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La Sueur et les Larmes (II)

  • Posted on avril 11, 2012 at 13 h 03 min

Deuxième partie

La Cabale Hermétique et la Langue des Oiseaux

Simon Selliest le 8 avril 2012

Bien plus modeste dans nos connaissances que ces exégètes, nous nous contenterons de porter un regard nettement plus terre à terre sur la mise en application journalière de cette symbolique dans la troisième partie de cet article, quand nous aurons essayé de faire comprendre au préalable, en quelle écriture elle nous fut transmise collectivement, de génération en génération », disions-nous dans la première partie de cette série d’articles.

Cette évolution spirituelle est avant tout l’évolution de l’esprit, comme nous ne cessons de le répéter, et cette évolution ne peut se faire, tout d’abord, que par l’apprentissage, l’étude et la mise en œuvre, des connaissances humaines (connaissances scientifiques, économiques, techniques, littéraires, philosophiques, religieuses, etc.), dans tous les domaines, qu’ils soient intellectuels, pratiques ou manuels.

 Mais en parallèle, il convient, pour les plus avancés d’entre nous, de faire d’autres études dans d’autres écoles et de s’intéresser aux savoirs millénaires qui nous ont été transmis, et qui nous sont encore transmis par nos Pères et les Pères de nos Pères…. par la voie des écrits symboliques rédigés dans « la Langue des Oiseaux ».

 Alors qu’est-ce que cette « Langue des Oiseaux »

 Dans sa version la plus simple, pour ne pas dire, la plus simpliste, elle se retrouve encore sur les noms pittoresques de certains hôtels de nos provinces, loin des circuits fréquentés des professionnels de la route, qui, pour des raisons qui se comprennent aisément, et qui sont dictées par nos habitudes et obligations de vies actuelles, préfèrent les hôtels de chaines. Ces hôtels arborent encore de magnifiques blasons que plus personne ne cherchent à décrypter, les prenant au pied de la lettre.

 A cet effet, nous ne saurions mieux faire, pour définir ce qu’est « la Langue des Oiseaux », que de céder une fois de plus la place à Fulcanelli par le biais de ces trois extraits du chapitre consacré à la Cabale Hermétique dans son livre sur les Demeures Philosophales :

 « C’est lui (NDLR : l’Art Goth, devenu « l’argot » dans la pensée populaire) qui nous valut cette variété d’enseignes curieuses, dont le nombre et la singularité ajoutent encore au caractère si nettement original des productions françaises médiévales. Rien ne choque davantage notre modernisme que ces pancartes de taverniers oscillant sur un axe de ferronnerie ; nous y reconnaissons seulement la lettre O suivie d’un K coupé d’un trait ; mais l’ivrogne du XIVe siècle ne s’y trompait pas et entrait, sans hésiter, « au grand cabaret ». Les « hostelleries » arboraient souvent un lion doré figé dans une pose héraldique, ce qui, pour le pérégrinant en quête de logis, signifiait qu’on « y pouvoit coucher », grâce au double sens de l’image : « au lit on dort ». Édouard Fournier1 nous apprend qu’à Paris la rue du « Bout-du-Monde » existait encore au XVIIe siècle. « Ce nom, ajoute l’auteur, qui lui venait de ce qu’elle avait longtemps été tout près de l’enceinte de la ville, avait été figuré en rébus sur l’enseigne d’un cabaret. On y avait représenté un os, un bouc, un duc (oiseau), un monde. »

Fulcanelli : Les demeures Philosophales TI p. 102 et 103 Éditions JJ Pauvert 1965

 Ou encore :

 « Sans abandonner complètement ces artifices de linguistique, les vieux Maitres, dans la rédaction de leurs traités, utilisèrent surtout la cabale hermétique, qu’ils appelaient encore langue des oiseaux, des dieux, gaye science ou gay scavoir. De cette manière, ils purent dérober au vulgaire les principes de leur science, en les enveloppant d’une couverture cabalistique. C’est là une chose indiscutable et fort connue. Mais ce qui est généralement ignoré, c’est que l’idiome auquel les auteurs empruntèrent leurs termes est le grec archaïque, langue mère d’après la pluralité des disciples d’Hermès. La raison pour laquelle on ne s’aperçoit pas de l’intervention cabalistique tient précisément dans ce fait que le français provient directement du grec. En conséquence, tous les vocables choisis dans notre langue pour définir certains secrets, ayant leurs équivalents orthographiques ou phonétiques grecs, il suffit de bien connaître ceux-ci pour découvrir aussitôt le sens exact, rétabli, de ceux-là. Car si le français, quant au fond, est véritablement hellénique, sa signification s’est trouvée modifiée au cours des siècles, à mesure qu’elle s’éloignait de sa source et avant la transformation radicale que lui fit subir la Renaissance, — décadence cachée sous le mot de réforme.

L’imposition de mots grecs dissimulés sous des termes français correspondants, de texture semblable, mais de sens plus ou moins corrompu, permet à l’investigateur de pénétrer aisément la pensée intime des Maîtres et de lui donner la clef du sanctuaire hermétique. C’est ce moyen que nous avons utilisé, à l’exemple des anciens, et auquel nous aurons fréquemment recours dans l’analyse des œuvres symboliques léguées par nos ancêtres. »

Fulcanelli : Les demeures Philosophales TI p. 109 et 110 Éditions JJ Pauvert 1965

 Et enfin :

 « La langue des oiseaux est un idiome phonétique basé uniquement sur l’assonance. On n’y tient donc aucun compte de l’orthographe, dont la rigueur même sert de frein aux esprits curieux et rend inacceptable toute spéculation réalisée en dehors des règles de la grammaire. « Je ne m’attache qu’aux choses utiles, dit, au VIe siècle, saint Grégoire, dans une lettre qui sert de préface à ses Morales, sans m’occuper ni du style, ni du régime des prépositions, ni des désinences, parce qu’il n’est pas digne d’un chrétien d’assujettir les paroles de l’Écriture aux régies de la grammaire. » Cela signifie que le sens des livres sacrés n’est point littéral, et qu’il est indispensable d’en savoir retrouver l’esprit par l’interprétation cabalistique, ainsi qu’on a coutume de le faire pour comprendre les ouvrages alchimiques. Les rares auteurs qui ont parlé de la langue des oiseaux lui attribuent la première place à l’origine des langues. Son antiquité remonterait à Adam, qui l’aurait utilisée pour imposer, selon l’ordre de Dieu, les noms convenables, propres à définir les caractéristiques des êtres et des choses créés. De Cyrano Bergerac rapporte cette tradition lorsque, nouvel habitant d’un monde voisin du soleil, il se fait expliquer ce qu’est la cabale hermétique par « un petit homme tout nu, assis sur une pierre », figure expressive de la vérité simple et sans vêtement, assise sur la pierre naturelle des philosophes. »

Fulcanelli : Les demeures Philosophales TI p. 113 et 114 Éditions JJ Pauvert 1965

 En fait, il conviendrait de lire (et de re-re-re-lire….) tout le chapitre consacré à la « Cabale Hermétique » afin de mieux s’imprégner de sa pensée sur ce sujet si important à ceux qui ce destinent aux Sciences Hermétiques.

 De même, nous ne saurions négliger ce que disait le Maitre Djwhal Khul par l’intermédiaire de Mabel Collins, sur cette « écriture secrète », et qui a été rappelé sur ce même site : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=861

 « Langue des Oiseaux », « Langue des Diplomates »,  « Langue cabalistique »,  « Langue des Cavaliers(1)« , « cabale(1)« , nous voila prévenus, et il nous appartient à présent de ne plus nous tromper sur le sens des textes sacrés, ou du moins de les lire avec prudence, circonspection et en pleine conscience.

 

A suivre…..

 Notes

(1) Les nobles, qui participaient aux croisades, allaient à cheval. Ils furent ainsi désignés par l’appellation de  « Cabaliers » pour les différencier des cavaliers ordinaires. C’est ainsi qu’ils donnèrent leur nom au langage « secret » qu’ils employaient : « la langue des Cabaliers », qui devint plus tard « la Cabale » pour différencier de la « Kabbale », tout en rappelant son coté ésotérique.