souhaitons simplement et très modestement, donner ici une base de réflexion (et peut-être de méditation) à laquelle celles et ceux qui le désirent pourraient revenir, si leur esprit allait par inadvertance se perdre dans des spéculations un peu trop intellectuelles ou un trop éloignées de la réalité. Base qui pourrait aussi être de quelques utilités à certains de nos amis spirites, un peu trop obnubilés par l’Ère du Verseau et/ou l’Amour Universel. Deux termes si couramment utilisés (nous n’osons pas dire « galvaudés », mais…) que peu de gens savent encore ce qu’ils représentent réellement.

 Étymologiquement, le mot « confiance » peut être considéré comme formé du mot « foi » : fiance (latin : Fidare: se fier, se confier) et du préfixe « con » (ensemble, avec …). Nous ne doutons pas que d’autres amis spirites, plus érudits et plus « latinisants » que nous puissent apporter des explications plus pertinentes et plus savantes sur ce mot de confiance (1). Mais pour notre base de raisonnement ici, nous pouvons la considérer comme suffisante.

 Par ailleurs, nous avons tiré trois définitions du mot « Foi », de l’excellent site dédié au dictionnaire Littré 2° édition (1872-1877) (http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?requete=foi), tout en recommandant à ceux qui nous font la faveur de nous lire de s’y reporter. Ils y puiseront, en n’en pas douter, matière à méditation :

  • Avoir foi en soi-même, croire en soi, être plein de confiance dans son habileté, son succès, etc. Il se trouble à l’éclat de sa grandeur suprême, Il s’impose, il s’adore, il a foi dans lui-même, C. Delav. Paria, I, 2.

  • Croyance aux dogmes de la religion. Les premiers disciples de la foi. La propagation de la foi.Foi divine, celle qui est fondée sur la révélation ; foi humaine, celle qui est fondée sur le témoignage des hommes.

    • Qui fuit, croit lâchement et n’a qu’une foi morte (Corneille. Polyeucte II, 6).

    • Il est impossible de plaire à Dieu sans la foi ; car, pour s’approcher de Dieu, il faut croire premièrement qu’il y a un Dieu. (St Paul Épitre. aux Hébreux. XI, 6 traduction Lemaistre de Sacy).

    • Combien aura-t-il plus de soin de vous vêtir, ô homme de peu de foi ! (Évangile selon St Matthieu VI, 30 traduction Lemaistre de Sacy)

 Cette confiance, ou cette foi, s’exerce donc à trois niveaux ;

  • Foi en soi, ou force morale, psychique et mentale, force de caractère, force intérieure, volonté personnelle. En un mot la confiance en soi, en ses capacités physiques et intellectuelles ou morales, à ses possibilités de surmonter un obstacle, une épreuve ou un aléa de sa vie.

  • Foi dans les autres, ou confiance que l’on peut leur accorder et que l’on doit leur accorder, à chacun selon le degré dont on les juge dignes.

  • Foi en Dieu, qui nous vient d’un long travail de recherches effectué dans nos vies antérieures, et qui est latente dans tout être humain, sous une forme ou une autre, depuis l’aube de l’Humanité.

 De cette foi en Dieu, Matthieu en dit :

 » Car en vérité je vous le dis, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là ; et elle s’y transporterait, et rien ne vous serait impossible. »

Évangile selon Saint Matthieu : vers. XVII, 19, traduction Lemaistre de Sacy, édition 1843

 Il est bien certain, que dans un monde en continuelle transformation, il nous faut cultiver cette Foi. D’autant que la transformation du monde où nous vivons se fait de plus en plus vite, de plus en plus profondément, de plus en plus de façon difficile à comprendre et à appréhender.

 Quelques chiffres permettront peut-être de mieux faire prendre conscience de cet accroissement vertigineux de la rapidité d’évolution :

  • Homo Sapiens apparaît il y a 200 000 ans (selon les connaissances archéologiques et anthropologiques les plus récentes).

  • L’être humain découvre « l’agriculture » il y a environ 40 000 ans, et se sédentarise. Il a donc fallu 160 000 ans pour découvrir les rudiments de la « confiance en l’autre » par le biais de la production et du stockage.

  •  Depuis cette période, et jusqu’au XVII° siècle, les deux principales forces utilisées pour la production des biens de consommation ont été la force humaine et la force animale, si ont excepte les forces hydrauliques ou les forces des vents, utilisées « il y a peu », dans des domaines bien spécifiques comme dans les moulins.

  • L’être humain produisit donc ainsi ses biens de consommation jusqu’à environ la fin du XVII° siècle (il y a donc à peine environ 300 ans), époque à laquelle la machine à vapeur, puis les moteurs thermiques et les découvertes de la production et de l’utilisation de l’électricité, permirent de remplacer la force physique de l’être humain ou celle de l’animal, par des forces très supérieures, inépuisables et utilisables où et quand on en avait besoin.

  • La découverte de l’énergie atomique date du siècle dernier et son utilisation pratique pour produire de l’énergie électrique date d’environ 30 ans….

  • L’industrialisation et les moyens de production deviendront ainsi incommensurables durant ces 300 dernières années, devenant du même coup interconnectés mondialement.

  • 1990/1995 (soit depuis une vingtaine d’année) apparaissent les premiers ordinateurs personnels et le développement d’Internet, permettant une circulation sans précédent de l’information, de la connaissance, des échanges commerciaux et des transferts financiers, créant ainsi des richesses et des emplois sans commune mesure avec tous les moteurs de croissance précédents.

  • En 2005/2006 la bataille fait rage entre les groupes industriels leaders dans ce domaine, pour mettre la main sur des sites ou pourront être construits les futurs serveurs d’Internet, qui demandent tout à la fois :Rappelons, qu’Internet n’est qu’un moyen de transporter de l’information… Celle-ci devra ensuite être traitée et transformée, à l’aide d’ordinateurs encore plus puissants que ces serveurs !!!!

    •  des puissances électriques que seules pourront leur donner des centrales nucléaires qui leur seront entièrement dédiées,

    • de l’eau pour le refroidissement des centrales nucléaires et des systèmes informatiques, que seuls des fleuves d’une importance semblable à la Seine ou au Rhône (pour ne prendre qu’un exemple concret) pourront leur fournir,

    • et bien entendu de la place pour construire le tout.

 On voit bien au travers de ce raccourci historique, que la création de richesses est devenue infiniment plus rapide et infiniment plus importante par les moyens « dématérialisés » que par les moyens industriels classiques utilisés jusqu’alors (mines, industries métallurgiques des « Maîtres des Forges », industries textiles, industries des biens de consommation comme les appareils ménagers, l’industrie agro-alimentaire, etc.).

 A tel point que, les pays riches ont confié leurs productions industrielles (pénibles et peu rentables, grosses utilisatrices de main d’œuvre peu qualifiée et donc à bas salaires) aux pays « sous développés » (que l’on nomme pudiquement « émergents », çà fait moins misérabiliste…), pour s’orienter vers des activités financières et de services (banques, bourses, trading, assurances…). Lesquels pays, soit dit en passant, par un effet de yo-yo, se trouvent à présent bien plus mal en point économiquement que les pays dits « industrialisés ». L’effondrement de l’économie de l’Irlande en 2008/2009 et dans une moindre mesure celle de l’Angleterre (et sa « City ») en sont des exemples frappants.

 C’est ainsi que la Chine, considérée jusqu’à peu, comme « l’usine du monde’, à cause de son innombrable main d’œuvre à bas coût, est devenue la deuxième puissance mondiale, avec des réserves financières estimées à pratiquement 3 000 milliards de dollars, alors que toutes les grandes puissances mondiales n’ont que des dettes (dette de la France : 2 500 milliards de dollars…)

 Mais il a été vu aussi, par la crise des « subprimes », les dégâts que pouvaient occasionner le fameux « effet dominos » (encore appelé « théorie du battement d’aile d’un papillon dans la baie de San Francisco….’), du fait de l’interconnexion des échanges mondiaux et des « dettes souveraines », que bien des états européens avaient creusé par une politique laxiste de redistribution de richesses.

 Si nous prenons le temps de nous arrêter, ne serait-ce que deux minutes sur cette vision des choses, qui peut dire aujourd’hui, qu’il sera toujours à même de comprendre le monde qui l’entourera dans 10 ans, dans 20 ans …. dans un siècle ou deux ???? Faut-il que ceux qui ont encore cette longue route à suivre aient cette foi en eux, cette foi dans les autres et surtout cette Foi en Dieu, pour ne pas déposer à ses pieds, le fardeau avant l’heure !!!

 Pour mieux appréhender la rudesse de la tache qui les attend, penchons-nous, non sans compassion et une certaine petite malignité affectueuse, sur nos parents âgés (ou très âgés) nés au début du siècle dernier, ayant usé leurs forces et une partie de leur vie, à nous permettre de suivre des études plus ou moins poussées, le collège, les lycées, les grandes écoles ou l’université, et nous permettre ainsi de nous élever dans la hiérarchie sociale. Manquaient-ils de courage, manquaient-ils de force de caractère, manquaient-ils de foi en eux et de foi en Dieu, eux qui travaillaient plus de 45 heures par semaines (et parfois 60 ou 70 heures) dans des conditions environnementales ou des conditions d’hygiène et de pénibilité, qui mettraient en transes hystériques aujourd’hui, les délégués syndicaux les plus modérés et les plus accommodants avec leurs sociétés.

 De ce que nous en avons vu personnellement, nous ne le croyons pas le moins du monde. Nous sommes même bien convaincu du contraire.

 Pourtant, aujourd’hui, combien perdus et dépassés nous paraissent-ils devant le monde actuel. Eux qui ne comprennent pas toujours pourquoi on martyrise constamment une malheureuse « souris » en lui cliquant dessus sans arrêt…

 Ont-ils démérité en déposant aux pieds de Dieu, à un moment donné, usés par le poids des ans, le fardeau qu’Il leur avait confié ? Nous ne le croyons pas, et nous le croyons d’autant moins que nous réalisons chaque jour, non sans inquiétude, que ce que nous avons eu tant de mal à apprendre (en usant nos fonds de pantalons sur les bancs d’écoles successives), se trouve dépassé au bout de quelques années et qu’il nous faut toujours recommencer à apprendre et à apprendre encore ….

 Sont-ils d’ailleurs les seuls à avoir déposé leur fardeau ? Regardons sur nos trottoirs, dans les encoignures de nos couloirs de métro, sous nos ponts, dans nos bidonvilles, dans nos asiles de nuit, etc… Quel âge ont ceux que nous y trouvons là, hébétés, déchus, délaissés par notre société qui avance de plus en plus vite ???? Ont-ils un âge canonique ou sont-ils encore dans ce que l’on appelait « la force de l’âge », il y a encore peu de temps.

 Notre société demande à ses membres de plus en plus de compétences, de force de caractère, de combativité, d’agressivité professionnelle (on parle plutôt de « challenge », ça fait plus professionnel et c’est plus branché !), d’argent pour se doter des mêmes moyens que les autres ou tout simplement pour accroitre sa productivité (un simple PC est généralement obsolète en deux ou trois ans si on veut utiliser des logiciels récents. Les industriels basent leur temps de retour sur investissement – parlez de payback period, ça fait mieux dans une conversation avec un banquier ou un financier – sur deux ans. Au-delà, ils estiment que le risque d’investissement est trop grand….). Pourtant nos grands parents, eux, construisaient non seulement pour eux, mais surtout pour les générations futures. Regardez les cathédrales…. Étaient-ils pour cela moins égocentriques, ou plus crétins que nous ?

 Certes « … la confiance (ou la Foi) est la boussole qui nous indique toujours le Nord de l’Amour et de la Sagesse », mais il ne faut pas oublier qu’il faudra que chacun de nous y apporte sa contribution physique et intellectuelle à cette évolution, si l’on ne veut pas que cette chaîne de confiance ne se rompe sous le poids de ceux qui refusent d’y apporter leur quote-part. C’est en cela que la « confiance dans les autres » s’avère la plus nécessaire, car sans cette Foi dans l’apport d’autrui, l’égoïsme et l’égocentrisme ne tarderont pas à re-dominer le monde des humains. De cela, on en parle peu, car dire la réalité des choses est le rôle le plus ingrat de ce bas monde, et beaucoup d’entre nous se refusent à cet exercice… C’est plus « politiquement correct !.

 Cette confiance dans les autres se perd vite si levant son nez de sa tache harassante, on s’aperçoit que l’on est entouré d’assistés, qu’ils soient volontaires ou pauvres hères broyés par une évolution de société qu’ils n’ont pas eu la possibilité ou le courage de suivre (2), tendant la main et réclamant toujours plus d’aides et de subsides de la part de l’État, ce grand protecteur et dispensateur de notre argent (celui de nos impôts).

 Dans le monde matériel terrestre (« un monde parmi les moins évolués… » selon le spiritisme, rappelons-le), où chacun y vient pour racheter ses erreurs et ses fautes passées afin de progresser sur la voie de l’évolution spirituelle (3), il ne peut y avoir que des inactifs (sous quelques formes que se soit et pour quelque raison que ce soit).

 Chacun doit contribuer à la création de richesses collectives, selon ses moyens certes, mais « ses moyens » sont-ils bien ceux qu’il possède réellement ? N’en aurait-il pas d’autres à sa disposition, avec un peu d’efforts supplémentaires ?? La « charité » n’est-elle pas aussi de montrer à « l’autre » la voie de l’effort et de lui dévoiler le peu d’usage qu’il fait de ses possibilités potentielles (rappelons, pour ne pas être taxé d’égocentrique, que tous tant que nous sommes, nous sommes toujours « l’autre » de « l’autre »…).

 Il nous faut aussi avoir le courage de dire à ceux qui auraient tendance à se laisser « porter par la vague sociale », que toute « charité » a ses limites, et que « l’ascenseur social » est en fait un escalier qu’il nous faut gravir marche après marche, la sueur au front.

 De plus, s’il est souhaité que ce système perdure, il faut que les limites de l’apport de chacun à la collectivité, sont très en deçà des limites de ce que tout un chacun peut donner, sans se retrouver dans le même état que ceux à qui il vient en aide.

 Pour bien comprendre cela, regardons ce qui se passe dans le système social français et particulièrement dans celui des retraites. Il est incontestable que ce système basé sur la répartition a permis à un grand nombre de personnes de finir leurs jours dignement depuis un peu plus d’un demi siècle.

 Un rapide rappel de ce système, que nous limiterons volontairement à celui de la fonction publique et au régime général de la Sécurité sociale, sera certainement un exemple très simplifié, sinon un peu simpliste, mais permettra de se rendre compte de la réalité des choses. L’analyse montre que :

  • Ce système, créée définitivement en 1946, le fut à une époque où l’espérance de vie moyenne était de 66 ans, et l’âge de départ à la retraite était à 65 ans…. Donc une période moyenne de retraite ultra courte de 1 an….

  • La durée de vie en 2009 est de 78 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes (qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à travailler et donc à participer au système de retraite, tant pour son financement que pour leurs montants de retraites). Ce qui donne donc une durée de vie moyenne d’environ 81 ans et une période moyenne de retraite de plus de 20 ans.

  • L’âge de départ à la retraite est toujours en ce début de 2010 à 60 ans, mais la durée de cotisation est passée de 37, 5 ans à 40 ans (depuis 1996 pour les travailleurs du secteur privé).

  • La durée de vie augmente chaque année d’environ trois mois et si nul ne peut y trouver à redire, il faut bien en tenir compte.

  • Tant que le salaire annuel d’une personne ne dépasse pas le plafond de Sécurité Sociale (soit 36 372 euros par an au 31 décembre 2012, plafond auquel sont soumis plus de 60% des travailleurs du secteur privé), les prélèvements sur salaires pour financer le régime de retraite général étaient jusqu’en 2011 :

    • De 10,85 % dans le privé (avec une durée de cotisation de 40 ans depuis 1996) (4). Cette durée de cotisation a été augmentée à 41.5 ans depuis, et devrait l’être encore dans les prochaines années.

    • De 7, 55 % dans la fonction publique (avec une durée de cotisation de 37.5 ans jusqu’en 2008) (5). Cette durée de cotisation passera ensuite progressivement à 40 ans en 2012, et le taux de 7. 55% passera progressivement à 10. 85% d’ici 2020 (6)

  • En contrepartie :

    •  un salarié du privé aura une retraite équivalente théoriquement à 50% du salaire moyen de ses 25 meilleures années (ce qui représente en fait environ 45% de son dernier salaire, du fait des coefficients de valorisation annuels « un peu sous dévalorisés »).

  • Un fonctionnaire aura une retraite égale à 75% du salaire de ses 6 derniers mois.

  • Mathématiquement parlant, ces personnes « couteront » donc plus à la société qu’elles n’ont apporté à cette même société ! »).

  • C’est ainsi que les déficits de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), qui est la différence entre les cotisations et les paiements de retraites étaient (7) : C’est aussi ainsi que le déficit de la seule CNRACL (collectivités territoriales et fonction hospitalière, qui ne comporte donc pas les régimes dits « spéciaux » : EDF, SNCF, Mines, Banque de France, etc…) était de 1,5 milliard d’euros en 2009, avec pratiquement un cotisant pour un retraité, soit 2.3 millions de retraité pour 5 millions d’actifs (http://www.fonctionpublique.retraites.gouv.fr/data/Public/faq/bbbbb/dqsdqsd.html).

    •  en 2005 de 1,8 milliard d’euros ;

    • en 2006, il était de 2,4 milliards d’euros ;

    • en 2007 il était de 4,7 milliards d’euros ;

    • en 2008 il était de 5.9 milliards d’euros

    • en 2009 il était de 10,7 milliards d’euros

    • et continuera à augmenter si rien n’est fait entre-temps….

 Déficit payé par l’État, donc par les impôts des contribuables.

Il est permis de se poser la question de savoir jusqu’à quand les travailleurs du privé accepteront une telle différence de traitement de leur retraites, et si celle-ci conduit bien à une confiance mutuelle basée sur l’équité de chacun…

 Pour en revenir à nos réflexions philosophiques sur la confiance dans les autres, notons encore que :

  • Le système de retraite par répartition est un système (bien qu’il soit quelque peu « pyramidal » à la manière de la chaine de Ponzi) basé sur la confiance en l’autre. Chaque individu cotise pour payer la retraite des générations qui l’ont précédé dans le monde du travail, comme elles-mêmes l’ont fait en leur temps, et croit, en toute confiance, que les générations futures cotiseront à leur tour pour payer sa retraite quand l’heure en sera venue. Ce qui n’est déjà plus le cas, et le sera encore moins en 2017, si une réforme de grande ampleur sur TOUS les régimes de retraite n’est faite d’ici là.

  • Il n’est pas demandé à chacun d’entre nous le même effort et il n’est pas donné à chacun la même rétribution de fin de vie, comme cela à été vu par la comparaison entre les régimes de retraite du privé et ceux du public.

  • Les plus prévoyants, qui se seront privés toute leur vie pour s’assurer un pécule destiné à financer les dépenses de leurs vieux jours, voient ce pécule grevé d’impôts (par le biais des prélèvements sociaux) dès qu’ils l’entament pour subvenir à leurs besoins (et même bien souvent avant ces retraits). Et cela n’était pas prévu quand ils ont commencé à économiser…. Leur confiance a donc été trahie!

  • Dans une maison de retraite standard, il est difficile de discerner ceux qui paient plus de 2 500 euros par mois, prélevés en grande partie sur leurs économies et/ou leur maigre patrimoine, de ceux, certainement plus insouciants, qui n’ayant pas d’économies et peu de pension, sont pris en charge quasiment intégralement par le Conseil Général. A quoi sert-il finalement à ceux qui ont été vertueux, de l’avoir été ?

 Est-ce qu’un tel système peut durer encore longtemps ?

 Personne, même parmi les organisations syndicales les plus « sociales » n’ose l’affirmer. Tous sont d’accord par contre, sur la nécessité d’un changement drastique de ce système, même s’ils ne sont pas d’accord sur le système de remplacement.

 A noter encore, que quelque soit le système de remplacement, les générations futures seront obligatoirement lésées. Qu’en sera-t-il alors de la « confiance en l’autre » que beaucoup auront en toute bonne foi exercé durant la majeure partie de leur vie, au moment où ils découvriront que « les autres » (les nouvelles générations) n’accepteront plus ce système, et se tourneront vers d’autres systèmes pour financer leurs moyens de vivre au moment où leur forces déclineront ?????

 Nous voyons donc, à travers cet exemple (peut- être un peu long malgré son extrême simplification – si ce n’est son « simplisme » – combien il faut être prudent dans l’application concrète et matérielle d’une « loi divine » (la confiance en l’autre, et la solidarité inter-génération), aussi belle, aussi généreuse, aussi « évidente » soit-elle.

 A cet égard, qu’il nous soit permis de parler d’un point de philosophie « hermético- fiscale ». Dans tous les états du monde, le « fisc local » agit de la même manière pour estimer les impôts dont chacun doit s’acquitter. Le principe de son action est simple : il pose la question : combien avez-vous gagné et combien possédez-vous ? Jamais, sauf lors de recherches sur des agissements frauduleux ou des revenus illicites, il ne pose la question : « comment avez-vous gagné votre argent, avec quels sacrifices, avec quels efforts, avec quelles fatigues, etc. »

 La différence de démarche que posent ces deux questions bien différentes dans leur inspiration et dans leur optique spirituelle, ne nous parait pourtant pas forcément dénudée d’intérêt !!! Car prélever un impôt sur l’argent péniblement gagné par certain(e)s pour le redistribuer à celles et ceux qui ne font guère d’efforts pour en gagner un peu plus qu’ils n’en gagnent actuellement, est quand même quelque peu injuste !

 D’ailleurs, Allan Kardec, dans son Évangile selon le spiritisme (Chapitre XX : Les ouvriers de la dernière heure) ne s’y est pas fourvoyé. Les instructions des Esprits est parfaitement claires : les ouvriers de la dernière heure ne peuvent toucher le même salaire que ceux de la première heure, que s’ils ont passé tout la journée à chercher ardemment du travail. Encore conviendrait-il de restreindre davantage cette dernière précision par le fait que ces mêmes Esprits précisent bien de plus, que cette parabole, toute chargée de symbolique, se réfère plus à la volonté de se parfaire lors de son évolution spirituelle, qu’à la réalité du monde du travail.

 D’autant que, si nous prenons la peine de lire tout l’enseignement spirite, nous y voyons en fait que la douleur, la sueur et les larmes y sont maintes fois expliquées, tant pour leurs existences que pour leurs utilités indispensables à l’évolution spirituelle de tout un chacun. Relisons entre autres pages, les pages admirables de Léon Denis dans : « Le problème de l’être et de la destinée » (chapitre XXVI La douleur).

 Bien que tout le chapitre serait à lire et à relire, qu’il nous soit permis d’en extraire ces quelques lignes :

  » D’Homère au Dante, à Camoëns, au Tasse, à Milton, et, après eux, tous les grands hommes ont souffert. La douleur a fait vibrer leurs âmes ; elle leur a inspiré cette noblesse de sentiment, cette intensité d’émotion qu’ils ont su rendre avec les accents du génie et qui les ont immortalisés. L’âme ne chante jamais mieux que dans la douleur. Quand celle-ci touche aux profondeurs de l’être, elle en fait jaillir ces cris éloquents, ces appels puissants qui émeuvent et entraînent les foules. »

 Et quand on sait la vie douloureuse de Léon Denis, où les pertes affectives n’ont pas manquées, il est difficile de pas leur accorder toute l’attention qu’elles méritent.

 Quand on sait aussi que le mot issu du grec ancien : « Crux » signifie aussi bien « croix » que « creuset », peut-être regarderons-nous avec un autre regard la silhouette émaciée et sanglante de NS Jésus-Christ sur sa croix. De ce Christ, dont la symbolique veut qu’il apparût dans son corps de Lumière après sa crucifixion sur le Mont Golgotha. De ce Christ que les iconographes, des « obsédés » de la Tradition et de la rigueur symbolique, couvrent toujours d’un manteau pourpre, comme la couleur du soufre –pourtant jaune à l’état naturel et a température ambiante – fondu (dans un « creuset ») et porté au-delà de 165°C.

 Cette simple observation pourrait élargir encore ce vaste débat sur la Confiance, mais comme il est dit dans les contes pour enfants, cela est une autre histoire.

 En Astrologie, on parle souvent de « karma de foi » entendant par là, le manque de confiance aux trois niveaux définis ci-dessus.

 Nous avons mis un « A » majuscule au mot « astrologie », pour éviter d’entrer dans les basses querelles d’écoles en lui donnant un adjectif quelconque, car à y bien regarder, toutes ces écoles ne sont que des lectures différentes de la même base de données.

 Cette question de la « confiance en soi et de la confiance en Dieu » est principalement traitée dans cette philosophie, par l’examen de Jupiter rétrograde, en Signe et Maison, mais aussi accessoirement, par bien d’autres symboliques du thème, comme celle de la Maison IX par exemple. Mais pour faire court, analysons sommairement ce qui ressort de Jupiter rétrograde.

 Les auteurs ayant traité de ce sujet sont nombreux et nombreux sont ceux qui l’ont fait avec beaucoup de talent. Il est donc inutile de donner une interprétation supplémentaire redondante à ce qui existe déjà. S’il en était besoin, nous citerons entre autres et sans être exhaustif, sur ce seul sujet de Jupiter rétrograde :

  • Martin Schulman : Planètes rétrogrades et réincarnation Éditions MB (1988) p. 119 à 142.

  • Irène Andrieu : Planète d’ombre et de lumière (éditions Belfond Age du Verseau (1989) p. 176 à 180.

 De leurs études, il apparaît que ceux qui viennent dans cette vallée de larmes qu’est notre Terre, avec un « karma de foi » y viennent avec des motivations bien différentes de celles qui les motivaient autrefois. Il y a donc :

  • ceux qui ayant mené antérieurement une « vie de coucou » – de préférence dans une demeure bien confortable où la bonne chère ne manquait pas -, se doivent à présent d’affronter les entourloupeurs et arnaqueurs de tout acabit qui ne demandent qu’à vivre à leurs dépens. Devenus travailleurs acharnés et infatigables par la volonté de la Destinée,  ils peineront à nourrir leur famille, mais faisant tout pour que leurs enfants profitent du bien mal nommé « ascenseur social » (qui est en fait un escalier bien raide et aux marches inégales …que tout un chacun peut emprunter, mais qu’il est quand même plus facile de gravir, diplômes en poche).

  • ceux qui ayant un peu trop « arrangé » par le passé, les fondements du droit et de la justice à leur profit (ou à « leurs profits »), se les voient présentés à présent contre eux, dans cette vie, avec une rigueur plus que pointilleuse et sourcilleuse.

  • Ceux enfin, légers et aussi brillants qu’incultes, et s’amusant de tout pour le plaisir d’un bon mot, amuseurs adorés des personnes riches et désœuvrées, doivent être dans cette vie des « chercheurs de vérité » infatigables, toujours en quête de savoirs nouveaux (documentalistes, rats de bibliothèques, chercheurs au CRNS, ou tout encore « sherpa » d’un Président (quand leur QI dépasse les 160). Ceux dont le leur culmine, comme la plupart d’entre nous péniblement à 120, rempliront leur salon de revues et de livres…

  • Etc.

 De ces différentes individualités, il ressort bien que ces personnes doivent travailler dans cette vie leur foi en elles, leur foi dans les autres et leur foi en Dieu. Car peut-on se mettre au service des autres et à fortiori au service de Dieu si on ne possède pas, profondément chevillée au corps, cette foi en soi et en ses capacités à avancer ??? Ne pas avoir cette foi, c’est partir battu d’avance, c’est rejoindre le camp des perdants (des « loosers » pour faire plus moderne…)

 Conclusion

 Il n’est donc pas interdit de penser que la « Foi dans les autres » sera la plus rude bataille que l’Humanité à venir aura à conduire.

 Après l’exemple ci-dessus sur le régime social français, l’exemple de la construction de l’Europe, pour laquelle chaque pays doit abandonner, non sans moult réticences et arguties, peu à peu ses valeurs nationales et patriotiques propres, montre également que la « confiance en l’autre » n’est pas forcément une chose innée.

 N’oublions pas que l’ère du Verseau (appelée ainsi parce le point vernal sera dans la constellation du Verseau), tant chantée par les pseudos ésotéristes, comme l’abnégation de tout égoïsme et toute matérialité de la vie sur terre, ne commencera astronomiquement parlant qu’en 2715. Ce qui nous laisse quand même encore un peu de temps pour revenir quelques vies supplémentaires sur cette Terre, et de nous permettre ainsi, de détacher un peu plus notre corps de sa matérialité…

 Puisse Dieu, accorder aux générations futures, chargées de bâtir ce monde nouveau, cette « Foi en eux », qui aidée de la Foi qu’elles mettront en Lui, leur permettra peut-être de surmonter cet obstacle de la « Confiance en l’Autre ».

Notes

(1) Cf. : Dictionnaire de L’Académie française, 1st Édition (1694) :

Confiance (Page 486)

Confiance. s. f. v. Espérance en quelqu’un, en quelque chose. Avoir confiance, prendre confiance, une grande confiance, une ferme confiance une extrême confiance en quelqu’un. Mettre sa confiance en Dieu. J’ay grande confiance en vous, en vostre secours. Sotte confiance, vaine confiance. Mettre sa confiance aux richesses, en soy-mesme, en ses propres forces.

On dit, Parler à quelqu’un en confiance, pour dire, Luy parler à cœur ouvert; & comme estant bien assuré qu’il gardera le secret. Et, Parler à quelqu’un avec confiance, l’aborder avec confiance, pour dire, Luy parler avec une liberté honneste, dans la creance d’estre favorablement escouté, favorablement receu.

Confiance, se prend aussi quelquefois pour, Hardiesse, Sécurité. Il va au péril avec confiance. Il parle en public avec une grande confiance.

(2) Cf. : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=577

(3)  Cf. : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=470

(4)  Cf. : http://www.senat.fr/rap/a09-727/a09-72720.html

(5) Cf. : http://infos.emploipublic.fr/dossiers/evoluer-dans-ma-carriere/le-calcul-des-retraites/convergence-des-taux-de-cotisation-retraite-entre-le-public-et-le-prive/apm-664/

(6) Cf. : http://www.20minutes.fr/article/550343/Economie-Retraites-public-prive-tous-egaux.php

(7)  Cf. : http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=428