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La Prière

  • Posted on avril 25, 2014 at 16 h 41 min
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Simon Selliest 15 mai 2007
Revu et complété le 21 avril 2014
 Du plus lointain passé où remontent les connaissances actuelles sur la vie des êtres humains, il est retrouvé des traces d’une forme de prière. Qu’elle soit appelée incantation, évocation, sacrifice, etc., les êtres humains, hommes et femmes, se sont de tous temps adressés au(x) Dieu(x) qu’ils vénéraient pour lui demander aide et protection.
La pratique était tellement ancrée dans les esprits, que parfois deux camps adverses de combattants, pratiquant la même religion, demandaient tous deux la victoire au même Dieu, au nom des mêmes principes…
Cette situation aberrante, pourtant, ne semblait choquer personne !
Nous ne mentionnerons cet exemple que pour mémoire, car il serait interminable de vouloir répertorier la liste des prières adressées aux saintes femmes et aux saints hommes de chaque religion, et encore plus long de faire la liste de tout ce qui leur a été demandé depuis que l’être humain prie…
 Essayons donc d’être « simples », et de revenir, ne serait-ce qu’un tout petit instant, un de ces « Parvuli »(1) qui seuls semblent être autorisés à s’adresser à Dieu et à recevoir quelques bribes de Sa Sagesse.
 Pour cela, commençons peut-être, dans notre foi chrétienne, de relire les Paroles de Jésus sur la Prière (2) :
« Et quand vous priez, ne soyez pas comme ces hypocrites qui aiment faire leurs prières debout dans les synagogues et les carrefours, afin d’être vus des hommes pour attirer leurs regards. En vérité, je vous le déclare : ils ont reçu leur récompense. Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre la plus reculée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra. Quand vous priez ne rabâchez pas comme les païens, ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez donc pas car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous ne le lui demandiez« .
Évangile selon Saint Matthieu chapitre VI versets 5 à 7 inclus (TOB 1972)
 Tout est ainsi dit sur le lieu et la manière de prier, …
 Mais il nous semble qu’il y manque la façon de formuler cette demande et la mention de ce qu’il est permis de demander dans ses prières.
 Une fois de plus, plutôt que de mal réécrire ce que d’autres ont parfaitement écrit, adressons-nous à Allan Kardec, puisque nous sommes dans un texte d’orientation spirite :
 » La principale qualité de la prière est d’être claire, simple et concise, sans phraséologie inutile, ni luxe d’épithètes qui ne sont que des parures de clinquant ; chaque mot doit avoir sa portée, réveiller une idée, remuer une fibre : en un mot, elle doit faire réfléchir ; à cette seule condition la prière peut atteindre son but, autrement ce n’est que du bruit. « 
Allan Kardec : L’Évangile selon le spiritisme éditions postérieures à 1920(3)
Par ailleurs, même s’il est dit par les Maîtres que : « La forme n’est rien, la pensée est tout (4) », il ne faut bien se garder de traduire cette phrase, comme cela se fait un peu trop souvent, hélas, par cette formule lapidaire désastreuse : « les mots n’ont pas d’importance »… Il convient donc de prêter la plus grande attention aux mots prononcés et au sens des phrases formulées dans ces prières.
 Par exemple, si une personne considère que notre Terre est une vallée de larmes et que la souffrance, la misère, la douleur, les peines, les chagrins, etc. y sont trop répandus, lui faut-il pour autant dire : « je prie pour la misère du monde »? Car si nous réfléchissons quelques secondes à la formulation de sa demande, est-ce que celle-ci ne peut-elle se comprendre de deux façons différentes comme :
  • « je prie pour la réduction de la misère dans le monde,
  • Ou je prie pour conserver la présence de cette même misère dans le monde… 
 En supposant toutefois, ce qui est logique chez une personne animée de bonnes intentions, que son souhait soit de voir la misère reculer sur terre, encore faut-il savoir par quels moyens elle souhaite la voir se réduire. Est-ce :
  • une simple demande faite aux Maîtres pour qu’Ils se chargent de ce travail colossal, alors qu’elle ne ferait rien, si ce n’est de formuler cette demande ?
  • une demande pour que chaque personne un tant soit peu fortunée se mobilise pour réduire cette misère, notamment par des dons financiers et/ou un travail personnel pour aider directement celles et ceux qui sont les plus miséreux ?
  • une demande pour que les gouvernements des pays ayant le plus gros PIB financent les pays au plus faible PIB  et où la misère est la plus grande ? Et cela au détriment de la partie de leur population la plus misérable.
  • une demande pour que la corruption, les gabegies alimentaires et financières soient supprimées ou tout au moins soient réduites,
  • une demande pour que celles et ceux qui sont opprimés prennent conscience qu’ils peuvent changer leur sort en agissant autrement, à la manière de ce qu’ont fait nos Pères et de nos Mères qui, par le tribut de leurs souffrances, et parfois de leur vie, nous ont permis, après des siècles d’efforts et de luttes, d’arriver à un standing de vie enviable ?
  • etc
 Demander donc à Dieu ou à un Esprit, aussi haut placé spirituellement par la chrétienté que cela se peut,  de faire reculer la misère dans le monde ne veut donc rien dire. Cela ne montre que, de la part de celle ou celui qui fait cette demande, un cœur certes généreux, mais surtout une forte propension à vouloir laisser aux autres la sueur, les larmes et les sacrifices de ce travail … .
 À cet effet, rappelons cet adage connu de tous : « Aide-toi, et le Ciel t’aidera ! ». N’est-il pas ici avec une formulation inversée ? Car en priant ainsi, nous disons : « Il faut que le Ciel fasse ce que nous demandons, et nous l’aiderons (peut-être…) »
 N’oublions-nous pas aussi, dans cette formulation, que le Ciel, n’a nul besoin de notre aide….
 Parlant ainsi, nous avons pleinement conscience que beaucoup de « bonnes âmes » seront choquées, voire profondément heurtées et meurtries par nos paroles, mais ce que nous disons ici, n’est nullement le fruit de longues et perverses méditations, mais simplement le rappel de ce que d’autres, bien plus compétents que nous ont déjà dit avant nous. Citons pour mémoire quelques textes parmi tant d’autres :
  • John Fitzeral Kennedy : « Au lieu de vous demander ce que l’État peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour lui. »
  • Pasteur Joe Wright au Kansas à l’ouverture de la session à la Kansas House of Representatives le 23 janvier 1996 (5)
  • Abraham Lincoln – Déclaration au congrès en 1860: « Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant à leur place ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. » (http://www.wikiberal.org/wiki/Abraham_Lincoln)
  • Dr. Adrian Rogers (1931) : « Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation. On n’accroît pas les biens en les divisant. » 
  • Ken Keyes Jr. :  La parabole du centième singe (plusieurs sites sur Internet)
  • « Lorsque vous priez, vous vous élevez pour rencontrer dans l’air ceux qui prient à cette même heure, et que, sauf en prière, vous ne pourriez rencontrer. Car si vous ne pénétrez dans le temple que pour solliciter vous ne recevrez pas. Et si vous y pénétrez pour vous humilier vous ne serez pas élevé. Aussi que votre visite dans ce temple invisible ne soit que pour l’extase et la douce communion.
Khalil Gibran : Le Prophète (éditions Casterman 1956 pages 65 et 66)
  • etc.
  • Enfin, rappelons un des principes de la doctrine spirite (6) : « On se ferait des habitants d’une grande cité une idée très fausse si on les jugeait par la population des quartiers infimes et sordides. Dans un hospice, on ne voit que des malades ou des estropiés ; dans un bagne, on voit toutes les turpitudes, tous les vices réunis ; dans les contrées insalubres, la plupart des habitants sont pâles, malingres et souffreteux. Eh bien, qu’on se figure la terre comme étant un faubourg, un hospice, un pénitencier, un pays malsain, car elle est à la fois tout cela, et l’on comprendra pourquoi les afflictions l’emportent sur les jouissances, car on n’envoie pas à l’hospice les gens qui se portent bien, ni dans les maisons de correction ceux qui n’ont point fait de mal ; et ni les hospices, ni les maisons de correction ne sont des lieux de délices. Or, de même que dans une ville toute la population n’est pas dans les hospices ou dans les prisons, toute l’humanité n’est pas sur la terre ; comme on sort de l’hospice quand on est guéri, et de la prison quand on a fait son temps, l’homme quitte la terre pour des mondes plus heureux quand il est guéri de ses infirmités morales. »
  • etc.
En conclusion, si nous devons prier pour que la misère, la détresse, la souffrance d’autrui qui nous touche au plus profond de notre âme, se réduise, ne demandons à nos Maîtres, que la force, le courage, la ténacité… pour nous permettre de mener à bien ce que nous allons, nous personnellement faire pour la réduire… et mettons-nous au travail ! N’entreprenons que ce qui est dans la limite de nos forces et de nos moyens financiers, car ainsi nous ne commettrons pas l’erreur de vouloir faire faire ou faire payer aux autres ce que nous devons faire et ce que nous devons payer… pour épurer notre propre karma !
 Soyons certains, qu’ainsi le Ciel nous aidera, et qu’il nous aidera d’autant plus que notre ardeur à accomplir cette tâche sera grande.
 Notes
  1. Cette idée revient plusieurs fois dans les Évangiles, et notamment dans (Luc chapitre X versets 21 et 22, ou Matthieu chapitre 11 verset 25 à 27) : « je te loue, Père, Seigneur du Ciel, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout petits ». Cf. aussi les explications données par E. Canseliet dans son livre : l’Alchimie expliquée sur ses textes classiques (chez JJ Pauvert édition 1972 p.160 et 161). 
  2. Évangile selon Matthieu (chapitre VI versets 5 à 7 inclus (TOB 1972)
  3. Ce texte ne figure pas dans l’édition originale chez Ledoyen, Bertu, Fred, Henri libraires au Palais-Royal de 1864, mais il apparaît dans la troisième édition, revue et augmentée.
  4. Allan Kardec : l’Évangile selon le spiritisme chapitre XXIV p. 332 (édition 1864)
  5. Cf. : Le sermon du Pasteur Joe Wright (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1414 )
  6. Cf. Allan Kardec : l’Évangile selon le spiritisme (éditions 1824 chapitre III p.2)
  7. Voici une liste non exhaustive de textes écrits par des Maîtres bien plus érudits que nous, et qu’il serait impardonnable que nous ne citions pas ici :
    • Les Évangélistes, rapportant les Paroles du Christ sur la façon de prier :
    • Évangile selon Matthieu (chapitre VI versets 5 à 7 inclus (TOB 1972)
    • Évangile selon Luc chapitre XII verset 30 (TOB 1972)
    • Roger Carrel : la Prière (Éditions Plon 1938)
    • Allan Kardec : L’Évangile selon le spiritisme éditions postérieures à 1920
    • Léon Denis : Après la mort (chapitre LI)
    • Sedir : La Prière Éditions des amitiés spirituelles (sans date)
    • Khalil Gibran : Le prophète (Éditions Casterman 1956) pages 67 à 69
    • Etc.