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Note de lecture sur G. Luce Le spiritisme et les temps nouveaux

  • Posted on avril 6, 2010 at 17 h 08 min

 Simon Selliest le 4 mars 2008

Revu et complété le 6 avril 2010

 Il est toujours facile de sourire quand on lit, quelques décennies après sa parution,  un ouvrage qui parle « des temps nouveaux ». Mais à y réfléchir à deux fois, le sourire s’estompe vite pour laisser place à une réflexion plus profonde, car comme dans toutes sciences, qu’elles soient techniques, scientifiques…. ou humaines, la connaissance ne nous est donnée que peu à peu et à la mesure de ce que notre esprit peut comprendre. Il n’est d’ailleurs pas dit que spirituellement, nous ayons fait de grands progrès durant ces quelques décennies.

 N’ayons donc aucune aversion à revêtir l’humble habit des Philosophes Hermétiques, et suivons pas à pas, surement pour notre plus grand bénéfice, la pensée de ceux qui nous ont précédé.

 L’ouvrage que nous vous présentons ici est celui d’un ami intime de Léon Denis et qui fut son biographe au décès de celui-ci. Comme Léon Denis, il n’hésita pas à aller explorer d’autres connaissances que celles du spiritisme. Connaissances qui pour la plupart d’entre elles, plongent leurs racines dans la plus haute antiquité et/ou dans des religions comme l’indouisme, ou des croyances remontant très au-delà du christianisme. Il faut dire que cet ouvrage fut écrit bien après la loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ce qui permettait beaucoup plus de liberté de parole envers les dogmes de l’Eglise chrétienne, et même tout simplement, pour s’adresser à l’esprit de ses contemporains.

 D’où l’emploi dans le titre de l’ouvrage, du mot « spiritualisme » et non pas « spiritisme ».

 C’est ainsi que l’on pourra y lire, dans le paragraphe « Nos devenirs » un passage sur la « corde d’argent », expression souvent employée par les théosophes.

 On pourra aussi y lire, et surtout méditer le chapitre intitulé « Prophétisme et médiumnité », et notamment cette phrase que beaucoup de « médiums » devraient avoir constamment à l’esprit, notamment lors de  certaines séances spirites quelque peu agitées :

 « Cette hypersensibilité (la médiumnité) n’a rien à voir avec la nervosité. La médiumnité requiert un état mental équilibré que la transe n’affecte en rien parce qu’elle est dominée ».

 Car il faut bien le reconnaître, tout médium est un névropathe en puissance du fait de cette hypersensibilité, et il lui faut souvent une grande force de caractère et surtout beaucoup d’abnégation de lui-même, pour laisser passer les messages sans aucun débordement névrotique ou égotique.

 D’autant que G. Luce n’hésite pas à rajouter quelques lignes plus loin :

 « D’une façon moins tranchée, mais au fond analogue, l’ingénieur, l’écrivain, le poète, l’artiste, se trouvent, à certains moments de leur labeur, dans un état voisin de la médiumnité. »

 De ce point de vue, Newton découvrant les lois de la gravitation universelle par l’observation de la chute d’une pomme, ne fit pas autre chose, même si de longues et fastidieuses observations et études l’avait préparé à recevoir ce message – cette révélation scientifique devrions-nous dire -, qui devait bouleverser bien des conceptions de son époque.

 Par ailleurs, il serait bien dommage de passer sous silence les recherches souvent très approfondies de Gaston Luce dans les textes d’ecclésiastiques réputés à leur époque, de toutes idées tendant à rapprocher les points de vue du christianisme de ceux du spiritisme. Cette démarche, dans la grande tradition d’ouverture d’esprit et de tolérance du spiritisme mérite d’autant plus d’être soulignée qu’il avait surement fallu beaucoup de courage à ces ecclésiastiques pour les écrire.

 Toutefois, il semblerait que le véritable but de Gaston Luce, fut de faire évoluer le spiritisme vers le spiritualisme, qu’il définit comme « étant à la base de toutes les grandes religions comme de tous les grands systèmes philosophiques… » (ditto dans le chapitre : « le spiritualisme et la religion).

 En cela, nous différons quelque peu de lui, car nous pensons, à la manière des Philosophes Hermétiques, que ce qui est à la base des religions, des systèmes philosophiques et du spiritisme, ce n’est rien d’autre que la Philosophie Hermétique. Mais ce n’est peut-être que là, qu’une question de définition de mots entre chercheurs de vérité.

Toujours est-il que nous ne saurions donc trop vous recommander la lecture des quelques pages de cet ouvrage peu connu du spiritisme, et introuvable en librairie, vous rappelant au passage cet adage de la Philosophie Hermétique :

« Aux Sages peu de mots suffisent. »