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Maîtres ou guides ?

  • Posted on novembre 27, 2013 at 13 h 46 min


Simon Selliest le 23 novembre 2013

Dans les milieux spirites, la plupart des médiums confirmés et des médiums débutants à leur suite ont pris l’habitude de d’appeler les Bons Esprits qui viennent leur apporter aide et protection lors des séances de spiritisme, par le nom de « guides ».

Nous-même, à nos débuts, totalement ignorant de la doctrine spirite, et bien trop occupé par notre vie professionnelle, nous avions pris cette habitude. Pourquoi en effet, ne pas accepter un nom qui recueillait sur lui l’unanimité des suffrages dans ces groupes de médiums ?

Toutefois, le doute commença à s’insinuer dans notre esprit au fil de nos lectures. Celles-ci étaient encore à l’époque très hâtives, car, d’une part, notre voie d’évolution personnelle n’était pas encore très nettement définie, et le temps nécessaire, le temps cadencé(1) nous manquait.

Les choses en seraient sans doute restées là dans notre esprit, si un jour il ne nous était pas parvenu le livre de Baird Thomas Spalding (2): « La vie des Maîtres(3) ». Nous n’entrerons pas ici dans les polémiques bien connues qui consistent à vouloir prouver que ce récit est soit basé sur des faits réels, soit le paradigme d’un pur symbolisme spirituel. Un simple bon sens nous autorisant à croire, à titre personnel, que si l’existence de Jésus n’a jamais pu être prouvée au travers de la demi-page de renseignements historiques indiscutables que les exégètes de la Bible possèdent, après des siècles d’études et de recherches, il ne pouvait être que très difficile, à des individus lambda de le rencontrer « de visu » dans une région quasi désertique et pratiquement inexplorée…

En matière d’évolution spirituelle, il n’est certes pas interdit de rêver, mais de là à prendre ses fantasmes pour des réalités, il y a un abîme, qu’il est très dangereux de vouloir essayer de franchir. Même si beaucoup d’entre nous, s’y sont aventurés (pour leur plus grand malheur…).

À la lecture de ce livre, le doute sur le terme à employer pour désigner les Esprits qui veillent sur nous, s’inscrivit dans notre esprit. Il devint de plus en plus grand à la suite de lectures sur le bouddhisme. En effet, dans la Tradition de cette Haute Philosophie de Vie, le disciple qui est formé par un Sage, érudit en sciences religieuses, ayant acquis un niveau de conscience(4) bien supérieur à celui du commun des mortels, n’appelle pas son « professeur » du nom de « guide ». Il l’appelle toujours : Maître(5) » et quand il parle de lui, il dit toujours : « mon Maître… », même (et oserions-nous dire : surtout » ?) s’il est devenu lui-même un érudit et un sage du même niveau que son « Maître ».

Pourtant, le Maître bouddhiste n’enseigne pas vraiment à son disciple. Du moins, pas au sens auquel nous l’entendons dans notre monde occidental, prenant modèle de ce qui se fait dans nos écoles et nos universités. Le Maître a en effet coutume de poser des questions à son disciple afin d’amener celui-ci à s’interroger sur les différents aspects d’un sujet. Chaque sujet correspondant à ce qui est en train de germer dans l’esprit de son disciple.

Bien entendu, les livres ne manquent pas plus dans les bibliothèques bouddhistes, qu’ils ne manquent dans nos bibliothèques occidentales. Mais c’est au disciple de les trouver d’abord, de les lire ensuite, d’en tirer enfin l’enseignement qui lui est nécessaire. C’est le résultat de ce travail que le Maître juge et le cas échéant approuve ou désapprouve. La valeur de son jugement ne se comprenant qu’au travers des nouvelles questions qu’il pose alors à son disciple. Si elles tendent à lui faire explorer d’autres sujets corollaires, c’est que le disciple est sur la bonne voie. En d’autres termes, pour reprendre cela selon la terminologie des entreprises, nous dirions que le « Maître » oriente et supervise le travail de son disciple. Mais le disciple reste seul décideur de sa façon de travailler. Ainsi, la Loi du Libre Arbitre reste pleinement appliquée.

Arrivé à ce point de notre pensée, nous entendons déjà quelques esprits chagrins nous dire : << Tout ce que vous nous dites est sûrement juste, mais celui que vous appelez « le Maître » qu’a-t-il fait si ce n’est que de « guider » son disciple ? Alors pourquoi ne pas l’appeler « guide » ? Et les esprits qui nous accompagnent, que font-ils d’autres que nous mettre sans cesse sur la bonne voie ? donc de nous « guider ». >>

Ah ! qu’il est difficile de comprendre les choses les plus simples, à savoir, la polysémie de certains mots.

Dans le langage courant un « guide(6) » est une personne qui accompagne un groupe d’individus lors d’un circuit quelconque, que ce soit une simple visite de musée, une excursion (ou une « course »…) en montagne, un voyage dans une quelconque contrée, etc. En tant que tel, le guide prend en quelque sorte « la tête du groupe » et dirige les pas de celui-ci, lui montrant tout ce qui est « officiellement » intéressant à voir ou à comprendre. Libre à chacun, d’écouter ou pas, de tourner la tête ou pas vers l’endroit désigné, etc., mais chaque individu du groupe se doit de « suivre le guide », sous peine de se perdre. Est-ce que la Loi du Libre Arbitre est pleinement respectée dans ce cas ?

Par ailleurs, même si ce guide est compétent dans son domaine, il est très certainement complètement incompétent dans les domaines d’action habituels des gens qu’il guide momentanément. Où est la maîtrise professionnelle, intellectuelle ou sociale de ce guide ?

Cela étant, qu’en est-il des « Esprits » qui veillent sur nous ?

Avant de répondre personnellement à cette question, nous ne saurions mieux faire que parcourir à nouveau les deux livres fondateurs du spiritisme écrit par Allan Kardec, sur les recommandations d’esprits supérieurs et sous leur contrôle :

  • Le Livre des Esprits paru en 1857 et revu et complété plusieurs fois par la suite

  • Le Livre des médiums paru en 1861 et revu et complété plusieurs fois par la suite.

Le nom de « guide » n’y est écrit que cinq fois, et encore faudrait-il bien comprendre le sens de la phrase, car il ne s’agit plus d’un « conseiller » que d’un enseignant. Autrement dit, Allan Kardec n’a jamais utilisé le nom de « guide ». Connaissant la rigueur intellectuelle de l’homme et son art consommé du maniement du français, il y a donc là matière à réflexion.

Et, hélas, c’est bien aussi là où le bât blesse pour bien des personnes un peu trop promptes à déposer le fardeau que Dieu leur a remis pour le bien de leur avancement spirituel. Elles pensent que l’Esprit attaché à leur personne doit tout leur apprendre, tout faire à leur place, leur éviter tout effort personnel.

Souvent, elles pensent même que la Connaissance(7), avec un « C » majuscule, leur sera donnée par « leur » guide, qui la leur versera à grands seaux dans leur crâne. Un peu à la manière d’Héphaïstos (Vulcain) fendant le crâne de Jupiter pour en laisser sortir Athéna (ou Pallas) armée et casquée, et déjà au sommet de la Sagesse (étymologiquement : la Connaissance), oubliant par là que d’une part, n’est pas Jupiter qui veut, et que d’autre part, même Jupiter lui-même  n’avait pas reçu en son crâne, cette Sagesse toute faite, mais avait dû « avaler » la mère d’Athéna, Titanide, (Métis), qui se « métamorphosait » constamment, pour lui échapper. Nous ne pouvons dire mieux !

En définitive, et afin de ne pas trop alourdir ce texte, disons simplement que nul Esprit ne « guide pas à pas » quiconque d’entre nous, en lui servant de factotum et/ou « bases de données consultables à souhait et sans effort.

L’Esprit qui nous est attaché ne peut que nous rappeler, sous réserve de la Loi du Libre Arbitre, les sens de ce que devons accomplir dans cette vie. Il nous appartient par contre, de choisir la méthode, le temps et les moyens de le faire ! Et de l’accomplir nous-mêmes !

Dans les grandes écoles et les universités, aucun professeur ne dicte mot à mot ce que les élèves doivent apprendre, mais se contentent de leur donner les grandes lignes du sujet afin d’orienter leurs recherches personnelles.

Alors, interrogez-vous. Voulez-vous rester en classe de cours élémentaire avec un « maître » qui vous écrit au tableau combien font 1 + 1, ou accéder en cours d’enseignement supérieur ?

Et si vous hésitez encore, permettez-nous de vous suggérer de lire ou de relire ce passage du Prophète :

<< Alors, dit un Professeur, Parlez-nous d’Enseignement.

Et il dit :

Aucun homme ne peut rien vous révéler sinon ce qui repose déjà à demi endormi dans l’aube de votre connaissance.

Le maître qui marche à l’ombre du temple, parmi ses disciples, ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de son amour.

S’il est vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse, mais vous conduit plutôt au seuil de votre propre esprit.

Lastronome peut vous parler de sa compréhension de lespace, mais il ne peut pas vous donner sa compréhension.

Le musicien peut chanter pour vous la mélodie qui est en tout espace, mais il ne peut vous donner l’oreille qui saisit le rythme, ni la voix qui lui fait écho.

Et celui qui est versé dans la science des nombres peut parler du domaine des poids et des mesures, mais ne peut vous y conduire.

Car la vision d’un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme.

Et de même que chacun de vous se tient seul dans la connaissance de Dieu, de même chacun de vous doit être seul dans sa connaissance de Dieu et dans sa compréhension de la terre. >>

Khalil Gibran  : Le Prophète éditions Casterman 1987 p. 56 et 57

 Si après tous ces textes d’auteurs de renommée internationale, vous continuez à réclamer enseignements et tutorat à « votre guide », nous ne pouvons plus rien pour vous…

Notes

(1)   Cf. « La leçon de piano » : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1441 )

(2)   Cf. : http://fr.wikipedia.org/wiki/Baird_Thomas_Spalding

(3)   Cf. : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_des_ma%C3%AEtres

(4)   Niveau de conscience : Cf. : (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1469)

(5)   Parmi la longue liste de la polysémie du mot « Maître » (http://www.dicocitations.com/definition_littre/16760/Maitre.php)  nous choisirons le sens de « celui qui maîtrise son métier, son art, qui est donc reconnu comme un bien meilleur « sachant technique », ou un bien meilleur exécutant que les autres personnes qui œuvrent avec lui, quelle que soit sa technique ou son art, et qui, de ce fait, est apte à les diriger en ces domaines. Chacune d’entre elles, par définition étant présumée connaître plus ou moins parfaitement son métier ou son art, le Maître n’a pas en entrer dans tous les détails et explications pour leur indiquer comment elles doivent exécuter un travail ou une œuvre d’art.

(6)   Parmi les différents sens et synonymes du mot « guide », se trouvent : conseiller, mentor, cicérone, conducteur, accompagnateur, berger (« le Seigneur est mon Berger »), chef, gourou, etc., et bien entendu, leurs équivalents féminins.

(7)   Cf. : Médiumnité passive et Enseignement interactif (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=861 )

 

Textes d’Allan Kardec :

233. Les Esprits déjà épurés viennent-ils dans les mondes inférieurs ?

« Ils y viennent souvent afin de les aider à progresser ; sans cela ces mondes seraient livrés à eux-mêmes sans guides pour les diriger. »

393. Comment l’homme peut-il être responsable d’actes et racheter des fautes dont il n’a pas le souvenir ? Comment peut-il profiter de l’expérience acquise dans des existences tombées dans l’oubli ? On concevrait que les tribulations de la vie fussent  une leçon pour lui s’il se rappelait ce qui a pu les lui attirer ; mais du moment qu’il ne s’en souvient pas, chaque existence est pour lui comme si elle était la première, et c’est ainsi toujours à recommencer. Comment concilier cela avec la justice de Dieu ?

« A chaque existence nouvelle, l’homme a plus d’intelligence et peut mieux distinguer le bien et le mal. Où serait le mérite, s’il se rappelait tout le passé ? Lorsque l’Esprit rentre dans sa vie primitive (la vie spirite), toute sa vie passée se déroule devant lui ; il voit les fautes qu’il a commises et qui sont causes de sa souffrance, et ce qui aurait pu l’empêcher de les commettre ; il comprend que la position qui lui est donnée est juste, et cherche alors l’existence qui pourrait réparer celle qui vient de s’écouler. Il cherche des épreuves analogues à celles par lesquelles il a passé, ou les luttes qu’il croit propres à son avancement, et demande à des Esprits qui lui sont supérieurs de l’aider dans cette nouvelle tâche qu’il entreprend, car il sait que l’Esprit qui lui sera donné pour guide dans cette nouvelle existence cherchera à lui faire réparer ses fautes en lui donnant une espèce d’intuition de celles qu’il a commises. Cette même intuition est la pensée, le désir criminel qui vous vient souvent, et auquel vous résistez instinctivement, attribuant la plupart du temps votre résistance aux principes que vous avez reçus de vos parents, tandis que c’est la voix de la conscience qui vous parle, et cette voix est le souvenir du passé, voix qui vous avertit de ne pas retomber dans les fautes que vous avez déjà commises. L’Esprit entré dans cette nouvelle existence, s’il subit ces épreuves avec courage et s’il résiste, s’élève et monte dans la hiérarchie des Esprits, lorsqu’il revient parmi eux. »

494. L’Esprit protecteur est-il fatalement attaché à l’être confié à sa garde ?

« Il arrive souvent que certains Esprits quittent leur position pour remplir diverses missions ; mais alors l’échange se fait. »

495. L’Esprit protecteur abandonne-t-il quelquefois son protégé quand celui-ci est rebelle à ses avis ?

« Il s’éloigne quand il voit ses conseils inutiles, et que la volonté de subir l’influence des Esprits inférieurs est plus forte ; mais il ne l’abandonne point complètement et se fait toujours entendre ; c’est alors l’homme qui ferme les oreilles. Il revient dès qu’on l’appelle.

Que ne connaissez-vous mieux cette vérité ! Combien de fois elle vous aiderait dans les moments de crise ; combien de fois elle vous sauverait des mauvais Esprits ! Mais au grand jour, cet ange de bien aura souvent à vous dire : « Ne t’ai-je pas dit cela, et tu ne l’as pas fait ; ne t’ai-je pas montré l’abîme, et tu t’y es précipité ; ne t’ai-je pas fait entendre dans ta conscience la voix de la vérité, et n’as-tu pas suivi les conseils du mensonge ? » Ah ! questionnez vos anges gardiens ; établissez entre eux et vous cette tendre intimité qui règne entre les meilleurs amis. Ne pensez pas à leur rien cacher, car ils ont l’oeil de Dieu, et vous ne pouvez les tromper. Songez à l’avenir ; cherchez à avancer dans cette vie, vos épreuves en seront plus courtes, vos existences plus heureuses. Allons ! hommes, du courage ; rejetez loin de vous, une fois pour toutes, préjugés et arrière-pensées ; entrez dans la nouvelle voie qui s’ouvre devant vous ; marchez ! marchez ! vous avez des guides, suivez-les : le but ne peut vous manquer, car ce but, c’est Dieu lui-même.

SAINT  LOUIS, SAINT AUGUSTIN.  

501. Pourquoi l’action des Esprits sur notre existence est-elle occulte, et pourquoi, lorsqu’ils nous protègent, ne le font-ils pas d’une manière ostensible ?

« Si vous comptiez sur leur appui, vous n’agiriez pas par vous-même, et votre Esprit ne progresserait pas. Pour qu’il puisse avancer, il lui faut de l’expérience, et il faut souvent qu’il l’acquière à ses dépens ; il faut qu’il exerce ses forces, sans cela il serait comme un enfant qu’on ne laisse pas marcher seul. L’action des Esprits qui vous veulent du bien est toujours réglée de manière à vous laisser votre libre arbitre, car si vous n’aviez pas de responsabilité, vous n’avanceriez pas dans la voie qui doit vous conduire vers Dieu. L’homme, ne voyant pas son soutien, se livre à ses propres forces ; son guide, cependant, veille sur lui, et de temps en temps lui crie de se méfier du danger. »

569. En quoi consistent les missions dont peuvent être chargés les Esprits errants ?

« Elles sont si variées qu’il serait impossible de les décrire ; il en est d’ailleurs que vous ne pouvez comprendre. Les Esprits exécutent les volontés de Dieu, et vous ne pouvez pénétrer tous ses desseins. »

Les missions des Esprits ont toujours le bien pour objet. Soit comme Esprits, soit comme hommes, ils sont chargés d’aider au progrès de l’humanité, des peuples ou des individus, dans un cercle d’idées plus ou moins larges, plus ou moins spéciales, de préparer les voies pour certains événements, de veiller à l’accomplissement de certaines choses. Quelques-uns ont des missions plus restreintes et en quelque sorte personnelles ou tout à fait locales, comme d’assister les malades, les agonisants, les affligés, de veiller sur ceux dont ils deviennent les guides et les protecteurs, de les diriger par leurs conseils ou par les bonnes pensées qu’ils suggèrent. On peut dire qu’il y a autant de genres de missions qu’il y a de sortes d’intérêts à surveiller, soit dans le monde physique, soit dans le monde moral. L’Esprit avance selon la manière dont il accomplit sa tâche.

625. Quel est le type le plus parfait que Dieu ait offert à l’homme pour lui servir de guide et de modèle ?

« Voyez Jésus. »

Jésus est pour l’homme le type de la perfection morale à laquelle peut prétendre l’humanité sur la terre. Dieu nous l’offre comme le plus parfait modèle, et la doctrine qu’il a enseignée est la plus pure expression de sa loi, parce qu’il était animé de l’esprit divin, et l’être le plus pur qui ait paru sur la terre.

876. En dehors du droit consacré par la loi humaine, quelle est la base de la justice fondée sur la loi naturelle ?

« Le Christ vous l’a dit : Vouloir pour les autres ce que vous voudriez pour vous-même. Dieu a mis dans le cœur de l’homme la règle de toute véritable justice, par le désir de chacun de voir respecter ses droits. Dans l’incertitude de ce qu’il doit faire à l’égard de son semblable dans une circonstance donnée, que l’homme se demande comment il voudrait qu’on en usât envers lui en pareille circonstance : Dieu ne pouvait lui donner un guide plus sûr que sa propre conscience. »