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Le « Jardin de curé »

  • Posted on mai 10, 2010 at 13 h 16 min

Simon Selliest

Ecrit le 13 février 2006

Revu et augmenté le 9 mai 2010

 Il existait, autrefois, du temps où la « télé », l’informatique et ses jeux vidéo n’existaient pas, ni les supermarchés dont les fruits et légumes sont  « parfaits » dans leurs présentations et nuls pour leurs goûts, et où surtout, les gens n’avaient pas besoin d’envoyer des mails, ou de téléphoner à toute leur « tribu » pour décider du choix d’un fromage ou d’une chose élémentaire comme un « double clic »; du temps où les gens trouvaient normal de travailler dur et de trouver en eux la solution à leurs difficultés; un temps donc, où tous ceux qui le pouvaient avaient un petit « carré de jardin ».

Ce jardin leur demandait encore un effort supplémentaire, comme si leur longue journée de travail n’avait pas suffi à les user. Pourtant, ceux qui avaient la chance de posséder ou de louer un petit coin de terre, y venaient volontiers, par tous les temps, car c’était pour eux, tout à la fois, comme un symbole de leur liberté retrouvée, et une façon de se prouver qu’ils étaient capables de créer quelque chose de leurs mains.  L’exemple typique de ces jardins, historiquement attachés à une église, a été retenu sous l’appellation de « jardin de curé »…..

Rappelons d’abord qu’un jardin de curé était à l’origine un jardin à vocation utilitaire, clos d’un haut mur, près de l’église ou du presbytère. Ce jardin qui pouvait être celui d’un curé, d’un évêque, d’une congrégation religieuse, avait pour but de pourvoir à la subsistance de quelques personnes en fournissant des légumes et des fruits dans un espace réservé au jardin potager, mais aussi  de fournir des fleurs pour l’autel, et parfois une vigne pour le vin de messe, ainsi que quelques plantes médicinales que l’on appelait alors : des simples….

C’est ainsi que certaines variétés de fleurs ou de plantes reçurent, en dehors de leur nom scientifique, les noms très évocateurs de :

  • Œillet des chartreux

  •  Poire bon chrétien,

  • Gant de Marie.

  • Gant de Notre Damme

  • Lis de la Madone

  • Feuille de Bible

  • Monnaie du Pape

  • Etc…

La variété des fleurs et des plantes, ainsi que l’espace clôturé en faisait aussi un lieu agréable de repos et de méditation, quand la journée touchait à sa fin, et que la Nature assourdissait ses bruits, à l’heure où « les animaux vont boire »….

Enfin, ce jardin se composait souvent de quatre parterres parallélépipédiques  au milieu desquels se trouvait souvent un puits, ou un bassin qui attirait les oiseaux.

 Ce petit rappel de terminologie effectué, nous pouvons à présent nous rappeler aussi que ces jardins peuvent être vus et étudiés sous un certain nombre d’aspects. Sans vouloir être exhaustifs, nous pouvons en citer quelques uns :

  • La botanique,

  • L’Histoire et/ou l’évolution historique,

  • La sociologie et les différents modes de vies au cours des siècles,

  • L’architecture jardinière, ou si on veut paraître plus moderne, le « génie paysagiste »,

  • La technique géologique

  • La technique de l’arrosage intégré,

  • Etc…

 Mais aussi et surtout, en ce qui nous concerne sous les aspects suivants :

  • L’astrologie,

  • La philosophie de vie,

  • La philosophie hermétique

 Pour le premier groupe d’aspects, nous laisserons le soin aux lecteurs éventuels de cet article, de se reporter aux quelques sites indiqués ci-après, qui en parlent botaniquement, architecturalement, etc., bien plus savamment que nous ne saurions jamais le faire.  Nous remercions toutefois ces sites de nous avoir fourni quantité d’images que nous leur avons partiellement emprunté.

 Cette liste de jardins est bien loin d’être exhaustive, et rien  ne vous empêche par ailleurs, de «googleler » cette expression pour en découvrir des centaines d’autres….

 http://www.jardin-des-senteurs.ch/jardin-de-cure/default.htm

http://forum.1jardin2plantes.info/un-jardin-de-cure-virtuel-vt387.html

http://www.parcsetjardins.fr/rhone_alpes/loire/le_jardin_de_curE_ecomusEe_des_monts_du_forez-767.htmlhttp://www.parcsetjardins.fr/rhone_alpes/loire/la_maison_dieu-983.html 

 

Comme nous ne sommes pas ici sur un site de botanique, mais sur un site qui se veut d’apporter quelques réflexions sur l’évolution spirituelle de chacun d’entre nous, nous voudrions donner quelques éléments de méditation sur les trois parties du second groupe d’aspects.

 Tout d’abord, considérons la forme et la composition du « jardin de curé » du point de vue astrologique.

 Si celui (ou « celle » bien entendu, même si pour respecter les règles de la grammaire nous sommes obligé de parler au masculin), qui le cultive possède une prédominance de l’Elément Terre bien utilisés, le jardin sera dressé au cordeau et  parfaitement équilibré, comportant autant de plantes alimentaires, que de plantes médicinales ou que de fleurs, sans aucune mauvaise herbe, et tout sera méticuleusement étiqueté (ce qui est normal, car une personne fortement marquée par l’ Elément Terre se trouve ici dans sa voie et son milieu d’évolution naturels).

  

Un jardin de personne à dominance d’Elément Terre

 S’il est cultivé par une personne qui possède une prédominance de l’Eléments Air, ce jardin n’aura jamais l’impeccable harmonie et la tenue parfaite de celui d’une personne « Elément Terre ». Pourtant cultivé par un « Elément Air » qui utilise correctement les caractéristiques de son Elément Air, on y trouvera certes que peu de plantes alimentaires, mais beaucoup de fleurs, de plantes décoratives, et… quelques carrés vides que cette personne aura « oublié d’ensemencer  » au bon moment…D’autant qu’un Elément Air, n’aime pas beaucoup mettre les mains dans la terre… Le tout quelque peu désordonné, mais reflétant une certaine fantaisie et une forme d’harmonie artistique qui pourrait inciter au rêve !

 Par contre, si le jardin est « cultivé » par une personne qui utilise mal les caractéristiques de cet Elément Air, ce jardin sera,

  • soit envahi par les mauvaises herbes car rien n’aura été semé du fait de la tendance endémique de ces personnes Eléments Air à fuir devant l’effort et les responsabilités. A moins qu’elle n’ait pas trouvé un membre de « sa tribu » disponible sur l’instant même au téléphone, pour lui expliquer la méthode à suivre… De toute façon, même si celui-ci l’avait rappelé cinq minutes plus tard, elle n’aurait pas suivi ses conseils, car elle aurait été déjà en train de courir derrière un autre centre d’intérêt !

  • soit partiellement ou totalement inculte car rien n’aura poussé faute d’avoir été semé au bon moment,

  • soit il sera peut-être un joyeux f…. ou tout sera mélangé car, les graines auront été jetées n’importe comment, à la va vite, sans aucune méthode et sans aucune préparation du jardin (ce qui n’est pas clair dans sa tête, ne peut pas l’être dans ses œuvres…), et rarement au bon moment.

 

 Un jardin de personne à dominance d’Elément Air mal utilisé

 Un « mauvais »  Elément Air est tellement occupé à courir derrière les stimuli, qu’il a tendance à oublier celui qu’il était en train d’exploiter pour saisir et commencer celui qui se présente…). « Je suis débordée » ou « je suis surbookée » sont les maîtres mots de ces Eléments Air, et à les voir courir et se démener on finit par les croire ! Pourtant, faut-il pour autant confondre « mouvements browniens »  et réalisations durables ?

 Pour les personnes à dominance de l »Eléments Eau, nous pouvons parier que l’on trouvera dans leur jardin, des fleurs à profusion, des recoins secrets, des vielles pierres et de vieux murs, sur lesquels les ombres et la lumière joueront, des vases de toutes formes, de toutes couleurs, de toutes provenances, des vieux objets chargés d’histoire et d’émotions, une vieille fontaine avec un arrosoir d’un autre âge, rapiécé, rouillé, avec des trous, mais qu’elles ne sauraient remplacer par un arrosoir en plastique. Que de souvenirs dans ce jardin et dans ces objets, et que d’émotions….

 

Un jardin de personne à dominance d’Elément Eau

 Dans un jardin cultivé par une personne à prédominance de l’Eléments Feu, nous y trouverons un petit Versailles, baigné de soleil et très lumineux, avec des couleurs vives, des objets recherchés et précieux, peut-être un arbre majestueux si la taille du jardin le permet, sinon ce sera un arbre exotique, magnifique comme il se doit…Une table et des chaises pour y recevoir des amis, peut-être une tonnelle faite de bois précieux…Même petit, ce jardin paraîtra prestigieux, presque luxueux… ! ! Le tout sera empreint de majesté, de beauté, de sérénité.

 

 Un jardin de personne à dominance d’Elément Feu

 

Du point de vue de la philosophie de vie, il est bien certain que chacun viendra chercher dans « son jardin », quelque chose qui lui est propre. Cela pourrait être :

  • La tranquillité loin des tourments de la vie.

  • La paix du cœur, loin des peines et des chagrins.

  • L’exercice physique après une semaine passée derrière son bureau, son ordinateur ou le volant de sa voiture…

  • Le contact avec cette terre, qui à certain d’entre nous, habitants de villes surpeuplées et déshumanisées, fait si cruellement défaut.

  • La solitude, propre au chant de l’âme qui permet à l’esprit de méditer, et qui lui permet aussi de se rapprocher de son Egrégore, et d’y puiser de nouvelles forces, de nouveaux élans, de nouvelles envies d’évoluer.

  • La patience et l’émerveillement de voir une graine sortir de la terre, prendre la forme d’une plante, grandir et « porter ses fruits »… ou ceux de voir un bâton planté, un peu au hasard, dans un pot de bonne terre, se couvrir de feuilles, et de deviner le combat qu’a dû mener la parcelle d’esprit que Dieu lui avait permis de garder en lui, pour en arriver là.

 Comment alors, ne pas se rappeler cette parabole du semeur :

 « Celui qui sème s’en alla semer, et pendant qu’il semait quelque partie de la semence tomba le long du chemin, et les oiseaux du ciel étant venus la mangèrent.

Une autre tomba dans les lieux pierreux, où elle n’avait pas beaucoup de terre; et elle se leva aussitôt, parce que la terre où elle avait été semée n’avait pas de profondeur.

Mais le soleil s’étant levé, elle en fut brûlée; et comme elle n’avait point de racines, elle sécha.

Une autre tomba dans de la bonne terre, et elle porta du fruit, quelques grains rendant cent pour un, d’autres soixante, et d’autres trente.

Que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre.

Matthieu XIII, 3 à 9 inclus, traduction Lemaistre de Say édition 1843

 Et l’on peut la comprendre alors, en ce qui nous concerne, par le fait que nous pourrions peut-être, être cette semence qui, tombée dans ce havre de paix et de beauté que nous avons su créer, dans cette « bonne terre » là, portera alors ses fruits à cent pour un ! Et même si nous n’en portions que dix pour un, ne serait-ce pas déjà un excellent résultat ? Cela ne valait-il pas la peine de « cultiver notre jardin » ???

 Essayons à présent d’en parler du  point de vue du symbolisme hermétique et de l’évolution spirituelle.

 Il a été vu qu’un « jardin de curé », est par définition, un jardin qui possède les caractéristiques suivantes :

  • Il est clos et pratiquement toujours entouré d’un mur assez haut. C’est donc un lieu « secret », au sens de « caché », difficile à découvrir si on ne le cherche pas avec la volonté de le découvrir. Il est donc « hors de la vue » du commun des mortels. Il faut aussi, pour y accéder, soit « être accepté »  par celui ou celle qui le possède, soit faire un effort pour « passer le mur », comme on est accepté par son Egrégore ou comme l’on surmonte ses épreuves d’évolution spirituelle.

  • Il appartenait souvent à un curé ou d’une manière plus générale à un ecclésiastique, c’est-à-dire à un « homme de Dieu ». C’est donc, en quelque sorte un lieu « sacré » puisque, par convention chrétienne, toute créature de Dieu, a le pouvoir, qui lui est conféré par son Créateur, de sacraliser ce qu’elle touche, En tant que tel, ce jardin était le plus souvent adossé à une église ou un presbytère. Pour y accéder, il fallait donc traverser « l’église », lieu de prières et de recueillement, ou le presbytère. Il convient ainsi de prendre conscience de la sacralité de la « démarche » (de la « marche », au sens de l’avancement de l’esprit) qu’il faut entreprendre pour y accéder.

  • Un tel jardin, était traditionnellement composé de plusieurs « carrés » de formes parallélépipédiques quelconques, portant soit :

    •  des légumes destinés à la consommation courante, destinés donc à nourrir le corps, partie matérielle de notre personne, nous reliant ainsi à cette terre matérielle, qui demeure le lieu privilégié de nos joies et de nos peines, de nos souffrances, tant physiques que morales, qui sont destinées, non pas à nous « punir », mais à apurer notre âme et de la sortir de sa basse matérialité, afin de lui permettre de s’élever toujours plus haut, toujours plus loin.

    • des fleurs destinées à l’ornement de l’autel, c’est à dire à l’endroit où notre âme vient chercher la communion spirituelle avec son Créateur.

    • des plantes médicinales destinées à soulager les maux des plus pauvres de la paroisse, ceux qui ne pouvaient, à l’époque, payer le médecin, ouvrant ainsi la voie, non seulement de la charité, mais aussi celles du charisme, de la compassion, de la médiumnité guérissante, de l’amour de son prochain.

 Il est donc facile de voir les liens existants entre le symbolisme de ce jardin de curé et en quelque sorte, les missions d’évolutions de « l’homme de Dieu » ou de la « femme de Dieu ».

 Ce jardin de curé apparaissant alors comme un lien entre les choses de la Terre et les choses du Ciel. Entre  les choses matérielles et les choses spirituelles. Ce qui démontre une fois de plus, s’il en était besoin, – et il en est souvent besoin -, que l’accès des valeurs spirituelles passent le plus souvent par l’acquisition de la maîtrise des valeurs matérielles et terrestres.

 Nul ne peut donc évoluer durablement « spirituellement » si son esprit n’évolue matériellement, c’est  à dire:

  • s’il n’apprend pas à maîtriser les techniques de création tant matérielles qu’intellectuelles (à défaut de celles de la « Création »).

  • S’il ne cultive pas son esprit pour acquérir toutes sortes de connaissances, de techniques humaines, c’est-à-dire une  « culture » :

    • Au sens de l’agriculture certes, mais aussi au sens de la connaissance qui est une culture basée sur l’intelligence, l’étude, la réflexion, la méditation … etc.

    • La médecine, au sens de soigner l’âme et le corps, par les mots, par la voix, en un mot par la « parole ». Cette « parole », qui nous sera d’autant mieux donnée que nous aurons su nous dégager de la vulgarité de nos instincts les plus bas.

    • L’humilité, car, là encore il n’est peut-être pas inutile de rappeler que le médecin ou plus généralement « le thérapeute1 » ne « soigne pas ». Il ne fait que diagnostiquer la maladie et prescrire des médicaments adaptés. Ces médicaments aident la Nature, et c’est finalement la Nature qui guérit le malade. Rappelons également que les connaissance médicales actuelles, même les plus avancées, n’ont pu être acquises d’une part que par la somme colossale des erreurs médicales passées, et d’autres part, que par l’apport d’autres connaissances et d’autres techniques  extérieures à la médecine, comme la biologie, la chimie, l’optique, la mécanique, l’informatique … etc., etc.

    • La « simplicité », car toute technique, aussi sophistiquée soit-elle, doit pouvoir être mise en œuvre par la main de l’homme, et respecter les Lois de la Nature.

  • C’est-à-dire, en résumé, nul ne peut évoluer durablement « spirituellement » s’il n’acquiert pas une « culture » tant scientifique qu’économique, que psychologique ou religieuse et philosophique …. .

 Nous avons donc, tous tant que nous sommes, notre « jardin de curé » à cultiver. A chacun d’y mettre selon la voie d’évolution qui est la sienne, soit plus de fleurs, ou plus de plantes alimentaires, ou plus de plantes médicinales, selon aussi son désir de transformation et ses missions d’évolution. Et ce, durant des vies et des vies, tant que l’équilibre de Nature, ou plus précisément, ce que les Philosophes hermétiques appellent  « le Poids de l’Art2″, pour le distinguer du  » Poids de Nature3″, soit parfaitement et très exactement atteint.

 Ce « poids » le Tao Tö King de Lao Tseu le définit parfaitement pour qui a des oreilles pour entendre :

 » La Voie que l’on peut définir

n’est pas le Tao, la Voie éternelle.

 

Le nom que l’on peut prononcer

n’est pas le Nom éternel.

 

Ce qui ne porte pas de nom est la mère

de tout ce que nous percevons, choses et êtres.

 

……………….……..

 

Désir et non désir :

ces deux états procèdent d’une même origine.

Seuls leurs noms diffèrent.

Ils sont l’Obscurité et le Mystère.

 Mais en vérité c’est au plus profond de cette obscurité

que se trouve la porte.

 

La porte de l’Absolu, du merveilleux. 

Le Tao. 

Lao Tseu : Tao Tö King (traduction de Conradin Von Lauer4 – le bien nommé, car il est généralement admis qu’il fut un des traducteurs le plus inspiré -.)

 Notes :

(1)    Du grec ancien « therapeutès » (« serviteur », d’où « celui qui prend soin de quelqu’un » et enfin « médecin ») ; le premier sens s’explique par celui, particulier de « serviteur de Dieu ».

http://fr.wiktionary.org/wiki/th%C3%A9rapeute

(2)    Cf Fulcanelli : les demeures philosophales TII p. 200 et p. 236 de l’édition JJ Pauvert de 1964-1965

(3)    Cf Fulcanelli : les demeures philosophales TII p. 199. 200 et p. 236 de l’édition JJ Pauvert de 1964-1965

(4)     Lauer rappelle « lueur » dans le sens d’inspiration, de découverte par intuition ou par « résonance ».