You are currently browsing all posts tagged with 'Sel de la Terre'.
Displaying 1 entry.

Le Sel de la Terre (II)

  • Posted on décembre 8, 2012 at 9 h 00 min

(Deuxième partie)

Le polymorphisme, la polysémie de l’appellation « Sel de la Terre » et ses vertus protéiformes

 

Arnaud de Villeneuve (planche I)

Simon Selliest le 7 décembre 2012

Revu et complété le 23 avril 2014

Il est des textes qui « mystérieusement » traversent les siècles, se perdent, puis sont « retrouvés », réédités (souvent en tirage quasi confidentiel… à 100 ou 200 exemplaires, mais qui sont immédiatement tous vendus). D’autres au contraire, sont sans cesse édités, mais leur formulation évolue au fil du temps. Un peu comme si l’intelligence et la psychologie humaine, au fil de leurs évolutions, avaient besoin d’autres présentations afin d’en mieux comprendre le contenu…. Ou de le comprendre de façon plus profonde, plus holistique !
Nous allons donc, dans la lignée de ce qui a été écrit dans la première partie du « Sel de la Terre », reprendre quelques uns de ces textes, afin d’essayer d’approfondir nos recherches sur ce Sel de la Terre.
Ainsi, afin de nous permettre de reprendre le cours de nos méditations sur ce sujet, et après nous être rendu compte que ce « Sel de la Terre » devait sûrement avoir des vertus particulières pour être cité par Jésus Christ, peut-être devrions-nous nous poser cette question : Pourquoi ce « Sel de la Terre » aurait-il des vertus particulières ?
La réponse dévoilerait, comme le dit Eugène Canseliet dans ces commentaires sur la planche quatrième du Mutus Liber, un des arcanes fondamentaux de l’Œuvre, comme cela a été déjà vu en première partie. Mais, croyons-nous devoir ajouter, pas seulement celui-là.
Aussi, aucun des Maîtres de cette Science Hermétique n’en a dévoilé, ni le nom véritable, ni la portée de ses vertus physico-chimiques. Mais tous en ont longuement parlé, afin de charitablement aider l’impétrant à ne pas buter éternellement sur une des premières pierres d’achoppement de cette œuvre. Ils lui ont donné toutes sortes de noms, basés comme toujours en Science Hermétique, sur une similitude d’apparence extérieure, ou de la similitude d’une de ses propriétés physiques ou chimiques, ou encore sur l’assonance entre deux noms, ou selon l’état dans lequel il est désigné, etc.
Parmi ces noms, il est possible de citer ceux déjà vus, comme Sal Petr?, Sel de pierre, Sel nitre, Esprit universel, mais aussi : crachat de lune, flos cœli, ondes supérieures, Esprit universel vert, Esprit cosmique, Esprit du cosmos, Esprit de l’Univers, Influx cosmique, Fluide universel, Fluide primitif, Fluide élémentaire, Précieuse et vile matière, Fils plus vieux que sa mère, Esprit invisible et universel, Clef alchimique et universelle spirituelle et manuelle, Clef de l’Art, Esprit secret des Anciens, Principe primordial, Ame du monde, Eau raréfiée, Eau pontique, Rosée…..
Cette la liste déjà longue est pourtant loin d’être exhaustive, mais hélas, il nous faut nous limiter…..
Chercher dans la littérature Hermétique l’un quelconque de ces termes, c’est forcément aller à la rencontre d’une phrase semblable à celles citées ci-dessous.
Ainsi :
« Ce rayonnement cosmique, c’est lui l’agent nommé flos cœli, l’animateur véritable de la matière inerte à laquelle il fournit force et vie. De là lui vient son nom de rosée, terme métaphorique car tiré du grec rhôsis : force. »

Richard Khaitzine : Le Symbolisme Maçonnique et Hermétique du Petit Chaperon Rouge édition Ramuel p. 80 et 81.

 « Mais lorsque cet or est parfaitement calciné, et exalté jusqu’à la netteté, et la blancheur de la neige, a acquis par le magistère une sympathie naturelle avec l’or astral, dont il est visiblement devenu le véritable aimant, il attire, et il concentre en lui même une si grande quantité d’or astral, et de particules solaires, qu’il reçoit de l’émanation continuelle qui s’en fait du centre du soleil, et  de la lune, qu’il se trouve dans la disposition prochaine d’être l’or vivant des Philosophes, infiniment plus noble, et plus précieux, que l’or métallique. »

                                                                   Limojon de Saint Didier : Le triomphe hermétique édition Bibliothéca Hermética

« C’est le symbole du Chrisme qui nous semble le mieux traduire le phénomène de la correspondance de l’onde supérieure et de l’eau inférieure. A partir du croissant lunaire, le feu spirituel descend le long du « I » de l’esprit pour pénétrer le X du creuset et de la matière secrète. Ce feu prend, en se matérialisant, la couleur verte comme le souligne à de nombreuses reprises E. Canseliet. »  

                                                                          A. Coia – Gatié : La chevalerie errante édition p. 108.

 Bien, maintenant que nous avons cru comprendre que ce Sel de la Terre pouvait attirer certaines vertus spirituelles « d’en Haut », et s’unir avec elles afin qu’elles lui fournissent « force et vie », peut-être que le fait de désigner les Apôtres comme étant le Sel de la Terre commence à prendre, en nos esprits, une autre portée…..
 Mais regardons de plus, si d’autres textes n’en diraient pas encore plus sur ce sujet.
 Là encore l’aide ne manque pas et ne date ni d’une époque récente, ni d’un courant de pensée unique. Pour nous en convaincre, il n’est pas forcément inutile de comparer deux textes anciens, issus  de deux courants de pensées religieuses et spirituelles bien différents, mais qui, selon nous, parlent exactement de la même chose.
 Commençons par le texte le plus ancien, celui de Lao Tseu, personnage légendaire dont on ne sait à peu près rien, sinon qu’il aurait pu vivre un peu avant Confucius, soit 600-530 ans avant Jésus Christ…. Et dont on pense qu’il aurait écrit le Tao Tö King. Là encore bien des traductions en ont été faites, et il est difficile de choisir entre celle de Conradin Von Lauer ou celle de Stanislas Julien, pour n’en citer que deux. Personnellement, nous préférons celle de Stanislas Julien, mais nous nous garderons bien de vouloir l’imposer à quiconque, car nous savons que trop, combien est forte la synergie qui peut se dégager d’un texte écrit par une personne ayant la même forme de pensée que son lecteur.
Dans le paragraphe IV dans ce livre, il est écrit ceci :
Le Tao est le vide,
mais le vide est inépuisable.
C’est un abîme vertigineux.
Insondable.
De lui sont sortis tous ceux qui vivent.
Éternellement,
il émousse ce qui est aigu,
dénoue le fil des existences,
fait jaillir la lumière.
Du rien, crée toute chose.
Sa pureté est indicible.
Il n’a pas de commencement.
Il est.
Nul ne l’a engendré.
Il était déjà là
quand naquit le Maître du Ciel.

Lao Tseu : Le Tao Traduction de Stanislas Julien édition 1824

Puis lisons le début de l’évangile selon Jean.
1 – Au commencement était le Verbe (1); et le Verbe était auprès de Dieu; et le Verbe était Dieu.
2 – Il était au commencement auprès de Dieu.
3 – Toutes choses furent faites par lui, et sans lui pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait.
4 – En lui était [la] vie, et la vie était la lumière des hommes.
5 – Et la lumière luit dans les ténèbres; et les ténèbres ne l’ont pas comprise.

Évangile de Jean v1 à 5  Traduction JN Darby (1859)

 

Saint Jean l’évangéliste par Carlo Crivelli

1475.

Ces deux textes que plus de cinq cent ans séparent et qui sont issus de deux cultures, de deux religions différentes, n’ont-ils pas une certaine similitude ? Ne semblent-ils pas parler d’une seule et même chose ? D’une « Chose » qui se tient auprès de Dieu ?
 Une « Chose » qui se tient près de Dieu, et qui peut donner « Force et Vie » à la « Matière » qui la reçoit….!!
 Notons aussi, par ailleurs, cette surprenante représentation de l’évangéliste Jean, peinte par Carlo Grivelli, qui montre celui-ci tenant un livre ouvert (2) d’une main, et conseillant le silence de l’autre, en posant un doigt sur ses lèvres, comme si le contenu des pages de ce livre, de « son livre », ne pouvait pas être révélé sur le parvis du temple, mais dans une de ses plus secrètes pièces. Il est donc alors possible de penser que la révélation faite ainsi au début de son Évangile, devait être de la plus haute importance et que seuls, celles et ceux sachant lire cette écriture secrète (3) utilisée, pouvaient y accéder sous le sceau du secret.
 Notons également les ondulations de la longue chevelure bouclée de l’Évangéliste, qui n’est pas sans rappeler ces Ondes Supérieures dont les Maitres ont tant parlé pour l’élévation de notre niveau de conscience.  
 Et puisque nous parlons de ces Ondes Supérieures, de cette :
« Force forte de toute force qui vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide.« 

Hermès Trismégiste : La table d’Émeraude (traduction anonyme)

 Pourquoi ne pas se pencher quelque peu sur la fête du Wewak ou Vesak (Ves?kha) ? Surtout si on veut bien se rappeler que cette très grande fête du bouddhisme se tient lors de la pleine lune de mai dans le Signe du Taureau.
 Ou sur les études entreprises par un groupe de scientifiques (dont le physicien Leprince Ringuet), au début du siècle dernier, sur les rayonnements cosmiques.
 Mais là, nous devons laisser le lecteur cheminer en solitaire sur l’infini chemin de la connaissance, car nous ne sommes vraiment pas sûr d’avoir l’autorisation de nous approcher autant de Notre Père….
De plus, après avoir fait moisson de si précieuses informations puisées dans la pensée des Maîtres Hermétistes, nous savons combien il est nécessaire d’avoir un temps de réflexion et de méditation, pour en découvrir la signification juste et secrète. Et on ne peut que méditer dans la solitude et le « recueillement ».
Ce « recueillement », dont on nous autorise à dire que ce n’est là qu’une façon de parler.
Car nous savons trop combien celle ou celui qui avance l’âme et le cœur purs, avance sous la haute protection de son Égrégore (4). Et qu’il recevra toujours une aide charitable en récompense de ses efforts. Encore faut-il qu’il avance dans la direction et au rythme qui lui sont demandés !
« Lis, lis, lis, médite et prie…« 
dit l’axiome……. Peut-être non sans de bonnes raisons !


Notes

(1). Selon la traduction choisie dans les différentes éditions du Nouveau Testament, ce « Verbe » peut être transcrit par : « Parole » ou « Logo »….. Nous respectons ici le souhait de Ceux qui nous guident dans l’écriture de ces textes.

(2). livre ouvert : les iconographes appliquent une stricte discipline à leurs gravures, (ce que savait très sûrement le peintre Carlo Crivelli). Pour commenter ici le fait que ce livre soit ouvert, nous ne pouvons mieux faire que de nous référer à Fulcanelli qui fut et reste un des Maitres incontesté de la Science hermétique depuis les débuts du siècle dernier.

« Nous avons eu, maintes fois déjà, l’occasion d’expliquer le sens du livre ouvert, caractérisé par la dissolution radicale du corps métallique, lequel, ayant abandonné ses impuretés et cédé son soufre, est alors dit ouvert. Mais ici une remarque s’impose. Sous le nom de liber et sous l’image du livre, adopté pour qualifier la matière détentrice du dissolvant, les sages ont entendu désigner le livre fermé, symbole général de tous les corps bruts, minéraux ou métaux, tels que la nature nous les fournit ou que l’industrie humaine les livre au commerce. Ainsi les mimerais extraits du gîte, les métaux sortis de la fonte, sont exprimés hermétiquement par un livre fermé ou scellé.

De même, ces corps, soumis au travail alchimique, modifiés par l’application de procédés occultes, se traduisent en iconographie à l’aide du livre ouvert. Il est donc nécessaire, dans la pratique, d’extraire le mercure du livre fermé qu’est notre primitif sujet, afin de l’obtenir vivant et ouvert, si nous voulons qu’il puisse à son tour ouvrir le métal et rendre vif le soufre inerte qu’il renferme. L’ouverture du premier livre prépare celle du second. Car il y a, cachés sous le même emblème, deux livres fermés (le sujet brut et le métal) et deux livres ouverts (le mercure et le soufre), bien que ces livres hiéroglyphiques n’en fasse réellement qu’un seul, puisque le métal provient de la matière initiale et que le soufre prend son origine du mercure. »

                     Fulcanelli : Les demeures philosophales  T II édition JJ. Pauvert 1979 p. 250 et 251.

Ou encore :

« le livre lorsqu’il est fermé, symbole de la Vierge, Noire et enceinte, est maintenant ouvert, qui annonce la Vierge blanche et portant l’Enfant divin sur son bras. »

Eugène Canseliet Deux logis alchimiques éditions JJ.  Pauvert 1979 p. 257

 (3). Cf. le paragraphe dédié à cette écriture secrète dont parle le maître Djwhal Khul et cité dans l’article : Médiumnité passive et Enseignements interactifs (III)     (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=861 )

(4) Cf. : Égrégore (http://www.concordances-spirituelles.com/?p=105 )