You are currently browsing all posts tagged with 'nénuphar'.
Displaying 1 entry.

Le Syndrome du Lotus Sacré

  • Posted on mars 30, 2010 at 13 h 20 min

 

Simon Selliest le 18 juin 2005

Revu et complété le 27 mars 2010

 Quand la graine, faite prisonnière par une volonté supérieure, d’une boule de glaise rouge, se trouve jetée dans la grande mare aux eaux troubles, elle n’a d’autre possibilité que de se laisser choir au plus profond de la vase et de la matière en putréfaction.

 Pour elle commence le long calvaire de la transformation. D’abord il faut que cette argile rouge qui l’emprisonne et la serre se dissolve et la libère. Puis, dans la fange la plus infecte, noire et puante, loin de toute lumière, la graine devra mourir et se putréfier afin que soit accompli l’axiome hermétique :

 « La Vie ne peut naître que de la mort et de la putréfaction plus noire que noire; »

 Puis, du fond de cette mort la plus solitaire qu’il soit, une très faible vibration se fait sentir, venant de la part divine que tout minerai, toute plante, tout animal ou tout être possède. De cette part divine que jamais Dieu ne retire de ses créatures, même la plus vile et la plus misérable.

 De ce germe de vie encore tremblotant, naît un embryon de plante, un embryon de tige, qu’une volonté sans faille va faire croître seconde après seconde, minute après minute et jour après jour. Le Lotus sait qu’il doit parvenir à la surface de cette eau qui l’entoure. Mais sait-il combien est profonde cette eau ? Sûrement pas. Sait-il combien de temps, combien d’efforts, combien de dangers, combien d’épreuves le séparent de cette surface tant convoitée? Sûrement pas. Sait-il seulement s’il parviendra jusqu’à cette surface ?

 Il croît parce qu’il croit en son Destin.Toute sa vie se joue sur cette croyance !

 Un jour… Un jour donc, la tige du Lotus Sacré arrive à la surface, et là, c’est l’explosion de sa beauté, de ses feuilles et de sa fleur, c’est la découverte de la lumière, du soleil, de l’air… et tous, le voyant aussi resplendissant de beauté et de sérénité, comme flottant sur les eaux, l’admirent.

 Combien savent ce qu’il lui a fallu de forces, de volonté, et surtout de foi en son destin, pour être ce qu’elle est à présent, cette plante à la fleur admirable. Elle semble si naturelle et si belle, qu’il est impossible de croire qu’elle n’ait pu naître ainsi, dans la beauté et l’harmonie de la Nature ! Et pourtant…

 A cet égard, et dans l’esprit de ce symbolisme, nous sommes tous, chacun à notre manière, des Lotus Sacrés. La seule différence c’est que certains d’entre nous « savent », avant même que de l’avoir vue, que la Lumière est au bout de la lutte. Ne nous y trompons pas, déjà, cette connaissance est un vrai « Don de Dieu », « le Très Précieux Don de Dieu » ou encore le « Donum Dei » des Anciens. Surtout si notre foi en Dieu et en notre destinée, peuvent rester sans faille lors de la traversée des inévitables épreuve de notre longue, très longue évolution spirituelle.

 

 Addendum

 A propos de ce texte, et pour l’étayer d’un propos plus notoire que le notre, bien modeste en vérité, voici ce qu’en dit Ernest Bosc :

 Le Lotus est aussi une des formes symboliques du double pouvoir créateur dans la nature; il est le produit de la chaleur (feu) et de l’eau (vapeur ou aither), or nous n’ignorons pas que dans la plupart (si ce n’est dans toutes) les philosophies ou religions, le feu représente l’Esprit de la Divinité, le principe mâle ou générateur, et que, la vapeur, ou Aither, l’âme de la matière, représente le principe passif ou féminin, duquel tout émane dans l’Univers, au moyen de l’œuf.

 Or, il parait démontré par les botanistes anciens que la graine du Lotus, avant même toute germination, renferme des feuilles formées, véritable miniature de la plante.

 Le lotus (Padma) qui n’est nullement le Nénuphar, comme beaucoup trop d’écrivains l’ont dit, représente la vie du Cosmos et de l’homme, parce que, sa racine plongeant dans la vase, dans la boue des eaux, représente la Vie matérielle, tandis que les tiges de ses feuilles et de ses fleurs qui émergent de l’eau symbolisent la Vie astrale; enfin, sa fleur qui flotte bien au-dessus de l’eau, s’ouvre au soleil couchant et brille toute la nuit, symbolise la Vie spirituelle.

 Ernest Bosc : La doctrine secrète à travers les âges (édition 1896) p. 29