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Et vous, vous y croyez, vous, à ça? (II)

  • Posted on mars 4, 2015 at 16 h 38 min

 

(Seconde partie)

 La Parabole du figuier stérile

 Simon Selliest le 20 avril 2014

Revu et complété le 3 mars 2015

 Dans la première partie de ce texte, nous avions conseillé aux personnes un peu trop promptes à se targuer par le menu détail de leur cheminement spirituel personnel, et de leurs supposées connaissances des choses de la Vie et de la Mort, de lire ou de relire la « Parabole du figuier ». Un peu d’humilité ne pouvant que très rarement nuire…
  Précisons tout d’abord, qu’il est loin de notre pensée de croire faire une grande révélation en indiquant qu’il existe trois paraboles du figuier dans les Évangiles.
  • Celle dite du figuier desséché (1) dont nous avons parlé dans la première partie de ce texte,
  • Celle du figuier en bourgeons (2),
  • Et celle du figuier stérile (3),
 Chacune d’entre elles apporte un message bien précis, que nous interpréterons peut-être un jour dans leur sens hermétique, mais c’est de cette dernière parabole, celle du figuier stérile, dont nous allons parler maintenant. Non pas pour en donner une nième explication canonique, ce dont nous n’avons pas la qualité pour le faire, mais simplement pour montrer combien le chemin d’évolution de chacun d’entre nous peut nous conduire à des compréhensions bien différentes de la Pensée Divine qui inspira les Saintes Écritures. Et que ce qui semble s’appliquer à nous, ne peut que rarement s’appliquer à autrui.
 Rappelons cette parabole (4) :

 6 Et il disait cette parabole: Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne; et il vint y chercher du fruit, et il n’en trouva point.

7 Et il dit au vigneron: Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve point: coupe-le; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre?

8 Et répondant, il lui dit: Maître, laisse-le cette année aussi, jusqu’à ce que je l’aie déchaussé et que j’y aie mis du fumier; 

9 et peut-être portera-t-il du fruit: sinon, après, tu le couperas

En première compréhension, cette parabole peut permettre de soulever quelques points de doctrine spirite :
  • tout d’abord, la « charité » sous toutes ses formes, et notamment sous la forme de l’aide que l’on se doit d’apporter à ceux qui cheminent quelques pas derrière nous sur le Chemin de l’Évolution Spirituelle (5) –
  • ensuite ce que nous pouvons demander comme aide personnelle dans nos prières.
 Commençons donc par analyser brièvement le texte de cette parabole, en le schématisant quelque peu par un langage plus moderne :
  • Il s’agit d’un figuier qui n’a jamais donné de fruits depuis qu’il a été planté.
  • Apparemment, cet arbre s’est développé normalement, n’a aucune maladie, se trouve dans un terrain adéquat permettant la culture, etc., mais malgré cet environnement favorable, il ne produit aucun fruit,
  • Le vigneron chargé des vignes propose de creuser la terre autour du figuier et la mélanger ensuite avec un peu d’engrais organique (le fumier) pour activer la production de ses fruits. Ce qui ne représente finalement un supplément d’efforts et de travail pour lui.
  • Il espère (il a donc la foi…) qu’ainsi le figuier produira des fruits la saison prochaine (un retour sur investissement comme disent les industriels modernes), mais rien ne dit que son travail sera récompensé.
  • Si ce retour sur investissement n’est pas réalisé, la sanction sera sans appel. Le figuier sera coupé ! Donc, la vie de l’arbre sera interrompue.
 Il ne s’agit donc pas d’un acte totalement désintéressé, mais d’une sorte de « pacte passé entre deux parties », c’est-à-dire le serviteur vigneron et l’arbre. Chacun devant contribuer, à sa façon,  au résultat recherché (la production de fruits). À noter également que le vigneron ne peut qu’intercéder auprès de son maître pour prolonger la vie du figuier d’une autre année. Il ne détient donc pas le pouvoir de vie et de mort sur cet arbre comme le détient son maître. D’autant qu’il prend soin de dire :

« … après, tu le couperas. »

 Il est bien évidemment que si les choses sont analysées selon cette méthode, cette conception remet profondément en question la notion habituelle de charité.
 La « charité », ne consiste plus à donner aides, argent, secours, services, etc, « à fonds perdus, sans que ceux qui la reçoivent, ne fassent aucun effort pour donner quelque chose en retour.
 De plus, les actes des uns et des autres, non seulement devront recevoir l’aval de l’appréciation divine, mais seront ensuite appréciés selon leurs résultats.
 De fait, si on considère que toute chose produite dans notre monde actuel, a été produite grâce au travail, à l’argent et à l’intelligence d’une ou de plusieurs autres personnes, la moindre des choses est donc que la personne qui reçoit cette chose ou cette aide-là, s’efforce par tous ses moyens personnels, à donner à son tour, quelque chose  ou une aide, sous une forme ou une autre, bien entendu dans la limite de ses possibilités, à ceux qui l’ont aidé ou à autrui. L’expérience a toujours montré que tout un chacun peut être utile dans une société organisée, et que tout un chacun sait faire quelque chose ou peut apprendre à faire quelque chose. Il suffit de vouloir le faire et/ou de faire les efforts nécessaires pour apprendre.
 Ainsi, dans la Parabole du figuier, le serviteur vigneron sait bêcher la terre et la mélanger à du fumier qu’il sait où trouver, mais il serait bien incapable de « fabriquer » une figue… De même, le figuier « sait » comment produire des figues, mais il serait incapable de bêcher la terre et de la mélanger au fumier…. À chacun son rôle, et à chacun son travail.
 C’est exactement ce qui avait été dit – mais en termes plus rationnels – par Abraham Lincoln au Congrès américain en 1860 (6) :

« Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant à leur place ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. »

 Ou s’il fallait donner encore une explication encore plus imagée et matérielle, il ne peut y avoir dans une diligence, que des personnes assises dans la cabine, et qui, de plus, refuseraient de payer leur place…
 Manifestement, si on observe ce qui se passe dans certains pays d’Europe, qui se veulent  emplis de « bons sentiments », il a été oublié d’entrer ce paramètre dans les ordinateurs d’écriture de leurs législations sociales actuelles.
  Ce paramètre est aussi manifestement « oublié » par beaucoup de personnes se voulant voler au secours de « la misère du monde » en refusant toute contrainte pour celles et ceux qui doivent être aidés, sous le prétexte qu’il ne faut pas « ajouter de la peine à la peine ».
 Cette notion d’effort personnel, qui est présente dans tous les textes fondamentaux des religions, se retrouve aussi dans la formulation originale des prières. Mais, fatalité d’un monde de plus en plus « robotisé » et spécialisé, nous avons un peu trop pris l’habitude de commencer à chercher qui pourrait faire à notre place le travail qui nous rebute, avant même de nous demander s’il n’était pas plus simple de le faire nous-mêmes. La formulation de nos prières s’est donc alignée sur ce mode de pensée. Mais il est vrai qu’il est tellement plus facile de demander à Dieu, ou un quelconque de ses Saints, de faire les efforts à notre place, que de les faire nous-mêmes (7).
 De même, il serait dommage d’oublier ainsi, une des plus grandes Lois Divines, qui donne à chacun d’entre nous des missions d’évolution spirituelle en fonction du karma, positif ou négatif, accumulé dans nos vies antérieures.
 Léon Denis nous avait pourtant parfaitement instruit sur cet aspect des choses (8) :
« La prière, il est vrai, ne peut rien chan­ger aux lois immuables ; elle ne saurait en aucune façon modifier nos destinées ; son rôle est de nous procurer des secours et des lumières qui nous rendent plus facile l’ac­complissement de notre tâche terrestre. La prière fervente ouvre toute grande les portes de l’âme et, par ces ouvertures, les rayons de force, les radiations du foyer éter­nel nous pénètrent et nous vivifient. »
 Fidèle à notre principe, qui est de ne pas mal réécrire ce qui a déjà été parfaitement écrit par plus érudits que nous, nous nous contenterons donc de citer une parole de Jésus (9) :

«  5 Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles, ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.« 

 Et de donner ci-dessous une liste de textes, non exhaustive, concernant la façon de prier et ce qu’il est possible de demander par elle (10).
 Que chacun d’entre nous y puise matière à réflexion, et nous ne doutons pas qu’ainsi chacun n’y trouve le chemin d’évolution spirituelle qui lui convient le mieux… car il aura fait l’effort de le chercher par lui-même !

 

Notes

  1. Parabole du figuier desséché : Cf. (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1537) : Évangile de Matthieu chapitre XXI versets 18 à 22 et Évangile selon Marc XI, v. 11 à 26
  2. Parabole du figuier en bourgeons (Évangile selon Luc chapitre XIII verset 6)
  3. Parabole du figuier stérile qui ne se trouve que dans l’Évangile de Luc (Luc 13.6)
  4. Évangile selon Luc 13 v.6 à 9 Traduction Bible Darby (édition1986)
  5. Afin que nos propos ne soient pas mal interprété, nous nous hâtons de rappeler ce que nous avions écrit, il y a quelques années déjà, sur le sujet :  » La montagne, le sentier et l’évolution spirituelle » (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=548 ), et surtout l’admirable texte de Khalil Gibran : Le Prophète (édition 1956) p.40 et 41
  6. Déclaration au Congrès américain en 1860  (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1815 )
  7. On relira avec profit le texte reprenant les recommandations de quelques auteurs érudits quant à la formulation de nos prières : « La Prière » ( http://www.concordances-spirituelles.com/?p=1581)
  8. Léon Denis : La prière : La Grande Énigme (édition Librairie des sciences psychiques 1911) chapitre III p.47 à 54
  9. Matthieu 8 v.5-8 Traduction de la Bible Louis Segond (édition 1986)
  10. Citons notamment quelques textes classiques sur ce sujet :

 

  1. Léon Denis : La prière : La Grande Énigme (édition Librairie des sciences psychiques 1911) chapitre III p.47 à 54
  2. Alexis Carrel : Traité sur la Prière Édition originale Plon 1944
  3. Sedir : La prière Les Amitiés spirituelles (1912)
  4. Allan Kardec : Préambule du Recueil de prières spirites (1862)
  5. Léon Denis : chapitre LI de son livre « Après la mort(??)
  6. Etc.