You are currently browsing all posts tagged with 'Naissance du Christ'.
Displaying 1 entry.

Max Heindel : Signification cosmique de Noël (Décembre 1910) (1)

  • Posted on juin 10, 2014 at 16 h 39 min

Images   Max Heindel Noël (I)

 

Une fois de plus, nous voici sur le point de fêter Noël, une fête considérée sous des points de vue très divers, selon l’optique de chacun de nous. Pour le vrai croyant, c’est une période sainte chargée d’un mystère qui, pour incompréhensible qu’il soit, n’en est pas moins sublime. Aux yeux de l’athée, ce ne sont que balivernes et superstitions. Pour le pur intellectuel, c’est une énigme, car ce mystère dépasse les limites de la raison.
Dans les églises, on raconte comment, en cette nuit sainte entre toutes, notre Seigneur et Sauveur, conçu sans péché, est né d’une vierge. On ne nous fournit aucune autre explication, nous laissant accepter ou refuser ce récit, selon nos tendances. Ceux chez qui l’intelligence et la raison l’emportent sur la foi, qui ne sont capables de croire à rien de ce qui n’est immédiatement démontrable à leurs sens, ne peuvent que rejeter cette histoire comme absurde et sans rapport avec les lois immuables de la nature.
Des interprétations diverses ont été proposées en vue de satisfaire l’esprit, la plupart d’entre elles étant basées sur l’astronomie. On a fait remarquer que, dans la nuit du 24 au 25 décembre, le soleil commence son ascension du sud au nord. Il est la « Lumière du monde » (Jean 9:5), et le froid et la famine extermineraient inévitablement une bonne partie de la race humaine si le soleil restait au sud. C’est donc pour nous une cause de grande réjouissance qu’il change de direction et commence à remonter vers le nord. Il est donc salué du nom de Sauveur », car il vient « sauver le monde » et lui donner le « pain de vie » lorsqu’il fait croître le blé et la vigne. Par conséquent, il « donne sa vie » au moment où il traverse la « croix » de l’équinoxe de printemps et où il s’élève (ascension) dans le ciel boréal. Pendant la nuit où le soleil recommence à se diriger vers le nord, le signe zodiacal de la Vierge, « Reine du Ciel », se lève à minuit à l’horizon oriental, et il se trouve par conséquent, en langage astrologique, « à l’ascendant ». C’est de cette manière que le Soleil « naît d’une Vierge », sans autre intermédiaire, donc par « conception immaculée ».
Cette explication peut satisfaire l’intelligence en ce qui concerne l’origine de cette prétendue superstition, mais le vide angoissant qui demeure dans le cœur de tout sceptique – qu’il s’en rende compte ou non – subsistera jusqu’au moment où il atteindra l’illumination spirituelle qui lui donnera une explication acceptable à la fois pour le coeur et l’intelligence.
Nous allons donc nous efforcer, dans les pages qui suivent, de jeter quelque lumière sur ce sublime mystère. L' »Immaculée Conception » fera l’objet d’une autre leçon (voir chapitre 8, février 1911), mais pour le moment, nous allons montrer l’alternance des forces matérielles et spirituelles, dans leur flux et leur reflux au cours de l’année, afin de faire comprendre pourquoi Noël est réellement une « Nuit sainte ».
Disons d’emblée que nous souscrivons à l’interprétation astronomique, considérant qu’elle est aussi vraie, du point de vue scientifique, que celle qui suit est valable lorsque l’on envisage ce mystère sous un autre angle. D’année en année, le soleil renaît pendant la nuit la plus sombre, et les Christs Rédempteurs, eux aussi, naissent au moment où les ténèbres spirituelles de l’humanité sont à leur maximum.
Cette question présente encore un troisième aspect d’une grande importance. L’Apôtre Paul y fait allusion lorsqu’il parle du Christ « formé en vous » (Galates 4:19). Loin d’être une absurdité, cette affirmation est une réalité de caractère sublime. Nous sommes en effet tous des « Christs en devenir », et plus tôt nous comprendrons qu’il nous faut cultiver le Christ intérieur avant d’être capables de percevoir le Christ extérieur, plus nous hâterons le jour de notre illumination spirituelle. A ce sujet, nous répétons une fois de plus notre aphorisme préféré, celui d’Angelus Silesius, dont la sublime perception spirituelle lui fait dire:
« Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem S’il ne naît en toi, ton âme reste solitaire. La Croix du Calvaire tu contemples en vain, Tant qu’en toi-même elle ne s’élève point. »
C’est au solstice d’été, en juin, que la Terre est la plus éloignée du Soleil, mais ses rayons frappent la Terre presque perpendiculairement à son axe dans l’hémisphère nord, il en résulte une activité physique considérable. À ce moment, les radiations spirituelles solaires tombent obliquement sur cette partie de la Terre, ce qui les affaiblit.
D’autre part, au solstice d’hiver, la Terre est au point le plus proche du Soleil, et les rayons spirituels solaires arrivent à angle droit sur l’hémisphère nord, où ils favorisent la spiritualité . En même temps, les activités matérielles sont ralenties par le fait que les rayons physiques du Soleil nous arrivent obliquement.
Par conséquent, dans la nuit du 24 au 25 décembre, les activités physiques sont à leur point le plus bas et les forces spirituelles atteignent leur maximum, ce qui en fait la nuit la plus « sainte » de l’année. Le solstice d’été, au contraire, marque l’époque des divertissements des gnomes et autres entités qui s’occupent de l’évolution matérielle de notre globe, ainsi que le montre Shakespeare dans son œuvre, « Le Songe d’un nuit d’été ».
Si nous nageons en suivant la marée montante, nous couvrirons une plus grande distance avec moins d’efforts que si nous luttons contre le courant. Pour ceux qui s’intéressent aux sciences ésotériques, il est important de connaître et de comprendre les conditions particulièrement favorables qui s’offrent à Noël. Suivons donc les conseils de Paul qui, dans le douzième chapitre de l’Épître aux Hébreux, nous exhorte à rejeter tout fardeau, ainsi que le font ceux qui rivalisent dans une course. Battons donc le fer pendant qu’il est chaud, bandons toutes nos énergies dans un grand effort spirituel, et nous en récolterons des fruits plus abondants qu’à toute autre époque de l’année.
Rappelons-nous, cependant, que notre avancement personnel ne doit pas avoir la priorité. Nous sommes disciples du Christ, et si nous aspirons à monter, rappelons-nous ses paroles; « Celui qui veut être le plus grand parmi vous, qu’il se fasse le serviteur de tous » (Marc chap. 9, verset 35). Nous sommes environnés de beaucoup de souffrances et de peines; il y a, parmi nos connaissances, de nombreux cœurs solitaires et affligés. Tâchons, discrètement, de les découvrir, car ils nous seront plus accessibles qu’à toute autre époque de l’année. Efforçons-nous donc de leur apporter un peu de soleil, de manière à mériter leurs bénédictions et celle de nos Frères Aînés. Les vibrations qui en résulteront nous vaudront une croissance spirituelle impossible à atteindre d’une autre manière.

 

Note

  1. Enseignements d’un Initié Tome II Editions de la Fraternité Rosicrucienne (édition 1982) p.179 à 182)