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Note de lecture sur : L’Être Suprême et Ses Lois

  • Posted on avril 3, 2010 at 12 h 02 min

Simon Selliest le 3 avril 2010

 Ce bien curieux petit ouvrage, écrit par un anonyme, et présenté comme étant inspiré par l’esprit du Baron du Potet (célèbre magnétiseur et auteur de plusieurs ouvrages sur le magnétisme animal, comme on disait à cette époque), semble plutôt écrit par un Philosophe Hermétique.

Ce qui ne serait pas impossible, car il est une tradition dans cette science, que tous les Philosophes Hermétiques ont respecté jusqu’à présent, qui consiste à attribuer à un personnage célèbre, la teneur de ses propres écrits. Non pas pour les rendre plus crédibles, mais simplement pour respecter la règle de l’anonymat, qui dans ce cas, doit être comprise comme une forme d’humilité.

 Cette humilité que l’éditeur P. Leymarié (pourtant spirite convaincu et pratiquant), a quelque peu trahi en imprimant sur la couverture de cet ouvrage lors de l’édition originale, la gravure portant en légende : « le Roy te touche, Dieu te guérit », fidèlement reproduite en tête du texte proposé sur le site.

Toujours est-il que le texte ainsi proposé par Paul Heidet qui en a écrit la préface, dévoile positivement un des tous premiers arcanes de la Philosophie Hermétique. Arcane que les Anciens avaient si longtemps et si soigneusement caché, tout à la fois, sous le couvert du symbolisme et par leur style d’écriture volontaire alambiqué.

 Ce fluide universel, dont la rosée (si chère au cœur des Anciens) en contient une infime partie dans son sel, isotope d’un azotate bien connu des chimistes modernes,  que le Dr Gosset, sous le couvert d’une expérience spagyrique, n’a pas hésité à dévoiler un peu plus dans son livre :

 « … je l’ai distillée (la rosée) au bain-marie non bouillant ; après la première distillation, j’ai trouvé un sédiment au fond de la cucurbite, insipide et limoneux, que j’ai jeté, comme inutile, espérant que le sel viendrait dans la suite. J’ai donc réitéré la distillation huit ou neuf fois ; à la quatrième ou cinquième, j’ai trouvé les chapiteaux de mes alambics, car j’en avais plusieurs, tout tapissés comme de toiles d’araignées, qui n’étaient rien autre chose que le sel volatil de la rosée, qui commençait à se manifester sous l’apparence de cette matière : j’ai confondu cela avec la liqueur ; et enfin aux dernières distillations, j’ai trouvé un sel au fond des cucurbites, salineux, crasseux, que j’ai filtré, l’ayant délayé dans une partie de la rosée : puis j’ai remis ce sel avec la liqueur, qui s’est chargée d’un nouveau sel et nouvelle crasse, et répété cet ouvrage tant qu’il n’est plus rien venu.

J’ai donc retiré de tout cela « deux onces » de sel cristallin très pur et très beau, comme le plus fin salpêtre, fondant à la bouche, et fulminant de même sur le charbon ardent ; mais il faut que la substance de ce sel soit beaucoup plus précieuse que celle du salpêtre ; car ayant mis mes deux onces dans une petite cornue sur un feu de sable, avec un récipient, j’y vis entrer une fumée blanche, ensuite rouge ; mais ayant poussé le feu un peu trop, la cornue a crevé, et j’ai retiré le sel à peu près de la quantité que je l’y avais mis... » 

Révélations cabalistiques d’une médecine universelle (Amiens 1735)

De son coté, Altus, en  indiqua on ne plus clairement la nature et l’origine dans la planche quatrième en noir et blanc, dans son livre sans texte mais aux gravures si parlantes.

 Notons au passage que le nom d’Altus, était l’anagramme d’un auteur rochelais, dont la véritable identité fut révélée par Eugène Canseliet, dans la préface de son livre : l’Alchimie et son Livre Muet – Mutus Liber – qui par ailleurs, nous livra les gravures du livre d’Altus, et nous donna en plus de précieuses indications pour la compréhension plus étendue de ces gravures.

 Cette planche figure donc en noir et blanc dans les deux éditions Jean Jacques Pauvert de 1967 (édition originale du livre tel que nous le connaissons aujourd’hui, mais reprenant les gravures  de l’édition originale de 1667) et dans l’édition de 1986. Toutefois, elle figure en version « colorisée » dans un manuscrit révélé par Jean Laplace dans une édition contemporaine du Mutus Liber (Archée Milano 1979).

 Cette gravure, qu’il faut décrypter en partie par le langage héraldique montre ce fluide universel :

« … qui descend en triangle igné d’entre le soleil et la lune, porte, sur les images en noir et blanc, le message héraldique de ce que nous pouvons admirer ici en couleur : l’or et la gueule. »

Jean Laplace : Mutus Liber Edition 1979 p. 11.

 Voici d’ailleurs cette gravure : 

Images   Mutus Liber Pl. IV (image JEPG)

 

Arrivé à ce point de notre commentaire, les étudiants en Philosophie Hermétique apprécieront sans doute que nous stoppions ici nos explications, car rien ne peut remplacer l’étude des textes d’auteurs reconnus (car il ne nous faut jamais oublier qu’à vouloir trop expliquer leurs textes, nous prenons l’énorme risque de trahir leur pensée).

Quant aux autres lecteurs, peut-être un peu déçus, nous ne saurions trop leur rappeler que la Philosophie Hermétique est avant tout une forme d’esprit, et que l’acquérir demande beaucoup de temps, d’efforts et de ténacité.

 Puisse le livre dicté par l’esprit du Baron du Potet et ceux dont nous avons  parlé  plus haut, leur apporter quelques éléments supplémentaires à cette tournure d’esprit.

 Toutefois, sans faire œuvre de divulgation, il nous paraît encore utile de rapprocher ce que dit l’esprit du Baron du Potet, de ce qu’explique tout à fait clairement J. Mavéric sur l’involution de l’Esprit Universel dans la matière, que nous ne citerons pas ici, car cela nous éloignerait de trop de notre sujet.

 Par contre, il ne nous parait pas totalement inutile de citer deux passages (parmi tant d’autres qui mériteraient de figurer aussi, ici à cette même place), un ouvrage que tout bon spirite se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie :

 << Mais à l’élément matériel il faut ajouter le fluide universel qui joue le rôle d’intermédiaire entre l’esprit et la matière proprement dite, trop grossière pour que l’esprit puisse avoir une action sur elle. Quoique, à un certain point de vue, on puisse le ranger dans l’élément matériel, il se distingue par des propriétés spéciales; s’il était matière positivement, il n’y aurait pas de raison pour que l’Esprit ne le fût pas aussi. Il est placé entre l’esprit et matière; il est fluide, comme la matière est matière; susceptible, par ses innombrables combinaisons avec celle-ci, et sous l’action de l’esprit, de produire l’infinie variété des choses dont vous ne connaissez qu’une faible partie. Ce fluide universel ou primitif, ou élémentaire étant l’agent qu’emploie l’esprit, est la matière sans laquelle la matière serait en état perpétuel de division et n’acquerrait jamais les propriétés que lui donne la pesanteur. >>

Allan Kardec   Le Livre des Esprits chapitre II § 27

      << La « pondérabilité » est-elle un attribut essentiel de la matière ?

« De la matière telle que vous l’entendez, oui; mais non de la matière considérée comme fluide universel. La matière éthérée et subtile qui forme ce fluide est impondérable pour vous, et ce n’en est pas moins le principe de votre matière pesante. »

La matière est- elle formée d’un seul ou de plusieurs élément ?

« Un seul élément primitif. Les corps que vous regardez comme des corps simples ne sont pas de véritables éléments, mais des transformations de la matière primitive. » >>

Allan Kardec : Le Livre des Esprits   chap. II § 29.                                                                                                                                           

 Le premier passage n’est pas sans rappeler ce que disent depuis toujours les Philosophes Hermétiques, qui nous ont enseigné que la matière première était unique, et lors de son involution dans la matérialité elle devenait au fur et à mesure de sa concrétisation matérielle:

  •  Deux natures : nature mâle, ou active, fécondant, dynamique, créative, émissive, positive, fixe, etc… et nature féminine, ou femelle, passive, fécondable, réceptrice, négative, volatile, etc…

  • Trois principes :

    • Le Soufre, issu de la nature mâle.

    • Le Mercure issu de la nature femelle.

    • Le Sel, tenant des deux Natures, dont le rôle était de permettre la pacification des deux autres éléments qui sans lui, se livreraient un combat sans merci. Combat que les Philosophes  ont souvent appelé « le combat des deux dragons », dont est issue toute l’iconographie de ces monstres crachant le Feu, ou encore le mythe de Sainte Marthe pacifiant la Tarasque à l’aide d’eau bénite. Mythe qui montre, soit-dit en passant, que les premiers chrétiens, ou du moins leurs prosélytes, étaient pétris dans l’argile des Philosophes Hermétiques.

  • Quatre Eléments :

    • Le Feu, chaud et sec.

    • L’Eau froide et humide

    • La terre, froide et sèche.

    • L’Air chaud et humide.

 Ce qui montre bien, qu’il suffit de lire les textes des différentes disciplines ou religions, ou philosophies… avec un esprit ouvert, pour y trouver de larges ressemblances de fondements.

 Il est dommage, de ce point de vue, que la classification très matérialiste des corps chimiques, dont Lavoisier fut l’instigateur, ait brisé ces liaisons spirituelles. Il est vrai, que cette même classification, a sûrement permis de très grand progrès dans le domaine de la chimie et de la physique, et par conséquent dans la technologie toute entière.

 Mais de ce retour aux sources, nous vous laissons, à présent, en accomplir le travail !