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Souffrance et Douleur (I)

  • Posted on octobre 30, 2014 at 17 h 14 min

(I) La douleur de vivre

Images   ND de la Salette ter

    ND de la Salette : La compassion de la Vierge en pleurs

 Simon Selliest le 14 juin 2012

 Revu et complété le 29 octobre 2014

Revu et complété le 10 novembre 2014

Par une matinée un peu brumeuse de la fin mai, empreinte d’un air vif et pur nous rappelant que nous étions en altitude (1), nous venions de parcourir les quelques centaines de mètres qui séparaient l’endroit où nous avions garé notre voiture jusqu’à ce creux de vallon d’où jaillit la source d’eau vive de ND de la Salette. Là, debout devant la statue de la Vierge assise auprès de la fontaine, et quelque peu perdu dans nos ressentis, nous regardions la Vierge cachant son visage dans ses mains, et pleurant sur le sort des femmes et des hommes de notre Terre.
 Pour avoir lu toute l’histoire de l’apparition de la Vierge Marie aux deux enfants, nous savions très bien pourquoi la Vierge Marie avait été représentée ainsi, bien plus tard, en pleurs dans cette position assise. Mais là, seul dans ce site momentanément désert, nous ne pouvions nous empêcher de penser que cette position se voulait d’exprimer autre chose que ce qui était relaté dans l’histoire officielle du site.
 Pourtant, les messages que délivra la « Belle Dame » à Maximin et à Mélanie sont aujourd’hui connus dans tous leurs détails, et les secrets reçus par Mélanie et Maximin afin d’être répétés au Souverain Pontife, ont été révélés au grand public dans leurs textes originaux (2). De même toutes les explications et les analyses de ces apparitions sur le site de la Salette ont été données. Et nous n’avions nulle raison de les remettre en cause, même si, comme souvent concernant de tels messages, avec le recul des années, ils pouvaient nous apparaître maintenant bien naïfs. Quant aux explications données se ces messages dans l’exégèse ecclésiastique de l’époque, elles ne peuvent que sembler quelque peu caricaturales à nos esprits habitués à réfléchir autrement sur la présentation officielles des choses religieuses.
 Malgré tout cela, ce vallon, comme tout le site de la Salette, a quelque chose d’insaisissable, de troublant, de dérangeant. Quelque chose que notre âme peut aisément ressentir, mais que notre esprit peine souvent à décrire pleinement.
 Puis nous continuâmes notre visite, et bien qu’elle fût très riche en émotions et en ressentis – dont nous parlerons peut-être dans un autre texte si nous en recevons la permission – cette sensation de « frôler » une autre compréhension sans pouvoir la saisir, nous suivit toute la journée.
 Bien des mois s’écoulèrent après cette visite à la Salette. Les ressentis étaient toujours présents, mais il nous était toujours impossible d’en exprimer la moindre explication.

Images   ND de la Salette bis

 Ce n’est que récemment, en lisant un commentaire sur un site ami (3), d’une personne qui ne comprenait pas pourquoi elle se débattait sans cesse dans des difficultés matérielles et des souffrances morales sans fin, alors qu’elle faisait tout pour en sortir, que la réponse à nos propres questions sur ces ressentis, nous fut donnée.
 Cette réponse nous rappela une fois de plus, ce texte d’une très grande qualité qu’avait écrit Léon Denis sur la douleur physique et la souffrance morale (4). Texte dont nous avions d’ailleurs donné quelques extraits dans un de nos propres textes (5).
 C’est en relisant une fois de plus ce texte, que nous réalisâmes que la Très Sainte Vierge Marie pouvait tout aussi bien incarner, depuis une douzaine de siècles (6), dans les différentes œuvres picturales et littéraires, le « Service au Christ » et la « Douleur » des sens humains.
 C’est en relisant une fois de plus ce texte, que nous réalisâmes que si la Très Sainte Vierge Marie incarnait depuis une douzaine de siècles (6), selon l’exégèse officielle, et dans les différentes œuvres picturales et littéraires, le « Service au Christ », Elle pouvait tout aussi bien incarner une autre forme de « Douleur ».
 Que la Très Sainte Marie pleure sur le sort qui attend l’humanité si elle ne s’améliore pas, comme le disent les messages retransmis par les deux enfants, nous n’en discuterons pas ici, car cela nous éloignerait par trop de la teneur de ce texte, d’autant que cela n’a rien de faux en soi.
 Mais était-ce bien la seule raison des larmes et de la position de « la belle dame » ?
 Si nous relisons bien le paragraphe XXVI de « la Destinée » de Léon Denis, qui nous explique avec une grande sagesse, la nécessité de « la douleur » dans l’épuration et le dégagement de notre âme hors de la basse gangue matérielle et matérialiste, une autre évidence finit par s’imposer à nous.
 D’ailleurs, il n’est que de se rappeler des rares passages des Évangiles qui parlent de Marie, si l’on excepte l’Annonce de l’Archange Gabriel. Aucun ne la montre spécialement dans une vie de fêtes et de plaisirs :
 Il n’est que se rappeler que les rares passages des Évangiles qui en parlent, si l’on excepte l’Annonce de l’Archange Gabriel, ne la montre pas spécialement dans une vie de fêtes et de plaisirs :
  • Le chemin pour aller satisfaire au recensement de Quirinus, parcouru assise sur un âne, alors qu’elle était presque au terme de sa grossesse, ferait hurler au scandale le plus endurci des gynécologues…
  • La naissance de Jésus décrite dans une grotte (ou une étable selon les versions…), dans le plus grand dénuement, qui n’est pas spécialement un lieu idéal pour un tel acte, peut laisser supposer une grande souffrance…
  • La façon donc Jésus la traite lors de sa visite (Matthieu XII 49), la reniant presque… « Qui est ma mère et qui sont mes frères »
  • Ce fut à Marie (et aux « saintes Femmes »…) que revint le rôle ingrat, avec Joseph d’Arimathie et Nicodème, de recueillir le corps ensanglanté de Jésus à la descente de la croix (Jean XIX 25 à 42), afin de le préparer à l’enterrement dans la grotte. Ce qu’ont dû ressentir les artistes ayant peint ou sculpter les « Pietà », ne laisse aucun doute sur ce sujet !
  • Etc.
À la lumière de ces épreuves terribles, il paraît inévitable que le symbolisme de l’Assomption de Marie au terme de sa vie terrestre (8), ne traduise pas, dans la pensée du spiritisme, le franchissement d’un très important niveau de conscience (9).
 Le bouddhisme, qui prit naissance environ 500 ans avant le christianisme, ne dit d’ailleurs pas autre chose, dans l’énoncé des « Quatre Nobles Vérités », en ce qui concerne la vie sur Terre, en tant que chemin d’accès au Nirvana (10).
 Léon Denis, qui suivait très assidûment les cours d’histoire des religions au Collège de France, ne pouvait pas non plus l’ignorer, quand il écrivit le chapitre XXVI de la Destinée (où il est très difficile de ne pas y voir, çà et là, de nombreux concepts et plusieurs symboles du bouddhisme) !

 

Toutefois, nous ne saurions terminer ce texte sans insister grandement sur le fait qu’il nous serait impardonnable de laisser croire que l’on puisse ici, confondre « pleurnicheries » d’une âme faible et « Douleur » au sens du bouddhisme, du christianisme et du spiritisme.
 De même, il ne nous serait pas pardonné de laisser confondre, dans l’esprit de ces doctrines religieuses, la « Souffrance » d’ordre purement moral, avec la « Douleur » qui serait surtout d’ordre physique, même si souvent, elles sont une conséquence l’une de l’autre. La douleur physique, usant les résistances de l’esprit déclenche la « Souffrance » morale, et la souffrance morale finit toujours par déclenchait une « Douleur » physique, par effet psychosomatique.
 Notes

1- La Salette se situe à 1800 mètres d’altitude.

2-  Le 2 octobre 1999, les « secrets » révélés par la Vierge Marie aux deux bergers de La Salette, le 19 septembre 1846, ont été découverts, dans les archives de l’ex-Saint-Office, par l’abbé Michel Corteville. Les textes, rédigés par les deux voyants, Mélanie Calvat et Maximin Giraud, avaient été remis au pape Pie IX le 18 juillet 1851. Ils étaient considérés comme perdus.

 Ces textes ont fait l’objet d’une thèse de doctorat en théologie qui a été soutenue par l’abbé Corteville en 2000 à l’Angelicum, l’université pontificale des Dominicains. Cette thèse a commencé à être publiée, dans son texte intégral, en 2001. Elle a été reprise, sous une forme plus accessible à un large public, dans un ouvrage publié par l’abbé Corteville et l’inévitable René Laurentin, « Découverte du secret de La Salette » (Fayard, 2002).  

3- Site « Spirits de Mirabeau » : Commentaire posté par Daniel G.  : (http://spirits2mirabeau.canalblog.com/archives/2014/10/19/30798001.html#c63438872)

4- Léon Denis : Le problème de l’Être, de la Destinée et de la Douleur Editions de la Librairie des sciences psychiques et Editions Hector et Henri Durville (1918 douzième mille).

5- Cf. : « La sueur et les larmes, Quatrième partie ; Pourquoi les épreuves de la vie  : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1022 )

6- Marie n’apparaît que très peu dans les Évangiles canoniques et guère plus dans les textes apocryphes (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_(m%C3%A8re_de_J%C3%A9sus) ). Son culte, de fait, ne débuta réellement que vers le IX° siècle et ne cessa de croître depuis lors (http://www.croire.com/Definitions/Bible/Marie/Le-culte-marial)

7- Évolution spirituelle cf. : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1466 )

8- Assomption ; cf.: ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Assomption_de_Marie )

9- Cf. : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1469 )

10- Cf. : (http://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre_nobles_v%C3%A9rit%C3%A9s )

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