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Souffrance et Douleur (III)

  • Posted on novembre 16, 2014 at 11 h 15 min

 

Celles et Ceux qui veillent sur nous(1)

 

Images   ND des Grâces

Simon Selliest le 12 novembre 2014

Texte entièrement réécrit le 24 décembre 2014

 Voici une histoire qui nous a été racontée, et que nous aimerions faire connaître, car elle nous permettra peut-être d’aborder, un peu plus tard, un autre sujet sur lequel nous avons longuement peiné avant d’entrevoir le début de la compréhension d’un des nombreux arcanes de l’évolution spirituelle. Un arcane que le bouddhisme explique, on ne peut plus clairement, si on prend le temps de lire « simplement » ce qui en est dit dans tous les bons livres qui en traitent, mais que notre esprit occidental, peine souvent à comprendre pleinement.
Voici donc tout d’abord cette histoire, telle qu’elle nous été narrée.
 << C’était, il y a quelque temps déjà, par une belle journée de fin d’été.
Nous venions de revoir un ami un peu lointain, sur ces terres de volcans que nous affectionnons tellement… Peut-être en souvenir d’une lointaine vie de bonheur !
Lors de cette rencontre, nous l’avions à peine reconnu, avec ses vêtements flottants autour de lui, son visage crispé en un rictus douloureux, et dont la lividité accentuait encore la vacuité de ses yeux. Un regard que la vie semblait avoir déjà abandonné.
Il se tenait de sa main gauche à l’angle du mur le plus proche, et nous regardait nous avancer vers lui, sans avoir la force de nous sourire.
Il nous avait alors raconté, avec la pudeur des gens peu habitués à se plaindre et encore moins habitués à chercher une épaule pour y pleurer, sa subite maladie. De celle-ci, nous n’en parlerons pas bien entendu, par simple respect pour cet homme qui se tenait et qui se tient encore debout, face à l’adversité qui le frappe. Mais ce que nous devons en dire, c’est que cette maladie est d’autant plus grave que la médecine allopathique, ignorant à peu près tout de ses origines et de la manière de la soigner, se trouve bien démunie et bien désarmée devant elle. Ce qui ne peut être en aucune façon, une source d’espoir pour celles et ceux qui en souffrent.
Que lui dire alors ?
Les phrases habituelles de soutien et de réconfort nous semblaient encore plus improbantes et encore plus déplacées que d’habitude. Pourtant, au fond de nous-même, nous avions le sentiment profond que nous devions « lui parler ».
Nous en étions là, l’écoutant, laissant paraître notre peine de le voir ainsi, quand soudain dans notre esprit, la phrase vint. Nous ne connaissons que trop ce genre de « suggestion », cette amicale pression de notre Égrégore, qui veut bien se servir de nous pour faire passer un message. Nous la connaissons bien, mais nous savons aussi combien il nous est difficile, la plupart du temps, de la formuler en « termes acceptables » pour celle ou celui à qui ils sont destinés.
Comment dire en effet, tout à trac, à quelqu’un que nous savions très loin de la doctrine de l’évolution spirituelle (2) à travers des vies multiples, que la souffrance et la douleur (3) ne nous sont jamais envoyées en vain par la Sagesse Divine, quelle que soit la symbolique attribuée à cette dernière.
Fort heureusement, la conversation se détourna quelque peu de sa maladie, et lui parlant de ce beau soleil qui ne pouvait que lui être revitalisant, il nous fut suggéré de lui proposer de faire un tour dans son jardin.
Se sentant trop fatigué, il accepta l’offre, mais pour un peu plus tard, car il souhaitait se reposer auparavant quelques heures dans sa chambre.
En fait, le restant de la journée s’écoula et nous dûmes repartir sans l’avoir revu.
Plusieurs jours après nous le revîmes. Et bien que nous nous fussions habitué à présent à son allure « ectoplasmique », le choc fut encore assez violent. Ce qui nous rappela aussitôt ce que notre Égrégore nous avait suggéré de faire et de dire.
La journée était belle et une légère brise nous apportait toutes les senteurs des bois environnants. Nous lui proposâmes donc d’aller faire ce tour dans le jardin dont nous avions parlé la dernière fois. À petits pas comptés, oscillant presque à chaque souffle de cette légère brise, il nous précéda vers celui-ci. Deux chaises nous y accueillirent.
Bien assis, nous commençâmes à lui parler des bienfaits de respirer cet air doux et parfumé, de reposer son regard sur la Nature en pleine vie exubérante, de la force que les arbres et les fleurs « semblaient » nous communiquer, etc. Il nous écoutait et nous approuvait, car cela correspondait ce qu’il commençait à penser depuis quelque temps.
Par un pur hasard, près de nous se trouvait une magnifique lavande, une « lavandula angustifolia » ou lavande officinale. Mû par une forte intuition, nous approchâmes le pot près de sa chaise et nous lui demandâmes alors de mettre sa main, paume vers le bas au-dessus d’elle, et de vider son esprit de toutes préoccupations, tout en observant bien les ressentis éventuels qu’elle pouvait lui transmettre.
Ce geste que les médiums guérisseurs connaissent bien lui parut un peu saugrenu, mais comme il nous connaissait peu enclin à nous moquer d’autrui, il s’exécuta de bonne grâce. Quelques instants passèrent et comme il ne semblait pas avoir de ressentis particuliers, nous fîmes le geste tout aussi connus des médiums, de placer notre main au-dessus de la sienne.
Nous eûmes alors la grande joie de le voir sourire, de voir la lumière revenir dans ses yeux jusqu’alors éteints, et de le voir se laisser emporter par cette sensation d’amour et de bien-être qui nous enveloppa alors tous les deux.
Manifestement nos Égrégores intervenaient sur lui, et ils le faisaient comme rarement nous l’avions ressenti jusqu’alors. L’air devint d’un calme surprenant, la Nature se tut, comme si toute chose autour de nous suspendait respectueusement son activité !
Cette manifestation lui étant destinée, nous retirâmes notre main, le laissant seul dans l’amour dont son Égrégore l’entourait. Et cela dura de longues minutes inoubliables.
Puis la vie habituelle reprit son cours et la Nature fit de nouveau entendre ses bruits coutumiers. Notre ami resta comme « transporté », perdu dans un univers inconnu de lui, à tel point que nous préférâmes nous retirer sans faire de bruit, le laissant dans cette paix et cette sérénité que sait si bien procurer Celle qui veille sur certains d’entre nous. >>
 Arrivé à ce niveau de ce récit, celui qui nous l’avait conté s’arrêta, et un long silence s’établit entre nous. Chacun réfléchissant de son côté sur les enseignements qu’il lui était possible d’en tirer.
Puis, après de longues minutes, la conversation reprit, et bien des idées y furent exprimées. De celles-ci  il nous est possible d’en dégager le résumé suivant.
Tout d’abord, il nous parut évident que dans le cas présent, c’était de l’Égrégore qu’il est coutumier de désigner par la symbolique de « la Vierge Marie », que les deux amis avaient ressenti.
Il doit, bien entendu, en exister d’autres, qu’il serait outrageant de ne pas mentionner ici. Mais de ceux-là, nous n’en parlerons pas. Car si nous n’avons pas la moindre raison de douter de leur existence, de leur puissance et de leurs bienfaits, nous n’avons pas pour autant l’habitude de parler de ce que nous ignorons.
 De même, nous devons dire sans détour, que tout médium, aussi avancé soit-il, n’a dans ces manifestations, que le rôle d’intermédiaire passif, sans la moindre petite parcelle de pouvoir. Il reçoit et il transmet ce qui lui est demandé de recevoir et de transmettre. Point final ! (4)
Ces précisions apportées une fois de plus – mais concernant ce que nous entendons depuis toujours dans le milieu des médiums, nous ne pouvons que le répéter encore et encore -. Cela étant précisé donc, nous pouvons reprendre le récit de notre ami avec plus de liberté d’expression, sans la crainte de trahir sa pensée.
<< Nous n’avions que très rarement ressenti une manifestation aussi forte, aussi prenante, aussi soudaine et aussi longue depuis le temps que nous nous efforçons, dans la mesure de nos faibles moyens, d’apporter quelques bribes de réconfort à celles et ceux qui sont dans la souffrance. Surtout à une personne qui était encore (et certainement « momentanément ») dans l’ignorance totale des choses de la Vie et de la Mort.
Par la suite, en réfléchissant de nouveau à ces instants de pur bonheur, comment n’aurions-nous pas pu reconnaître que dans les pires souffrances, les pires maladies, les pires épreuves, les Esprits élevés veillent sur nous (ou peut-être veillent encore davantage sur nous), nous aident à les supporter, nous encouragent à les surmonter, et cela pour nous aider à franchir un niveau de conscience qui nous rapprochera un peu plus d’eux.
Comment aussi, ne pas accepter ces pires moments, en sachant que nous avons la force de les surmonter pour peu que nous nous efforcions de monopoliser toutes nos forces, toutes nos connaissances, toute notre force intérieure et toute notre force de caractère. Et que les franchir ainsi nous apportera, non seulement la félicité de notre victoire, mais aussi des forces nouvelles dont nous n’avons peut-être pas idées qu’elles sont déjà latentes en nous, et qu’elles soient si puissantes !
Comment encore refuser d’accepter que :
  • le christianisme ne dit pas autre chose, avec le symbolisme de la crucifixion de Jésus ou les larmes de Marie au pied de la croix. Tous deux apparaissant dans leur corps de gloire par la suite.
  • le bouddhisme ne fait que donner le même enseignement avec les quarante années de privations et de souffrances corporelles du Bouddha, avant d’atteindre l’Éveil.
  • l’hindouisme, avec le Khroda Mandala de la Roue de la vie (5) que tient entre ses griffes le grand démon Mahakhala, ne dit pas non plus autre chose.
  • les « Philosophes par le feu » sous couvert de manipulations du métal « élu », au creuset, sur un feu de forge aux braises attisées au rouge vif, ne parlent pas (aussi… ) de cela.
  • etc.
Comment enfin, pourrions-nous refuser « quelques instants » de souffrances ou de douleurs (3) sur cette Terre, véritable « Vallée de larmes », alors qu’elles nous sont proposées en vue d’un temps infini de progression spirituelle.>>
Ce récit, et les considérations qui l’accompagnèrent, devons-nous l’avouer, nous apporta beaucoup plus de questions que de réponses sur un sujet qui nous revient périodiquement à l’esprit et sur lequel nous n’arrivons pas à trouver de réponses claires et convaincantes.
En effet, comment se fait-il que des personnes ordinaires puissent ainsi apporter un soulagement, un réconfort et même parfois un début de guérison, à certains de leurs semblables, alors même qu’ils sont bien souvent eux-mêmes dans la peine ?
Comment se fait-il, à un instant donné qu’elles soient impuissantes à agir devant la souffrance ou la douleur d’autrui et qu’à l’instant d’après elles se trouvent utilisées pour apporter un peu de réconfort ?
Pourquoi aussi, surviennent-ils subitement ce calme, cette sérénité, cette sensation de bien-être, d’immensité radieuse qui nous entoure et qui nous donne l’impression d’accéder à « une autre dimension » ?
Comment enfin, s’établit ce lien entre elles, notre esprit et cet Esprit Supérieur qui, en toute logique, les transcende ?
Mais hélas, il nous faut bien avouer, qu’une fois de plus nos interrogations restèrent, sans réponse.

Notes

  1. Pour comprendre tout à fait le sens et la puissance de cette manifestation, il faut se rappeler l’étymologie du mot « Égrégore » : En latin, egregius signifie « remarquable, illustre, exceptionnel ». Cependant, c’est dans le grec ancien[1] qu’il faut chercher l’étymologie et la logique du vocable « égrégore ». Celui-ci s’entend aussi bien dans ???????? (égrègora), parfait d’??????, faire lever, éveiller, réveiller, que dans le verbe dérivé ????????? (égrègoraô), être éveillé, ou le substantif féminin ??????????,??? (égrègorsis), veille, ou encore les adverbes ??????????? (égrègorotôs) et ????????? (égrègorti), signifiant tous deux en veillant (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gr%C3%A9gore ).
  2. Cf. : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1466 )
  3. Rappelons l’admirable définition que donna Léon Denis de ces deux mots de significations apparemment semblables  dans son livre : La Destinée chapitre XXVI : «  La douleur physique produit des sensations ; la souffrance morale, des sentiments. Mais, ainsi que nous l’avons vu plus haut, dans le sensorium intime, sensation et sentiment se confondent et ne font qu’un. »
  4. Cf. : Allan Kardec : « La médiumnité guérissante » (extrait de la Revue Sprite de 186(). (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1732 ) et le texte de Mireille (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1738&preview=true )
  5. Cf. : (http://fr.wikipedia.org/wiki/Roue_de_l’existence_karmique), ou encore (http://www.centrebouddhisteparis.org/Bouddha/Le_Dharma_du_Bouddha/la_roue_de_la_vie.html )