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L’Autre

  • Posted on août 9, 2013 at 14 h 12 min

Gravure du manuscrit : Bibliothèque des sages (XVIII° siècle)

 

Simon Selliest le 8 août 2013

De l’Autre, nous en parlerons ici au masculin, non pas parce qu’Il soit toujours un homme, loin s’en faut, mais pour respecter deux grands principes de notre culture.

Le premier, relatif aux règles et aux usages de la langue française, qui nous imposent, en parlant de deux personnes de sexes opposés, de parler d’elles au masculin.

Le second, relatif aux fondements de la Philosophie Hermétique qui veulent qu’il y ait, à l’origine, une même Chose(1) composée de deux Principes, de deux Natures :

  • l’un Féminin, Récepteur, Passif, Mâturant, etc.

  • l’autre Masculin, Dynamique, Actif, Agissant, etc.

L’Autre, qu’il ait un mode d’action sur nous de forme passive ou active, n’en produit pas moins une action le plus souvent marquante, et par là même devient un principe actif ! Nous n’en tenons généralement jamais assez compte…

L’Autre donc, apparaît un jour dans notre vie. Qu’il se présente sous une forme amicale, amoureuse, attirante, ou une forme inamicale, haineuse ou repoussante. Qu’il soit accepté et accueilli avec bonheur ou subi et annonciateur de difficultés et de malheurs. La Destinée en a voulu ainsi, en fonction de nos actes passés, de cette vie ou d’une plus ou moins lointaine vie antérieure, pour nous obliger à prendre conscience de certains aspects de notre personnalité et à nous inciter à les modifier, à les mettre ou à les remettre dans l’Ordre des Choses, dans la nature de ce qu’ils devraient être chez nous en fonction de notre niveau d’évolution spirituelle (2) et de notre niveau de conscience(3).

Son intrusion dans notre vie, est de ce fait jamais anodine, et nous marque le plus souvent profondément et pour « longtemps ».

Sur l’instant, nous agissons toujours avec notre personnalité du moment, avec nos idées et avec les éléments de notre caractère et de notre psychologie. Nous agissons d’ailleurs, le plus souvent en essayant de bien faire… du moins, de « bien faire » en fonction de notre mode de pensée et de nos connaissances des choses de la Vie et de la Mort du moment.

Nous laisserons volontairement de coté ici, celles et ceux qui, placés devant cet « Autre », se mettent à agir sans discernement et en fonction de leurs plus bas instincts, qu’ils soient moraux, physiques, sexuels ou psychologiques. Ces personnes là, sûrement au tout début de leur évolution spirituelle, ont encore beaucoup trop à apprendre, et notamment à découvrir que le monde n’a pas été crée pour leur convenance. L’Autre d’ailleurs, agira envers eux, le plus souvent dans le sang et les drames, qu’il les subisse à son sort dépendant, ou qu’il les lui fasse subir directement ou par contrecoup. Malheureusement ces personnes existent, et sont de plus en plus nombreuses sur la Terre (4), mais comme il serait curieux qu’elles portent un quelconque intérêt à ce texte…

Revenons donc à notre sujet.

Nous sommes donc, pour la plupart d’entre nous, des êtres le plus souvent raisonnables, responsables et déjà évolués… enfin, c’est ce que nous croyons, que nous nous efforçons d’être et nous essayons donc d’agir avec discernement et réflexion. Mais, reconnaissons-le humblement, nous sommes sur Terre, un des Mondes les moins évolués, et sans vouloir nous flageller l’esprit dans une repentance inutile, il nous faut quand même bien reconnaître que sur le chemin de notre évolution spirituelle, il y en à beaucoup plus qui reste à parcourir que ce que nous avons déjà parcouru.

Aussi, pour simplifier le sujet, nous allons prendre un cas de figure dont la littérature classique à usé et abusé, celui de la rencontre de deux êtres qui vont s’aimer profondément, et que la Destinée unira pour qu’ils parcourent – ou qu’ils reprennent – ensemble une partie du long chemin de leur évolution spirituelle. Cette « longueur de chemin » n’étant pas forcément mesurée à l’aune du temps, mais à celle de leurs évolutions personnelles dans ce domaine.

Pour illustrer le plus parfaitement notre propos, nous allons prendre un exemple dans le film « Pink Floyd » sorti en 1982 en France (5). Dans ce film donc, il y avait une scène très représentative de ce sujet, qui se déroulait à peu près comme suit : il apparaissait à l’écran, deux magnifiques fleurs qui, usant de tous les charmes de leurs couleurs, se croisaient et s’entrelaçaient tendrement dans une volonté de se séduire mutuellement. Leurs mouvements, au début, étaient lents, langoureux et lascifs, mais la passion et le désir s’emparant d’elles, leurs mouvements s’accéléraient peu à peu, devenant plus rapides, plus accaparants et plus passionnels. De cette passion naissait tout naturellement la possession et la possessivité, et alors leur gestuelle devenait franchement violente et pleine de haine, de reproches et de combats. Dans le même temps, le bouton de chaque fleur se transformait progressivement pour apparaître sous la forme d’une gueule de démon et/ou de dragon haineux et monstrueux, grande ouverte sur d’énormes dents prêtes à mordre et même à tuer. Si bien que la scène finale montrait le combat de deux dragons monstrueux se battant dans un combat à mort.

Cela n’était pas sans rappeler d’ailleurs, ce que les Hermétistes appellent, au début de leur Œuvre :

  • le combat des deux Natures,

  • le combat du chien d’Arménie et de la chienne de Corascène,

  • le combat des deux dragons,

  • le combat des deux serpents qu’Hermès sépara en interposant entre eux son Caducée,

  • etc,

Deux « corps étrangers », étaient pourtant parfaitement utiles, chacun dans leurs domaines respectifs, mais étaient incapables de s’unir durablement avant qu’ils n’aient accepté de perdre une partie de leur « caractère » au profit de l’Autre.

A cet effet, la vie courante nous fournit d’ailleurs quantité d’exemples de couples unis depuis « longtemps », dans cette vie certes, mais aussi dans d’autres vies. Ils ont passé leur existence terrestre présente à se déchirer, ne comprenant pas que la Destinée les avait réunis de nouveau pour qu’ils puissent apaiser leurs conflits passés, et qu’agissant ainsi, ils se condamnaient à se retrouver dans une autre vie sous des circonstances encore plus dramatiques. Même devenus âgés, et parfois devenus « sages » dans bien d’autres circonstances, ils n’en continuaient pas moins se déchirer entre eux.

Là encore, la parabole du grain de blé « mourant » dans sa noire putréfaction solitaire et souterraine, prend tout son sens. Car seul l’abandon de ses vertus corporelles, lui permettra de faire émerger progressivement son âme spirituelle, et de renaitre en une magnifique plante nouvelle.

Ah ! Si les partenaires des couples décrits ci-dessus acceptaient de détruire en eux certaines parcelles de leur comportement, de leur caractère, de leurs habitudes, de leurs rancœurs, de leurs reproches et de leurs sentiments, combien pourrait être grand leur bonheur de recommencer à vivre….

A cet égard, que soient considérée l’importance des efforts qu’ils devraient faire pour regarder et agir sous d’autres formes dans leurs relations de couples ou dans leurs relations humaines, et les bienfaits apportés par l’avancement plus rapide de leur évolution, et ils ne pourraient que se demander pourquoi, ils continuent si souvent dans la poursuite de leurs erreurs de comportements passées ! Dommage aussi, que lorsque l’un d’eux arrive à se poser cette question, que cela ne soit que rarement réciproque et coordonné en même temps chez chacun d’entre eux !

Mais, il est aussi permis de s’interroger, si ce n’était pas là le vrai nœud Gordien à trancher ?

 Et c’est là, hélas, qu’il ne nous faut jamais perdre de vue que l’on est toujours aussi « l’Autre » de « l’Autre ».

Notes

(1)  Cf. la Table d’Émeraude dont nous donnons ici le début :

Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable :

ce qui est en bas est comme ce qui est en haut,

et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ;

par ces choses se font les miracles d’une seule chose.

Traduction de Fulcanelli dans une note de bas de page des Demeures Philosophales TII (Edition 1965) p. 247 et 248

 (2)  Cf. « Evolution spirituelle » : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=470

(3 Cf. « Niveau de conscience » : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=470

(4 Ouvrons ici une toute petite parenthèse : au début de l’ère chrétienne, il y avait sur Terre entre deux et quatre millions d’individus sur terre. Nous sommes actuellement près de sept milliards sur cette même Terre. D’où viennent toutes ces âmes à présent incarnées ? Des Mondes supérieurs ou des Mondes inférieurs ? A chacun sa réponse, mais la notre est sans équivoque ! Sinon la Paix et l’Harmonie régneraient sur la Terre depuis longtemps.

(5Une fois de plus, l’incontournable Wikipedia nous évitera de longues explications inutiles : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pink_Floyd