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La Souffrance et la Douleur (V)

  • Posted on mars 22, 2015 at 10 h 21 min

 (Cinquième partie : la crucifixion)

Images   La souffrance (V)Gravure attribuée à Guido Reni (1575-1642)

Simon Selliest le 21 mars 2015

       L’image du Christ ensanglanté cloué sur une croix dressée sur le Golgotha doit être certainement l’image qui doit être la mieux et la plus gravée dans les esprits du monde chrétien.
 Pourtant beaucoup d’entre nous, chrétiens de « longue date », au plus profond de leurs racines spirituelles et au plus loin de « leurs vies passées », savent très bien que l’Histoire de la vie terrestre et humaine de Jésus présente de profondes lacunes et donc d’énormes incertitudes.
 Mais est-ce pour autant qu’il ne faut pas accorder le moindre crédit aux enseignements des Évangiles ? Nous ne le pensons pas, bien au contraire, mais il nous faut les lire « avec un autre alphabet »… Comme nous allons essayer de le faire ici.
 En fait, ce que nous savons « historiquement parlant », c’est-à-dire documents historiques à l’appui, tiendraient dans une demi-page. Tous les théologiens modernes, tous les historiens actuels des religions, s’accordent pour dire que ce que l’on sait (ou que l’on croit savoir…) de la vie humaine et historique de Jésus, on ne le sait que par les « Évangiles » (1) et les « Actes des Apôtres » (2).
 À cet effet, une émission de la Télévision française, remontant aux années 1995/96, présentée par Jean Prieur et Gérard Mordillat (3), intitulée « Corpus Christi », avait présenté les différents points de vues de théologiens des différents courants religieux du Christianisme. Et ce qui était remarquable en les écoutant, c’est qu’aucun d’entre eux ne cachait ses doutes sur la véracité historique de la vie de Jésus, telle qu’elle était présentée dans les Évangiles (4).
Nous refermons donc cette courte présentation, dont le but n’était que de faire le distinguo entre les Paroles du Christ – quelque soit celui ou ceux qui les ont écrits en son Nom – et la réalité historique de la vie de Jésus.
 Par contre, nos Pères, « Philosophorum per Ignem », Adeptes, grands érudits en Philosophie Hermétique (5) et Maîtres en « Langue des Oiseaux » (6), et de plus parlant parfaitement le Latin et le Grec, n’avaient pas manqué de remarquer la racine « crux » du mot « creuset » (7).
 De plus, totalement convaincus de l’universalité des Lois Divines, ils ne pouvaient manquer de rendre holistique la mort de « Celui qui portait la Lumière (8) ». De là, le parallélisme entre la transformation purificatrice et « canonique » du minerai brut, noirâtre, puant, salissant les doigts et sulfureux, en un corps en fusion d’une blancheur éclatante, de laquelle émanait une lumière irradiante comme celle d’une étoile. Etoile dont elle devait porter d’ailleurs l’empreinte sur sa face tournée vers le Ciel, pour que ce corps puisse être accepté comme « canonique ».
 Cette « crucifixion » de Jésus permettait donc ainsi, par la similitude de la « souffrance du métal en fusion dans le creuset » et de la souffrance du corps de Jésus sur la « croix », de transformer le Fils de l’homme en Fils de Dieu. Elle permettait aussi, en décrivant la sortie du tombeau de Jésus avec son « Corps de Lumière »,  l’enseignement de la composition de l’être humain en corps, esprit et périsprit, rendu commun par l’émergence de la Doctrine Spirite en 1859 (9).
 À cet égard, rappelons que les iconographes, dont les connaissances en « Langue des Oiseaux » sont très loin d’être parmi les plus médiocres, ont toujours représenté Jésus, devenu le Christ, « l’Oint », Celui qui était réapparu dans son corps de Lumière, porteur d’un vêtement rouge. Cette couleur que les Adeptes ont tant vantée dans la description de la Pierre Philosophale (10).
Bien entendu, les pratiquants de la Philosophie Hermétique et de sa Fille Ainée : l’Alchimie », pour avoir été souventes fois traqués par l’Inquisition et les Puissants de ce monde (pour des raisons bien différentes d’ailleurs…), et ayant été souvent passibles de mort, ne pouvaient pas transmettre un tel enseignement, sans crainte pour leur vie. D’autant qu’ils se mettaient ainsi en opposition avec les enseignements fondamentaux de l’Église chrétienne, tous courants confondus. Des Églises qui n’ont jamais été prêtes (et qui ne sont toujours pas…) à abandonner leurs dogmes sur lesquelles elles se sont bâties. L’affaire de Galilée, condamné à adjurer ses écrits sur le soleil centre de notre galaxie le 22 juin 1633, en est un cas typique.
 Mais les sciences humaines, par leurs découvertes scientifiques et leurs preuves inattaquables, les obligent peu à peu à s’adapter, et les Églises de la chrétienté disent enfin, de nos jours, qu’il faut séparer l’enseignement spirituel donné dans le Nouveau Testament de l’Histoire réelle des événements de la vie de Jésus.
 Ce dont nul ne pourra se plaindre, car cet enseignement spirituel est inestimable.

 

Notes

  1. Rappelons que c’est en 393 à Hippo et en 397 à Carthage que des Conciles conduits par Augustin ratifièrent les choix faits par les églises depuis près de deux cents ans en fixant officiellement la liste des livres du Nouveau Testament. Les autres textes évangéliques ont de fait été considérés comme apocryphes, c’est-à-dire non conformes à l’esprit général du Nouveau Testament. Mais souvent aussi, ils furent rejetés car trop révélateurs d’un « autre enseignement », comme la naissance de Jésus dans « l’obscurité d’une grotte ».
  2. Nous ne pouvons citer tous les auteurs qui ont écrit sur la Vie de Jésus, depuis Flavius Josèphe – sous réserve que la dizaine de lignes dans lesquelles il en parlent soient authentiques, ce qui est loin d’être prouvé – jusqu’aux auteurs contemporains, en passant par E. Renan, F. Mauriac, etc. Ce serait fastidieux et complètement inutile, puisque Wikipédia a déjà fait partiellement ce travail.
  3. Un livre portant le même titre que l’émission avait d’ailleurs été édité en 1997 aux Editions Arte.
  4. Une grande partie des contradictions relatives aux événements historiques de la vie de Jésus, tels que rapportés dans le Nouveau Testament, a été reprise dans le texte de P. Dupuis (mettre le liens après insertion du texte sur mon site). Même incomplète, cette récapitulation reste un travail remarquable, pouvant servir de base à un travail de recherche de toute une vie.
  5. Contrairement à ce que disent les  médias actuels, qui confondent « adeptes » et « adhérents », le terme d’Adepte, depuis la préface de D’Eugène Canseliet de février 1958, au livre de Fucanelli : Les Demeures Philosophales Editions JJ Pauvert (éditions  1965) p. 25,  qui en a parfaitement expliqué le terme, est celui qui a réussit l’OEuvre, et possède « la Pierre Philosophale ».
  6. Langue des Oiseaux : Cf. (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1655* )
  7. Dans la basse latinité, crucibulum (creuset), a pour racine « crux », « crucis », « croix », d’après Ducange.D’ailleurs, le peuple, gardien fidèle des traditions orales, n’exprime-t-il pas l’épreuve humaine terrestre par des paraboles religieuses et des similitudes hermétiques ? « Porter sa croix », « gravir son calvaire », « passer au creuset de l’existence », sont autant de locutions courantes où nous retrouvons le même sens sous un même symbolisme (Fulcanelli : Le mystère des cathédrales p.59 éditions JJ Pauvert 1988). C’est en effet dans le creuset que la « matière première », comme le Christ lui-même, souffre la passion, c’est dans le creuset qu’elle meurt pour ressusciter ensuite, purifiée, spiritualisée, déjà transformée.
  8. Nos Pères ont toujours soutenu que la « matière originelle » était unique et universelle, et que d’elle, était issus tout ce qui avait été créée et qui sera créée sur Terre. Il a d’ailleurs été vu que le début de l’Évangile de Jean et de nombreux autres textes sacrés étaient formels sur ce sujet (Cf. : http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1617 )
  9. Si c’est bien le Spiritisme qui popularisa la notion du « corps-esprit-perisprit », il convient de rappeler que cette croyance faisait partie des enseignements donnés par les textes sacrés de l’Inde depuis la nuit des temps, et que celui-ci commencé également à être popularisé par la Société Théosophique.
  10. <<… le terme de pierre philosophale signifie, d’après la langue sacrée, pierre qui porte le signe du soleil. Or ce signe du soleil est caractérisé par la coloration rouge… >>Fulcanelli : Les Demeures Philosophales Editions Pauvert  (1981) T.I   p. 256.