Anonyme : L’Être Suprême et Ses Lois (1906)

  • Posted on avril 3, 2010 at 9h07

 

Anonyme 

 

Etude scientifique et philosophique obtenue médiumniquement par X… sous la dictée du Baron du POTET : 

 

L’ÊTRE SUPRÊME ET SES LOIS 

 

NDLR :

Ce bien curieux petit ouvrage, écrit par un anonyme, et présenté comme étant inspiré par l’esprit du Baron du Potet (célèbre magnétiseur et auteur de plusieurs ouvrages sur le magnétisme animal, comme on disait à cette époque), semble plutôt écrit par un Philosophe Hermétique.

Ce qui ne serait pas impossible, car il est une tradition dans cette science, que tous les Philosophes Hermétiques ont respecté jusqu’à présent, qui consiste à attribuer à un personnage célèbre, la teneur de ses propres écrits. Non pas pour les rendre plus crédibles, mais simplement pour respecter la règle de l’anonymat, qui dans ce cas, doit être comprise comme une forme d’humilité.

Table des matières. –

 Ch. I. Le principe de vie. –

Ch. II. Le fluide vital et ses transformations. La matière et ses rap­ports avec le fluide vital. 

Ch. III.     La vie organique. –

Ch. IV.     Les minéraux, –

Ch. V.       Les végétaux. –

Ch. VL       Les animaux, –

Ch. VII     Le transformisme et la métempsycose. –

Ch. VIII.   L’homme. –

Ch. IX.    La vie intellectuelle. –

Ch. X.       L’instinct. – Ch. XI. L’intelligence. –

Ch. XII.     Le libre arbitre, –

Ch. XIII.   La volonté. –

Ch. XIV.    Conclu­sions,

 

PREFACE

 

Une ère nouvelle se prépare. Tous les hommes sont sourdement travaillés par des aspirations de fraternité universelle. Une philosophie nouvelle, basée sur la science, qui est renouvelée elle-même par l’évolution progressive à laquelle rien n’échappe, étude le domaine de l’invisible qui attire, par les merveilleux phénomè­nes qui s’y rattachent et en découlent, l’attention de savants et de penseurs de plus en plus nombreux.

Tel un enfant qui jette ses langes pour marcher seul, notre humanité se sent mûre pour la solution des gran­des énigmes qu’elle n’a jamais pu réaliser jusqu’ici. Les révélations du monde occulte, modifieront la façon de comprendre la vie et transformeront les sociétés clans le sens du bien, du juste, de l’union et de la fraternité universelle à laquelle tout le monde aspire.

Les phénomènes psychiques ne sont que la préface de cet essor nouveau, d’une oeuvre sociale s’étendant à l’humanité entière.

A la foi aveugle des temps anciens, à la négation scientifique et au doute philosophique des temps modernes succédera une vaste synthèse, à la fois scien­tifique, philosophique et morale.

Ce sera l’union de toutes les formes de connaissance et de croyance dans la Connaissance des lois éternel­les du vrai, fusion de toutes les formes de religion et de science, dans la compréhension supérieure de notre existence ici-bas. Nous saurons pourquoi nous som­mes, d’où nous venons et où nous allons dans cette route infime dont la vie présente n’est qu’un passage.

 La crise sociale qui enfièvre actuellement le globe trouvera une solution pacifique équitable pour tous et reconnue comme telle par tous, et les hommes, las de haïr, uniront leurs efforts à la conquête d’un monde meilleur.

Telle est l’étude passionnante qui fera l’objet de ces pages, écrites dans un but de charité universelle, d’amour pour tous, car dans l’infini, tout est attraction, tout est amour, et le bonheur n’existe que pour celui qui sait conformer sa vie à la Loi.

La séparation des Eglises et de l’Etat, rendue néces­saire pour préserver le libre arbitre de chacun et arrê­ter définitivement la propagation de fausses doctrines qui ont arrêté le progrès pendant dix-neuf siècles, marque le libre essor de la pensée humaine vers la vérité.

L’un de nos amis de l’espace, illustré pendant sa dernière incarnation par ses recherches sur le magné­tisme, vient de continuer son oeuvre de propagande scientifique dans des conditions qui rappellent un peu le travail littéraire, effectué post mortem par le célèbre écrivain anglais Dickens.

Le médium qui vient de servir d’intermédiaire au baron du Potet, était en relations depuis le mois de septembre 1905 avec un de ses collègues, employé dans une compagnie de chemin de fer. Cet employé M. N… s’occupait depuis sept ans de la nouvelle philosophie spiritualiste qui avait remplacé dans son esprit les théo­ries matérialistes et même anarchistes. Mieux que per­sonne, il peut juger de l’effet salutaire des théories nouvelles, analogues à celles que contiennent ces pages, dans les milieux ouvriers où la surexcitation est à son comble.

Malgré les instances de M. N… son nouvel ami, M, P.,. , reculait toujours le moment de faire des expériences psychiques. Cependant M. P.,. se trou­vant en service, dans le courant du mois de novembre 1905, profitait d’une halte pour prendre du repos quand il sentit son bras droit frémir et sa main, saisissant fébrilement un crayon, traça sur un papier qu’il avait appuyé sur le mur le titre et la table des matières de l’ouvrage du baron du Potet dont on lira plus loin le détail, qui fut obtenu au cours de différentes et irrégulières périodes d’arrêt, dans le service, en prenant sur le temps consacré au repos par les règlements des compagnies de chemins de fer.

MM. Albert P.., et Charles N… sont venus nous soumettre la série de leurs communications quand ils en avaient obtenu environ la moitié. De nombreuses questions scientifiques ont provoqué, séance tenante, des réponses nettes, simples et complètes, pleinement satisfaisantes.

Le baron du Potet, qui signe ces communications, nous promet pour plus tard d’autres travaux intéres­sants, notamment sur les questions ouvrières.

Le préjugé est encore suffisant pour faire craindre à ces braves gens, pères de famille, et que nous con­naissons personnellement, de livrer leurs noms à la publicité !

Les obligations de la vie matérielle font qu’ils tien­nent à leur modeste emploi, malgré ses exigences.

Les personnes qui s’intéresseront à eux pourront connaître, avec plus de détails, l’histoire médianimique de nos amis. Nous sommes heureux de trouver chez eux des sentiments dont devraient s’honorer les castes qui se croient quittes envers les petits avec beaucoup d’indifférence, sinon de mépris. Le Christ a toujours aimé les humbles, c’est parmi eux que la Providence choisit les champions de l’ère nouvelle. Ils substitue­ront à la noblesse de la force et de l’argent, la noblesse du cœur, la seule véritable.

L’œuvre du baron du Potet est le développement philosophique des recherches qu’il fit de son vivant, sur le magnétisme, Le monde en s’éclairant s’élève à l’Unité » a dit Lamartine, loi que nous retrouvons dans la théorie moniste d’Ernest Haeckel sous le nom de loi de subs­tance.

L’accord entre matérialistes et spiritualistes pourrait se faire en partant de cette vérité qu’il n’y a pas, entre la matière et l’esprit, une différence de nature, comme l’établit le dogme dualiste, source de discussions sans issue, mais seulement une différence de degré dans l’évolution…

… L’électricité et le magnétisme sont des relations secondaires du fluide vital universel où sont puisés les éléments de formation et de transformation des mondes, les éléments de la pensée et de ses transmissions, manifestations physiques et mentales qui embrassent toutes les créations, c’est-à-dire l’infini, l’Univers dont  la formule :

Unité

Variété

est basée sur la loi des vibrations, en relation avec la loi des Nombres qui sont l’expression même de la vie universelle.

L’homme est un fait entre deux infinis.

En deçà et au delà de nous tout est régi par cette loi des vibrations, et ce qui se trouve entre les deux pôles extrêmes de notre personnalité, c’est-à-dire nous­-mêmes, n’échappe pas à la loi universelle.

Jamais ouvrage plus savant n’a été composé dans un style plus simple, plus précis, facilement accessible à tous. Il ne manquera pas d’obtenir le succès qu’il mérite auprès des sincères chercheurs du vrai et du juste.

 

PAUL HEIDET.

                                                                                                                           Union Éclectique Universaliste.

 PREMIERE PARTIE

  CHAPITRE PREMIER

 

Le principe de vie.

 Qu’est-ce que la vie? Comment la vie existe-t-elle et pourquoi

Ce sont, hélas, des problèmes ardus que les hommes se sont toujours posés sans parvenir à les résoudre. Je vais essayer de vous initier à ce principe et je tâche­rai de faire mon possible pour me faire comprendre.

Le principe de la vie est Un ! mais composé d’une infinité de variétés de ce principe d’où découlent tou­tes les manifestations adéquates aux milieux dans les­quels elles se forment.

Pour qu’il y ait vie, il faut qu’il y ait une intelli­gence qui gouverne cette vie.

Cette intelligence est l’Etre Suprême qui gouverne l’Univers et qui l’a soumis à ses lois, cet être suprême se nomme Dieu dans notre langue. Il est l’Ame, le Pivot, la Force, l’Énergie en un mot, qui actionne les rouages compliqués que l’on nomme les systèmes uni­versels.

Oui, les systèmes universels, car il, y a plusieurs systèmes différents entre eux, suivant les effets qu’ils sont appelés à produire.

Ces effets proviennent tous d’une cause différente en apparence, mais dont la cause primordiale est Dieu, âme de l’Univers, foyer central d’où découlent et où viennent converger toutes les forces de la nature.

Appelez-le comme vous voudrez, c’est tout simple­ment un terme de comparaison. Le mot n’est rien, c’est la conception de cette immense force qui est tout. Du reste, les hommes lui donnent un nom différent suivant leurs langues, même celui de Néant qui est encore une forme d’absolu, et la désignation linguistique qu’ils donnent de l’Être Suprême n’a qu’une différence secondaire.

Cette âme, cette puissance, n’est pas, comme le catholicisme l’a enseigné, un être matériel, créé de la même substance que nous ; non 1 mais un être invi­sible à nos sens, impalpable, impondérable, en un mot éthéré, dont nous ne soupçonnons même pas la conformation.

Cet être éthéré englobe tout l’Univers dans son Lui-même, il est partout, puisque tout ce qui est l’Univers est lui. Il voit tout, il sait tout, puisque tout ce qui se fait est une partie de lui-même et que lui-­même est partout.

Alors puisque Dieu n’est pas un être dans le sens où nous le comprenons, qu’est-ce donc ?

C’est un fluide !

Ce fluide est universel, c’est-à-dire qu’il est répandu dans toute la nature et qu’il régit ses lois.

Ce fluide qui est le centre de la vie, la cause qui est en Dieu est le fluide vital universel.

Comment ce fluide vital engendre-t-il la vie ? C’est ce que nous allons expliquer.

 Le fluide vital initial est Un, mais composé de flui­des secondaires inférieurs. Ces fluides ne sont pas en repos, car s’ils étaient immobiles, la vie ne pourrait être, pour qu’il y ait vie il faut qu’il y ait mouvement.

Ces mouvements, imperceptibles à nos sens, sont ce qu’on appelle la loi des vibrations.

Les fluides dont j’ai parlé plus haut, ont des vibra­tions différentes suivant les effets qu’ils ont à obtenir, ces effets étant inhérents à leur nature particulière.

Il est encore une autre cause, c’est que, d’après leur nature, ces fluides subissent une loi d’attraction et de répulsion.

Ce sont ces forces attractives et répulsives qui maintiennent l’équilibre du système planétaire.

En effet, tous les astres, quels qu’ils soient, sont sou­mis aux mêmes lois ; étant baignés, saturés du fluide vital universel, ils sont solidaires les uns des autres, et la preuve en est qu’un changement géologique ou autre survenu dans une planète, produit des pertur­bations dans les planètes ses voisines et dans la vie organique de ces planètes. Vous en voyez journelle­ment les effets sur la terre, soit sur les végétaux, les animaux et les hommes.

La cause engendre les effets et les effets détermi­nent d’autres causes qui engendrent d’autres effets, etc. C’est le mouvement perpétuel dont tant d’hommes ont cherché en vain à résoudre le problème.

Je ne m’étendrai pas davantage sur cette question qui est plutôt du domaine de l’astronomie qui n’est pas le but de cet ouvrage.

Je parlerai des transformations innombrables des fluides, depuis leurs états primitifs, jusqu’à la matière tangible.

 

CHAPITRE II

 

Le fluide vital et ses transformations. 

La matière et ses rapports avec le fluide vital.

 Le fluide vital ou cosmique comprend, comme je vous l’ai dit, une infinité de variétés de ces fluides, parfaitement solidaires les uns des autres et cepen­dant ayant une nature spéciale déterminée.

Les molécules atomiques de ces fluides s’attirent et se repoussent, se combinent, se décomposent et produisent des effets différents.

La raison par laquelle ces effets se produisent pro­vient de la loi des vibrations. Ces vibrations sont de différentes natures suivant leur amplitude déterminée par la loi des nombres.

Cette loi est très importante, car elle sert à recon­naître la qualité de chaque fluide par sa couleur, (pour les Esprits s’entend) car les sens matériels des hommes sont trop grossiers pour distinguer les nuan­ces de ces fluides.

J’ai dit nuances, car vous ne savez sans doute pas que chaque fluide a sa couleur propre, depuis les nuances les plus foncées jusqu’aux nuances les plus claires, dont vos sens imparfaits ne se font aucune idée. Tout cela dépend de la vitesse des vibrations et de cette vitesse dépend le degré de densité de chaque fluide.

Les fluides grossiers restent à la surface de la Terre, dans notre atmosphère, et les plus légers, les plus éthérés, en suivant l’échelle de progression, occu­pent des altitudes de plus en plus hautes, suivant leur degré de pureté.

Évidemment les fluides les plus purs, les plus éthé­rés, en suivant l’échelle de progression possèdent la faculté d’influencer les fluides inférieurs.

Cette influence exercée sur ces fluides secondaires, détermine entre eux un mouvement qui réagit et déter­mine ainsi un changement atomique moléculaire, qui, tout en étant encore éthéré, n’en devient pas moins de plus en plus matériel, puisque les molécules com­binées de chaque fluide ont déterminé de nouvelles propriétés à la résultante de ces fluides.

Ils deviennent, par conséquent, en descendant pro­gressivement l’échelle des fluides, de plus en plus matériels.

En se trouvant en contact directement avec les fluides de plus en plus grossiers des différentes pla­nètes, ils se condensent progressivement, deviennent de plus en plus lourds, de plus en plus tangibles et arrivent, par transformations successives, à produire la matière telle que nous la voyons.

Chaque résultante de la combinaison de ces fluides détermine des matières de différente nature, (et vous savez combien elles sont innombrables) ; c’est ce que vous voyez journellement dans la nature.

Tout, sans exception, provient de la combinaison de certains fluides, favorables au milieu dans lequel ils « vivent » pour ainsi dire, et des formes matérielles innombrables, différentes entre elles par leurs affinités et la nécessité des besoins naturels pour lesquels elles sont créées.

Je vous ai dit, plus haut, que les fluides étaient dif­férents suivant l’échelle qu’occupaient les différentes planètes.

Évidemment, cela se comprend : plus ces planètes sont avancées dans l’échelle des mondes, plus la matière devient affinée, plus éthérée, en un mot de moins en moins tangible, car il faut bien comprendre la loi de progression.

Les fluides grossiers en vertu de la loi de la pesanteur, occupent les espaces inférieurs dans l’échelle des mondes. Dans ces mondes, la matière étant composée de fluides tout à fait bruts, cette matière est, par conséquent, brute, lourde et grossière, suivant l’es­sence et le poids spécifique des fluides qui l’ont formée.

D’où vient la différence de pesanteur des corps dans les différentes planètes ? Nous prendrons pour terme de comparaison la Terre qui est une des planè­tes les plus inférieures de l’échelle des mondes.

Cette différence provient des différences du poids spécifique des fluides qui ont formé ces planètes. Dans les mondes supérieurs où les fluides sont plus purs, plus légers, la matière est plus subtile, tout en étant composée des mêmes éléments des différents milieux ; mais ces éléments fluidiques étant plus légers à cause de leur dureté, de leur éclat, flottent pour ainsi dire au-dessus des fluides grossiers comme l’huile flotte au-dessus de l’eau, cela se continuant à l’infini, jusqu’à la perfection fluidique de la matière éthérée.

Quant aux fluides grossiers, comme je vous l’ai dit, par leur combinaison, leur condensation plus tangi­ble, ils sont la conséquence de leur affinité et produi­sent, suivant leur état, des catégories d’êtres distincts comme forme et comme vie, comme effets de toutes sortes, causes innombrables, mais dont la cause com­mune est Une, qui est le fluide vital ou cosmique universel d’où découlent les innombrables variétés d’espèces vivantes dont est peuplé tout l’Univers. 

  

CHAPITRE. III

 

La vie organique.

 Nous avons passé en revue les transformations générales du fluide vital universel jusqu’à la matière tangible.

Nous allons maintenant expliquer comment cette matière vit et pourquoi elle vit.

Je vous ai dit que la vie ne pouvait être sans le mouvement. Ce mouvement initial est la loi des vibra­tions.

Tout vibre dans l’Univers, tous les fluides ont leur mode de vibration suivant leur degré d’amplitude, réglé, comme je vous l’ai dit, par la loi des nombres ; ils se condensent progressivement, et, étant un tout formé par la force attractive, ils s’agglomèrent autour de leur centre, forme géométrique unique commune à tous les astres, circonférence multiple donnant l’expli­cation de l’Infini, puisque dans cette forme sphérique on ne peut trouver ni commencement ni fin.

Arrivée à une condensation tangible, cette « quan­tité d’émanation » du fluide vital forme donc une pla­nète qui va subir encore des transformations sans nom­bre jusqu’à ce qu’une croûte sphérique se produise, enveloppant cette planète et dont les éléments maté­rialisés, qui ont produit cette croûte, se trouvent épars, de-ci, de-là, et sont restés où les a surpris leur état de condensation, de matérialisation. C’est ce qui expli­que que les gisements des différents métaux se trouvent disséminés, éparpillés sur le globe : marbres, pierres précieuses, etc…

Certains fluides de nature spéciale se sont dégagés de la masse en ignition (car j’oubliais de vous dire que le frottement moléculaire, produit par les vibra­tions de la matière fluidique, occasionne une certaine chaleur, source de la vie matérielle).

Donc, ces fluides, dégagés de la masse et dont les propriétés spéciales ne s’aggloméraient pas avec cette masse, se condensaient autour et formaient une couche plus ou moins épaisse.

Ces fluides, que la chimie a appelés gaz oxygène et hydrogène, par leur condensation se sont combinés et ont formé un autre corps, liquide celui-là, que l’on appelle eau. Nous allons voir que cet élément va subir ou faire subir des transformations à la masse autour de laquelle elle se forme.

A cette période de transformation où la croûte pla­nétaire n’a encore que la constitution d’une pâte plus ou moins homogène, comparable à une sauce consis­tante qu’une cuisinière ferait chauffer à un certain degré d’ébullition, vous voyez bientôt cette sauce con­sistante se soulever, s’affaisser en une quantité plus ou moins grande, plus ou moins haute, de demi-sphè­res ou cônes et dégageant de la vapeur d’eau; de même la formation des planètes, malgré que la comparaison donne une faible idée de l’état d’une planète corres­pondant à cette période.

Cette eau, dont j’ai parlé, étant formée de globules mélangés d’oxygène et d’hydrogène, et la densité de ces globules étant plus petite que la masse d’oxygène entourant les planètes, reste à la surface de cette masse, tant que le poids spécifique du mélange n’est pas supérieur à la masse du fluide qui le soutient. Sitôt que cet équilibre est rompu, cette eau, en vertu de la loi d’attraction, tombe sur la masse ou la croûte de cette planète, se résoud en vapeur d’eau, et plus légère que le milieu ambiant, va se reformer en eau à des altitudes variables.

Ceci se renouvelle jusqu’à ce que la chaleur super­ficielle de la croûte planétaire soit équivalente à la masse liquide qui l’entoure. C’est à cette période que commence la vie organique proprement dite. 

 

CHAPITRE IV

 

Les Minéraux. 

Les savants ont longtemps contesté la vie organi­que des minéraux; cependant, comme les deux autres règnes de la nature, les minéraux vivent et meurent.

Puisque les vibrations sont une preuve indiscutable du mouvement et que tout mouvement est certainement l’effet d’une cause vitale, donc les minéraux vivent, mais d’une vie organique inconsciente, et pour ainsi dire mécanique.

En effet, prenez un morceau d’acier, par exemple, soumettez-le pendant un laps de temps déterminé à une certaine température calorique, les molécules de ce métal se dilatent. Trempez-le, dans cet état, dans un bain d’eau froide, ou même, dans un courant d’air qui le refroidit, les molécules se resserreront avec une force incroyable et rendront cet acier dur et cassant. Ce phénomène indique clairement qu’il y a eu change­ment, ou plutôt mouvement, dans l’état moléculaire de ce métal, donc, il y a mouvement, et par conséquent il y a vie, puisqu’il y a sensibilité.

Tout organisme ‘quelconque qui change de milieu et qui, de ce fait, change de conformation primitive, prouve, par cela même, que le mouvement molécu­laire produit par ce changement, provient d’une cause intelligente qui est une des nombreuses modifications du fluide vital.

Un autre exemple: tout le monde sait qu’un barreau de fer aimanté produit un changement moléculaire dans un autre barreau de fer ; celui-ci est attiré ou repoussé suivant l’un ou l’autre pôle qu’on lui présente. II se produit, par conséquent, un phénomène de vitalisation qui met en mouvement le barreau de fer. Ici encore, il y a vie puisqu’il y a mouvement. Qu’est-ce qui a oc­casionné ce mouvement ? C’est toujours le fluide vital. Quelle que soit la façon ou la forme par laquelle se manifeste un mouvement, ce mouvement provient tou­jours du fluide vital universel, cause initiale de toute vie.

Chaque fois qu’un changement moléculaire se pro­duit dans un corps quelconque, qu’il soit fluide ou matière tangible, il y a mouvement, par conséquent, il y a vie !

 Tout vibre dans l’Univers, rien ne reste en repos, car le repos absolu serait la mort, le néant ; comme ni la mort, ni le néant n’existent, il y a donc une cause intelligente qui préside, qui règle les lois mécaniques universelles, et qui est l’intelligence suprême, qui par sa loi immuable, rend solidaires les unes des autres, toutes les manifestations des forces mécaniques, dont l’une ne pourrait changer sans que ce changement se répercute parmi les autres forces ses voisines.

Les minéraux, par conséquent, par suite de cette loi, subissent les modifications nécessaires à leur amé­lioration ou perfectionnement de leurs états spéciaux et aux milieux ambiants auxquels ils appartiennent par leurs affinités moléculaires. 

 

CHAPITRE V

 

Les Végétaux. 

Puisque les minéraux ont été engendrés par la con­densation des différents fluides inhérents à leur confor­mation spéciale, les végétaux doivent avoir une cause identique, nous essayerons de le démontrer.

L’eau est un liquide où se produisent le plus facile­ment les manifestations embryonnaires de la vie orga­nique végétative.

Pourquoi ? parce que c’est un conducteur facile pour le transport et le développement des germes organiques. Comment ces germes organiques se développent-ils et quelle en est la cause ?

L’eau, par son extrême pondérabilité, s’est impré­gnée, saturée, au contact prolongé de la terre et des différentes couches géologiques, formées par une quan­tité innombrable de germes trouvant un milieu appro­prié à leur éclosion, progressent plus ou moins rapidement et donnent naissance à des êtres variés, d’espèces différentes, quelquefois se ressemblant, ayant une cer­taine parenté, suivant les affinités des fluides qui ont formé ces germes. Ces êtres, car ce sont des êtres, vi­vent, sentent, respirent, meurent, tout comme les miné­raux ; mais ces êtres sont déjà plus perfectionnés, l’âme qui les anime n’est pas encore consciente de leur état, mais cette âme existe, elle les guide dans leur existence, les prévient dans leurs besoins journaliers, dans leur évolution. Ces êtres, qui sont déjà animés, sont des végétaux.

Chaque famille, chaque espèce a sa conformation particulière et sa vie est réglée par des lois inflexibles, dont elle ne peut se départir. Les végétaux suivent une loi de progression, depuis la racine informe, en passant par l’échelle des espèces innombrables, jusqu’à la plante sensitive, et même l’animal – plante, qui tient tout à la fois de la plante par sa conformation et de l’animal par ses meurs et ses habitudes.

Ici nous voyons une progression très sensible, la plante sensitive n’est plus un être organique incons­cient, l’âme que cette plante sent, souffre, respire, vit, meurt, et qui sait si elle ne pense pas?

Évidemment la notion du moi n’existe pas encore, mais elle pense peut-être automatiquement, mécani­quement, comme mue par une force invisible et qui cependant règle sa vie organique, comme tous les êtres animés.

Suivons la loi de progression : la plante animale a l’avantage sur les autres végétaux : c’est que non seu­lement elle vit de la vie organique proprement dite, mais qu’elle se meut, perçoit comme un animal, voit comme lui, et, souvent, se nourrit d’animaux. Tels sont: le corail, l’éponge, la méduse, etc… ; elles ont un organisme bien plus compliqué, et aussi leurs besoins vitaux sont en rapport avec les milieux dans lesquels elles vivent, se reproduisent et meurent pour renaître. Je dis: meurent et renaissent, car les fluides qui composent ­ces êtres retournent, par la dissolution de leur orga­nisme, dans le Grand Tout et servent de nouveau à la reproduction de la même espèce.

Pour que la reproduction des espèces se fasse d’une manière rationnelle, il faut qu’ils obéissent à certai­nes lois. Ces lois sont les mêmes pour tout être orga­nisé : ce sont les lois de l’harmonie et de l’amour, conscientes ou inconscientes. Les espèces subissent ces lois en vertu de la loi d’attraction qui fait sympathi­ser les êtres de la même espèce entre eux.

Le germe que contiennent ces êtres est toujours puisé à la même source qui est le fluide vital universel, mais alors ce fluide étant décomposé en une infinité de fluide s secondaires, appropriés aux espèces, est déjà matéria­lisé, et c’est en vertu de cette loi d’attraction univer­selle, que se communiquent les germes nécessaires à la reproduction des êtres, qui se multiplient à l’infini, jus­qu’à la transformation progressive de certaines espè­ces, qui arrivent, après d’interminables transformations et les nécessités de la loi de progression, à quitter l’en­veloppe et la forme végétative, pour adopter celle plus élevée dans l’échelle des êtres : celle des animaux proprement dits. 

 

 CHAPITRE VI

 

Les animaux. La naissance des sexes. 

Qu’est-ce qu’un animal ?

C’est un être qui se meut, qui perçoit par sa volonté. Cette volonté n’est pas encore consciente, elle agit mécaniquement pour ainsi dire sur l’être maté­riel Ce n’est qu’au plus haut degré de perfection que l’animal a la volonté d’agir, nous y reviendrons plus tard.

Nous allons analyser maintenant la vie des animaux en général, sans entrer dans les détails particuliers qui seraient plutôt du ressort de l’histoire naturelle.

Nous avons passé en revue les différentes phases des êtres animés inconscients ; nous allons étudier mainte­nant l’évolution des êtres conscients à différents degrés. Les espèces, comme je vous l’ai dit, se reproduisent en vertu de la loi d’attraction, engendrée par la loi des vibrations, loi qu’il faut bien retenir, car elle est capitale.

C’est en vertu de cette loi que les espèces se repro­duisent et forment les sexes, et ce sont les sexes qui reproduisent les espèces.

Comment la reproduction se fait-elle?

Par la loi des vibrations; je vais vous l’expliquer. Il existe dans la nature deux forces principales qui sont appelées positives, ou négatives suivant l’ampli­tude de leurs vibrations déterminée par la loi des nom­bres. Ces deux forces principales sont à l’état latent chez tous les êtres. Par conséquent, tous les êtres, quels qu’ils soient, infiniment petits ou infiniment grands, sont polarisés.

Cette polarité, dont la cause est la loi des vibrations, engendre des êtres de sexes différents, voici comment: en vertu de cette loi d’attraction et de répulsion, les fluides secondaires matérialisés se séparent. Les molé­cules atomiques de ces fluides se condensent de plus en plus, s’assimilent à d’autres fluides matériels de même nature, jusqu’à la tangibilité ou matérialisation complète, mais le germe quel qu’il soit ne peut se reproduire seul, il faut l’assimilation de deux germes (positif et négatif).

En vertu de la loi d’attraction, ces germes se recher­chent, se combinent, et, s’assimilant, produisent un être de même espèce mais de sexe différent.

Comment et pourquoi un sexe a-t-il la priorité sur l’autre? et pourquoi l’un de préférence à l’autre !

En voici la raison. Lorsque deux germes s’assimi­lent pour produire un être, cet être naîtra du sexe de celui des deux germes qui a eu la priorité sur l’autre, en vertu de cette loi des vibrations, déterminé par l’amplitude de ces mêmes vibrations qui absorbent les vibrations plus faibles de l’autre germe.

En d’autres ternes, si, par exemple, les vibrations du fluide positif, qui ont engendré le germe du même nom, absorbent les vibrations du fluide négatif, qui ont engendré le germe négatif, l’être qui naîtra sera positif et réciproquement ; tout cela est réglé par la loi des nombres.

Maintenant nous expliquerons que, dans la nature, le germe positif est celui qui engendre; le négatif, celui qui reçoit l’impression, le moule en un mot, dans lequel est façonné l’être, le résultat, le produit de la combinaison des deux germes fluidiques, positif et négatif. En d’autres termes, le positif sera considéré comme le mâle, le négatif comme la femelle; mais ces deux êtres, mâle et femelle, engendreront des êtres de sexes différents, suivant la puissance de vibrations polarisées de l’un ou l’autre sexe.

Comment la vie peut-elle jaillir de la combinaison des fluides polarisés et matérialisés des deux sexes ?

Voici comment. Quand le pôle positif d’un cou­rant électrique se trouve en contact avec le pôle néga­tif d’un autre courant, la combinaison des deux fluides détermine un choc, produit par les vibrations atomi­ques de ces courants, et, de ce choc vibratoire, naît une étincelle électrique.

Eh bien ! quand deux germes polarisés se trouvent en contact, en vertu de la même loi, il se produit un choc vibratoire qui détermine l’étincelle de vie de l’Etre qui sera le produit de la combinaison des deux fluides matérialisés, et qui déterminera la naissance de l’un et de l’autre sexe, suivant le degré d’ampli­tude des vibrations de l’un ou de l’autre germe.

Par conséquent, chaque fluide secondaire, assimilé avec d’autres fluides de la même famille, engendre un être d’une espèce déterminée, qui se reproduira à l’infini dans les mêmes conditions appropriées au milieu ambiant auquel il appartient. Ceci est dit pour détruire la théorie du transformisme, que beaucoup d’hommes croient fondée. Donc, chaque espèce d’êtres animés est le produit des germes fluidiques matéria­lisés, inhérents à chaque espèce, et Dieu sait si elles sont innombrables !

Chaque espèce se décompose en plusieurs familles qui ont leur vie propre, leurs mœurs et leurs habitu­des différentes, et qui, cependant, malgré la loi d’évo­lution qui fait progresser et changer physiquement ces êtres animés, conservent dans leurs organes géni­taux l’embryon microscopique de leur état primitif, à l’état latent. 

  

 CHAPITRE VII

 

Le transformisme et la métempsycose.  

L’explication de la naissance étant donnée, il suit que ces sexes, appartenant tous à des espèces diffé­rentes, et ces espèces étant soumises à la loi d’évolution, de progression, changent d’aspect, se transforment, si l’on veut bien comprendre le mot, physiquement, matériellement, changent quelquefois de milieu, mais n’en restent pas moins les êtres qu’ils ont été et qu’ils sont. Leur essence n’a pas changé, leur corps matériel a pu évoluer, progresser, se transformer encore, si l’on veut, mais leur corps fluidique, l’être essentiel, le germe embryonnaire de chaque espèce subsiste, malgré les transformations apparentes de l’enveloppe des êtres animés. C’est justement, sur cette question, que certains savants se sont querellés, et la loi du transformisme, qu’ils ont mal comprise, ils l’ont appelée métempsycose.

Ici se pose un problème très ardu et qui a fait noir­cir beaucoup de papier. D’abord, pour qu’il n’y ait pas d’équivoque, nous posons la question suivante la métempsycose existe-t-elle?

La métempsycose n’existe pas et ne peut exister, car elle serait en contradiction avec la loi immua­ble du créateur. Cela serait le chaos, le bouleverse­ment de la loi de progression, d’évolution de chaque espèce. En effet, pour qu’il y ait métempsycose, il faudrait admettre qu’il y ait une espèce d’êtres quel­conques, « vivants » bien entendu, qui puisse engen­drer une espèce d’êtres vivants, ne faisant pas partie de la même famille, et par conséquent, comme con­formation physique, n’étant pas doués des mêmes organes génitaux, et les germes de ces espèces d’êtres, n’étant pas formés des mêmes fluides secondaires, maté­rialisés, en vertu de la loi de polarité, engendreraient un être neutre, ou, si vous voulez, engendreraient un fœtus sans vie et n’ayant aucune forme matérielle définie, conforme aux espèces animées de la nature. En un mot, la métempsycose, si elle existait, engen­drerait des êtres disparates, n’ayant aucune affinité, aucune assimilation avec les espèces régulières, natu­relles, produits de la combinaison des fluides matéria­lisés et qui ont engendré les germes des êtres animés d’une façon uniforme et conforme à la nature de cha­que espèce.

Si quelquefois des êtres animés donnent naissance à des êtres disparates, comme conformation maté­rielle, c’est un accident survenu à la formation de l’être assimilé et qui ne pourrait rentrer dans l’ordre natu­rel de la naissance et de l’évolution des êtres animés. Personne ne peut sonder les desseins du Créateur, et, ces effets qui ont certainement des causes, et qui ne sont pas encore connues, prouvent que tout ce que l’homme connaît n’est rien à côté de ce qui lui reste à apprendre.

Certains savants ont confondu le transformisme .avec la métempsycose; c’est une erreur grossière. La métempsycose impliquerait un changement, une trans­formation de l’être, qui pourrait passer d’une espèce dans une autre, ce qui ne peut être, puisque cha­que espèce est le produit de l’assimilation de cer­tains fluides secondaires, appropriés à la nature de ces êtres distincts. Donc le transformisme n’est qu’un changement progressif de l’être animé, dans sa forme matérielle qui se transforme, en tenant compte de l’évolution de l’espèce dans laquelle il est né; mais l’être proprement dit, le fluide périsprital, ou si vous aimez mieux, le canevas sur lequel est moulé l’être matériel ne change pas; il est ce qu’il a toujours été lui-même, et pour aucun motif, quelle qu’en soit la cause, des êtres d’une espèce quelconque, ne peuvent engendrer des êtres d’espèces différentes, parce que les germes de ces espèces ne peuvent s’assimiler, n’ayant pas la même amplitude de vibration des flui­des qui en ont composé d’autres. Par conséquent, la métempsycose n’existe pas, et la loi du transformisme a été confondue avec celle de la progression et de l’évo­lution.

Les êtres animés, ou les animaux proprement dits, ne se reproduisent qu’à la condition que l’assimilation des germes provienne de la même famille; ou tout au moins, de la même espèce. Tout être, naissant acci­dentellement en dehors de ces lois, est considéré comme un monstre et ne peut vivre.

Tous les animaux, quels qu’ils soient, progressent Et évoluent intellectuellement et physiquement, suivant le milieu dans lequel ils vivent. Il y a différents degrés dans l’échelle de perfection des animaux, et l’homme, qui est un animal, en occupe le sommet. Nous allons en parler. 

 

 CHAPITRE VIII

 

L’homme. 

L’homme a-t-il été créé, tel qu’il est, ou est-il la con­séquence d’une transformation progressive de son être?’ L’homme, comme tous les animaux dont il fait partie, a subi et subit encore la loi d’évolution, de progression ; mais son essence initiale est ce qu’il a toujours été et ce qu’il sera toujours : un homme.

D’après la théorie que je vous ai exposée tout à l’heure, il est incontestable que toutes les espèces d’a­nimaux ont commencé par un germe embryonnaire, à l’état latent dans la nature, et que l’homme n’est pas exempt de cette loi. Il semble que l’être suprême ait voulu créer des êtres qui, étant une émanation de son fluide vital, afin que ces êtres puissent le comprendre, ou du moins en aient la faculté, il ait donné à ces êtres, qui sont nous-mêmes, et que l’on appelle hom­mes, des dons spéciaux que d’autres animaux ne pos­sèdent pas, et, par cela même, ait permis à ces hom­mes de remonter jusqu’à leur source qui est Dieu, en évoluant, en progressant par le travail.

Nous reviendrons un peu plus tard sur ces dons du Créateur, qui font de nous des êtres supérieurs, et que l’on nomme l’intelligence, le libre arbitre et la volonté. Tous les hommes, quels qu’ils soient, à quelque race qu’ils appartiennent, proviennent tous du même fluide initial ou germe unique qui les a créés. La seule dif­férence qui existe entre eux est la différence de cou­leurs, de types, de mœurs et de coutumes; la raison de ces différences, dans la même espèce, est l’influence des milieux dans lesquels sont nés, ont évolué et pro­gressé les germes, identiques entre eux, qui ont engen­dré le genre humain. Les climats différents, la lutte pour la vie, ont forcé ces êtres simples, brutes, dans les premiers âges de l’humanité, à recourir à certains moyens qui, prenant corps, pour ainsi dire parmi eux, les transformèrent progressivement. Les habitudes et les besoins journaliers de la vie se sont modifiés, trans­formés, et des changements progressifs de cette évolu­tion colossale, sont sortis des civilisations plus ou moins évoluées, dans l’échelle de progression de l’Hu­manité.

L’homme est le seul être de tous les animaux qui a une religion, et qui a conscience de son état, puisqu’il est une émanation directe du créateur. Tous les autres animaux, en descendant l’échelle de progression des êtres animés, possèdent cette conscience, mais qui est plutôt l’instinct de conservation, car la faculté du moi n’existe pas chez les animaux autres que chez les hom­mes, même à l’état sauvage; la faculté du moi existe chez l’homme, mais ici il faut tenir compte de l’échelle de progression de l’état plus ou moins avancé de ces hommes.

Comme les animaux, ses frères inférieurs, l’homme, à l’état sauvage, comme à l’état de civilisation, pos­sède, à l’état latent, l’intuition, la connaissance de sa force, de ses capacités et de ses facultés. Le plus fort détruit ou asservit le plus faible ; c’est la loi du plus fort qui a toujours gouverné jusqu’à ce jour. Pourquoi? parce que l’homme est un animal et que, comme les autres animaux, ses frères, il est dompté par la matière.

La progression, l’évolution de l’homme, dans la théorie matérialiste, ne le fait pas monter d’un éche­lon dans l’échelle des êtres. Il peut être un grand savant, et ignorer les lois fondamentales de la créa­tion et de la formation des mondes, et ses relations avec l’Etre Suprême, créateur de l’Univers. Si l’évolu­tion morale est nulle chez lui, il sera un être inférieur, comparativement à un autre de ses semblables, qui, ne connaissant pas les sciences matérialistes, plus ou moins obscures, aura compris et perçu le grand pro­blème de l’au-delà.

Les temps sont encore éloignés où les hommes com­prendront ce qu’ils font, et quel est leur but. Mais ce mouvement viendra, et c’est la doctrine du spiritualisme qui leur enseignera les mystères de la nature, incom­préhensibles pour la plupart d’entre eux aujourd’hui.

Quand cette doctrine aura pénétré les masses, quand les hommes comprendront ce qu’ils sont, et quel est leur but, ils marcheront tous, la main dans la main. Les races unies dans un même but commun, éclairées par le flambeau de la vérité et de la science, feront dis­paraître les frontières, ces barrières conventionnelles qui sont autant de causes de rivalités, de guerres acharnées qu’elles se livrent entre elles, étudieront une langue unique universelle, travailleront tous à leur émancipation morale d’un commun accord, et, sans délaisser les jouissances de la terre, enseigneront, gui­dés par les esprits supérieurs, la plus belle, la plus noble des philosophies, la morale la plus pure que le Christ ait enseignée et qui est le Spiritualisme, la Reli­gion de l’Avenir.

 

 DEUXIEME PARTIE

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 CHAPITRE IX

 

La vie intellectuelle. 

Dans la première partie de cet ouvrage nous avons traité du fluide vital universel et de ses nombreuses transformations matérielles jusqu’à la matière tangible. Nous avons vu pourquoi et comment cette matière vit organiquement, mais nous n’avons pas traité de la vie intellectuelle de cette matière. C’est le but de la seconde partie de cet ouvrage.

Nous avons vu que la matière vivait, qu’elle se mou­vait, en un mot, nous avons passé en revue les trans­formations et les évolutions de la vie organique. Mais, cette matière étant inerte par elle-même, elle ne peut se mouvoir que si une autre force vient la solliciter et annihiler sa résistance passive, en un mot, la vitali­ser.

Il existe plusieurs forces qui actionnent cette matière et ces forces, nous allons les énumérer. Vous savez qu’en mécanique, pour déplacer un corps inerte, il faut une force supérieure à la résistance passive de ce corps. Cette force est donc indépendante de ce corps, et cependant, au moment où son action est en jeu, elle est solidaire avec ce corps.

Cette force dépense de l’énergie et cette énergie se transforme en travail. Le travail produit est le coeffi­cient de la combinaison de cette force multipliée par l’énergie et qui s’énumère en kilogrammètres pour les mouvements mécaniques inconscients et conscients. Les mouvements mécaniques conscients sont réglés par une force intelligente, et cette force a des phases, des degrés différents, suivant l’affinité des fluides qui la composent, et aussi suivant la nature de la matière et les organes qui servent à faire mouvoir cette matière.

Il faut bien comprendre que, dans la transformation des fluides, il y en a qui, par leur pureté, leur éclat, leur nature supérieure, restent en dehors de la matière et ne s’agglomèrent pas avec elle.

Ils la pénètrent, l’entourent, mais, tout en étant solidaires avec elle, ils conservent leur indépendance. Ils servent tout simplement à diriger la matière parmi les innombrables manifestations de la vie organique. Pour que la matière se meuve, il faut, comme je vous l’ai dit, que des forces indépendantes la fassent mou­voir, ces forces sont encore des fluides, mais ces flui­des, par le fait même de leur nature, ne peuvent faire mouvoir cette matière.

Pour qu’il y ait mouvement, il faut qu’il y ait une intelligence qui règle ces mouvements, mais encore là, l’intelligence ne suffit pas, et pour que des mouve­ments inconscients se transforment en mouvements conscients, il faut une autre force, bien plus subtile, qui est la volonté 1 Nous y reviendrons plus tard.

Donc, voyez comme tout s’enchaîne. Un corps inerte possédant une force fluidique, inconsciente dans son essence même, en étant imprégnée, mais cette force conservant son indépendance, tout en étant solidaire avec la matière. Telles sont nos données.

– Mais, me direz-vous, cette force directrice, de quelle autre force est-elle redevable?

– Cette force n’est redevable d’aucune force, car c’est une partie du foyer central de l’Être Suprême. C’est une émanation de la volonté divine, en un mot, c’est l’âme, et cette âme est la cheville ouvrière de tout l’organisme dont est composée cette matière quelle qu’elle soit. C’est elle qui voit, prévoit, perçoit et ordonne, mais comme son affinité fluidique est très subtile, elle ne peut pas elle-même actionner directe­ment la matière. Elle se sert pour cela d’intermédiai­res fluidiques, qui sont, comme je vous l’ai dit, l’intel­ligence, que l’on appelle instinct chez les animaux, mais qui n’est en somme qu’un degré dans l’échelle de progression d’évolution des êtres animés, et cette intelligence ou Instinct, comme vous voudrez, met en mouvement la force fluidique, qui s’affine avec la matière, et ce corps fluidique, par son action plus matérielle, actionne directement les organes du corps matériel et le résultat se transforme en action méca­nique, ce qui fait que la matière peut se mouvoir.

Je ferai ici une comparaison mécanique fort simple des mouvements des corps matériels. Voyez une ma­chine à vapeur. Elle est construite spécialement pour exécuter différents mouvements ou différents travaux adéquats à la nature de ses organes. La composition de la matière qui a servi à construire cette machine, le fer, provient de fluides grossiers matérialisés. Cette matière, par elle-même, vit de la vie organique incons­ciente, puisqu’elle est sensible, à l’influence de la tem­pérature, mais elle ne peut se mouvoir par elle­-même. Pour qu’elle se meuve, il lui faut une force, une puissance, une énergie. Cette force est un fluide qui est la vapeur d’eau. Cette machine possède bien, dans sa chaudière ou générateur, cette force à l’état latent, mais elle ne se meut pas pour cela. Il faut une intelligence qui mette en action cette force fluidique, qui actionnera les organes de cette machine. Mais là encore, l’intelligence ne suffira pas. Il faudra une volonté qui ordonne à cette intelligence de mettre en mouvement la force fluidique qui actionnera les orga­nes de cette machine, et cette volonté, cette intelli­gence, est le mécanicien qui est indépendant de la machine, qui en est l’âme, qui en est solidaire, puis que la machine ne peut se mouvoir sans sa volonté. Il en est de même dans tous les corps organiques innombrables qui ont été créés pour les besoins inhé­rents à leur nature spéciale et pour le but que l’Etre Suprême leur a assigné par sa volonté, qui est l’éman­cipation intellectuelle des êtres par le travail et la loi de progression et d’évolution universelle.

Nous avons passé en revue les forces intellectuelles de la matière. Nous allons essayer d’analyser ces forces en commençant par les animaux-plantes, et en pre­nant des points de comparaison qui ne seront peut-être pas toujours à l’avantage de l’homme.

S’étendre plus longuement sur cette chaîne intellec­tuelle serait dépasser le but de cette étude. Nous par­lerons de la seconde phase de la vie des êtres qui comprend une infinité de variétés de sensations, de perceptions plus ou moins intelligentes, suivant le degré d’élévation de l’être dans l’échelle spirite.

Nous avons parlé des variations de la vie organi­que : les animaux-plantes, dans la première partie de cet ouvrage. Parlons un peu de leur vie intellectuelle et de celle des animaux en général.

Toute proportion gardée, les animaux-plantes, ou si vous voulez les zoophytes, comme les appellent les savants naturalistes, ont une âme, une intelligence, et Dieu, dans son immense sagesse, dans sa bonté infinie, a bien fait les choses. Il a permis à ces orga­nismes embryonnaires de progresser intellectuelle­ment comme physiquement. Pour le profane, les immenses végétations sous-marines, produites par l’agglomération de ces zoophytes, tels que les coraux, et qui, fait très curieux, ont formé des îles entières, sont tout simplement dues à la multiplicité des germes, et à la fécondité presque spontanée de ces germes qui engendrent des êtres de la même espèce; mais encore, quoique étant de la même espèce, les naturalistes ont certainement remarqué que ces êtres vivants possé­daient plusieurs couleurs qui les distinguaient entre eux. Pour le vulgaire, les couleurs proviennent de causes chimiques inconnues. Mais pour celui qui com­prend l’échelle de progression, ces couleurs indiquent une différence très marquée dans le degré intellectuel de ces êtres. (Cette comparaison peut être prise égale­ment pour le genre humain : il est indéniable que la race blanche ait la supériorité intellectuelle sur les autres races de couleur, et cependant toutes les races proviennent de la même espèce, qui est l’humanité tout entière.

Tous les êtres animés sont intelligents, mais il y a des degrés dans cette intelligence, et quoique l’homme ait la prétention de détenir le record, il est souvent au-dessous de certains animaux.

 

 CHAPITRE  X

 

L’instinct 

La première branche intellectuelle ou intelligente est ce que l’on nomme l’instinct.

Quelle différence fait-on entre l’intelligence pro­prement dite et l’instinct ?

D’aucuns prétendent qu’il n’y a pas de comparai­son, car l’instinct est la résultante des besoins maté­riels inhérents à la nature spéciale de chaque espèce d’animaux. (Ce sont les matérialistes qui disent cela). Cependant certains animaux ont donné des leçons à bien des hommes sous ce rapport.

L’animal a un certain libre arbitre, puisqu’il agit selon sa volonté. Il raisonne puisque, quelquefois, il est indécis de ce qu’il va l’aire. Il prend une détermi­nation quelconque, mais d’où provient cette détermination. Vous me répondrez : de son instinct. Mais alors, son instinct, c’est tout simplement de l’intelli­gence, du libre arbitre, puisque l’animal prend une détermination sur ce qu’il veut faire. Vous l’appelez animal, parce que, dans votre orgueil, vous croyez être d’une essence supérieure à lui. C’est une erreur. L’homme est un animal aussi. S’il a la supériorité sur les autres animaux, ceci est dû à son degré d’éléva­tion dans l’échelle de progression des animaux. II est plus élevé dans l’échelle spirite, voilà tout.

Nous voulons bien admettre qu’il existe certains ani­maux, répugnants à l’homme, même à d’autres ani­maux. D’où cela provient-il ? Voila : Dieu n’a pas créé le mal. Le mal qui existe est la conséquence des mau­vais instincts des êtres de votre planète, puisqu’elle n’est habitée que par des êtres inférieurs.

Dans les premiers temps de la création, les êtres progressaient dans le bien. Mais certains êtres, dont les fluides, moins appropriés à la progression, restaient stationnaires, furent jaloux de leurs frères et cherchè­rent à leur nuire par tous les moyens. De là est sorti le mal. L’atmosphère ambiante, empoisonnée par ces fluides grossiers et morbides fit naître des êtres orga­niques, appropriés aux milieux ambiants, dans lesquels ils étaient destinés à vivre et finalement aboutirent à produire des espèces vouées temporairement au mal, à côté des espèces vouées au bien par leurs propres efforts, et ces deux espèces antipathiques se vouèrent dès lors une guerre acharnée.

C’est à l’intelligence raisonnée d’anéantir cet ins­tinct grossier qui est l’apanage de la race humaine. Oh les hommes, mes frères, ne vouez pas une haine implacable aux animaux. Défendez votre existence, mais ne tuez pas pour le plaisir de tuer. Sachez que chaque animal est un de vos frères sur l’échelle de pro­gression, et que votre devoir, vous qui êtes plus éclai­rés par le flambeau de la science, de la sagesse et de la vérité, est de l’aider à progresser, ou tout au moins de ne pas chercher à lui nuire.

Dans l’instinct des animaux, il y a plusieurs éche­lons. La masse ou la même espèce peut avoir les mêmes instincts, mais chaque individu possède un degré intellectuel plus ou moins développé, depuis les animaux les plus féroces jusqu’aux animaux domesti­ques. Tout cela dépend de la loi de progression. Le fluide vital de chaque animal ne meurt pas. A la dis­solution de la matière, ce fluide ou périsprit, sert à la reconstitution d’un autre être de la même espèce, con­servant sa personnalité jusqu’au dernier échelon de perfection de l’espèce à laquelle il appartient.

La loi du Créateur est immuable. Tous les êtres sont perfectibles, à quelque espèce qu’ils appartiennent, et s’il a permis cette perfection à la race humaine, il l’a également donnée aux autres animaux.

Les mondes supérieurs reçoivent dans d’autres incar­nations, aussi bien les animaux que les hommes. Il n’y a pas de privilèges parmi les êtres animés et ce que le Créateur a fait pour les uns, il l’a également fait pour les autres. Ce n’est pas toujours à la forme matérielle que l’on reconnaît le degré de l’émancipation de l’être, mais dans les actes intelligents de cet être, et dans ce cas, bien des animaux ont donné des leçons aux hom­mes, comme courage, abnégation et sacrifice, et sou­vent, dans bien des cas, certaines catégories d’ani­maux ont prouvé, par leur intelligence instinctive, leur égalité et même leur supériorité physique et intellec­tuelle ; et sachez bien que les animaux, principalement ceux qui collaborent à vos travaux, les animaux domes­tiques, en général, sont des frères pour vous et que vous devez traiter avec sagesse et bonté. Les châti­ments que vous pouvez leur infliger doivent l’être uni­quement pour les rappeler à leurs devoirs. En cela vous les aidez à progresser, à s’élever dans l’échelle des êtres spirituels. Et vous-mêmes, cela vous rappelle aux sentiments de charité, de noblesse de cœur et de compassion envers vos frères inférieurs. Dieu, dans sa sagesse infinie, vous tiendra compte de vos efforts.

Moralité : ne faites jamais de mal aux animaux. Défendez votre existence menacée, mais ne tuez pas pour répandre le sang inutilement. Plus un être a hor­reur du sang, plus il est élevé sur l’échelle intellec­tuelle des êtres animés. 

  

CHAPITRE  XI

 

L’Intelligence. 

 L’intelligence est un degré plus élevé que l’instinct. C’est en somme l’instinct raisonné. Cette faculté est le partage de certaines catégories d’animaux, au sommet desquels se trouve l’homme, mais encore, parmi les hommes, il existe plusieurs classes intelligentes à dif­férents degrés.

L’intelligence, cette faculté sublime que le Créateur a donnée à l’homme, lui fait faire de grandes choses. C’est par elle que les animaux et l’homme progressent, c’est par elle que se fait la loi de progression des êtres, car sans cette faculté, les êtres quels qu’ils soient, res­teraient stationnaires. Ne croyez pas que cette faculté,. est un privilège de caste. Pas du tout. Dieu, dans sa sagesse infinie, a réparti l’intelligence dans toutes les catégories d’êtres assez élevés pour la recevoir. Cepen­dant, suivant le degré de progression de ces êtres, cette intelligence est plus ou moins développée. Elle peut être à l’état rudimentaire chez certains individus au moment de la naissance, et être suffisamment déve­loppée chez d’autres. Suivant le milieu dans lequel naît l’individu, il progressera ou restera stationnaire. Il descendra même l’échelle de progression, s’il se perd dans un milieu au-dessus de son intelligence initiale, ou si, par les mauvais exemples qu’il a sous les yeux, il s’adonne aux vices et aux passions qui alourdissent son corps fluidique et absorbent les bons fluides pour les transformer en fluides grossiers. Mais dans ce cas, l’être, au lieu de progresser, descend l’échelle spirite, et retombe dans la catégorie de la brute; il lui faudra des vies successives pour rattraper le temps qu’il a perdu et arriver à la perfection intellectuelle.

Certains animaux intelligents perçoivent la sensation de l’homme, et ces sensations intellectuelles sont ce qu’on appelle du sentiment. C’est encore une des forces invisibles de l’être qui accompagne et complète l’intelligence. Du moment que le sentiment existe, il y a conscience, et cette conscience détermine le moi de l’être, ou la conscience de son existence. Il existe plu­sieurs catégories d’êtres conscients de leur état, à plusieurs degrés différents de l’échelle de progression, Pour les bêtes sauvages, le moi conscient serait plu­tôt l’instinct de conservation de l’être, mais pour les animaux domestiques, principalement le chien, le che­val, le chat, etc., ce moi conscient se rapproche beau­coup plus du sentiment qui différencie la brute de l’animal conscient. Le chien, l’ami de l’homme, son compagnon de plaisirs comme d’infortune, éprouve les mêmes sentiments que son maître. Il les épouse même, car on peut dire : « Tel chien, tel maître ! » Si son maître est gai, jovial, le chien sera gai, et prouvera par ses caresses, ses aboiements, ses gambades qu’il a les mêmes sentiments que son maître. Un chien har­gneux et triste reflétera les mêmes sentiments opposés qui sont ceux de son maître. L’affinité fluidique se com­plète avec ces deux êtres, malgré qu’ils soient d’espè­ces différentes, ils se comprennent sans parler, comme par une transmission de pensée.

Les animaux conscients, ayant le sentiment du moi, possèdent également un certain libre arbitre, puisqu’ils distinguent ce qui est bien de ce qui est mal. Ils le savent puisque, si on leur fait des reproches, ils comprennent, et, honteux comme un écolier pris en défaut, ils cherchent à se soustraire à la correction. Mais aussi, un chien portera secours à une personne en danger, et ce fait se produit assez fréquemment et dans diverses circonstances. Donc il y a libre arbitre, car personne n’a poussé ce chien à faire cette action.

L’homme est absolument dans le même cas. Il est plus responsable de ses actes, parce que, étant plus élevé dans l’échelle animale, il a généralement l’intelligence plus développée. Il possède la parole que les autres ani­maux n’ont pas et d’autres forces invisibles plus com­pliquées et plus développées et avec lesquelles il domine les autres animaux, ses frères inférieurs. Nous les nommerons : le libre arbitre et la volonté. 

 

 CHAPITRE XII

 

Le Libre arbitre

 Nous avons nommé le libre arbitre. Nous allons étudier cette impulsion qui donne, à l’homme principa­lement, la notion du bien et du mal, car lui seul est capable de pouvoir analyser convenablement cette force, car c’est une force, puisque c’est une impulsion qui domine l’être en bien ou en mal, cela dépend du degré d’intelligence, du milieu où se développe cette intelligence et des circonstances qu’il rencontre dans la vie sociale. Il choisit, pour ainsi dire, son terrain et selon celui qu’il prendra, il récoltera ce qu’il aura semé. Il est responsable envers lui et son créateur de ses actes. Tant que ses actes ne portent pas préjudice à la société collective, dont il est l’un des membres, il est libre. II sera ce qu’il se fera lui-même dans sa position sociale, suivant qu’il aura choisi la route qui conduit à l’éléva­tion du cœur, à la noblesse des sentiments, ou celle qui conduit à l’abrutissement de l’être par sa vie déré­glée, ses vices et ses passions matérielles.

Mais il faut aussi tenir compte des conditions et des circonstances dans lesquelles s’est débattu l’être humain dans la lutte pour la vie. Il peut ne pas être seul responsable de ses actes, surtout dans les pre­mières années de son existence, et, tout enfant, avoir sous les yeux de mauvais exemples. Ces mauvais exem­ples deviennent des suggestions, à force d’être répétés, et malgré que le sentiment du bien prime souvent. celui du mal, il lutte moralement pour commencer, mais les mauvais fluides, dont il est entouré, absorbent ceux, plus faibles, du bien, et, ne voyant aucun bon exemple devant lui, ses facultés intellectuelles s’atro­phient. II est bercé dans le mal et ne voit absolument que le mal partout, sa conscience est morte, ses senti­ments sont nuls, et, obéissant à ses mauvais instincts, à la passion du mal, il répand le mal autour de lui.

Cet être est-il responsable de ses actes ?

Vous me répondrez : oui, puisqu’il possède son libre arbitre. Eh bien, moi, je vous répondrai : non ! il n’en est pas responsable entièrement. Il y a été poussé par des forces invisibles qui sont les suggestions qu’on lui a répétées, étant enfant, et les mauvais exemples qu’il a constamment eus sous les yeux.

Devenu homme, ses passions et ses vices ayant étouffé les bons sentiments, il n’a donc plus son libre arbitre, puisqu’il ne connaît qu’une seule route qu’on lui a toujours fait suivre : celle du mal.

Mais alors, me direz-vous, à qui donc attribuer la responsabilité des actes de cet homme ? A la société, à la collectivité d’hommes dont il fait partie, et si cette société a des droits pour se défendre des attaques indi­viduelles, elle a aussi des devoirs à remplir vis-à-vis de chaque individu de la collectivité, comme l’individu a des droits et des devoirs vis-à-vis de la société, dont il est un des membres.

Cette société a-t-elle rempli ses devoirs vis-à-vis de cet être humain ? Non. Et pourquoi ? Parce qu’elle s’en soucie peu et que les lois ayant été dictées par les plus forts, ils les ont faites à leur profit sans se sou­cier si elles porteront préjudice à certaines catégories d’hommes.

La bonté, la sagesse, l’amour, et surtout la justice, n’étant pas l’apanage de ceux qui ont fait les lois sur cette malheureuse planète, il s’en suit que le plus fort gouverne au détriment du plus faible, et que, l’éduca­tion morale étant négligée, sinon complètement nulle, il en résulte un affaissement moral dans la masse en général, et plus particulièrement chez certains êtres humains, dans certains milieux immoraux et morbides. Il s’en suit que ces êtres font des révoltés, et la société, n’ayant rien fait pour les ramener vers le bien, récolte à son tour ce qu’elle a semé, c’est-à-dire le mal.

La société se contente de s’emparer de l’individu, lui reproche le mal qu’il lui a fait sans se douter que c’est elle qui est coupable, que, si elle use si facile­ment de ses droits, elle pourrait user, non moins faci­lement de ses devoirs et ramener vers le bien, vers les sentiments élevés de l’humanité civilisée, des frères égarés dont le seul reproche est de n’avoir pas reçu d’éducation morale. Le libre arbitre n’existant réel­lement que par la connaissance du bien et du mal, l’individu aurait eu des chances de progresser plutôt du côté du bien que du côté du mal, mais ne connais­sant pas le bien, n’ayant qu’une route à suivre, celle du mal, puisqu’on ne lui a enseigné que celle-là, il n’a pas hésité, et comme un voyageur égaré, parcou­rant une route inconnue, il a marché, sans cesse, s’en­fonçant de plus en plus dans les ténèbres, jusqu’à ce que, rencontrant un obstacle, il vienne s’y briser en maudissant les hommes, ses frères, lui-même et jus­qu’à son Créateur. Cet obstacle, c’est la loi inflexible qui punit celui qui y a contrevenu, c’est la loi des hommes, mais ce n’est pas la loi de l’Etre Suprême. Les hommes qui ont établi cette loi n’ont envisagé que le côté matériel, ils n’ont pas cherché s’il existait d’au­tres causes qui engendrent les mêmes effets ? Non, puisqu’ils ont toujours nié les forces invisibles. Pour eux, un homme qui fait le mal est un être nuisible qu’il faut supprimer de la société, sans se douter que c’est la société qui l’a poussé au mal.

Le libre arbitre n’existe qu’en tant que l’homme est sain de corps et d’esprit. Les hommes qui se sont dési­gnés pour juger cet homme qui a fait le mal, ont-ils eux-mêmes leur libre arbitre ? Qui en répondra? Qui le prouvera ? Qui est-ce qui prouve que ces juges, s’ils s’étaient trouvés dans les mêmes conditions, n’auraient pas agi comme lui?

Le corps, étant matière, peut être visité et ausculté par les praticiens de la science médicale, mais, l’es­prit, la conscience de l’homme, peut-on les auscul­ter, les peser, et encore seraient-ils bien sûrs de leur diagnostic, ceux qui chercheraient à analyser les for­ces invisibles enfouies dans les profondeurs de l’âme humaine ? Pour moi, ils risqueraient de se fourvoyer, car, sachez-le bien, nul être humain ne peut sonder la conscience de son semblable. Cette conscience n’est visible dans ses grandes profondeurs que pour le Créa­teur qui est omniscient, et, par conséquent, des hom­mes ne peuvent juger leur semblable avec connaissance de cause, parce que les causes qui ont engendré le mal, dont s’est rendu coupable cet homme, leur échappe. Ils ne les connaissent pas, puisqu’ils ne les ont pas étudiées, et que, les auraient-ils étudiées, ils ne les comprendraient peut-être pas.

Dans l’état actuel de la civilisation terrestre, les lois sont caduques et ne répondent pas aux besoins du Pro­grès et de l’Emancipation des êtres. La peine de mort devrait être abolie, car aucune créature quelle qu’elle soit, n’a le droit de supprimer l’existence d’un autre. Si Dieu a donné la vie à un être, c’est à lui seul à la lui retirer quand il le juge à propos, et celui qui tue son semblable est un criminel, aussi bien dans le sens individuel, que dans le sens collectif du mot.

Si un homme a commis un crime, est-il toujours res­ponsable? A-t-on bien étudié quels sont les mobiles, les circonstances qui l’ont conduit à commettre son crime ?

Est-on bien sûr que cet homme possède son libre arbitre? N’a-t-il pas été influencé par des causes incon­nues, indépendantes de sa volonté?

Pour éclairer, et surtout pour tranquilliser la cons­cience des juges, on leur dépêche de prétendus savants, qui, orgueilleux de leur savoir, et ayant entendu dire que la science était infaillible, et que, par conséquent, eux, possédant cette science, sont infaillibles aussi, font des expériences, basées sur les connaissances matéria­listes, ne voient absolument que la matière, ne conçoi­vent pas, ne peuvent pas concevoir qu’il existe des for­ces invisibles, qui n’en sont que plus redoutables, parce qu’elles se dérobent à nos sens ; par conséquent ils affirment avec un aplomb imperturbable que tel effet matériel ayant été engendré par telle cause matérielle, l’accusé est reconnu coupable, sans circonstances atté­nuantes. C’est donc la peine de mort que le malheureux subira.

D’autres, reculant devant l’effrayante responsabilité morale, et leur conscience, leur faisant entrevoir toute l’horreur d’un pareil châtiment, reconnaissent à ce malheureux des circonstances atténuantes, et le con­damnent aux travaux forcés.

Sont-ils bien sûrs, ces hommes qui ont condamné un de leurs semblables, que cet homme soit coupable; sont-ils bien sûrs qu’ils ne condamnent pas un inno­cent, comme cela se produit malheureusement beaucoup trop souvent ? Non, n’est-ce pas. Leur conscience est troublée, et malgré l’apparence de leur impassibi­lité, une réaction se produit en eux : c’est le doute, c’est le remords, c’est la voix de la conscience qui leur parle et qui leur dit : « As-tu ton libre arbitre pour condamner cet homme? es-tu bien sûr de n’avoir pas reçu l’influence de forces étrangères à la tienne? connais-tu toutes les forces invisibles? qui te prouve qu’il soit innocent? mais qui te prouve qu’il soit cou­pable? Il va expier peut-être pour un autre. S’il est innocent, c’est un effroyable supplice pour lui et sa famille. S’il est coupable, de quel droit t’ériges-tu en souverain maître de la vie de cet homme? N’y a-t-il donc pas d’autres moyens, de l’empêcher de nuire, et surtout de tâcher de lui inculquer dans sa cons­cience le repentir, le remords, et de l’amener pro­gressivement sur la route du bien. Est-ce que cela ne serait pas préférable, plutôt que de le supprimer bru­talement. »

Voilà la voix de la conscience d’un honnête homme, mais combien peu l’entendent, combien peu la com­prennent, enchaînés par les préjugés de leur caste, ne connaissant de la loi que le côté matériel. Ils s’abri­tent derrière leur procédure et condamnent mécanique­ment, mathématiquement, comme ils respirent et comme ils pensent.

La justice humaine actuelle est barbare. Heureuse­ment que le Spiritualisme, quand il sera connu, l’amé­liorera, car elle ne répond plus aux besoins de la civi­lisation actuelle. 

 

CHAPITRE XIII

La volonté. 

La volonté! Combien peu d’hommes connaissent cette force redoutable, mais aussi, bienfaisante, sui­vant la raison pour laquelle elle est employée.

La volonté est la force des forces, la puissance des puissances. C’est elle qui veut, et parce qu’elle veut, elle peut: « Vouloir, c’est pouvoir. » Cette force supé­rieure est le partage des hommes qui ont une âme bien trempée, et, comme dans tout ce que nous avons vu précédemment, cette force a des degrés différents et subit l’influence des milieux, toujours en vertu des mêmes lois immuables qui font, des êtres animés, des êtres conscients ou inconscients.

La volonté existe aussi bien chez les animaux que chez l’homme, et l’on voit journellement des hommes d’une volonté de fer échouer vis-à-vis de celle de cer­tains animaux. Mais ici, c’est la volonté irraisonnée, l’entêtement; il ne faut pas confondre la volonté avec l’entêtement.

Un homme qui possède une forte volonté, raisonne sur ce qu’il va faire, il pèse les conséquences de ses actes. En connaissant les causes, il peut en déterminer les effets et réciproquement. Fort de lui-même, il impose sa volonté et fait agir un intermédiaire comme il désire, et malgré la résistance de cet intermédiaire.

L’entêtement n’est pas de la volonté. Un homme entêté prétendra que tels effets sont produits par telles ou telles causes. Il ne cherche pas à comprendre si la cause engendrant les effets est rationnelle et logique! Non, il voit superficiellement une raison à cette cause, s’y attache, fait corps avec elle et, à tort ou à raison, ne veut pas en démordre, cet homme sera peut-être difficile à mater, mais il ne possède pas de volonté, c’est de l’entêtement, c’est-à-dire une idée fixe enraci­née par une cause imaginaire.

Nous allons étudier la physiologie psychique de la volonté.

La volonté est la force invisible la plus subtile et la plus puissante de la création; elle est maîtresse des facultés mentales de l’homme. C’est l’âme, la cheville ouvrière des forces intellectuelles de l’homme. C’est elle qui dirige et soutient toutes les autres facultés.

Sans la volonté, l’homme n’est plus qu’une épave désemparée, flottant au gré des passions. Les nations sont souvent gouvernées, et les hommes et les animaux maîtrisés par cette force redoutable.

Il ne faut pas confondre l’arrogance avec la volonté. Les hommes qui sont arrogants ne possèdent qu’une faible volonté ; ils se contentent de crier, de faire beau­coup de tapage dans les ordres qu’ils donnent. Ils n’ont aucune force de volonté pour influencer les autres et souvent se font moquer d’eux. La véritable force se reconnaît facilement. Les hommes qui la possèdent gouvernent et maîtrisent les autres hommes sans efforts apparents, rien que par le regard, la parole, le geste, la dignité du maintien, ils influenceront leurs sembla­bles, rien que par leur présence. Ce n’est pas un sen­timent de crainte, c’est un sentiment de respect incons­cient. D’où proviennent ces effets surprenants? De la polarité fluidique des forces invisibles, qui, étant supé­rieures chez certains hommes, attirent et absorbent les effets fluidiques d’autres hommes. Le cerveau, ayant perçu les vibrations fluidiques de la volonté supérieure, change en action cette perception, et l’individu agit comme si c’était par sa volonté propre, mais cette volonté étant absorbée par une autre force supérieure à la sienne, il ne fait absolument que ce que l’autre individu veut bien qu’il fasse.

Ces effets sont toujours produits par la loi des vibra­tions, déterminée par la loi des nombres. Beaucoup de personnes s’imaginent faire ce qu’elles veulent, quand elles ne font que ce que d’autres veulent bien qu’elles fassent, et cela inconsciemment.

Allez le leur dire, vous serez tournés en ridicule et cependant cela est.

Personne ne veut admettre qu’une autre personne lui fasse faire ce qu’elle ne voudra pas, et cependant cela se voit tous les jours (je parle ici des personnes libres de leurs actes.)

La volonté n’a pas de limites. Elle est comme l’âme, dont elle est l’émanation la plus subtile. Elle peut atteindre au plus haut sommet des créatures humaines, et d’un humble être obscur en faire un être puissant. qui soumettra tous ses semblables à sa volonté. Vous en avez des exemples frappants dans l’histoire de tous les peuples. Napoléon, par sa volonté extraordinaire, a soumis à sa puissance les hommes les plus puissants du globe terrestre.

La volonté est une force incommensurable, qui isolée, ne peut faire grand chose, mais une fois connue, étudiée, appropriée aux circonstances par la masse des hommes, unifiée pour un but déterminé, produira des effets considérables, pourra aller au-devant des événements, même les conjurer, mais aussi il faut que cette volonté formidable, unifiée par les forces fluidi­ques de la puissance intellectuelle humaine, soit diri­gée dans un but louable, à l’émancipation de la race humaine et à son évolution progressive vers les Per­fections unifiées de toutes les humanités universelles. 

 

 CHAPITRE XIV

 

Conclusions. 

Voilà résumées en peu de lignes les lois immuables de l’Être Suprême. Ces lois s’enchaînent les unes dans les autres, de façon à former une chaîne sans fin, un cycle mobile où l’on ne peut trouver, ni commence­ment, ni fin.

Ce cycle est l’Univers entier, et chaque chaînon de ce cycle représente une Unité solidaire du système. Nous sommes partis d’un point conventionnel : le principe de vie. En fait, ce principe ne commence nulle part et se trouve partout. Quel que soit le point de départ initial où l’on se trouve, on est forcément amené au contact de la source vitale de la vie, puis­ que c’est un cycle. Tous les points, où les chaînons qui forment ce cycle, convergent vers un centre unique, et reviennent de ce centre unique vers la circonfé­rence de ce cycle : c’est le mouvement perpétuel déter­miné par la loi d’attraction universelle et les différen­tes lois secondaires, inhérentes au système universel.

Ce centre unique, nous l’avons démontré, c’est l’Être Suprême, ou fluide vital universel, qui est la source du principe de vie, d’où découlent et où vien­nent converger toutes les forces de la nature. Nous avons passé en revue les transformations du fluide vital, ses rapports avec la matière, la création de la matière et ses principales évolutions autour d’un cen­tre unique.

Voyez-vous ici le but de la vie ?

L’être prenant pour point de départ l’un des ponts les plus éloignés du cycle, en vertu de la loi des vibra­tions des fluides qui le composent, déterminée par la loi des nombres, subit la loi de l’attraction universelle, et, progressivement, suivant les circonstances et les pérégrinations de sa vie, s’achemine plus ou moins rapidement vers le centre unique du cycle. Ce centre, nous l’avons dit, les hommes l’appellent Dieu. Appe­lez-le comme vous voudrez. Je vous ai dit que le mot n’est rien, c’est la conception de cette immense force ou puissance qui est tout. Ceci n’est donc que d’une importance secondaire.

Mais ce dont il faut avant tout bien vous pénétrer, c’est qu’il faut repousser avec énergie toute définition de l’Etre Suprême qui serait basée sur des dogmes et les absurdités de toutes les Eglises.

Toutes les Eglises ont leurs dogmes spéciaux, basés sur des croyances, des superstitions séculaires, engendrées par l’ignorance des masses, soigneusement entre­tenue. Elles ont toutes leurs rites spéciaux, et toutes prises individuellement, et d’après leurs enseignements, apprennent, soi-disant, la vérité !

Aujourd’hui la science expérimentale, basée sur les doctrines du pur christianisme, telles qu’elles ont été enseignées dans les premiers âges de l’ère chrétienne, fait table rase de toutes ces superstitions, de toutes ces absurdités théologiques, qui sont contraires à la loi de progression,, d’émancipation des êtres, par le travail, loi enseignée par le grand Philosophe, envoyé de l’Etre Suprême. Ses préceptes ont été mal interprétés et ont tout simplement servi à l’asservissement des con­sciences, erreurs basées sur l’ignorance systématique et voulue, pour le plus grand bien de quelques-uns, au détriment des autres.

Aucune Église n’enseigne donc la vérité claire et précise, basée sur la science expérimentale et la raison. Le Christ, ce Sublime Socialiste, qui a jeté les bases d’une religion fondée sur la morale, la philosophie et la science, n’a pas été compris, même par ses apôtres et ses disciples. Plusieurs textes des Évangiles ont été dénaturés par des sectes religieuses qui ont surchargé, raturé, supprimé toutes les grandes idées dictées par l’Inspiré de l’Etre Suprême, pour l’Émancipation de l’Humanité, par la Science et la Raison.

Ignorants eux-mêmes des grandes conceptions philosophiques, ne voyant que le côté matériel de ces grandes idées, ils ont établi des dogmes surannés, basés sur la plus grande bêtise humaine qu’il soit possible de concevoir, déterminée par l’ignorance systématique des masses, et mettant à profit la supériorité intellec­tuelle pour exploiter cette ignorance. Ils imposèrent leurs dogmes, bon gré, mal gré, par la persuasion ou par la force, aux pauvres êtres humains, abrutis par les mortifications, physiques ou morales, à eux imposées, et par la terreur qu’ils avaient eu soin d’entretenir dans l’ignorance du grand problème de l’au-delà.

A quoi ont-ils abouti ? A faire de ces hommes des athées et des sceptiques, parce que leurs dogmes ne donnent pas la solution désirée, et que les hommes d’aujourd’hui, instruits, ayant approfondi ces dogmes, les ont trouvés contraires aux lois de l’Etre Suprême, contraires à la logique, au raisonnement et surtout à la science expérimentale qui prouve aujourd’hui par des faits indéniables, palpables, tangibles, la réalité des forces invisibles et leur explication raisonnée, ainsi que l’explication scientifique des mystères de la créa­tion.

Tous les êtres, quels qu’ils soient, sont soumis aux mêmes lois, et parmi elles est la loi d’évolution, de progression, qui est infinie comme Celui de qui elle découle, et tout être qui, par sa propre volonté, cher­che à entraver cette loi, se met en rébellion contre son Créateur, contre la Religion que le Christ a instituée et qui conduit à la perfection infinie, en suivant le che­min de l’évolution progressive des êtres.

C’est le spiritualisme qui sera la vraie Religion de l’Avenir, parce qu’elle est basée sur la science expéri­mentale, dont aucun homme ne pourra contester la réalité, puisqu’il se rendra à l’évidence par l’explica­tion rationnelle des faits. Ayant vu, il croira ; croyant, il s’instruira et contribuera, pour sa part, et pour la col­lectivité, à l’avancement scientifique des grandes lois et au bien-être matériel et moral de l’humanité tout entière.

Pour cela il faut que les hommes comprennent pour­quoi ils vivent, ce qu’ils sont aujourd’hui, ce qu’ils seront demain, ou du moins ce qu’ils pourront être.

Le Spiritualisme résout le grand problème de la différence des positions sociales. Riches comme pau­vres, humbles comme puissants, tous comprenant enfin la cause et le but de la vie, sauront que la mort n’existe pas, que c’est une transition passagère d’un état à un autre, que la matière, étant composée de fluides, se dissout et retourne aux guides. L’Esprit seul survit à la matière, conservant sa personnalité à travers les innombrables transformations des existences antérieures, présentes et futures, et, s’acheminant graduellement, suivant le chemin qu’il aura suivi, arrivera au but qui lui est assigné et qui est le centre unique , l’âme universelle du cycle immense, le pivot de l’éner­gie vitale universelle, d’où il dirigera, à son tour, toutes les forces de la nature.

Il faut, pour arriver à ce but, que les hommes s’en­traident les uns les autres, que chaque individu tra­vaille pour la collectivité, et que la collectivité protège chaque individu.

Pour cela il existe trois grandes forces principales qui sont mises par le Créateur à la disposition de tous les hommes. C’est à eux de les acquérir. C’est justement pour cela qu’il faut de l’union dans un but com­mun pour réunir ces trois forces et produire l’effort désiré.

Archimède disait un jour : « Donnez-moi un levier et un point d’appui et je soulèverai le monde. » Ce point d’appui, existe, c’est l’or qui est le privilège de quelques-uns et plus tard ils auront à rendre compte de l’emploi qu’ils en ont fait.

Le levier, c’est la volonté, cette force incommensurable.

Le monde à soulever, c’est la science inconnue et le Spiritualisme à l’extrémité de ce levier sera le con­trepoids qui maintiendra le système en équilibre.

Toutes les forces sont solidaires les unes des autres, et sont toutes reliées par une force unique qui est le fluide vital universel, centre unique de toutes les mani­festations, toutes naturelles, et qui est l’Etre Suprême. 

                                                                                                Communication médianimique, signée :
 
Le Baron  du  POTET.

 

 

 

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