Rêves, symbolisme et médiumnité

  • Posted on janvier 26, 2013 at 14 h 01 min

 

Images   Rêves symbolisme et médiumnité

Willem Drost : Le songe de Daniel
Huile sur toile, 1650  Musée Staatliche, Berlin

Simon Selliest le 20 janvier 2013

Revu et corrigé le 6 février 2013

Tout le monde rêve durant le sommeil… Le rêve est une partie de notre vie et il nous est nécessaire comme nous est nécessaire le sommeil. Mais peu d’entre nous se souviennent de la totalité de leurs rêves, voire d’un seul d’entre eux, et encore moins de ceux-ci considèrent le rêve comme une « autre vie » de leur esprit !

 Le rêve a pourtant une place de longue date dans notre culture chrétienne. Il suffit de se référer à la Bible pour trouver, tant dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament, des récits de rêves attribués à des personnages marquants.

 Nous ne citerons pas tous les songes bibliques mentionnés dans les textes canoniques, loin de là. Notre but n’est pas de faire ici l’exégèse de ces rêves, mais simplement de montrer que de tous temps, des femmes et des hommes ont considéré que le rêve était un moyen de communication avec le « Monde des Esprits » ou à fortiori, un moyen de communication avec Dieu.

 Citons simplement quelques un d’entre eux, parmi sûrement les plus connus :

  • « Il (Jacob) rêva qu’il y avait une échelle reposant sur la terre et dont l’autre extrémité atteignait le ciel ; et il aperçut les anges de Dieu qui la montaient et la descendaient ! Et il vit Dieu qui se trouvait en haut » (Genèse 28,11-19).

  • « Tu m’as fait rêver et m’as rendu à la vie » (Isaïe, 38. 17).

  •  Dans le Nouveau Testament, à trois reprises, Dieu communique sa volonté à Joseph, le père de Jésus, durant le sommeil de celui-ci, pour qu’il :

  • accorde sa confiance à Marie malgré sa maternité spirituelle (Matthieu 1. 20),

  • s’enfuit en Égypte afin de sauver Jésus du massacre des enfants, ordonné par Hérode (Matthieu 2. 13),

  • revienne à Nazareth après la mort d’Hérode (Matthieu 2. 19-20),

  •  Etc.

D’autre part, pour les personnes qui se souviennent de leurs rêves, il faut encore considérer que peu d’entres elles en gardent un souvenir exact, complet et structuré de ceux-ci, et parmi elles, encore moins les comprennent pleinement.

 Sont-elles ignares pour autant ? Nous nous garderons bien d’en parler ainsi, car nous ne savons que trop que les rêves sont une forme de médiumnité et qu’ils nous sont donnés en langage symbolique. Un langage symbolique ou « langage secret » dont parle le Maître Djwhal Khul dans le livre qu’il « intuita » à M. Collins et dont nous avons repris le passage concerné dans :

« Médiumnité passive et Enseignements interactifs (III) » : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=861).

 Essayons donc d’analyser un peu plus en détail cette part de médiumnité dans le rêve, et ce « langage secret ».

 Le rêve, une forme de médiumnité

Disons le tout de suite, tout le monde est médium avec une sensibilité plus ou moins prononcée. Mais beaucoup d’entre nous, pour toutes sortes de raisons fort honorables par ailleurs, ne souhaitent pas se servir de cette médiumnité, ou s’en font des idées complètement fausses, ou ont peur de la reconnaître (une peur souvent issue de vies antérieures), ou encore, ignorants de la vraie nature de la médiumnité, craignent le regard que peuvent en avoir les autres sur ce sujet, etc.

 Taisant donc leur médiumnité, ils occultent de ce fait une grande partie de leur vie nocturne, se privant par ailleurs ainsi, de précieux enseignements.

 Pourtant comment expliquer autrement certains rêves plus ou moins « prémonitoires » (nous mettons ici des guillemets, car le mot est à prendre avec une grande prudence). Un aspect particulier des rêves que nous verrons plus loin.

 Le « langage secret » des rêves

Nous avons mis « langage secret » entre guillemets, car nous ne voudrions pas laisser croire que, seuls quelques rares Adeptes seraient à même de le comprendre….

 Ce « langage secret », nous en avons déjà parlé indirectement dans l’article « Que faut-il entendre par Philosophie Hermétique » (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=451 ). Essayons d’avancer ici, un peu plus loin sur l’explication de ce « langage secret ».

 Ce langage utilise maintes formes d’expressions, dont la liste ci-dessous est loin d’être exhaustive ou plus juste que d’autres. Citons entre autre :

  • le symbolisme sous toutes ses formes et notamment celui de l’Iconographie, dont les codes ont toujours été scrupuleusement sauvegardés par la Tradition. Ils sont donc à apprendre en priorité si nous voulons espérer entrevoir quelques bribes de l’enseignement de cette Haute Science.

  • Hors Iconographie, plusieurs ouvrages incontournables peuvent aussi être cités :

    • L’incontournable « Dictionnaires des symboles » de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant (plusieurs éditions)

    • Le rarissime « Dictionnaire de la Fable » de F. Noël (plusieurs éditions), mais que l’on peu télécharger à présent sur le site de Gallica.

    • « Le dictionnaire Mytho-Hermétique » de Dom Pernety, régulièrement réédité de puis 1758.

  • Et bien d’autres ouvrages qui ne manqueront pas d’arriver entre les mains de celles et ceux qui feront de sincères efforts pour apprendre ce langage.

  • L’utilisation de l’homophonie de certains mots ayant pourtant des sens différents. Citons par exemple : « pin », « peint » et « pain », ou « vent » et « van » (qui a lui-même plusieurs sens dont un qui n’est plus usité de nos jours : un panier d’osier pour séparer le grain de la paille). Citons aussi le traditionnel jeu de mot des Anciens Maîtres : « Scel » et « sel » (se rappeler que pour les anciens, tout métal était un sel…), qui ont permis par la suite de jouer sur « scellé » (luté) et « scellé » (marqué du sceau), puis « scellé » et « stellé » (marqué de l’étoile), comme dans « Compost Stellé » et « Compostelle » ….…. Etc. Cette homophonie s’appliquant souvent aussi sur leur étymologie grecque ou latine, bien que les mots français qui en sont issus soient différents… Si comme nous, vous avez fait des études mathématiques et techniques, et non vos « humanités », il ne vous reste plus qu’à rechercher l’enseignement et les interprétations des auteurs qui se sont livrés à ces recherches, comme Fabre d’Olivet ou Fulcanelli par exemple…

  • L’utilisation de sens peu usités de mots courants, comme par exemple le mot : « fermentation », qui se connaît bien en tant que transformation chimique d’un corps par décomposition en lieu clos, mais qui est peu usité dans le sens de l’introduction d’un ferment dans un corps quelconque, comme par exemple l’utilisation du levain dans le pain éponyme….

  • L’exagération d’un phénomène quelconque, comme par exemple comparer la surface en ébullition d’un corps solide en fusion dans un creuset, et les vapeurs noirâtres qui s’en dégagent, à une « grande tempête d’une mer déchainée sous des ombres cimmériennes »….

  • La référence à des symboles contenus dans les contes et les fables, les mythes, les croyances populaires, les fêtes et cérémonies religieuses…. Qui connaît encore l’histoire des bougies vertes de l’abbaye de Saint Victor à Marseille (1) ou encore l’origine de la galette des Rois avec ses stries traditionnelles sur le dessus et la fève qu’elle renferme (2) ? Cette fève qui a été souvent remplacée depuis, et sans raison apparente par toutes sortes de sujets en plastique, allant même jusqu’au plus incongru comme Dark Vador ….). 

  • Etc.

 Les artistes, de tout temps, ont laissé libre cours à leur imagination débridée pour illustrer ces symboles et ces noms mystiques. Citons là encore quelques exemples ;

  • Le pèlerinage de Nicolas Flamel à Compostelle, alors que celui-ci n’avait jamais quitté son échoppe de copiste de la rue Marivaux et sa chère Dame Pernelle…

  • Le mythe bien connu des provençaux (et des touristes visitant cette belle région de Provence…) de la Tarasque dont « la gueule était devant Tarascon et la queue sur le Mont Ventoux… ». Monstre « géantissime » que la brave Marthe, humble servante parmi les trois femmes bibliques débarquées aux Saintes Maries de la Mer, rendit inoffensive en l’aspergeant de quelques gouttes d’eau bénite ! Ce mythe que chanta le grand poète du Félibrige Frédéric Mistral, ne décrit pourtant qu’une bien modeste opération au creuset du début de l’Œuvre. A noter que celle-ci est parfaitement décrite (et sans aucun mystère…) par Nicolas Lémery dans son traité de Chymie (plusieurs éditions), à une condition de circonstances près.

  • Les innombrables contes mettant en scène des dragons crachant des flammes à pleine gueule (gueule sûrement faite de matériaux réfractaires…)

  • Etc.

 Citons encore le « Bestiaire(3) des animaux symboliques », ou chaque animal, du fait d’une de ses qualités, réelle ou supposée, ou de ses formes, ou de ses couleurs, ou des mythes qui s’y rattachent peut décrire un état, une action, un évènement, etc. C’est le cas de tout « volatile » ailé, symbolisant un élément spirituel, et en premier lieu l’Esprit lui-même. Ainsi la colombe de Noé (Genèse 8. 11), celle de Matthieu assimilée à l’Esprit de Dieu (Matthieu 3. 16), le corbeau des alchimistes, le Lion solaire (Regulus, régule…), sans oublier le serpent de la Genèse….

 Nous allons arrêter là cette déjà longue liste de moyens qui ont permis depuis l’Antiquité de transmettre les enseignements de la Haute Science, sous couvert de banales histoires, voire des contes pour enfants (comme les fables de M. de la Fontaine), sans les divulguer ouvertement et/ou les livrer à des personnes malveillantes.

 Ceci étant, il ne faudrait surtout pas croire qu’il suffise, pour lire et comprendre un texte hermétique, d’avoir à portée de main tous ces dictionnaires, et de le traduire au mot à mot, à la manière d’un écolier débutant une langue étrangère, en quelque sorte!

 De ce que nous en savons, nul ne peut les comprendre s’il ne possède d’abord une assez bonne connaissance de ces dictionnaires (et de bien d’autres qui n’ont pas été cités…), et surtout s’il n’en est pas préalablement autorisé, et accompagné ensuite, par son Égrégore (4).

 Pour ne pas laisser croire que nous nous sommes égaré dans notre texte sur les rêves, nous nous devons de préciser à présent, combien il serait dangereux et aléatoire que ces rêves soient interprétés sans précaution, ou au contraire, en y voyant que de la haute symbolique.  

 A partir du moment où il est acquis pour nous, que les rêves sont une « autre vie de notre esprit », il se pose immanquablement la question de leur présence dans nos nuits et de leurs significations réelles. Et là encore, il nous faut aborder ce sujet avec une infinie humilité. Car il est bien évident que si nous menons une vie faite de la routine de notre travail, de notre domicile et de nos déplacements, sans autre activité intellectuelle que les émissions de la télévision « people », il y aura peu de chance que nos rêves soient d’une haute portée symbolique. Ils risquent fort, au contraire, de ne faire référence qu’à nos préoccupations quotidiennes. De même, si nous menons une vie débridée et amorale, un rêve plein de « bons sentiments » et de poésie n’est pas forcément l’annonce d’une nouvelle phase de vie, mais au contraire un sévère rappel à l’ordre !

 Puis, avant de s’enflammer pour un rêve quelconque, il serait bon que l’habitude soit prise au préalable, et depuis longtemps déjà, de transcrire régulièrement ces rêves, au plus près de ces nocturnes souvenirs, et ce dès que possible après le réveil. Cet exercice un peu fastidieux au début, s’avère vite indispensable, car il permet de vérifier avec le temps si ces rêves ont eu une quelconque réalité dans la vie courante, et laquelle. De ce point de vue, l’écriture actuelle sur traitement de texte informatisé, facilite grandement tous les travaux de recherches ultérieures.

 Il apparaitra ainsi, au fil des mois que nos rêves se structurent et qu’une sorte de dialogue semble ainsi s’établir entre notre Égrégore et nous-mêmes. Mais soyons honnête… un tel dialogue n’a rien d’une conversation téléphonique !

 Après la retranscription du rêve, faite le plus précisément possible, il convient de procéder à son interprétation, sachant qu’elle ne peut être faite qu’à l’aune de notre niveau de conscience (5). Ce qui demande une infinie humilité…. Pour cela, surtout au début (et parfois pendant de longues années…), il est parfois utile de s’aider d’un des innombrables « dictionnaires des rêves » présents dans les librairies. Nous ne saurions en proposer quelques uns, car ils sont si différents les uns des autres, et l’interprétation d’un rêve étant si personnelle à chacun d’entre nous, que nous ne manquerions pas d’induire en erreur quiconque ce fierait à nos indications….

 Par contre, nous ne saurions trop conseiller aux personnes en recherche d’interprétation de leurs rêves, d’aller chez un bouquiniste ou dans une librairie possédant un large rayon spécialisé dans l’ésotérisme – il en existe toujours au moins une dans une ville de quelque importance -. Elles pourront ainsi prendre entre leurs mains, un à un, chacun des livres sur les rêves qu’elles y trouveront, et les feuilleter à leur guise… Il devrait y en avoir sûrement un qui déclenchera en elles une émotion qui ne peut tromper.  Ce sera un livre à acheter bien entendu, et à installer près de leur table d’écriture.

 Ainsi, cheminant entre la réalité de la vie quotidienne, les souhaits les plus secrets, le dictionnaire des rêves, l’apprentissage du symbolisme et de la Philosophie Hermétique, la progression des perceptions nocturnes s’amplifiera et les rêves seront de plus en plus chargés d’enseignements ou prémonitoires ! Il se pourra aussi que l’esprit du rêveur (ou de la rêveuse…) aille visiter des lieux qui lui sont inconnus mais néanmoins réels, ou qu’il y rencontre des personnes, inconnues au moment du rêve. La surprise sera alors grande, pour cette personne, quand ces lieux et ces personnes seront reconnus lors de visites et de rencontres ultérieures dans la vie réelle….

 Arrivé à ce point du sujet, nous serions hautement coupable de ne pas attirer l’attention sur certains rêves, qui pourraient s’apparenter à des rêves prémonitoires et qui nous mettent en cause, ou qui impliquent des personnes de notre entourage ou de lointaines connaissances et relations.

 Quelque soit la force du rêve, sa netteté, les émotions ressenties durant son vécu, les précisions des détails, etc., nous ne saurions trop insister sur la nécessité absolue de ne le communiquer à autrui qu’après mûres réflexions, beaucoup de recherches et avec toute la diplomatie et tout le sens de la nuance dont nous sommes capable. Que le rêve soit bénéfique ou maléfique pour cette personne. En effet, il convient de se souvenir ici, que chacun a son propre niveau d’interprétation, et que la connaissance d’un évènement futur, peut amener la personne qui en a connaissance, à le provoquer, consciemment ou inconsciemment. Surtout si le contenu du rêve s’avérait peu bénéfique pour elle !

 De même le symbolisme du rêve peut indiquer une situation totalement différente de celle vue en rêve. Ce qui est souvent le cas d’une mort violente ou d’un décès vus en rêve. L’avenir sera presque toujours une « mort » symbolique où la personne abandonnera tous ses vieux patterns pour « renaître » à un mode de vie totalement nouvelle. Surtout si la personne incriminée est encore loin de sa fin de vie naturelle.

 De même, il faut aussi bien considérer que le temps est une notion extrêmement difficile à percevoir en rêve. Le contenu du rêve peut ne se réaliser que bien des années plus tard, parfois plusieurs décennies plus tard… Cela en relativise la portée !

 En conclusion, rien n’est simple en ce domaine, et il y faut infiniment de sagesse….

 Il convient donc de l’aborder avec humilité, détachement, sagesse, et surtout avec une infinie prudence dans ses interprétations. Mais que d’enseignements est-il porteur pour les « humbles en esprit ».

 Que l’on veuille bien nous pardonner si nous insistons sur le « en » au lieu du « d »   avec une apostrophe….

 

Notes

(1) Cf. Fulcanelli : Les Demeures Philosophales TII p.251 éditions JJ. Pauvert (1965)

(2) Cf. Gilles Pasquier : L’Entrée du Labyrinthe p. 52 et 53 Éditions Dervy (1992)

(3) Citons à ce sujet le précieux ouvrage d’Henri la Croix haute : « Du Bestiaire des Alchimistes » Éditions Le Mercure Dauphinois (2003)

(4) Cf. « Égrégore » : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=105)

(5) Cf. http://www.concordances-spirituelles.com/?p=470

 

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