You are currently browsing all posts tagged with 'AllanKardec'.
Displaying 1 entry.

Notes de lecture sur : Edmond – La Foi et la raison

  • Posted on mars 27, 2010 at 17 h 33 min

Simon Selliest le 30 janvier 2009

C’était il y a bien longtemps déjà, à la fin d’une belle fin d’après midi d’été, à l’heure où les bruits de la nature s’assourdissent, et où descendent sur la Terre, cette paix et cette sérénité, comme un instant de grâce. Nous étions quatre amis ce jour là de notre groupe spirite, et nous avions passé notre journée à parler de spiritisme, des livres que nous avions lus, de ce que nous en avions compris, de nos interrogations… Une simple journée entre amis de longue date, autour d’une grillade agrémentée de thym et de « pèbre d’ail » et de quelques verres de ce rosé de Pierrefeu, à la robe d’un velours lumineux et aux saveurs de fruits rouges et de pierre d’arquebuse.

 Il y a avait là, Edmond, un ingénieur à la retraite, G. un ancien pilote d’Air France, qui revenait d’un séjour en ashram de bouddhistes tibétains où il avait trouvé sa voie d’évolution, et E. une jeune femme un peu passionaria, mais dont la vindicte, sincère et militante nous rajeunissait, nous qui avions déjà pas mal bourlingué sur le long fleuve de la Vie…

 A cet instant, notre ami Edmond sembla un peu las tout d’un coup, et lui si affable d’ordinaire, prit un air grave qui ne lui était pas tout à fait habituel, comme si subitement quelque chose venait  lui gâcher le ressenti de cet instant privilégié. Il nous dit qu’il aimerait nous lire un de ces derniers textes :

« Supplique à mon accompagnant »

 Bien qu’un peu surpris de ce titre, nous acceptâmes immédiatement, connaissant ses talents d’écriture. C’était un petit texte de tout juste une page, écrit en phrases courtes, quelques mots par lignes, mais chargé d’émotion et d’une extraordinaire densité. Nous ne comprîmes la raison de son air grave et de cette lecture que quelques semaines plus tard, après l’avoir relu maintes fois.

 Quand le silence s’établit de nouveau, après un temps de méditation, il nous dit qu’il avait aussi écrit un texte, bien plus long, sur :

« La Foi et la Raison »

 Ce texte il ne l’avait pas avec lui. Mais nous, sachant qu’il se livrait régulièrement à un travail de recherche et d’écriture, et un peu curieux de le lire, nous le pressâmes de nous en donner une copie. Ce qu’il fit quelques temps plus tard, un peu avant son décès, en conséquence d’une maladie qui le détruisait sourdement depuis longtemps, et qui le précipita finalement très brutalement vers cette « autre rive » dont il parlait dans cette supplique qu’il nous avait lu.

 Ce texte sur « La Foi et la Raison », nous l’avons lu, bien sûr. Puis pour des raisons un peu obscures, il est resté toutes ces années au fond de notre bibliothèque, non pas relégué aux oubliettes, mais simplement en attente de circonstances plus favorables pour en sortir.

 A présent, il nous semble que ces circonstances se présentent sous de meilleurs auspices, et nous avons demandé à l’Encyclopédie Spirite de bien vouloir le mettre sur Internet. Ce qu’elle à accepté, et ce dont nous la remercions doublement, d’abord pour redonner vie à un texte qui mérite autre chose que de dormir au fond d’un rayon de bibliothèque anonyme, et ensuite pour nous permettre ainsi de ne pas faillir à notre promesse.

 Le texte original, se présente sur des feuillets un peu jaunis par le temps, avec des caractères parfois à peine lisibles, comme si par humilité, ils cherchaient à s’excuser de venir troubler notre quiétude, nous faisant penser ainsi à cette même humilité de leur anonyme et discret auteur.

 C’est un texte écrit en vers libres, un texte écrit plus par un ingénieur que par un littéraire, mais souvent avec des tournures médiumniques. Pourtant, ce même esprit d’ingénieur, tourné vers les réalités de la technique et vers la physique quantique pour laquelle il se passionna sur le tard de sa vie, ne cessait jamais de s’interroger sur la Foi, sur « sa foi ». Et peut-être que quelques uns de ceux qui lui feront l’honneur de le lire, y retrouverons, comme dans un miroir, l’image de leurs propres interrogations.

 Bien des textes ont été écrits sur ce sujet de « La Foi et de la Raison », et souvent par des auteurs prestigieux et érudits, à la plume rompue à la dialectique. Ce texte n’a donc pas la prétention de rivaliser avec eux, mais simplement d’apporter la vision d’un homme simple sur un sujet qui nous dépassent souvent, nous, dont l’esprit est accaparé par les taches ancillaires de notre vie.

 Par expérience, nous savons bien, que la forme analogique d’un message apporte souvent infiniment plus que sa forme digitale. Et cette forme analogique, Edmond, notre regretté ami, avait appris par les épreuves de sa vie, à l’utiliser dans ses propos.

 Puisse donc ce texte aider ceux qui continuent de s’interroger sur leur foi, avec des mots de tous les jours, à répondre à certaines de leurs interrogations. Il nous a toujours semblé que ce modeste texte n’avait jamais eu d’autre but.