You are currently browsing all posts tagged with 'chemin spirituel personnel'.
Displaying 1 entry.

Vous y croyez, vous, à çà ?

  • Posted on avril 8, 2014 at 12 h 04 min

(Première partie)

Image   Et vous vous y croyez (I)Simon Selliest août 2012

Revu et complété le 5 avril 2014

Revu et complété le 25 février 2015

 L’évolution spirituelle est un long sentier ardu que tout un chacun parcourt au fil de ses vies et de ses périodes d’erraticité dans le but d’abord de spiritualiser son corps grossier et matériel, puis pour élever son propres niveau de conscience (1). Cet arcane, parmi les plus fondamentaux du Bouddhisme, de l’Hindouisme, du Christianisme premier, du catharisme et bien plus tard du Spiritisme, est pourtant mal connu dans ses implications sur notre vie de tous les jours.
 Le sentier de cette évolution spirituelle est, certes, ardu, extrêmement difficile à percevoir clairement, mais par là même, il est parfois aussi très dangereux, car les risques de s’y perdre sont innombrables….
 Il n’est donc pas rare d’y rencontrer des âmes un peu perdues, ou découragées, ou désabusées, comme cela a déjà été écrit (2).
 Ce sentier d’ailleurs ne puise pas nécessairement sa difficulté dans la forme d’un rude sentier de montagne… il peut nous conduire tout aussi bien dans des endroits de tous les jours, où se trouvent des gens comme il s’en rencontre partout. La difficulté n’est plus alors physique, morale ou intellectuelle, mais elle réside dans la capacité de chacun à se prendre en charge personnellement (3)…
 Par ailleurs ce qui est curieux, dans ces rencontres, c’est qu’il y a quelquefois comme une Volonté Supérieure qui a conduit toutes ces personnes au même endroit. Et alors, quel que soit le niveau social de chacune d’entre elles, leurs croyances individuelles,  leurs motifs de se trouver là, etc. la conversation finit toujours par porter sur l’évolution spirituelle (4). Et alors, même celles et ceux, qui d’ordinaire sont convenus de rester discrets sur leur cheminement spirituel, finissent par aborder le sujet.
 Les médiums, quelque peu conscients du don qu’ils ont reçu, savent bien qu’il se passe souvent une sorte de cooptation entre eux et les autres médiums présents dans une assemblée, de même que celles et ceux qui ont accompli en toute conscience leur premier pas sur « leur Sentier d’évolution », se trouvent souvent mis en présence, sans qu’ils l’aient cherché, de celles et ceux qui sont un ou deux pas devant eux, ou un pas ou deux devant celles et ceux qui sont derrière elles.
 Ainsi, naturellement, la conversation s’engage sur ce sujet, chacun « racontant » soit ses expériences personnelles, soit ce qu’il croit savoir sur le sujet.
 Selon le tempérament des intervenants, « l’ambiance » de la conversation peut être « légère », grave, très sérieuse ou franchement « rigolarde »… Mais en y regardant d’un peu plus près, il y a aussi, presque à chaque fois, une personne qui ne dit pas grand-chose, écoutant tout un chacun en ne laissant apparaître qu’un léger sourire ou laissant flotter sur son visage un air à la fois amusé et empli de tolérance.
 Dans ces cas-là, comme poussé par cette même Volonté Supérieure qui a réuni tout ce petit monde, un ou une des participant(e)s du groupe, prend conscience de sa présence à un moment donné, et lui demande alors : « Et vous, qu’est ce que vous en pensez ».
 Les réponses peuvent varier à l’infini, bien entendu, mais une fois, il nous a été permis d’en écouter une, dont la teneur nous est restée gravée dans la mémoire !
 C’était une personne « sans âge », d’apparence plutôt banale, mais avec quelque chose d’étrange qui se faisait sentir en elle… Une chose indéfinissable, mais qui semblait être tout à la fois comme une lassitude et une sorte de joie de se sentir si lasse… Un peu comme, ce que l’on éprouve quand l’on ressent comme une « bonne fatigue » après avoir fini son Ergon personnel.
 Sa voix n’avait rien d’autoritaire, mais elle s’imposait à l’auditoire. Son maintien était plutôt humble, mais elle dominait les autres comme une maîtresse d’école domine les enfants de sa classe…. Avec gentillesse, compréhension, tolérance mais sans permettre que des trublions se fassent entendre ou l’interrompent.
 Elle parla de longues minutes …, avec des mots simples, des mots que tout le monde comprenait, mais dont nous sentions bien qu’ils étaient porteurs d’une haute vibration, comme si un autre message était porté par le son des mots qu’elle prononçait.
 Rien de personnel dans ce qu’elle dit, mais des phrases justes, mesurées, presque « calibrées » pour chacune des personnes qui l’écoutaient. Elle faisait souvent référence à des écrits d’auteurs ou aux Évangiles, un peu comme pour leur laisser la responsabilité des idées émises… Ou de leur rendre justice de leurs talents…
 Elle parla de longues minutes…
 Puis elle termina par ces mots étranges : « voilà ce que j’ai cru comprendre dans tout ce que j’ai lu… »
 Une personne du groupe, qui l’avait écouté jusqu’alors, lui demanda certainement non sans raison voulue par l’Esprit qui planait au-dessus de ce groupe : « Mais vous, vous y croyez à tout ça ? »
 La réponse fut surprenante. Elle resta gravée dans notre mémoire,  car elle nous révéla cet Arcane dont nous avons parlé au début de ce texte, et souvent peu connu de celles et ceux conscients de suivre leur évolution spirituelle. Un Arcane qui n’est pourtant qu’un corollaire de la Loi du Libre Arbitre.
Voici ce qu’elle dit, d’une voix un peu lasse, un peu traînante, mais d’une voix dont la force renaissait à chaque fois de la fatigue générée par la phrase précédente :
 « Ce que je crois n’a strictement aucune importance… Je ne suis pas un Maître Spirituel, ni un Haut Prélat d’une quelconque Église ou d’une quelconque religion, ni un Docteur es religions ou es Philosophies… Je n’ai accompli aucun fait glorieux dans ma vie… Je me suis simplement efforcé de la mener comme la Destinée m’avait incité à la faire… Et encore… Je ne puis donc que vous dire ceci :
  • Je ne fais que simplement partie de celles et ceux qui sont le « chemin et ceux qui cheminent »(5), tout comme vous maintenant ou comme vous le serez dans quelque temps…
  • Du fait des innombrables erreurs que j’ai faites dans cette vie et très sûrement dans mes vies antérieures, j’ai simplement appris à ne pas être trop certain de ce que je crois savoir… Et surtout de ne jamais essayer d’imposer aux autres, le résultat de mes recherches et de mes acquis… Car ce qui est vrai dans une certaine logique, peut ne plus l’être  si la logique est changée.
  • De toute façon, le chemin que j’ai suivi jusqu’à présent est « mon chemin », pas le vôtre… Il n’est ni meilleur ni pire que le vôtre, mais il est simplement celui que je suis arrivé à suivre, ou que je devais suivre…
  • Il ne vous servira donc à rien que je vous raconte mes erreurs, mes réussites, mes pertes, mes acquis… Ou les combats que j’ai dû mener, d’abord contre moi-même et/ou contre les autres, mes expériences, etc., car « Votre Chemin » risque fort de ne pas vous conduire au même endroit que moi dans cette vie.
  • Et vous inciter à prendre mon chemin, serait de plus, prendre le grand risque de vous induire en erreur et de vous faire perdre un temps précieux, un temps de plusieurs vies peut-être…
  • Le chemin d’évolution de chacun d’entre nous se trace au fur et à mesure de nos actes et donc du karma (6) qu’ils engendrent. Seuls le début et la finalité de notre phase d’évolution par nos vies humaines et terrestres sont identiques (7).
  • Ainsi va la Destinée de chacun, et chacun doit la conduire à sa manière, comme il peut, comme il la comprend… Ses erreurs lui en apprendront certainement bien plus que tous les livres qu’il pourra lire et tous les « maîtres » qu’il cherchera à rencontrer…
  • Plus vous vous efforcerez de trouver votre vrai chemin personnel et cela par vous-même, plus vous serez aidé(e)s par Celles et Ceux qui veillent sur vous (8), et qui connaissent réellement la nature et la direction du chemin d’évolution que vous devez suivre au point où vous en êtes, à ce moment là, de notre évolution spirituelle. »
 
Curieusement, plusieurs personnes furent choquées de cette réponse, pensant, non sans commettre une lourde erreur, que celle qui venait de parler, refusait de parler d’elle-même, alors qu’elles avaient elles-mêmes, largement parler de leur vie et de leurs idées sur les choses de la Vie et de la Mort, et de leurs actions caritatives… À voir leur visage qui se fermait, nul doute n’était possible là-dessus !
 Comment leur dire alors, sans les froisser encore davantage, que décrire avec force détails le supposé haut niveau d’évolution spirituelle de leur âme, ou les actions caritatives qu’elles avaient réalisées et qu’elles pensaient être exceptionnelles, ne pouvaient pas être porteur d’enseignements à hautes portées spirituelles pour les autres.  Car, d’une part il ne leur appartenait pas de juger de leur évolution spirituelle (ce que seul Dieu pouvait connaître), et que d’autre part leurs voies d’évolution, selon toutes probabilités, ne pouvait pas convenir aux personnes qui les avaient écoutées…
 Là encore, dans ce domaine, il leur faudra apprendre par elles-mêmes ! Cela risque de leur coûter bien des efforts et de peines et très sûrement, autant d’amères larmes sur leurs blessures d’amour-propre, en découvrant le peu de chemin qu’elles avaient parcouru.
 Pour essayer timidement, de les aider, en nous remémorant, bien plus tard ces paroles de sagesse, il nous est revenu à l’esprit la Parabole du figuier desséché (9), et surtout l’interprétation qu’en fit Allan Kardec (10).
  Nous la leur livrons en toute simplicité à leur lecture, en espérant qu’elles trouveront en elles assez d’humilité pour la comprendre et l’appliquer dans leur vie.

 

Notes

  1. Cf.: Élever son niveau de conscience (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1469 )
  2. Cf. : La montagne, le sentier et l’évolution spirituelle (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=548)
  3. Lire ou relire à cet effet le « petit livre » de Richard Bach : Jonathan Livingston le Goéland.
  4. Cf. : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1466
  5. Cf. : Khalil Gibran : Le prophète (Editions Casterman 1956) page 40.
  6. Rappelons que le mot « Karma » ne désigne pas seulement les conséquences de nos mauvaises actions, mais aussi celles de nos bonnes actions.
  7. Il existe bien des théories sur nos origines primordiales, c’est-à-dire de ce moment où l’esprit s’est involué dans une parcelle de matière. Personnellement nous nous garderons bien d’en privilégier l’une d’entre elles, car si nous sommes sincères envers nous-mêmes comme envers les autres, il est bien difficile d’apporter le moindre commencement de début de preuve à chacune de toutes ses théories…
  8. Cf. : Médiumnité active et enseignement interactif (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=833 et suivants)et « Égrégore » (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=105 )
  9. La Parabole du figuier desséché (Évangile selon Marc XI, v. 11 à 24) expliquée par Allan Kardec : l’Évangile selon le spiritisme (édition originale 1864 chapitre XIX, § 234) dont nous donnons une copie ci-dessous.

 

Parabole du figuier (Évangile selon Marc XI, v. 11 à 26, Traduction de Lemaistre de Sacy Édition Hachette 1843)

 
11 Jésus étant ainsi entré dans Jérusalem, s’en alla au temple ; et après avoir tout regardé, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze apôtres.
12 Le lendemain, lorsqu’ils sortaient de Béthanie, il eut faim ;
13 et voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il y alla pour voir s’il pourrait y trouver quelque chose ; et s’en étant approché, il n’y trouva que des feuilles, car ce n’était pas le temps des figues.
14 Alors Jésus dit au figuier : Que jamais nul ne mange de toi aucun fruit. Ce que ses disciples entendirent.
15 Ils vinrent ensuite à Jérusalem ; et Jésus étant entré dans le temple, commença par chasser ceux qui y vendaient et qui y achetaient : il renversa les tables des changeurs, et les sièges de ceux qui vendaient des colombes ;
16 et il ne permettait pas que personne transportât aucun ustensile par le temple.
17 Il les instruisait aussi, en leur disant : N’est-il pas écrit : Ma maison sera appelée la maison de prière pour toutes les nations ? et cependant vous en avez fait une caverne de voleurs.
18 Ce que les princes des prêtres et les scribes ayant entendu, ils cherchaient un moyen de le perdre : car ils le craignaient, parce que tout le peuple était ravi en admiration de sa doctrine.
19 Quand le soir fut venu, il sortit de la ville.
20 Le lendemain matin ils virent en passant le figuier, qui était devenu sec jusqu’à la racine.
21 Et Pierre se souvenant de la parole de Jésus, lui dit : Maître ! voyez comme le figuier que vous avez maudit, est devenu sec.
22 Jésus prenant la parole, leur dit : Ayez de la foi en Dieu.
23 Je vous dis en vérité, que quiconque dira à cette montagne, Ôte-toi de là, et te jette dans la mer ; et cela sans hésiter dans son cœur, mais croyant fermement que tout ce qu’il aura dit arrivera, il le verra en effet arriver.
24 C’est pourquoi je vous le dis : quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière, croyez que vous l’obtiendrez, et il vous sera accordé.
25 Mais lorsque vous vous présenterez pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos péchés.
26 Si vous ne pardonnez point, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera point non plus vos péchés.
 
Explication selon le spiritisme
 Le figuier desséché est le symbole des gens qui n’ont que les apparences du bien, mais en réalité ne produisent rien de bon ; des orateurs qui ont plus de brillant que de solidité ; leurs paroles ont le vernis de la surface ; elles plaisent aux oreilles, mais quand on les scrute, on n’y trouve rien de substantiel pour le cœur ; après les avoir entendues, on se demande quel profit on en a retiré.
C’est encore l’emblème de tous les gens qui ont les moyens d’être utiles et ne le sont pas ; de toutes les utopies, de tous les systèmes vides, de toutes les doctrines sans base solide. Ce qui manque, la plu­part du temps, c’est la vraie foi, la foi féconde, la foi qui remue les fibres du cœur, en un mot la foi qui transporte les montagnes. Ce sont des arbres qui ont des feuilles, mais point de fruits ; c’est pourquoi Jésus les condamne à la stérilité, car un jour viendra où ils seront ; desséchésjusqu’à la racine ; c’est-à-dire que tous les systèmes, toutes les doctrines qui n’auront produit aucun bien pour l’humanité, tom­beront dans le néant ; que tous les hommes volontairement inutiles, faute d’avoir mis en œuvre les ressources qui étaient en eux, seront traités comme le figuier desséché.