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La langue des oiseaux

  • Posted on septembre 21, 2014 at 13 h 39 min

 

Images   La langue des oiseaux

 Simon Selliest 31 mars 1990

Revu et complété le 24 juillet 2013

Revu et complété le 21 septembre 2014

  Nous n’aurions pas su trouver meilleure illustration que la gravure ci-dessus, pour imager la définition de la « Langue des Oiseaux ».
En effet, on y trouve ainsi décrites par l’image toutes les qualités afférentes à cette forme d’écriture, c’est-à-dire :
  • la femme, symbole de la sensibilité dont on se plaît à dire qu’elle est l’attribut de la gent féminine, et qui est indispensable à la perception de « ce qui est caché »,
  • la chevelure ondoyante de cette femme, rappelant les vibrations ondulatoires de tout corps réincrudé et donc rendu « philosophique »
  • la robe brune cachant une chemise d’une éclatante blancheur, symbolisant la matière brute dans laquelle se terre la Lumière de l’Esprit,
  • l’esprit religieux, donc « spirituel », au sens étymologique de « venant de l’esprit », que l’on pourrait aussi écrire « venant de l’Esprit »…
  •  l’étude, indispensable à toute compréhension nouvelle,
  • la Nature symbolisant le calme et la sérénité indispensable à toute étude,
  • le papyrus, symbolisant les textes anciens, auxquels il est indispensable de se referrer  afin d’y retrouver les origines de notre façon de penser et d’écrire,
  • ce même papyrus se présentant sous une forme déroulée, donc « ouverte » pour signifier que la connaissance est ainsi accessible,
  • le château fort (difficulté à pénétrer cette forme d’expression),
  • la forêt (symbole de ce qui est « végétatif », au sens de l’évolution extrêmement lente de la forme des végétaux, imperceptible à nos yeux mais parfaitement réelle),
  • l’oiseau, jeu de mots habituel des Hermétistes entre le sens de « volatile » donné aux oiseaux et de « volatil » donné à la propriété de certains corps d’être plus légers que l’air,
  •  etc..)
De tout cela, nous en avons déjà parlé longuement dans différents textes, parmi lesquels il est possible de citer :
De même nous avons largement donné les synonymes de cette appellation, dont notamment :
  • langue des Dieux,
  • gaye science,
  • gay scavoir,
  • langue sacerdotale,
  • langue des hiéroglyphes, langue des cynocéphales, langue hiératique, chez les Incas,
  • lengua général (langue universelle),
  • lengua cortiana (langue de cour), c’est à dire langue diplomatique parce qu’elle recèle
  • une double signification correspondant à une double science, l’une apparente, l’autre
  • profonde,
  • cabale hermétique,
  • cabale euphonique,
  • cabale phonétique,
  • cabale solaire,
  • langue des Cabaliers,
  • langue des Chevaliers,
  • langue de Pégase,
  • etc,
 Mais, si les définitions et les synonymes avaient bien été donnés, il manquait quand même l’origine de cette appellation. Nous ne l’avions pas donné, car nous ne l’avions jamais trouvé chez aucun auteur.
« Aides-toi et le Ciel t’aidera » dit l’adage, et cette lacune qui nous trottait dans la tête, finit par trouver de quoi se combler !
Relisant cet été, le très complet et très érudit livre d’Alexandre Volguine (1)
 » Lévy-Bruhl estime que « la mentalité primitive com­me on sait est surtout concrète, et très peu conceptuelle ». Bien qu’il soit impossible d’appliquer aux Anciens le nom péjoratif de «primitifs», cette remarque est, fondamen­tale, et il est certain que tous les symboles traditionnels partaient des notions concrètes et simples pour se déve­lopper, se compliquer et se «métaphysicier» avec le temps. Leur évolution va toujours du simple au complexe, de l’évident à l’invisible et du tangible au supersensible, —la simplicité et l’évidence étant des qualités indéniables de l’enfance de l’humanité. D’ailleurs, comme l’a si bien noté M. Rutten, l’emploi d’une langue morte et sacrée de haute antiquité — le sumérien, l’akkadien ou le baby­lonien — permettait par son imprécision « une foule d’interprétations auxquelles ont donné libre cours les écoles de scribes et de prêtres (2).
Cherchons donc dans le symbolisme de l’Aigle, les significations les plus simples et les plus évidentes, aisé­ment compréhensibles à tout le monde, ces significations ayant toute probabilité d’être les plus anciennes.
 Tout d’abord, il participe évidemment au symbo­lisme général des oiseaux dont le sens cosmique est le ciel (ou, plus exactement, le pré-ciel, l’atmosphère), le vol et le vent. Les habitants d’un monde intermédiaire entre le haut et le bas, le ciel et la terre, les oiseaux paraissent, du point de vue terrestre, plus près du pre­mier que de la seconde.
 Il y a dans ce symbolisme général des oiseaux, un aspect d’élan, d’élévation et de mobilité, mais aussi d’instabilité et de fragilité, toutes les carac­téristiques de l’élément de l’Air qu’ils partagent d’ailleurs avec les chauves-souris (3). En sanskrit, le même mot — Nirriti — signifie à la fois la terre, le péché et la souffrance (4) ; c’est donc notre bas monde de misère et de mort, très éloigné du ciel immuable et éternel qui est le domaine des dieux, c’est-à-dire des êtres grands, puissants et durables. Les oiseaux se placent entre la terre et le ciel, comme les anges à qui ils ont donné leurs ailes. Ce sont des êtres d’un monde intermédiaire entre nous et l’immuable, l’éternel, le principe, l’absolu. Leur mobi­lité même leur confère le caractère de messagers d’en haut. Capables de s’élever et de s’approcher du domaine des dieux, ils peuvent, de ce fait, révéler aux humains les choses que ceux-ci ignorent. Voilà pourquoi les contes populaires de tous les pays mentionnent l’existence des « oiseaux de vérité », et presque tous les écrivains hermétistes, en commençant par Shakespeare et Rabelais, parlent de la langue des oiseaux. Agents de liaison entre le haut et le bas, ils peuvent prévenir du danger, apporter une aide surnaturelle à ceux qui sont dignes et purs (ce qui est souvent souligné dans les contes par une jeune fille vierge ou un enfant) et élever un mortel jusqu’aux demeures célestes des dieux. Déjà, un cylindre sumérien de Kish montre le roi Etana tentant d’atteindre le ciel du dieu Anu à califourchon sur un aigle. Dans les contes populaires (comme Florine et Serpentin vert), ce sont les oiseaux qui tirent l’attelage de la belle rejoignant son prince charmant. Dans le Christianisme, ils sont le sym­bole de l’ascension aussi bien de Jésus que des âmes des martyrs et des fidèles délivrés des entraves du corps (comme l’affirme Saint-Grégoire (5), les oiseaux enfer­més dans les cages étant l’image de l’âme dans la prison de la chair durant cette vie mortelle).
Volguine A. : Le symbolisme de l’Aigle (édition 1960) p. 18 et 19.
 Pour finir, et pour essayer d’être encore un peu plus complet, nous donnons ci-dessous quelques citations (mais il y en a tant d’autres…) issus des écrits d’auteurs divers, tous Maîtres incontestés dans la Philosophie Hermétique.
 » Les vieux Maîtres, dans la rédaction de leurs traités, utilisèrent surtout la cabale hermétique, qu’ils appelaient encore langue des oiseaux, langue des Dieux, gaye science ou gay scavoir. »
                                                      Fulcanelli : les demeures philosophales édit. 1985 p. 159
« La langue des oiseaux est un idiome phonétique, – issu de la langue des Pélasges qui était le grec archaïque – basé uniquement sur l’assonance. On n’y tient absolument pas compte de l’orthographe, dont la rigueur même sert de frein aux esprits curieux…. Cela signifie que le sens des livres sacrés n’est point littéral, et qu’il est indispensable d’en savoir retrouver l’esprit par l’interprétation cabalistique…. »
                                                                                                                    Fulcanelli : les demeures philosophales édit. 1985 p. 164
« On connaissait la cabale hermétique en Égypte, au moins dans la caste sacerdotale, ainsi qu’en témoigne l’invocation du Papyrus de Leyde : « …je t’invoque toi, le plus puissant des dieux… Je t’invoque sous le nom que tu possèdes dans la langue des oiseaux, dans celle des hiéroglyphes, dans celle des Juifs, dans celle des Egyptiens, dans celle des éperviers, dans celle des cynocéphales, dans la langue hiératique. »
Nous retrouvons encore cet idiome chez les Incas ….; les anciens écrivains l’appellent Lengua général(langue universelle ) et Lengua cortiana (langue de cour), c’est à dire Langue diplomatique parce qu’elle recèle une double signification correspondant à une double science, l’une apparente, l’autre profonde. »
                                                                                                                    Fulcanelli : les demeures philosophales édit. 1985 p. 167/168
 … une écriture secrète, tous les ouvrages des alchimistes sont écrits dans l’écriture secrète dont je parle, elle a été utilisée de tout temps par les grands philosophes et les grands poètes. Elle est employée systématiquement par les Adeptes de la Vie et du Savoir qui, exprimant en apparence, leur profonde Sagesse, cachent sous les mots mêmes qu’ils emploient son réel mystère. Ils ne peuvent faire davantage. Une loi de la Nature exige, en effet, que tout homme doit découvrir tout seul ces mystères; il ne peut les obtenir autrement. L’homme qui veut vivre, doit absorber lui-même sa nourriture : c’est là une loi naturelle qui s’applique aussi à la Vie Supérieure où, s’il veut vivre et agir, l’homme ne peut être nourri à la cuillère comme on nourrit un enfant : il doit se nourrir lui-même. »
Mabel Collins : La Lumière sur le Sentier édition 1994(conforme à celle de 1887) p. 61 et 62.
 Et bien entendu l’incontournable Wikipédia : (http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_des_oiseaux)

 

Notes

(1) Volguine A. : Le symbolisme de l’Aigle Éditions des cahiers astrologiques (édition 1960). 

(2)  Les religions asianiques dans les 4° volumes d’Histoire des Religions publié sous la direction de Maurice Brillant et René Aigrain, p. 10.

(3)  Dans le château du roi René à Tarascon (XVe siècle), ce ne sont pas les anges, ni les oiseaux qui veillent sur les humains dans toutes les chambres y compris celle du prêtre, mais les chauves-souris, — soit grimaçantes dans les dortoirs des hommes, soit sou­riantes chez les femmes, — qui assument ainsi le rôle de gardiens et de protecteurs.

(4)  Jean Herbert : La Mythologie Hindoue, Paris 1953,p. 27.

(5)  Homil XXIX

 

 

 

 

 

 

 

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