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Le Sel de la Terre (VI)

  • Posted on février 17, 2015 at 17 h 31 min

(sixième partie)

 Jeter du sel par-dessus son épaule gauche

ou

L’art de la lévigation utilisé à la transmission dans l’enseignement de la Philosophie Hermétique

  Le Sel de la Terre VI (1° photo)

  Simon Selliest le 13 février 2015

 Dans la sorcellerie ordinaire de nos campagnes, nos Pères et nos Mères avaient coutume dans les temps passés, de mettre une pincée de sel sur le pas de leur porte pour éloigner les mauvais esprits de leur demeure et surtout de leur étable. Ou, si par inadvertance, un peu de sel était renversé sur la table, ils s’empressaient d’en jeter une pincée par-dessus leur épaule gauche, pour contrer le mauvais œil !…
 Dans les quartiers populaires de notre enfance, nous avons souvent vu les Mères faire encore ce geste, et il demeura dans nos campagnes jusqu’aux années 50.
 La modernisation du réseau routier, la diffusion de la télévision qui permit au village le plus reculé, de savoir ce qui se passait à l’autre bout du monde, et la scolarité obligatoire des enfants, finirent par faire passer ces gestes dans les souvenirs d’un monde ancien et désuet. Mais… Mais il resurgit encore parfois de nos jours, et même, il refleurit sur Internet sur des sites que nous ne saurions trop vous recommander d’éviter. Non pas par peur qu’ils vous portent malheur, mais simplement pour vous éviter de perdre votre temps à des rituels qui ne pourraient que nuire à votre avancement spirituel.
 Nous avions quant à nous, un peu oublié cette pratique, quand notre attention fut attirée par un passage du livre de Burensteinas (1).
 Nous en reproduisons le passage le plus marquant ci-dessous :

<< Pour nettoyer un lieu

Il faut d’abord savoir qu’un lieu peut être néfaste à un moment et bon à un autre, néfaste pour vous et bon pour un autre.

La seule chose que l’on puisse faire avec du sel, à condition qu’il ait été fait selon l’art, c’est de neutraliser un lieu. Cela ne veut pas dire qu’on le rend bon, on le rend mieux.

 Si on veut utiliser du sel, il y a une opération à faire avant.

 Il faut le mettre en solution sursaturée dans de l’eau en n’utilisant que des instruments en verre. On obtiendra alors 3 types de sel :

  • Le Mercure du sel
  • Le Soufre du sel
  • Le Sel du sel

 

On prend donc un bac, on met de l’eau et on fait bouillir. On ajoute du gros sel de mer. Il faut arrêter d’en rajouter dès que cela ne se dissout plus. On filtre le filtrat et on laisse évaporer à température ambiante à l’abri des rayons directs du soleil et de la lune. Il va apparaître des petites aiguilles en surface, la fleur de sel, c’est cela le Mercure du sel, son esprit qui est au-dessus – ce n’est pas l’esprit-de-sel qui est l’acide chlorhydrique. Puis il y a du sel qui va monter sur les bords, monter très vite et ensuite descendre. Je ne saurai trop conseiller de le retirer. Si on laisse faire, il va remplir la maison. Ce sel chou-fleur, c’est le Soufre du sel, c’est l’agitation, l’émotion du sel.

L’évaporation va continuer et il restera à l’intérieur du bac des petits cubes, le sel cubique. C’est le Sel du sel. Sa structure permet de capter. C’est ce sel que nous allons utiliser pour nettoyer une maison. C’est très simple, on le met dans une coupelle et on le pose sur un meuble.

 Se protéger des démons

Dans certaines traditions, on mettait du sel sur le pas de la porte. Ce n’était pas par souci d’esthétique, c’était pour sceller, c’est-à-dire pour empêcher les démons d’entrer.

Et aussi quand on recevait quelqu’un à la maison, par hospitalité, on partageait du sel avec lui. On le faisait tout d’abord parce que c’était une denrée rare, mais ce qu’on sait le moins, c’est que le sel, prenant tout ce qui est mauvais, on était ainsi certain que la personne n’était pas néfaste. C’était intéressé tout de même !

Il est dit qu’il faut jeter du sel pour renvoyer les démons chez eux, c’est normal parce que le sel prend le Soufre, pompe l’énergie. Ce démon qui a de l’énergie, on la lui prend et il rentre chez lui. Comme les démons sont sinistres (de « senestre » côté gauche), quand on renversait du sel, il y avait un démon qui venait voir de ce côté-là et c’est pour cela qu’on jetait le sel du côté gauche pour le chasser. >>

 Ainsi dit, il est facile de comprendre que selon le raisonnement alchimique, « le sel du sel » privé de son « esprit » par :
  • l’évaporation de l’eau  de dilution,
  • l’écrémage de la fleur du sel ,
  • l’enlèvement de son Soufre (l’efflorescence de sel sur les bords du pot)
va chercher à récupérer un « esprit » dans son environnement immédiat. Pourquoi pas alors l’esprit d’un démon, si par hasard il s’en trouvait un à proximité ?
 Mais n’est-ce pas peut-être un peu trop facile à comprendre ??
 Ce serait oublier que la Philosophie Hermétique a toujours été écrite dans ce langage secret  de la « Langue des oiseaux » (2), et P. Burensteinas le sait parfaitement, comme il sait qu’il ne faut pas déroger à cette règle ancestrale quand on parle de cette science, qui pour être antique est toujours moderne (3).
 En fait, la croyance populaire, ayant perdu (ou n’ayant jamais compris…) l’enseignement initial, s’est ainsi persuadée que le sel (en oubliant qu’il s’agissait en fait du « sel du sel », et pas forcément celui du sel de table…), étant privé de « son esprit » a une tendance à s’en procurer un autre dans l’environnement où il se trouve placé… donc, pourquoi pas de « l’esprit du démon » que l’on voulait neutraliser !
 Mais raisonnant ainsi, on va forcément se trouver assez vite confronté à deux difficultés insurmontables…
 La première, c’est qu’il y a plusieurs choses qui sont désignées par le mot « esprit », comme :
  • ce qui s’élève dans l’atmosphère, c’est-à-dire les vapeurs, les arômes et les odeurs, etc.,
  • l’esprit du corps-âme-esprit,
  • un corps obtenu par distillation, comme « l’esprit-de-sel » (4) des anciens droguistes, ou des apothicaires. Ces derniers pouvaient  encore le fabriquer dans leur arrière-boutique en suivant les recommandations du manuel d’Eusèbe Ferrand : Aide-mémoire de pharmacie (éditions JB. Baillière et Fils p. 186).
  • etc.
et qui ne sont pas, bien entendu, de la même nature !
 La seconde est, qu’en supposant que le « sel du sel » puisse attirer et capter « l’esprit du démon », il pourrait tout aussi bien attirer et capter « les bons esprits protecteurs »…et pourquoi pas le nôtre !
 Raisonnant ainsi de façon un peu plus juste que celle où P. Burensteinas voulait nous fourvoyer, nous voyons tout de suite que cette recette ne peut pas être utiliser, ou que si elle l’était, elle risquerait de détruire plus qu’elle ne nous protégerait !
 Cela étant, il n’est pas dit que P. Burensteinas, ne se soit pas montré bien moins envieux (5) qu’il n’y parait de prime abord. En effet, si nous nous rappelons les écrits de M. de Grimaldi (6) d’une part et que P. Burensteinas nous parle (aussi … et accessoirement…) de la rosée un peu plus loin dans son livre (sans nous parler du sel qu’il est possible d’en tirer…), peut-être nous faudrait-il penser qu’il ne nous incite pas forcément et seulement à aller nous geler les doigts dans les lueurs qui précèdent l’aube des petits matins printaniers, pour maintenir notre santé !
 Pour en revenir « à nos démons », et si nous croyons qu’il est nécessaire de les chasser de notre présence, ne serions-nous pas mieux inspirés de nous adresser à des exégèses de la fréquentation de ces « esprits » qui errent souvent autour de nous pour notre plus grand bien (7).
 La bonne méthode, serait alors si on croit à ce qu’affirme la doctrine spirite, de faire appel, « par la prière » (et surtout par sa conduite intègre et de haute moralité) aux esprits supérieurs de son Égrégore, qui seuls ont le pouvoir de faire comprendre aux esprits inférieurs (les démons…) qu’ils doivent cesser de faire le mal s’ils veulent cesser de souffrir eux-mêmes !
 Une autre façon serait d’augmenter la luminescence de notre aura par la compassion (méthode du Dzogchen du bouddhisme tibétain, décrite par Sogyal Rinpoché (8) apportée à ceux qui souffrent.
 Ou encore à l’emploi de certaines plantes, dont il est dit qu’elles contribuent à « purifier l’atmosphère de nos maisons » … mais là encore, nous serions bien avisés de penser que si les plantes en question ne se plaisent pas dans notre propre habitation, il faudrait commencer par nous interroger sur nos propres habitudes de vie et de pensée, avant d’aller accuser un « démon ». À cet égard, il est plus logique de croire qu’une habitation où les plantes se plaisent et s’épanouissent, ne le font peut-être que parce que nous avons depuis longtemps fait le ménage sous nos « vieilles pierres », et que nous vivons en harmonie avec notre environnement des trois règnes…
 En conclusion, nous ne pouvons que rappeler une fois encore, que la Philosophie Hermétique et à fortiori l’Alchimie a toujours ouvert d’énormes chausse-trappes, de part son « langage secret » (2), sous les pieds des imprudents qui s’y aventurent sans de solides connaissances scientifiques et spirituelles.
 Ce qui n’est pas une raison pour ne pas mettre un pied sur son chemin, si l’on a été autorisé(e) à le faire…. Il suffit d’avoir suffisamment d’humilité pour accepter de travailler aussi à combler ses lacunes dans ces deux derniers domaines !

 

Notes

  1. P. Burensteinas : « De la matière à la lumière » Editions du Mercure Dauphinois (2009) p. 53 à 55.
  2. Lire à cet effet le livre de  Loïc Trehedel : L’alchimie, antique science de demain (éditions du Rocher 1999)
  3. Il y a plusieurs textes sur ce site qui parlent de ce langage secret que certains appellent la « langue des oiseaux ». Un de ceux-ci se trouve à :  http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1655*
  4. « esprit de sel » ou encore « acide muriatique » qui est désigné à présent sous le nom « acide chlorhydrique » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_chlorhydrique) dont Helvétius dans son ouvrage « Vitelus Aurus » rapporta l’usage qu’en fit un orfèvre pour transmuter du plomb en argent et en or lors de la réalisation d’un particulier.
  5.  Un auteur est dit « envieux », quand il fourvoie volontairement ses lecteurs dans une erreur d’interprétation de ses enseignements par la façon dont il les présente.
  6. Cf. : Le Sel de la Terre (première partie) : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1124
  7. Nous voulons parler, bien entendu de la doctrine spirite et notamment des trois principaux auteurs qui en jetèrent les fondations puis en  bâtirent l’édifice : Allan Kardec, Léon Denis et Gabriel Delanne. Sans oublier tous les autres dont les livres se trouvent gratuitement à la disposition de tous sur Internet.
  8. Sogyal Rimpoché : Le Livre Tibétain de la Vie et de la mort (éditions de la Table Ronde 1992)